Le monde à deux

Catégorie : En voyage

En voyage, on découvre, on apprend… On partage ici avec vous nos découvertes et nos réflexions.

  • Volontariat en famille : l’expérience d’Anna, Brenno et Liv

    Volontariat en famille : l’expérience d’Anna, Brenno et Liv

    Quel bonheur de vous parler enfin d’Anna, de Brenno et de Liv.

    C’est la première famille que nous avons croisée sur la route, mais c’est aussi malheureusement, une des rares familles qui faisait du volontariat à l’étranger.

    Nous les avons rencontrés au début de notre voyage, à Anak Ranch en Mongolie et nous avons tous les deux été touchés par cette belle rencontre inspirante.

    Leur vision du voyage et la manière qu’ils avaient de ritualiser leur quotidien pour Liv m’ont marqué et j’ai très rapidement eu envie de partager leur histoire.

    Je suis ravie qu’Anna ait pris le temps de répondre à mes questions.

    J’espère que son témoignage vous prouvera que famille peut être synonyme de voyage alternatif et qu’il vous motivera à tenter l’expérience du volontariat en famille.

    Anna, peux-tu nous présenter ta famille ?

    Nous sommes Brenno, Anna et Liv, une famille mixte avec des héritages belge, brésilien, allemand, USA, hongrois, italien, portugais, irlandais et indigène du Brésil. Pour autant que nous sachions !

    Nous avons une petite fille : Liv qui est née en février 2011.

    Elle est très éveillée, sensible et ne se laisse pas envahir par ses émotions. Elle adore les activités créatives et par-dessus tout les animaux.

    « Je peux en témoigner, je me souviens de liv qui prenait tout autant de plaisir à monter à cheval qu’à jouer avec les vers de terre pendant des heures. »

    volontaires sur la route

    Parle nous de votre voyage

    Notre voyage a duré 11 mois. Nous sommes partis en avril 2014 de Belgique en transports en commun vers l’Asie. Nous avons terminé en Thaïlande en passant par l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Russie, la Mongolie, la Chine, le Laos et le Cambodge.

    Pendant nos études en Suède, nous avions évoqué l’idée que ce serait incroyable de voyager par la route en partant d’Europe pour arriver en Asie.

    Nous étions tous les deux fascinés par le nombre de nationalités différentes avec autant de distinctions physiques sur cette partie de la terre.

    Quand nous avons appris que Liv était en chemin, nous nous sommes promis de réaliser ce voyage dont nous rêvions tous les deux, mais que nous attendrions qu’elle ait trois ans.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à faire du volontariat ?

    Avant de partir dans ce voyage en famille, nous avions tous les deux eu des expériences de volontariats ce qui rendait cette possibilité tangible.

    La liberté du voyage au long cours donne l’opportunité d’arriver dans un lieu et d’y rester assez longtemps pour connaître les alentours et de développer une connexion avec les personnes.

    C’est ce que nous voulions pour nous et pour Liv.

    Être accueilli dans une communauté et vivre par le biais de notre travail (au delà de notre argent) est très estimable, surtout quand tu rencontres une autre culture.

    Cela apporte un aspect plus réel et plus humain.

    Cela nous a aussi permis de mettre en pause le flux de dépenses auxquels nous devions faire face pendant ce voyage.

    en famille dans un volontariat

    Quels sites internet utilisiez-vous ?

    Workaway, HelpX  WWOOF et d’autres …

    Nous avons aussi utilisé des contacts personnels et des informations locales pour nous connecter à toutes les opportunités d’échange.

    Combien de volontariat avez-vous fait jusqu’à maintenant ?

    Dans ce voyage, nous avons eu de la chance.

    Nous avions un large réseau d’amis et d’amis d’amis qui ont été incroyablement hospitaliers et qui nous ont généreusement ouvert leurs portes.

    En plus de ces expériences, nous avons eu :

    • une expérience en Suède pendant deux mois,
    • une expérience en Mongolie pendant deux semaines
    • une en dehors de Beijing pendant dix jours,
    • une à Xingping pendant trois semaines (nous avons payé 5$/jour pour nous trois).
    • Une demi-expérience de volontariat (nous avons payé pour notre nourriture et pour dormir) au Laos pendant trois mois.

    Est-ce facile de trouver des hôtes en tant que famille ?

    Ça s’est avéré très simple.

    Trouver des hôtes en tant que famille ne prend pas plus de temps qu’en tant que voyageur solo ou en binome.

