Le monde à deux

Catégorie : Vietnam

Ah le Vietnam ! Connu pour ces paysages verdoyants et sa Baie d’Ha Long, il nous en aura pourtant fait voir de toutes les couleurs. Vous trouverez ici toutes nos mésaventures dans le Sud ce pays riche en surprise : nos volontariats, nos coups de cœur et nos déceptions.

  • Pourquoi j’ai détesté le Vietnam (du Sud)

    Pourquoi j’ai détesté le Vietnam (du Sud)

    Nous étions peu attirés par le Vietnam et sans explication rationnelle, nous aurions pu l’éviter sans regret. Mais ses paysages idylliques et la fameuse Baie d’Hạ Long ont pris le dessus sur notre intuition.

    Après avoir passé finalement quatre mois dans le sud avec des locaux, voici pourquoi j’ai détesté le Vietnam.

    riviere des fees mui ne vietnam

    Arrivée chaotique

    À peine arrivés sur le sol Vietnamien, le chauffeur de bus nous avait déjà escroqué de quelques euros. Notre premier trajet a ressemblé à une course folle, dans un bus bondé qui laissait s’agglutiner les locaux en repoussant sans honte les étrangers.

    Rapidement perdus, personne n’a voulu répondre à nos questions, heureusement que le GPS a fini par se montrer plus loquace.

    temple cao dai tay ninh vietnam
    L’arrivée chez nos hôtes Vietnamiens auraient pu adoucir ces premières heures chaotiques, mais c’était sans compter sur une demande d’argent surgie de nulle part dans le but de payer un repas qui nous avait été servi comme une invitation.
    Il ne faut pas s’arrêter à si peu me direz-vous ?

    Effectivement, une différence culturelle à vite fait de s’immiscer sans prévenir, nous avons donc payé sans rechigner et sommes allés nous coucher pour reposer nos corps bien fatigués.

    plage phu quoc vietnam

    Le Vietnam nous montre son visage

    Le Vietnam commençait tout juste à nous montrer son visage. L’argent fait partie de leur quotidien et je dirais même plus, il mène leurs vies. Tout est une question d’apparence, les maisons sont vides de tout. On dort au sol, mais le dernier téléphone hors de prix s’exhibe de la poche d’un pantalon dernier cri.
    L’argent était à toutes les bouches et chaque discussion finissait généralement par le prix d’un loyer ou d’un salaire. Vous imaginez bien que cela donne rarement des conversations prometteuses et intimes.

    Un jour un touriste comme nous, habitué de ce pays, nous a affirmé en souriant :

    “C’est le Vietnam !”

    fleur papillon vietnam

    Un Vietnam qui nous a arraché nos 2 ordinateurs, volé 2 mois d’écriture et délesté d’une centaine d’euros. Un Vietnam aux mœurs corrompues qui nous a menacé d’expulsion car nous insistions pour avoir des papiers officiels de vols… Un Vietnam qui refusait de nous croire et qui cherchait à nous arnaquer.

    Seuls quelques billets glissés sous la table ont permis de l’amadouer pour récupérer nos justificatifs.
    Une fois de plus, on s’entendra dire de la part du gérant de l’hôtel un peu honteux :

    « C’est le Vietnam … »

    bateaux port phu quoc vietnam

    C’est le Vietnam à tel point que le vol devient une normalité.
    Si vous payez le prix fort, la police retrouvera en une journée l’objet volé et passera dans le journal dès le lendemain matin.
    C’est le Vietnam, à tel point qu’une fille nous a naturellement dit qu’elle piquait dans la caisse de son patron et qu’une autre nous a expliqué que « les voleurs sont intelligents car ainsi ils n’ont rien à payer » !

    C’est vraiment ça le Vietnam ? Des locaux rarement souriants, une indifférence à peine masquée des travailleurs que nous croisions à longueur de temps. Même un bonjour dans leur langue maternelle ne les faisait que très rarement réagir.

