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Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

Après toutes nos mésaventures, nous avons tenté notre chance une dernière fois dans ce volontariat au Vietnam.

Sur le trajet pour arriver sur l’île de Phu Quoc, Anh, un local s’est montré d’une générosité qui a été à l’inverse de notre ressenti sur le Vietnam. Il nous a pris en charge en nous aidant à trouver notre chemin, en évitant les arnaques, en payant et en contactant Thuy, l’hôte de notre bénévolat dans un Resort. Il nous a aussi raconté qu’il était propriétaire d’une Bee Farm (apiculture) et nous a invités à lui rendre visite pendant notre séjour sur l’île.

Visite que nous nous sommes empressées de réaliser dès que notre emploi du temps nous l’a permis. Étant donné que notre travail au Resort ne nous comblait pas, nous espérions le convaincre de nous prendre comme volontaire.

Pour notre plus grand plaisir, il a accepté !

La chance tourne : un paradis naturel

S’installer à la Bee Farm et évoluer au sein de ce coin de Nature préservée a été comme une bouffée d’air frais. Dans un pays où chaque parcelle de sol est une poubelle et où l’on détruit sans réfléchir, parler d’écologie était aussi exceptionnel que notre envie de s’attarder davantage au milieu des abeilles.

Nous sommes tout simplement tombés amoureux de cet endroit.

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Le concept : une solution face à la disparition des abeilles

Anh, le copropriétaire de la ferme, a eu l’opportunité de voyager au Japon et en Afrique. Contrairement à la plupart des Vietnamiens, il est sensible à l’impact de l’homme sur terre et souhaite le diminuer. Avec, Ohm, son ami d’enfance, ils ont décidé de s’installer sur l’île afin d’y ouvrir une apiculture, mais surtout d’y sensibiliser les touristes.

Un noble projet que nous ne pouvions que valider et soutenir. Nous sommes alors devenus les créateurs d’un jardin nourricier et les porte-paroles de nos nouvelles amies, les abeilles.

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Elles s’occupent des larves, montent la garde, nourrissent leur reine et parcours leur territoire à la recherche du pollen et du nectar nécessaires à leur survie. Elles travaillent dur toute leur vie pour produire chacune 1/12 d’une cuillère à café que nous gobons sans état d’âme.

Ces insectes sans prétention sont pourtant au cœur de notre alimentation. Si l’abeille venait à disparaître, l’homme perdrait jusqu’à 1/3 de ce qui se trouve dans son assiette. À l’origine de la pollinisation, elles permettent la production de 85 % des végétaux.

Mais aujourd’hui, cet équilibre est menacé :

  • La pollution les fait fuir
  • les antibiotiques les affaiblissent
  • les pesticides les étourdissent
  • l’humain leur pille leur nourriture
  • le réchauffement climatique les perturbe
  • les voyages en camion les massacre
  • et les monocultures les affament …

Chaque personne venant à la Bee Farm avait le droit gratuitement à une explication détaillée du mode de vie de ces insectes ainsi que des explications sur leur disparition massive. Nous les informions surtout de leur possibilité d’agir :

  • planter des fleurs, des légumes, des fruits sans produits chimiques
  • appeler un apiculteur dès l’apparition d’un nid d’abeille au lieu de le détruire
  • limiter sa consommation de miel
  • choisir son miel chez un apiculture qui ne surexploitera pas ses protégées
  • en parler autour de soi

Notre travail à la Bee Farm

Étant les tout premiers bénévoles, Anh ne semblait pas trop savoir quoi faire de nous. Nous observions beaucoup, l’assistions dans ses tâches, mais nous souhaitions nous impliquer davantage.

Après de multiples conversations, il a été décidé d’un commun accord de planter fleurs et légumes pour les abeilles. Nous étions ravis de tester des techniques d’agriculture et n’avons plus compté nos heures de travail. En parallèle, j’apprenais discrètement la présentation faite aux touristes pour pouvoir participer à mon tour. Ce que j’ai très rapidement fait.