    Parfois vous aurez besoin de payer un extra, mais parfois, cela peut tourner à votre avantage comme par exemple : créer du lien avec les enfants de vos hôtes.

    Certains endroits expriment clairement la volonté de ne pas recevoir d’enfants ou de famille, mais il y a toujours un moyen de trouver un terrain d’entente.

    Famille volontaire

    Avez-vous eu besoin de négocier ? Si oui, comment ?

    Cela dépend vraiment des endroits, du travail ou des attentes lors de l’échange.

    En Mongolie, nous voulions faire du volontariat dans un ranch, mais nous n’étions pas acceptés en tant que famille.

    Nous avons proposé de rester longtemps et d’aider à notre niveau. Finalement, nous avons eu de la nourriture et notre propre yourte pour 10$ par jour pour nous trois.

    Le volontariat est un échange, donc il faut être honnête avec ce qu’on peut offrir et être prêt à écouter ce qui peut-être donner en échange, communiquer et voir si on peut trouver ce qui convient au mieux pour les deux parties.

    Tu viens de nous dire qu’il vous est arrivé de payer dans certains volontariats, qu’en penses-tu ?

    En tant que famille : une personne travaille en échange du logement et de la nourriture de 2,5 personnes, il me semble donc équitable qu’à certains endroits tu doives payer un extra.

    J’ai lu certaines annonces où les personnes recherchaient de l’aide pour des gardes d’enfants. Avec ce type de travail, je peux imaginer que cette contribution soit suffisante.

    Autres exemples :

    En Chine, nous avons été acceptés pour aider dans une ferme biodynamique, mais au final nous avons été accueillis comme des invités très spéciaux à qui ont a posé beaucoup de questions : d’où on venait, ce qu’on avait fait, comment nous l’avions fait…

    Donc ça fonctionne !

    Est-ce que Liv participait ?

    La plupart du temps, Liv jouait, mais elle avait besoin d’être proche de nous.

    Elle était encore petite, mais elle aidait pour des petites choses.

    une famille volontaire

    Raconte nous comment se passaient généralement les rituels avec Liv.

    Les temps de repos et des repas étaient les rythmes principaux que nous essayions de respecter dans le quotidien de Liv, comme nous l’aurions fait dans un cadre familial stable.

    Elle avait sa propre couverture, son coussin et sa petite veilleuse pour la nuit, des drapeaux colorés pour accrocher dans la pièce et un porte-bébé pour qu’elle puisse faire la sieste quand elle en avait besoin.

    Quand nous arrivions dans une pièce ou une cabine pour un long trajet, nous nous installions comme chez nous très rapidement avec ces quelques éléments. Nous avions un livre d’histoire et quelques trucs qui créaient un coin pour Liv où que nous étions.

    Quand nous avons préparé nos sacs, j’ai fait un croquis des différents espaces de la maison et j’ai observé ce que Liv utilisait à cette époque et ce qu’elle aimait. Par exemple, nous voyagions avec un éplucheur à carottes, un fouet et un couteau, ses affaires de sommeil, un livre de contes et des petits jouets.

    Pouviez-vous dormir ensemble ?

    Jusqu’à maintenant, toujours.

    Combien de temps restiez-vous chez vos hôtes et pourquoi ?

    Je dirais au minimum deux semaines, la plupart des hôtes aiment que tu restes au moins deux semaines.

    Pour toi, quels sont les bénéfices de faire du volontariat en famille ?

    C’est un bon moyen de se connecter à un endroit et aux routines quotidiennes. Cela apporte davantage de perspectives je pense.

    Même si de nombreuses choses sont différentes ou les manières de faire sont différentes, la plupart sont reconnaissables et c’est familier pour les enfants.

    On s’autorise à prendre le temps sans avoir le sentiment d’en perdre.

    volontariat famille Mongolie

    Quelles sont les difficultés à faire du volontariat en famille ?

    Je dirais de ressentir que tu donnes un échange équitable, car avec de jeunes enfants, la plupart du temps un seul adulte peut travailler.

    Mais c’est tout à fait négociable la plupart du temps.

    Recommanderais-tu de faire du volontariat en famille ?

    Je le recommanderais sans hésiter, car ça donne un espace ouvert à  la famille pour se connecter à la culture et aux personnes.

    As-tu une anecdote à partager ?

    Deux ans après le voyage, c’est incroyable de voir tous les petits détails dont Liv se souvient.

    Par exemple, sur le chemin à travers la Russie dans le Transsibérien, nous avions un vieux monsieur Russe qui partageait notre cabine.