    Effectivement, si nous ne nous pavanions pas avec les billets sous leur nez, nous étions tout de suite moins attirants.

    pagode phu quoc vietnam

    Le Vietnam c’est aussi des plages qui regorgent de déchets et de rues polluées. Des gens non éduqués à ce fléau qui détruit la terre sous nos yeux. Et nos hôtes qui nous expliquent que l’éducation ici : « bah ça fonctionne pas ».
    J’aimerais vous dire que c’est le Vietnam, mais pour être honnête cette partie là, elle concerne malheureusement toute l’Asie.

    The waste collection site on Phu Quoc Island #phuquoc #vietnam #asia #tdm

    Une photo publiée par Le monde à deux (@lemondeadeux) le


    Mais revenons à notre situation.

    Le Vietnam c’est demander 8h de travail à des bénévoles pendant 15 jours, sans un jour de pause et en oubliant parfois même de les nourrir. C’est aussi travailler avec des outils de basse qualité quitte à se mettre en danger. D’ailleurs, le danger est partout. On coupe des arbres à moitié et on ne sait jamais quand ils vont se décider à tomber, qu’on soit dessous ou pas d’ailleurs. On construit une maison sur un sol en pente quitte à ce que tout s’écroule avec un bénévole en dessous (véridique)…

    Notre hôte Thuy nous a répondu en explosant de rire :

    « C’est le Vietnam ! « 

    construction resort volontariat vietnam

    Ici on agit, on gueule et on réfléchit après. Je suis devenue folle face à leur désorganisation constante. Ici on ne communique pas, quand un problème se présente, on le contourne. Surtout si ça coûte de l’argent.
    On passe des heures à préparer des illustrations pour les touristes mais tout est éparpillé dès la première présentation.

    On s’épuise à bêcher pour planter fleurs et plantes pour les abeilles mais tout est détruit en quelques minutes pour installer un tuyau…
    Les expats nous répondent toujours avec un sourire mi-amusé, mi-blasé :

    « Hé oui, c’est le Vietnam… »

    bee farm phu quoc vietnam
    Volontariat dans une apiculture sur l’île de Phu Quoc

    Un Vietnam fidèle à lui-même

    Un Vietnam que je commence à détester… Détester pour toutes ces choses et tellement d’autres, mais je constate surtout que je hais le Vietnam pour l’effet qu’il me fait.

    Il a ce pouvoir de me confronter à moi même si brutalement. Fier de lui, il ne s’est jamais démonté.

    Alors que je prenais ça pour de la frime, il était pourtant d’une humilité qui m’a échappé.

    Moi qui clamait haut et fort combien je suis ouverte d’esprit, je me suis vue juger et critiquer leurs modes de vie comme si le mien était un modèle à suivre. Le Vietnam c’était ça : un rappel constant qu’il assumait ses défauts tout en se moquant ouvertement de moi :

    Je suis le Vietnam et je suis ainsi que tu le veuilles ou non !

    Une énorme claque qui m’a fait réaliser que j’affrontais une part de moi qui ne me plaisait pas et que face à cette déception, c’était peut-être à moi de partir.

    Après 18 mois de voyage et cette fatigue psychologique, le nord du Vietnam et le reste du monde attendra.

    2 semaines et 3 avions plus tard, nous étions de retour en France.

  • Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

    Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

    Après toutes nos mésaventures, nous avons tenté notre chance une dernière fois dans ce volontariat au Vietnam.

    Sur le trajet pour arriver sur l’île de Phu Quoc, Anh, un local s’est montré d’une générosité qui a été à l’inverse de notre ressenti sur le Vietnam. Il nous a pris en charge en nous aidant à trouver notre chemin, en évitant les arnaques, en payant et en contactant Thuy, l’hôte de notre bénévolat dans un Resort. Il nous a aussi raconté qu’il était propriétaire d’une Bee Farm (apiculture) et nous a invités à lui rendre visite pendant notre séjour sur l’île.

    Visite que nous nous sommes empressées de réaliser dès que notre emploi du temps nous l’a permis. Étant donné que notre travail au Resort ne nous comblait pas, nous espérions le convaincre de nous prendre comme volontaire.

    Pour notre plus grand plaisir, il a accepté !

