Nous étions peu attirés par le Vietnam et sans explication rationnelle, nous aurions pu l’éviter sans regret. Mais ses paysages idylliques et la fameuse Baie d’Hạ Long ont pris le dessus sur notre intuition.
Après avoir passé finalement quatre mois dans le sud avec des locaux, voici pourquoi j’ai détesté le Vietnam.
Arrivée chaotique
À peine arrivés sur le sol Vietnamien, le chauffeur de bus nous avait déjà escroqué de quelques euros. Notre premier trajet a ressemblé à une course folle, dans un bus bondé qui laissait s’agglutiner les locaux en repoussant sans honte les étrangers.
Rapidement perdus, personne n’a voulu répondre à nos questions, heureusement que le GPS a fini par se montrer plus loquace.

L’arrivée chez nos hôtes Vietnamiens auraient pu adoucir ces premières heures chaotiques, mais c’était sans compter sur une demande d’argent surgie de nulle part dans le but de payer un repas qui nous avait été servi comme une invitation.
Il ne faut pas s’arrêter à si peu me direz-vous ?
Effectivement, une différence culturelle à vite fait de s’immiscer sans prévenir, nous avons donc payé sans rechigner et sommes allés nous coucher pour reposer nos corps bien fatigués.
Le Vietnam nous montre son visage
Le Vietnam commençait tout juste à nous montrer son visage. L’argent fait partie de leur quotidien et je dirais même plus, il mène leurs vies. Tout est une question d’apparence, les maisons sont vides de tout. On dort au sol, mais le dernier téléphone hors de prix s’exhibe de la poche d’un pantalon dernier cri.
L’argent était à toutes les bouches et chaque discussion finissait généralement par le prix d’un loyer ou d’un salaire. Vous imaginez bien que cela donne rarement des conversations prometteuses et intimes.
Un jour un touriste comme nous, habitué de ce pays, nous a affirmé en souriant :
“C’est le Vietnam !”
Un Vietnam qui nous a arraché nos 2 ordinateurs, volé 2 mois d’écriture et délesté d’une centaine d’euros. Un Vietnam aux mœurs corrompues qui nous a menacé d’expulsion car nous insistions pour avoir des papiers officiels de vols… Un Vietnam qui refusait de nous croire et qui cherchait à nous arnaquer.
Seuls quelques billets glissés sous la table ont permis de l’amadouer pour récupérer nos justificatifs.
Une fois de plus, on s’entendra dire de la part du gérant de l’hôtel un peu honteux :
« C’est le Vietnam … »
C’est le Vietnam à tel point que le vol devient une normalité.
Si vous payez le prix fort, la police retrouvera en une journée l’objet volé et passera dans le journal dès le lendemain matin.
C’est le Vietnam, à tel point qu’une fille nous a naturellement dit qu’elle piquait dans la caisse de son patron et qu’une autre nous a expliqué que « les voleurs sont intelligents car ainsi ils n’ont rien à payer » !
C’est vraiment ça le Vietnam ? Des locaux rarement souriants, une indifférence à peine masquée des travailleurs que nous croisions à longueur de temps. Même un bonjour dans leur langue maternelle ne les faisait que très rarement réagir.
Effectivement, si nous ne nous pavanions pas avec les billets sous leur nez, nous étions tout de suite moins attirants.
Le Vietnam c’est aussi des plages qui regorgent de déchets et de rues polluées. Des gens non éduqués à ce fléau qui détruit la terre sous nos yeux. Et nos hôtes qui nous expliquent que l’éducation ici : « bah ça fonctionne pas ».
J’aimerais vous dire que c’est le Vietnam, mais pour être honnête cette partie là, elle concerne malheureusement toute l’Asie.
Mais revenons à notre situation.
Le Vietnam c’est demander 8h de travail à des bénévoles pendant 15 jours, sans un jour de pause et en oubliant parfois même de les nourrir. C’est aussi travailler avec des outils de basse qualité quitte à se mettre en danger. D’ailleurs, le danger est partout. On coupe des arbres à moitié et on ne sait jamais quand ils vont se décider à tomber, qu’on soit dessous ou pas d’ailleurs. On construit une maison sur un sol en pente quitte à ce que tout s’écroule avec un bénévole en dessous (véridique)…
Notre hôte Thuy nous a répondu en explosant de rire :
« C’est le Vietnam ! «
Ici on agit, on gueule et on réfléchit après. Je suis devenue folle face à leur désorganisation constante. Ici on ne communique pas, quand un problème se présente, on le contourne. Surtout si ça coûte de l’argent.
On passe des heures à préparer des illustrations pour les touristes mais tout est éparpillé dès la première présentation.
On s’épuise à bêcher pour planter fleurs et plantes pour les abeilles mais tout est détruit en quelques minutes pour installer un tuyau…
Les expats nous répondent toujours avec un sourire mi-amusé, mi-blasé :
« Hé oui, c’est le Vietnam… »

Un Vietnam fidèle à lui-même
Un Vietnam que je commence à détester… Détester pour toutes ces choses et tellement d’autres, mais je constate surtout que je hais le Vietnam pour l’effet qu’il me fait.
Il a ce pouvoir de me confronter à moi même si brutalement. Fier de lui, il ne s’est jamais démonté.
Alors que je prenais ça pour de la frime, il était pourtant d’une humilité qui m’a échappé.
Moi qui clamait haut et fort combien je suis ouverte d’esprit, je me suis vue juger et critiquer leurs modes de vie comme si le mien était un modèle à suivre. Le Vietnam c’était ça : un rappel constant qu’il assumait ses défauts tout en se moquant ouvertement de moi :
Je suis le Vietnam et je suis ainsi que tu le veuilles ou non !
Une énorme claque qui m’a fait réaliser que j’affrontais une part de moi qui ne me plaisait pas et que face à cette déception, c’était peut-être à moi de partir.
Après 18 mois de voyage et cette fatigue psychologique, le nord du Vietnam et le reste du monde attendra.
2 semaines et 3 avions plus tard, nous étions de retour en France.
























