    Il s’appelait Vladimir, portait un dentier et il le posait sur la petite table du milieu quand il dormait. Plus tard, quand Liv a voulu parler de lui, elle l’a fait en évoquant l’homme qui pouvait sortir ses dents.

    Pour Liv, la connaissance des gens qui portent des dentiers est maintenant reliée à Vladimir dans le train qui nous conduisait à travers la Russie.

    Quels sont les conseils que tu donnerais à une famille qui aimerait faire du volontariat ?

    De ne pas hésiter !

    Anna et brenno volontaria mongolia

    Faire du volontariat en famille est tout à fait possible.

    Je suis toujours émue quand je me souviens d’eux et je suis émerveillée par les souvenirs qu’ils ont pu emmagasiner et j’espère surtout que l’expérience d’Anna, Brenno et Liv vous motivera à tenter l’aventure.

    Crédits photos : toutes les photos ont été prises par Brenno

  • Alléger sa vie pour voyager léger ?

    Alléger sa vie pour voyager léger ?

    En ce moment je traverse une période plutôt étrange. Vous savez ces moments où vous êtes conscients que vous passez un cap et qu‘une page se tourne ? Alors aujourd’hui je vous partage cette réflexion : et si voyager léger c’était alléger sa vie ?

    Voyager léger

    Pour moi le voyage, c‘est s‘évader, découvrir et apprendre. J‘ai toujours été convaincue que nous n‘avons pas besoin d‘aller à l‘autre bout du monde pour voyager. Une expédition à travers soi-même est déjà un itinéraire passionnant, qu‘en pensez-vous ?

    voyager léger

    Dans mon imaginaire, voyager a toujours été relié à une notion de liberté et de légèreté. Lorsque nous avons préparé nos sacs à dos pour notre tour du monde en début d‘année 2014, nous avions tous les deux cette volonté de voyager léger. J‘ai alors passé en revue des dizaines de blogs et pour être honnête, comparé à ce que je voyais sur la toile, je pensais m‘en être plutôt bien sortie.

    Partie sur la route avec 12-13 kilos environ sur le dos, j‘ai trecké, j‘ai fait du volontariat, j‘ai adossé le rôle de blogueuse, j‘ai fait le tour de Taïwan à vélo, j‘ai vécu au Japon, j‘ai encore marché, j‘ai rencontré des Népalais qui ne possédaient rien sauf leur sourire.

    Tout ça réuni m‘a fait évoluer et par conséquent mon sac à dos aussi.

    Mais pourquoi je vous parle de tout ça, alors que nous avons repris une vie sédentaire pour plusieurs mois en tout cas ? Pourquoi vous parlez de mon sac à dos qui se voudrait plus léger ?

    Est-il sorti et prêt pour d‘autres aventures ou tout simplement soumis à finir à la poubelle ? Et bien ni l‘un ni l‘autre, loin de là !

    Je suis persuadée que tout est lié.

    Alléger son sac, ça commence par alléger sa vie.

    Alléger son sac, c‘est alléger sa vie

    Voilà la période que je traverse actuellement. Nous avons beaucoup bougé en France l’année dernière. Chaque trajet était une occasion de travailler sur mon minimalisme en voyage, mais j‘avais beau chercher à alléger mon sac, quelque chose clochait toujours.

    Trop de choix, trop de temps et trop de réflexions.

    sac à dos le monde à deux voyager léger

    Je me suis revue à mon retour en France il y a à peine plus d‘un an, j‘ai repensé au choc que j‘avais ressenti face à ce trop-plein d‘affaires après une si longue période où je vivais avec si peu. Certaines de ces affaires m‘avaient été « empruntées » sans mon accord et cet incident m‘avait laissé un goût amer que j‘ai eu du mal à comprendre. Attachais-je plus d‘importance à ces objets inanimés que je ne l’aurais voulu ?

    J‘avais pourtant l‘impression d‘être partie en abandonnant tout derrière moi, comme si je devenais libre et que mes seules possessions étaient contenues dans mon sac : mon tout, ma maison.

    Quel mensonge. La réalité était bien plus nuancée…

    Une fois rentrée en début d‘année 2016, j‘ai rouvert la porte d‘une de cette pièce sombre et poussiéreuse qui contenait toute ma vie. J‘ai retiré les draps sales et humides et j‘ai ouvert les cartons un par un, dépitée par tout ce que j‘avais emmagasiné. Trop prise par l‘énergie des retrouvailles avec la France, j‘ai pris le strict nécessaire, j‘ai fermé les yeux et j‘ai verrouillé la porte sur cet amas d‘ustensiles, vêtements, bibelots oubliés et mis de côté.