    La chance tourne : un paradis naturel

    S’installer à la Bee Farm et évoluer au sein de ce coin de Nature préservée a été comme une bouffée d’air frais. Dans un pays où chaque parcelle de sol est une poubelle et où l’on détruit sans réfléchir, parler d’écologie était aussi exceptionnel que notre envie de s’attarder davantage au milieu des abeilles.

    Nous sommes tout simplement tombés amoureux de cet endroit.

    volontariat phu quoc vietnam

    Le concept : une solution face à la disparition des abeilles

    Anh, le copropriétaire de la ferme, a eu l’opportunité de voyager au Japon et en Afrique. Contrairement à la plupart des Vietnamiens, il est sensible à l’impact de l’homme sur terre et souhaite le diminuer. Avec, Ohm, son ami d’enfance, ils ont décidé de s’installer sur l’île afin d’y ouvrir une apiculture, mais surtout d’y sensibiliser les touristes.

    Un noble projet que nous ne pouvions que valider et soutenir. Nous sommes alors devenus les créateurs d’un jardin nourricier et les porte-paroles de nos nouvelles amies, les abeilles.

    volontariat apiculture vietnam phu quoc

    Elles s’occupent des larves, montent la garde, nourrissent leur reine et parcours leur territoire à la recherche du pollen et du nectar nécessaires à leur survie. Elles travaillent dur toute leur vie pour produire chacune 1/12 d’une cuillère à café que nous gobons sans état d’âme.

    Ces insectes sans prétention sont pourtant au cœur de notre alimentation. Si l’abeille venait à disparaître, l’homme perdrait jusqu’à 1/3 de ce qui se trouve dans son assiette. À l’origine de la pollinisation, elles permettent la production de 85 % des végétaux.

    Mais aujourd’hui, cet équilibre est menacé :

    • La pollution les fait fuir
    • les antibiotiques les affaiblissent
    • les pesticides les étourdissent
    • l’humain leur pille leur nourriture
    • le réchauffement climatique les perturbe
    • les voyages en camion les massacre
    • et les monocultures les affament …

    Chaque personne venant à la Bee Farm avait le droit gratuitement à une explication détaillée du mode de vie de ces insectes ainsi que des explications sur leur disparition massive. Nous les informions surtout de leur possibilité d’agir :

    • planter des fleurs, des légumes, des fruits sans produits chimiques
    • appeler un apiculteur dès l’apparition d’un nid d’abeille au lieu de le détruire
    • limiter sa consommation de miel
    • choisir son miel chez un apiculture qui ne surexploitera pas ses protégées
    • en parler autour de soi

    Notre travail à la Bee Farm

    Étant les tout premiers bénévoles, Anh ne semblait pas trop savoir quoi faire de nous. Nous observions beaucoup, l’assistions dans ses tâches, mais nous souhaitions nous impliquer davantage.

    Après de multiples conversations, il a été décidé d’un commun accord de planter fleurs et légumes pour les abeilles. Nous étions ravis de tester des techniques d’agriculture et n’avons plus compté nos heures de travail. En parallèle, j’apprenais discrètement la présentation faite aux touristes pour pouvoir participer à mon tour. Ce que j’ai très rapidement fait.

    volunteering bee farm vietnam phu quoc

    Guillaume a continué de bêcher, planter, arroser et voir grandir ces petits bouts de plantes qu’il luttait à faire pousser sous un soleil de plomb.

    Nous étions les bienvenus, malgré une difficulté à se faire accepter par les employés, les 2 propriétaires étaient à l’écoute de nos nombreuses suggestions. Nous avons retravaillé la présentation faite aux clients, planté des centaines de graines et réfléchis à l’organisation d’une visite guidée de la ferme…

    Avec Anh et Ohm, nous passions des heures à refaire le monde, autour de petits-déjeuners dignes de grands restaurants : thé frais, fruits frais, omelette, salade, pain, miel, pâtisseries locales…

    volunteering phu quoc vietnam bee farm

    Nous profitions des boissons au miel servies aux clients avec des pailles en bambous pour limiter la consommation de plastique et sensibiliser.

    benevolat bee farm phu quoc vietnam

    Nous nagions au milieu des bourdonnements d’abeilles dans un monde de douceurs sucrées.