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Guillaume a continué de bêcher, planter, arroser et voir grandir ces petits bouts de plantes qu’il luttait à faire pousser sous un soleil de plomb.

Nous étions les bienvenus, malgré une difficulté à se faire accepter par les employés, les 2 propriétaires étaient à l’écoute de nos nombreuses suggestions. Nous avons retravaillé la présentation faite aux clients, planté des centaines de graines et réfléchis à l’organisation d’une visite guidée de la ferme…

Avec Anh et Ohm, nous passions des heures à refaire le monde, autour de petits-déjeuners dignes de grands restaurants : thé frais, fruits frais, omelette, salade, pain, miel, pâtisseries locales…

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Nous profitions des boissons au miel servies aux clients avec des pailles en bambous pour limiter la consommation de plastique et sensibiliser.

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Nous nagions au milieu des bourdonnements d’abeilles dans un monde de douceurs sucrées.

Le rideau tombe

Cet univers idyllique contrastait drastiquement avec l’image que nous avions du Vietnam, mais fermer les yeux n’a pas empêché la réalité de nous rattraper.

Comme tout voyageur qui s’arrête ici, nous avions la triste impression de nous être amourachés d’une belle vitrine trop bien décorée… Une fois la porte passée et le rideau tombés, le concept accrocheur avait tout à coup moins de ferveur.

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Curieux d’en savoir toujours davantage, nous posions des milliers de questions, nous avons visionné des dizaines de vidéos et lus énormément d’articles. Plus nous avancions dans nos recherches, plus les contradictions sautaient aux yeux.

La soi-disant centaine de ruches s’est transformée en une vingtaine, au grand maximum. La compétence en apiculture de nos hôtes s’est avérée amatrice et leur volonté de sauver les abeilles s’est dissipée dans d’atroces calculs financiers. Les notions d’écologie vendues aux clients n’étaient qu’une façade qui n’était pas appliquée par eux-mêmes. Le savon bio était pour les clients pendant que les employés en utilisaient un toxique qu’ils déversaient dans la rivière. Le plastique soi-disant limité était pourtant amassé en pagaille loin des regards étrangers.

Les petits-déjeuners copieux et passionnants ont peu à peu disparu pour laisser place à des matins en tête en tête.

Nous travaillions des journées entières, car Guillaume adorait planter et s’occuper des tomates, concombres et courges… Quant à moi, je ne me lassais jamais d’échanger avec les touristes pour défendre les abeilles.

Nous sommes restés si longtemps, car nous adorions notre travail, parce que notre présence était nécessaire en fin d’année et qu’ils nous avaient payé un visa de 3 mois. Et cela malgré la relation avec nos hôtes qui s’était tristement dégradée.

benevolat phu quoc vietnam Bee Farm

Mais basée sur des non-dits, cette relation n’était-elle pas bancale depuis le début ? À vouloir à tout prix aimer le Vietnam, nous nous demandons si nous n’avons tout simplement idéalisé cet endroit.

Notre présence à la Bee Farm était devenue peu à peu difficilement supportable.

Finalement, que retenir ?

Entre réalité et illusions, la Bee Farm se situe probablement quelque part au milieu. Ce texte n’est que le discours mélangé d’une idéaliste optimiste et d’une voyageuse épuisée.

J’aime croire que ma fatigue et mon envie de rentrer chez moi ne me montraient plus que les défauts d’un pays qui m’avait ôté mon énergie positive.

Anh reste un homme sensible qui se bat pour une belle cause, malgré les nombreuses contraintes de son éducation et de son pays.

Finalement, si vous êtes prêts à subir une logique différente de la nôtre et que vous acceptez qu’ils ne soient pas toujours à la hauteur du discours qu’ils vendent alors rejoignez Anh et son équipe à la Bee Farm afin de participer à sauver les abeilles. Mais n’y restez que quelques semaines !