    Le temps a fait son oeuvre et j‘ai vécu sans toutes ces choses, certaines ont manqué, mais la plupart ne faisaient déjà plus partie de ma vie. Comme on vit sur la route avec 13 kilos sur le dos, on peut vivre sédentairement sans des placards remplis à craquer.

    Faire le choix du minimalisme

    Un évènement plus ou moins attendu a déclenché l‘étape suivante. Il était temps d‘ouvrir cette pièce un peu trop remplie, de face à mon passé et de clarifier mes attachements. J‘ai poussé à nouveau cette porte rouillée et je me suis frayé un chemin dans l‘obscurité pour affronter un à un tous ces maudits cartons.

    J‘admire les minimalistes et je comprends totalement leur choix de vie. Bien que le but ultime serait d‘atteindre ce type de mode de vie, je ne pense tout simplement pas en être capable à l‘heure actuelle. Mon état d‘esprit tend vers ces idées, car je ressens de plus en plus le besoin de vivre dans des espaces libres. Non pas de grands espaces, au contraire nous envisageons tous les deux de vivre un jour dans une Tiny House.

    Tiny House voyager léger
    Photo libre de droits (source : Wikipédia)

    Mais pour moi chaque pièce doit respirer et je fuis de plus en plus l‘encombrement. C‘est en contradiction totale avec la grande bordélique que j‘ai toujours été. Mais les gens changent et je ne fais pas exception.

    Nous vivons actuellement dans un petit T2, bien assez grand pour nous deux. Toutes nos possessions entreront dans notre cocon sans que je me sente étouffée, c‘est l‘objectif que je me suis donnée. Je sais alors que j‘aurai ce dont j‘ai besoin et ce qui me fait plaisir.

    Sans atteindre la perfection, j’aurai déjà moins d‘attachement et je serai libre de reprendre la route sachant que je ne traînerais plus de casseroles derrière moi, au sens propre comme au sens figuré. Je suis persuadée que notre attachement aux choses relève un trait de notre personnalité. Il est donc temps pour moi de tourner certaines pages de ma vie et laisser partir celle que je croyais être, mais que je ne suis plus.

    Trier, jeter, donner, ranger fait donc partie de mon quotidien depuis plusieurs jours. Je passe du temps sur un groupe Facebook de dons à prendre des rendez-vous puis je fais de nombreux allers-retours à Le relais et Emmaüs.

    Un début difficile

    Pour être honnête, à cette étape du chemin (je dirais environ 60% du tri), je suis plutôt à l‘aise et heureuse.

    Mais quand j‘ai commencé ce processus, je dois l‘avouer, j‘ai paniqué. Il faut dire que tout est lié à une épreuve douloureuse de ma vie.

    Cette première étape je l‘ai franchi avec l‘aide de mes proches. Ma mère a été présente physiquement et spirituellement pour m‘aider à pousser et à porter ces cartons qui me tétanisaient, mon père pour charger la voiture, puis Guillaume qui est toujours là pour répondre à mes questions. Il m‘aide à faire mes choix, me fait réaliser mes contradictions et m‘aide à donner un pantalon de cheval que je n‘ai pas porté depuis plus de 6 ans et qui ne me va probablement plus.

    C‘est si facile pour lui, car soyons honnête, il n‘a vraiment pas besoin de ce travail. La maison est remplie à 80-90 % de mes affaires. J‘admire sa capacité de se défaire des objets si facilement, mais je ne le jalouse pas, il m‘inspire. Je sais que c‘est mon chemin, mon apprentissage et je suis reconnaissante de l‘avoir à mes côtés.

    S‘alléger à l‘aide de la lecture

    Pour m‘aider, je me suis aussi plongée dans la lecture. J‘ai une liste de livres à lire qui se rallonge de jour en jour.

    Deux de ces livres m‘interpellaient depuis un moment et c‘était le moment évident pour les poser sur ma table de chevet. Je les ai dévorés en l‘espace d‘un week-end et ils m‘aident beaucoup à avancer dans cette démarche.

    Je parle de L’Art de la simplicité de Dominique Loreau et de La Magie du rangement de Marie kondo.

    lart-de-la-simplicité

    Alors que sur la route, vivre simplement, profiter de ce que nous avions et se satisfaire de ce que la vie nous offrait étaient si simple, une fois posé en France tous ces détails se sont avérés bien plus difficiles. Ces livres m‘ont rappelé les sentiments que j‘avais pendant mon voyage et m‘aident à faire tous les choix actuels.