    Le rideau tombe

    Cet univers idyllique contrastait drastiquement avec l’image que nous avions du Vietnam, mais fermer les yeux n’a pas empêché la réalité de nous rattraper.

    Comme tout voyageur qui s’arrête ici, nous avions la triste impression de nous être amourachés d’une belle vitrine trop bien décorée… Une fois la porte passée et le rideau tombés, le concept accrocheur avait tout à coup moins de ferveur.

    wwoofing bee farm phu quoc vietnam

    Curieux d’en savoir toujours davantage, nous posions des milliers de questions, nous avons visionné des dizaines de vidéos et lus énormément d’articles. Plus nous avancions dans nos recherches, plus les contradictions sautaient aux yeux.

    La soi-disant centaine de ruches s’est transformée en une vingtaine, au grand maximum. La compétence en apiculture de nos hôtes s’est avérée amatrice et leur volonté de sauver les abeilles s’est dissipée dans d’atroces calculs financiers. Les notions d’écologie vendues aux clients n’étaient qu’une façade qui n’était pas appliquée par eux-mêmes. Le savon bio était pour les clients pendant que les employés en utilisaient un toxique qu’ils déversaient dans la rivière. Le plastique soi-disant limité était pourtant amassé en pagaille loin des regards étrangers.

    Les petits-déjeuners copieux et passionnants ont peu à peu disparu pour laisser place à des matins en tête en tête.

    Nous travaillions des journées entières, car Guillaume adorait planter et s’occuper des tomates, concombres et courges… Quant à moi, je ne me lassais jamais d’échanger avec les touristes pour défendre les abeilles.

    Nous sommes restés si longtemps, car nous adorions notre travail, parce que notre présence était nécessaire en fin d’année et qu’ils nous avaient payé un visa de 3 mois. Et cela malgré la relation avec nos hôtes qui s’était tristement dégradée.

    benevolat phu quoc vietnam Bee Farm

    Mais basée sur des non-dits, cette relation n’était-elle pas bancale depuis le début ? À vouloir à tout prix aimer le Vietnam, nous nous demandons si nous n’avons tout simplement idéalisé cet endroit.

    Notre présence à la Bee Farm était devenue peu à peu difficilement supportable.

    Finalement, que retenir ?

    Entre réalité et illusions, la Bee Farm se situe probablement quelque part au milieu. Ce texte n’est que le discours mélangé d’une idéaliste optimiste et d’une voyageuse épuisée.

    J’aime croire que ma fatigue et mon envie de rentrer chez moi ne me montraient plus que les défauts d’un pays qui m’avait ôté mon énergie positive.

    Anh reste un homme sensible qui se bat pour une belle cause, malgré les nombreuses contraintes de son éducation et de son pays.

    Finalement, si vous êtes prêts à subir une logique différente de la nôtre et que vous acceptez qu’ils ne soient pas toujours à la hauteur du discours qu’ils vendent alors rejoignez Anh et son équipe à la Bee Farm afin de participer à sauver les abeilles. Mais n’y restez que quelques semaines !

    Un mois nous aurait été bien suffisant.

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]

    Contact : Phu Quoc Bee Farm

    Temps de travail : très variable et dépend principalement de vous, les moments/jours de pauses sont pris selon vos envies

    Repas : vous faites votre liste, le personnel fait les courses pour vous et vous cuisinez pour vous-même. Donc les végétariens/vegans et crudivores sont les bienvenus.

    Logement : ils ont une maison qu’ils laissent à disposition des volontaires

    Internet : à notre période, ils n’avaient pas Internet, mais Anh nous payait une carte prépayée pour l’avoir sur notre téléphone

    [/su_box]

  • Un volontariat au Vietnam qui démontre les dérives de l’échange de service

    Un volontariat au Vietnam qui démontre les dérives de l’échange de service

    Si vous nous suivez régulièrement, vous savez que notre arrivée au Vietnam a été chamboulé par le vol de nos deux ordinateurs. (Pour les autres, vous pouvez rattraper votre retard en lisant l’article D’une grosse perte à Ho Chi Minh aux charmes de Mui Ne).