Un mois nous aurait été bien suffisant.

Informations pratiques

Contact : Phu Quoc Bee Farm

Temps de travail : très variable et dépend principalement de vous, les moments/jours de pauses sont pris selon vos envies

Repas : vous faites votre liste, le personnel fait les courses pour vous et vous cuisinez pour vous-même. Donc les végétariens/vegans et crudivores sont les bienvenus.

Logement : ils ont une maison qu’ils laissent à disposition des volontaires

Internet : à notre période, ils n’avaient pas Internet, mais Anh nous payait une carte prépayée pour l’avoir sur notre téléphone

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8 commentaires

  • Répondre
    7 septembre 2016

    La fin de ton article ne m’a pas trop surprise 🙂 Le nombre de fois où je partais confiante dans la visite d’un projet en rapport avec la protection animale et qu’à la fin je me retrouvais face à une réalité limite attrape touristes vraiment décevante ! Je me souviens surtout de cette fois à Zanzibar, dans un « centre de réhabilitation de tortues marines » où le guide nous explique bien, au début, son travail mais passe très vite à « vous voulez faire du snorkelling ? » et à « on a un crocodile aussi » [dans une mini cage et qui n’a rien à faire là !].
    Adeline Articles récents…Dis moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es – Critique d’une hypocrisie moderneMy Profile

    • Répondre
      Auteur
      7 septembre 2016

      Malheureusement, c’est bien trop souvent le cas … Même s’il ne faut pas généraliser, il est malgré tout nécessaire de faire attention où l’on pose les pieds.

  • Répondre
    7 septembre 2016

    Eh ben, que d’histoire ! Le concept paraissait idyllique… Plus je lis des article sur le Vietnam, moins j’ai envie d’y aller en Décembre. Enfin on verra bien sur place. Les abeilles vous remercient en tout cas !
    Pierre Francois Articles récents…Making offMy Profile

    • Répondre
      Auteur
      7 septembre 2016

      Oh oui, les Vietnamiens sont doués pour attirer les clients, il ne faut juste pas trop creuser.
      Malheureusement, je n’ai du Vietnam beaucoup plus de souvenirs négatifs que de positifs, mais en parlant avec d’autres voyageurs, je réalise que c’est souvent relié au Sud. J’espère que ce pays t’apportera de belles expériences : ses paysages sont magnifiques 🙂

  • Répondre
    3 décembre 2016

    Ah oui ça a l’air de s’être transformé en une expérience difficile. Et finalement vous n’avez pas trop visité le Vietnam pendant ce séjour ?
    checkpoint Articles récents…Paris pour les geeks et otakusMy Profile

    • Répondre
      Auteur
      14 décembre 2016

      Nous avions envisagé de visiter un peu le Nord du Vietnam, mais après cette expérience et 18 mois de voyage nous avions besoin de nous poser un peut et nous sommes donc rentrés en France avant d’en voir davantage. Ce sera peut-être pour une prochaine fois.

  • Répondre
    26 février 2017

    Le concept faisait envie effectivement, et c’est une cause pour laquelle j’aurais aimé donner de mon temps libre. Par contre, dans la pratique, je pense que j’aurais été vraiment dégoutée de voir comment ça se déroule!
    Est-ce que tu as prévu de refaire du volontariat, ou tu es totalement dégoutée?
    leslie Articles récents…Chapka Assurance: Avis de voyageursMy Profile

    • Répondre
      Auteur
      27 février 2017

      Merci Leslie pour ton commentaire.
      C’est une bonne question, je (nous) ne sommes pas du tout dégoutés, avec du recul nous avons réalisé tout ce qui a penché dans la balance et notre regard d’étranger sur leur pratique.
      Mais au delà de ça, j’ai adoré tous mes autres volontariats et j’aime à chaque fois les leçons que j’en tire. J’ai juste hâte de replonger dans ce système d’échange !

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