    Le premier évoque un art de vivre et le lâcher-prise alors que le second apporte des techniques concrètes pour aider à vider et à ranger son chez-soi.

    Concrètement, dans l‘idéal je ne garde que ce qui m‘apporte de la joie ou ce dont j‘ai besoin, ce qui est simple et efficace.

    J‘ai donné plus de quatre gros sacs de vêtements, j‘en suis à trois grosses boîtes d‘ustensiles et je distribue mes livres au grès du vent. Je vois maintenant les cartons se désemplir, les sourires des gens qui récupèrent mes dons et je suis heureuse. Certains cartons sont plus faciles que d‘autres, mais une fois partis, je n‘ai jamais aucun regret.

    Je crois de plus en plus que chaque objet à une vie à part entière et un objectif de vie. Les laisser dans un placard ou dans un carton est un manque de respect vis-à-vis d‘eux-mêmes, mais aussi de tous ceux qui ont participé à sa construction et à leur arrivée dans votre foyer.

    Lorsqu’on prépare son sac à dos, n‘est-ce pas la même chose ? Ne fait-on pas en sorte que tout soit utile et approprié ? Alors pourquoi cela devrait-il être différent dans une maison sédentaire ?

    J‘ai choisi de faire vivre ma porcelaine et mes six cuillères en argent offertes par ma grand-mère qui ont toujours vécu dans une boîte, j‘ai redonné une nouvelle maison à tant d‘autres ustensiles qui prenaient la poussière et j‘ai rendu une étudiante heureuse, car elle va pouvoir remplir sa cuisine sans exploser son budget.

    S‘alléger, c‘est savoir donner

    Faire le tri c‘est lâcher prise et c‘est aussi accepter de donner.

    Après avoir voyagé pendant 18 mois et après avoir tant reçu sur la route, je donne aujourd‘hui avec plus d’aisance. La générosité des gens m‘a profondément atteinte. Nous n‘avons pas toujours pu rendre à la hauteur de ce qui nous a été offert : pas le temps, pas les moyens ou tout simplement les personnes refusaient.

    Tous ces échanges nous ont beaucoup questionnés et je ne fais que faire vivre une idée qui nous anime Guillaume et moi. Sans le réaliser, nous avons rejoint une chaîne de générosité. Donner sans rien attendre, prendre quand ça nous est généreusement offert.

    Qui nous oblige à rendre directement aux personnes qui nous ont donné alors que la plupart l‘ont fait avec plaisir et amour sans rien attendre en retour ?

    Aujourd‘hui, je m‘inspire de ces personnes et je continue à nourrir cette chaîne en donnant à ceux qui en ont besoin sans rien attendre.

    Je cède à présent avec amour et le coeur léger. Ces objets auront voyagé et retrouvé un foyer. Quant à moi, je désencombre ma vie et mon esprit.

    liberté en voyage

    Et vous, comment vivez-vous votre rapport aux objets ? A-t-il changé après un long voyage ? Est-ce que chaque départ est un calvaire au moment de préparer votre sac ? Ou êtes-vous déjà libre de tout attachement à votre foyer ?

  • Souvenirs et projets d’une voyageuse à l’arrêt

    Souvenirs et projets d’une voyageuse à l’arrêt

    Un souvenir ?

    Un an et demi plus tôt, confortablement installés pour deux mois dans une belle maison Malaise, jonglant entre le tumulte de Singapour et le calme de la banlieue de Johor Bahru.

    Je vous livrais alors les secrets de notre itinéraire abandonné.

    Notre quotidien rempli d’une liberté impalpable, nous avancions au rythme qui était le nôtre. Le monde était à nos pieds et l’horizon accessible. Nos seules limites étaient celles que nous nous imposions.

    Plus de montres, plus de calendriers, le temps passait avec une valeur si différente d’un quotidien sédentaire.

    Des mini-routines remplissaient notre quotidien, j’ai dévoré les cinq saisons de Games of Thrones, j’ai dormi plus qu’il ne m’en fallait, je me suis assouplie grâce à la discipline du yoga quotidien, j’écrivais régulièrement et je me suis investie comme voulue dans le blog.