    Par conséquent, arriver dans ce nouveau volontariat était pour nous un nouveau départ. Comme si le Vietnam nous proposait gentiment de tout effacer et de recommencer à zéro.

    Un volontariat au Vietnam prometteur ?

    Mais, avec le recul je constate que nous n’avons fait que de nous empêtrer doucement et aveuglément dans ses filets…

    Petit Resort sur la plage, équipé d’un four solaire.
    Volonté de créer un petit potager et des toilettes sèches
    Tâche principale : s’occuper des clients
    Une annonce alléchante qui nous avait motivé à quitter Mui Né pour redescendre dans le sud, sur l’île de Phu Quoc.

    Thuy, la propriétaire des lieux, Vietnamienne et jeune maman, venait tout juste de racheter le terrain déjà aménagé de 10 luxueux bungalows. Elle nous a accueillit avec un anglais approximatif, un ton sec, mais un grand sourire.

    Notre nouveau travail ne correspondait en rien à l’annonce sur Help’x. Aucune plage en vue, aucun potager, aucun four solaire et encore moins de notions d’écologie. Thuy avait récemment quitté son petit business sur la plage pour ouvrir un gros complexe de bungalows et son annonce n’était pas encore mise à jour.

    Ici, c’était la destruction. On abattait des arbres sans compter pour construire selon les envies loufoques de notre nouvelle hôte. On coupait, on dépeçait et on portait kilo après kilo.

    workaway phu quoc vietnam

    Parfois on laissait pourrir une dizaine d’arbres, coupés bien trop tôt puisque qu’aucune organisation ne permettait de réduire les pertes.

    L’objectif était de construire un bar. Enfin ça c’était au début, car les idées semblaient traversées la tête de Thuy sans qu’on arrive à les suivre.

    L’endroit était malgré tout très attrayant et la fin de la saison des pluies rajoutait une touche très locale : de grosses averses suivies d’un soleil de plomb.

    Malheureusement, pas nettoyée depuis des mois, la piscine nous narguait tout autant que Thuy qui repoussait toujours son nettoyage.

    construction resort benevolat vietnam

    Du travail, du travail et encore du travail !

    La saison touristique approchait à grands pas et tout était dans l’urgence. Thuy courrait dans tous les sens et ne cessait de donner des ordres pour changer d’avis dans la soirée. On a monté la charpente du bar à la force de nos bras…

    Une belle folie.

    construction resort volontariat vietnam

    Une fois érigé, nous avons commencé un intéressant mais long et fastidieux travail : construire le toit à la manière vietnamienne.

    L’idée c’était de positionner deux feuilles de cocotier dans le bon sens et de les clouer très serrés afin d’assurer l’étanchéité du toit. Nous gérions la première partie, tandis que deux employés enchaînaient la deuxième. Deux locaux qui savaient dompter la hauteur, manier le marteau et accumuler les temps de pause mais qui étaient très antipathiques malgré nos essais de conversations.

    toit cocotier volontariat phu quoc vietnam toit feuille de cocotier workaway vietnam

    La fatigue et le peu de temps disponible ne nous permettaient pas d’aller explorer les environs.

    Les repas étaient parfois légers, parfois même inexistants. Aucune communication, aucune planification et nous nous retrouvions régulièrement sans aliments. Et paradoxalement, sans prévenir, Thuy se mettait aux fourneaux et nous concoctait de copieux et délicieux repas.

    Elle était adorable, avait toujours le sourire mais elle n’avait aucune notion du rôle d’un volontaire et n’en faisait qu’à sa tête. Même son mari anglais ne cherchait plus à la raisonner. Elle attendait autant de nous que de ses employés payés/logés/nourris…

    Comment se cacher pour éviter de travailler …

    Plus le temps passait, plus on freinait. Nous n’étions pas là pour être moins bien traités que les locaux et encore moins pour prendre leur place gratuitement.

    Thuy avait ses têtes et les nôtres lui convenaient. Ayant bossés deux semaines comme des fous, elle se passait de commentaires quand nous nous réfugions dans nos bungalows pour échapper à une énième tâche épuisante.

    J’en avais marre de me cacher pour éviter de travailler 8h/jour, marre d’abattre des arbres pour construire sans réflexion et je n’en pouvais plus de cette désorganisation constante.

    Nous étions malheureusement en train de renouveler notre visa et nous étions donc bloqués encore plusieurs jours, le temps de récupérer nos passeports…

    Entre temps, nous avons assisté, ébahis au saut d’un volontaire hongrois qui a permis d’éviter l’effondrement du restaurant. L’édifice mal conçu sur un sol en pente, s’est écroulé lorsque les renforts ont été retirés.

    L’employé responsable de l’incident est venu l’après-midi même, demander sa paye et a refusé de se remettre au travail.

    probleme construction volontariat phu quoc vietnam benevolat thuys house phu quoc vietnam

    Après quelques altercations, le travail a repris de plus belle comme s’il ne s’était jamais rien passé.

    La pluie diminuait chaque jour d’avantage et nous nous octroyions de plus en plus de pauses : direction la plage, la ville et la Bee Farm qui se présentait comme une éventuelle porte de sortie.

    plage volontariat phu quoc vietnam volontariat phu quoc vietnam

    En parallèle, le travail a continué : remblayer un trou pendant des heures jusqu’à ce qu’on apprenne qu’ils avaient une pelleteuse à disposition, s’occuper de Tommy (le fils de Thuy) et aider à la construction de leur site Internet.

    volontariat thuys house phu quoc vietnam

    C’est à cette période que Loy, un nouveau travailleur Vietnamien au sourire constant est venu égayer nos journées. Il s’est entiché de Guillaume et est devenu un très bon ami.

    Thuy nous a fait miroité de l’argent, mais nous étions conscients que cela n’était qu’un appât supplémentaire pour garder deux gros bosseurs auprès d’elle. On apprendra bien plus tard qu’elle s’est permise de foutre dehors un de ses volontaires en demandant ouvertement à sa petite amie de rester…

    benevolat phu quoc vietnam

    3 semaines se sont écoulés à ce rythme effréné, mais aussitôt nos passeports récupérés, nous sommes partis tenter notre chance ailleurs.

    Malgré tout, nous sommes restés en très bon terme avec Thuy et sa famille. Elle nous a d’ailleurs invité à passer gratuitement le jour de l’an au Resort. Elle a un bon fond, mais rester n’aurait fait que valider sa façon inconcevable de considérer ses volontaires.

    Même si cette expérience n’est pas mauvaise en soi, elle reflète les dérives des échanges de service et en prenant sur nous, nous avons pu en retirer de bons moments et quelques apprentissages.

    Et vous, comment auriez-vous réagi dans une telle situation ?

  • D’une grosse perte à Ho Chi Minh aux charmes de Mui Ne

    D’une grosse perte à Ho Chi Minh aux charmes de Mui Ne

    Dans mon dernier article, je vous décrivais les charmes d’Ho Chi Minh Villequi sans les événements du dernier jour aurait pu rester une ville bien plus agréable.

    Un violent vol dans Ho Chi Minh City et la réponse d’une police corrompue

    Un homme au regard pervers s’est introduit dans nos vies et en l’espace de quelques minutes a fait disparaître deux mois d’écriture, des heures de travail et plusieurs centaines d’euros (2 ordinateurs et 1 tablette).

    Si seulement l’histoire avait pu s’arrêter à cet incident, je crois que j’aurais pu continuer la tête haute, mais c’était sans compter sur une justice vietnamienne bancale et inadaptée qui m’a démunie et laissé en pleurs.

    Notre dernier jour à Ho Chi Minh ne fût qu’une répétition de justification face à des gradés qui nous considéraient comme des merdes étrangères. Une véritable course effrénée pour récupérer des papiers, preuve de notre bonne foi.