    Le temps s’est arrêté et nous découvrions le plaisir de re cuisiner pour nous-mêmes avec des saveurs asiatiques. Nous étions chez nous partout et nulle part. Je fatiguais vite et cet arrêt dans le temps fut un refuge nécessaire.

    A cette période, la France me manquait et une envie de rentrer s’est fait ressentir. Je ne crois pas l’avoir une seule fois évoqué sur le blog, mais nous arrivions à un an de voyage, j’étais loin des miens et je me sentais vidée. Je créais mon propre monde et le leur continuait sans moi.

    Guillaume n’était pas prêt. L’idée de rentrer l’attristait et je n’étais pas décidée à l’obliger de faire ce sacrifice pour moi.

    Souvenirs de voyage avec Guillaume

    Un nouveau départ

    Notre hôte nous a comblés plus que nécessaire, mais la route nous rappelait à elle. La Malaisie fût un énorme coup de cœur, j’en garde des souvenirs mémorables, mais aussi accueillante qu’elle puisse être les adieux semblaient nécessaires.

    C’est donc le Vietnam qui a accueilli notre nouvelle énergie. Une énergie éteinte de plusieurs mois de route et de travail acharné et peu ravivé par cet arrêt volontaire.

    Comme beaucoup le savent déjà, le Vietnam ne nous a pas ouvert les bras. Un signe pour nous renvoyer chez nous ? Peut-être n’avons nous pas su le déceler plus tôt.

    Chaque émotion était plus violente et chaque confrontation plus difficile.

    Après de nombreuses discussions sans fin, il était temps de rentrer. Le non-itinéraire ouvre cette porte de sortie et déculpabilise. Pourquoi un an ? Et pourquoi pas 18 mois ?

    Retour à la maison

    Dans un choix de voyage comme celui-ci, les comparateurs de vol tels qu’Easyvoyage simplifient notre quotidien. En quelques jours, nous avions un billet dans un budget acceptable et 15 jours plus tard sans une larme et sans regret, nous foulions à nouveau le sol français.

    Sous un ciel gris et pluvieux, dans le froid et le brouillard j’ai retrouvé la chaleur de mes racines que j’avais semées en chemin.

    « On ne reste qu’un mois ou deux puis on repart » répétions-nous en boucle.

    Le monde nous appelait et pourquoi se poser à nouveau ? Car parfois la vie nous guide sur certains chemins inattendus.

    En pleine conscience, nous avons fait le choix de prolonger notre séjour en France. Des liens à tisser qui ne pouvaient se créer à l’autre bout du monde et le temps est notre richesse la plus précieuse ne l’oublions pas.

    Voyage un jour, voyage toujours ?

    Plus d’un an après notre retour, alors que le vide se crée sous notre toit (je vous en parle ici), nos cerveaux ne cessent d’énumérer les lieux que nous souhaitons voir, les moyens de se déplacer que nous emploierons et les chemins que nous emprunterons.

    L’Inde m’appelle encore et encore, l’Europe est un incontournable, l’Amérique du Sud n’est pas si loin que ça, l’Afrique me plonge dans une partie de mon histoire, l’Océanie nous fait rêver et l’Amérique du Nord ? Pourquoi non ?

    Quelques avions par ci par là, des trains et des bus à n’en plus finir, pourquoi pas un camion aménagé ? Mais aussi et surtout l’idée d’un voyage pied qui traîne dans nos têtes comme un leitmotiv.

    Cet arrêt français dure plus longtemps que nous l’aurions imaginé, mais l’idée de nous installer pour toujours ne nous a toujours pas effleurés.

    L’appel du changement coule dans mes veines depuis que je suis petite et Guillaume ne dira jamais non à un souffle de liberté.

    Chaque chose en son temps et le monde à deux ne s’éteint pas.

  • J’ai oublié les réseaux sociaux, j’ai oublié le blog et je vous ai oublié …

    J’ai oublié les réseaux sociaux, j’ai oublié le blog et je vous ai oublié …

    Depuis quand n’ai-je pas ouvert mon ordinateur pour autre chose que mater des séries, avachie sur mon canapé ou faire défiler les fils d’actualité de mes profils personnels ?
    Depuis quand n’ai-je pas pris le temps de répondre aux mails et aux commentaires pourtant si gratifiants à mes yeux ?
    Et depuis quand n’ai-je pas réussi à retranscrire mes pensées dans l’ordre pour arriver à pondre un article en bonne et due forme ?

    Car quand je vous dis que j’ai oublié les réseaux sociaux, je parle bien des comptes associés à mon cher et tendre blog : Le monde à deux auquel je tiens plus qu’il n’y paraît.