    Il nous a fallu trouver nos propres témoins et nos propres traducteurs. Déjouer leurs combines, se méfier de leurs écrits, faire face à leurs rires moqueurs, résister à leurs tentatives d’intimidation, patienter pendant qu’ils jouaient à leurs jeux vidéos, expliquer, se calmer et ré-expliquer encore.

    10h plus tard, 3 « visites » de commissariats, des kilomètres parcourus, l’aide du gérant de l’auberge et quelques billets auront eu raison d’eux et nous aurons permis d’obtenir le Saint Graal : la feuille recto verso qui permettait l’indemnisation de notre assurance.

    Cette épreuve terminée, une question s’est posée :

     « Que fait-on ? À t’on vraiment envie de rester au Vietnam ? »

    14 mois sans aucun incident et à peine 4 jours dans ce pays hostile que nous avions déjà envie de déguerpir. Mais rester sur cette image négative ne nous ressemblait pas !

    En attendant, c’est Loïc et Virginie, un couple de français rencontré par la magie d’Internet, qui nous a donné le courage de rester et de continuer notre route pour aller visiter Mũi Né.

    Nous avons passé trois jours en leur compagnie : trois jours à respirer, profiter, manger, parler et apaiser nos cerveaux en ébullition.

    3 jours agréables à visiter Mũi Né

    Malgré le panorama très attractif, les descriptions d’Internet ne nous emballaient guère : « ville touristique très appréciée des Russes ».

    Mais en basse saison, Mũi Né s’est avéré parfait pour nous : désertique.

    La ville est principalement desservie par une grande rue principale qui longe la plage où l’on trouve hôtels, auberges et restaurants pour tous les prix.

    Après une grasse matinée plus que méritée, nous nous sommes vus refuser l’accès à la location des scooters pour raisons de « risques d’amendes car police dans les alentours ». Étrange mais réel au Vietnam.

    Un contre-temps que nous avons comblé en passant notre première journée à profiter de la plage, à envoyer nos papiers à notre assurance, à dévorer deux repas dans les restaurants en bord de mer et papoter plus qu’il n’en fallait.

    bateau rond mui ne vietnam

    Visite des dunes de sable

    La deuxième journée a été bien plus productive : nos scooters en main, nous avons commencé par visiter les Dunes de sable rouge, puis les Dunes de sable blanc en intégrant un arrêt au Canyon Rouge.

    3 arrêts tous aussi étranges qu’improbables sur le territoire Vietnamien, connu pour sa verdure abondante. Du sable rouge (ou plutôt saumon), du blanc et de la terre rouge vif contrastant au vert, font de Mũi Né une destination atypique et dépaysante où nous avons apprécié perdre quelques heures de notre temps.

    La rareté des touristes a rajouté une vraie touche de charme !

    dunes de sables rouges muine vietnam canyon rouge mui ne vietnam photos red canyon muine vietnam muine red canyon vietnam

    Une erreur de parcours sur le trajet nous a réservé quelques surprises.

    sur la route des dunes de sable blanc mui ne

    Malgré la belle immensité qu’offre les Dunes de sable blanc, je mets un petit bémol sur ce lieu pollué par la vue, l’odeur et le bruit de Quads, présents pour les touristes, à un prix exorbitant.

    Je vous conseille de vous éloigner au maximum pour admirer au mieux le paysage.

    dunes de sables blanc mui ne vietnam dunes de sable blanc muine vietnam

    Visite de la rivière des fées

    La troisième journée n’avait rien à envié aux autres, puisque c’est la rivière des fées qui nous a charmé.

    30 à 45 minutes de ballade rafraîchissante, les pieds dans l’eau, au milieu des roches et des palmiers aboutissent à un chemin sans issue, où vous pourrez admirer une petite cascade qui n’est malheureusement pas à la hauteur du plaisir ressenti pendant la promenade.

    rivieres des fées mui ne vietnam fairy springs mui ne vietnam

    Comme vous avez pu le lire, ces trois jours, nous ont permis de bien souffler et de patienter le temps que nos demandes de volontariat aboutissent. (Aide à la construction d’un Resort sur l’île de Phu Quoc).

    J’espère que l’incident qui commence cet article ne vous a pas démotiver à lire la suite et que les photos de Mui Ne vous auront permis de vous évader.

    Et vous, avez-vous déjà eu à faire à la police Vietnamienne ? Êtes-vous déjà allés surfer sur les dunes de Mũi Né ?

    Dites nous tous, les commentaires n’attendent que vous !

  • Que faire à Ho Chi Minh Ville ? Des photos plus que des mots

    Que faire à Ho Chi Minh Ville ? Des photos plus que des mots

    Hô-Chi-Minh-Ville a été notre premier aperçu du Vietnam, une grande ville pleine de vie aux allures vieillottes qui grouille de passants et de motos.

    Ho Chi Minh, c’est aussi des rues où chaque traversée s’apparente à un suicide et où les appartements vides sont le reflet d’une vie tellement chère que le peu d’argent récolté est dépensé dans les apparences.

    quoi voir ho chi minh ville vietnam

    Mais cette fois-ci, je n’ai pas envie de m’étaler avec des mots que je n’ai pas, j’ai donc choisi pour changer de vous faire visiter cette ville en image. Vous y trouverez le Ben Than Market, la cathédrale, la poste centrale, le musée de la guerre et le temple de Caodai.

    photo jardin publique ho chi minh ville

    Le Ben Than Market

    Il est très touristique et il faut tout négocier car les prix sont volontairement gonflés. Mais c’est une manière de vous immerger dans l’effervescence Vietnamienne.

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    La Cathédrale Notre-Dame de Saïgon

    Cathedrale Notre-Dame de Saigon Cathedrale Notre-Dame ho chi minh ville photos Cathedrale Notre-Dame Saigon

    La Poste centrale de Saïgon

    Elle a été construite par l’administration des postes françaises, dont la charpente métallique fût conçue par Gustave Eiffel.

    photos Poste centrale de Saigon Poste centrale ho chi minh ville

    Le musée de la guerre du Vietnam

    musee de la guerre saigon ho chi minh ville

    Une visite qui s’annonçait pédagogique mais qui m’a profondément déçu. Je m’attendais à une exposition de faits objectifs pour en apprendre davantage sur cette triste période, mais l’hypersensible que je suis n’y a trouvé que de la propagande antiaméricains et une surdose d’images choquantes.

    J’en suis ressortie les larmes aux yeux.

    Certes, un peu de pathos peut permettre de marquer les esprits, mais un étage complet sur la torture ainsi qu’une pièce entière consacrée aux malformations (dont 2 fœtus dans du formol) provoqué par l’agent orange, m’ont mis profondément mal à l’aise.

    Peut-être suis-je passée à côté des informations historiques…

    photos musee de la guerre ho chi minh ville photos musee de la guerre saigon

    Le plus grand temple Cao Dai à Tay Ninh

    photos Temple Cao Dai Tay Ninh vietnam

    À quelques kilomètres d’Ho Chi Minh Ville, nous vous recommandons chaudement d’aller admirer le plus grand temple Cao Dai. La religion Caodaista, avec 5 millions d’adeptes, est la troisième du pays.

    Son architecture et ses couleurs de « Walt Disney » valent le détour.

    « C’est une religion syncrétique qui tente d’unifier les concepts du bouddhisme, du confucianisme, du taoïsme, du christianisme, de l’islam, du judaïsme et même de quelques formes locales d’animisme ».

    Elle a pour particularité de considérer Sun Yat – Sen, Victor Hugo et Nguyen Binh Khiem comme ses trois saints.

    Il est possible d’assister à leurs cérémonie gratuitement tous les jours, à conditions d’entrée à gauche pour les femmes, à droite pour les hommes, d’enlever ses chaussures et de ne pas parler à voix haute.

    Si vous êtes curieux, vous trouverez d’avantage d’informations par ici ou .

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    J’espère que cette visite en image d’Ho Chi Minh vous a plu, vous avez bien constaté que je n’ai pas pu m’empêcher d’y glisser quelques avis par-ci par-là 😉 

    En tout cas, je serai ravie d’avoir votre avis sur cette ville !