    Rien posté depuis des mois : pourquoi ?

    Pourtant, je n’ai rien posté depuis des années, enfin je m’emballe, des mois déjà.

    N’ai-je à ce point rien à partager ? Ma vie est-elle lasse d’informations croustillantes et de paysages verdoyants ?

    Les événements se sont enchaînés et je le dis sans sourciller, je vous ai oublié.

    J’ai tout d’abord pensé à m’excuser et à vous expliquer dans les moindres détails pourquoi ma vie sur Internet s’est simplement éteinte du jour au lendemain. Comment je suis passée d’un article par semaine au néant total. Et comment je gère le temps libre que la route ne me prend pas ?

    Puis, je me suis demandée : pourquoi ?
    Pourquoi devrais-je m’excuser de ne plus étaler ma/notre vie derrière cet écran ?

    Pourquoi devrais-je me sentir mal de vous avoir mis à l’écart l’espace de ces deux mois ?

    Pourquoi sous-entendrais-je que vous avez absolument besoin de savoir ce que je/nous devenons ?
    Ne vous portez-vous pas aussi bien sans la dernière photo de notre dernier voyage, sans les dernières nouvelles croustillantes ou sans savoir où nous sommes actuellement ?
    Alors, peut-être que certains d’entre vous se le demandent : et dans ce cas la réponse se trouve en page d’accueil de notre blog.

    Pour ceux qui ont besoin d’en savoir davantage, ils se sont manifestés d’une manière ou d’une autre et leurs questions ont probablement obtenus leurs réponses.

    Mais pour tous les autres ? Je suppose que vous saurez attendre la prochaine publication sans oublier qui se cachent derrière « le monde à deux ». Sans m’en vouloir de ne pas avoir suivi les critères dictés par les algorithmes et sans vous offenser de cette mise à l’écart.

    Ou peut-être aurez-vous été séduits par d’autres voyageurs plus présents sur la toile ? Et dans ce cas, puis-je vous en vouloir ?

    Cela n’a au fond pas tant d’importance, n’est-ce pas ? Ce blog c’est le mien et j’ai souvent été pris dans la menace des objectifs et des statistiques. J’ai parfois voulu en faire quelque chose de grand et de médiatisé.

    Mais à quel prix ?

    Aline isolée dans la forêt

    Accepter de ne pas partager mon temps

    Ma présence en France était plus que nécessaire pendant cette année et mon attention dans l’instant présent non partageable avec une vie en ligne.

    J’avais déjà évoqué avec vous dans l’article « Bilan 2 ans après : bloguer et voyager, un équilibre précaire », cette difficulté à me diviser entre le moment présent et l’envie de tout retranscrire en temps réel. Mais aujourd’hui, j’ai dû faire face à d’autres questionnements et d’autres priorités.

    Car cette année, nous l’avons traversé la France, du Nord au Sud et parfois même en diagonal. Probablement pas assez à mon goût et pas toujours pour les raisons que j’aurais aimées.

    Il est vrai que j’en ai des dizaines de thèmes à partager et des articles en cours. Mais rien n’est encore prêt à être publié.

    Car la question n’est pas de savoir ce que je peux ou doit partager sur la toile. La réponse à cette question s’impose d’elle-même le moment venu.

    Mais plutôt : quand serais-je prête à écrire et à me mettre à nue ? Que ce soit des conseils de destinations, la retranscription d’un séjour de volontariat ou un article plus personnel : chaque écrit me demande de plonger en mon fort intérieur pour y trouver le ton juste dans un timing qui m’est propre.

    Alors, oui je vous ai oublié.

    Enfin, pour être tout à fait exacte, je vous ai oublié les premières semaines puis, je n’ai tout simplement pas pu vous contacter, pas tout de suite, pas encore. Trop frais, trop triste, trop difficile…

    le monde à deux un arbre pleure
    Les moments que j’avais à vivre m’étaient trop personnels et me demandaient trop d’attention pour pouvoir utiliser mon énergie à vous écrire, à vous vendre du rêve ou un quotidien qui parfois pourrait tendre à l’être.

    Et je vous ai mis de côté, volontairement et nécessairement.

    Je ne peux vous promettre un retour en fanfare tel que je l’aimerais, car ce n’est tout simplement pas moi.

    Mes faux oublis ne sont pas du dédain, mais un besoin nécessaire pour continuer à faire vivre ce blog à mon image.

    Et tant pis si les chiffres en pâtissent. Je sais que la plupart d’entre vous ne seront pas présents à mes multiples retours. Et puis si les chiffres subissent, à quels critères se comparent-ils ? Ceux des blogueurs influenceurs ?

    Quand je suis sortie de mon sommeil virtuel, j’ai réalisé que nos statistiques n’étaient pas plus basses que dans mes souvenirs et que je pouvais déjà être fière de ce que j’avais accompli. Je pouvais tout simplement être heureuse de votre présence discrète et bienveillante.

    Je suis et serai là par intermittence, comme je l’ai toujours fait. Je vous oublie pour mieux revenir, vous aimer et vous chouchouter comme j’aime le faire. Dans ces moments-là, je me sens plus honnête que jamais et mon esprit vous est alors entièrement dédié.

    Je ne demande qu’un peu d’attente pour plus de présence.

  • Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

    Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

    Après toutes nos mésaventures, nous avons tenté notre chance une dernière fois dans ce volontariat au Vietnam.

    Sur le trajet pour arriver sur l’île de Phu Quoc, Anh, un local s’est montré d’une générosité qui a été à l’inverse de notre ressenti sur le Vietnam. Il nous a pris en charge en nous aidant à trouver notre chemin, en évitant les arnaques, en payant et en contactant Thuy, l’hôte de notre bénévolat dans un Resort. Il nous a aussi raconté qu’il était propriétaire d’une Bee Farm (apiculture) et nous a invités à lui rendre visite pendant notre séjour sur l’île.

    Visite que nous nous sommes empressées de réaliser dès que notre emploi du temps nous l’a permis. Étant donné que notre travail au Resort ne nous comblait pas, nous espérions le convaincre de nous prendre comme volontaire.

    Pour notre plus grand plaisir, il a accepté !

    La chance tourne : un paradis naturel

    S’installer à la Bee Farm et évoluer au sein de ce coin de Nature préservée a été comme une bouffée d’air frais. Dans un pays où chaque parcelle de sol est une poubelle et où l’on détruit sans réfléchir, parler d’écologie était aussi exceptionnel que notre envie de s’attarder davantage au milieu des abeilles.

    Nous sommes tout simplement tombés amoureux de cet endroit.

    volontariat phu quoc vietnam

    Le concept : une solution face à la disparition des abeilles

    Anh, le copropriétaire de la ferme, a eu l’opportunité de voyager au Japon et en Afrique. Contrairement à la plupart des Vietnamiens, il est sensible à l’impact de l’homme sur terre et souhaite le diminuer. Avec, Ohm, son ami d’enfance, ils ont décidé de s’installer sur l’île afin d’y ouvrir une apiculture, mais surtout d’y sensibiliser les touristes.

    Un noble projet que nous ne pouvions que valider et soutenir. Nous sommes alors devenus les créateurs d’un jardin nourricier et les porte-paroles de nos nouvelles amies, les abeilles.

    volontariat apiculture vietnam phu quoc

    Elles s’occupent des larves, montent la garde, nourrissent leur reine et parcours leur territoire à la recherche du pollen et du nectar nécessaires à leur survie. Elles travaillent dur toute leur vie pour produire chacune 1/12 d’une cuillère à café que nous gobons sans état d’âme.

    Ces insectes sans prétention sont pourtant au cœur de notre alimentation. Si l’abeille venait à disparaître, l’homme perdrait jusqu’à 1/3 de ce qui se trouve dans son assiette. À l’origine de la pollinisation, elles permettent la production de 85 % des végétaux.

    Mais aujourd’hui, cet équilibre est menacé :

    • La pollution les fait fuir
    • les antibiotiques les affaiblissent
    • les pesticides les étourdissent
    • l’humain leur pille leur nourriture
    • le réchauffement climatique les perturbe
    • les voyages en camion les massacre
    • et les monocultures les affament …

    Chaque personne venant à la Bee Farm avait le droit gratuitement à une explication détaillée du mode de vie de ces insectes ainsi que des explications sur leur disparition massive. Nous les informions surtout de leur possibilité d’agir :

    • planter des fleurs, des légumes, des fruits sans produits chimiques
    • appeler un apiculteur dès l’apparition d’un nid d’abeille au lieu de le détruire
    • limiter sa consommation de miel
    • choisir son miel chez un apiculture qui ne surexploitera pas ses protégées
    • en parler autour de soi

    Notre travail à la Bee Farm

    Étant les tout premiers bénévoles, Anh ne semblait pas trop savoir quoi faire de nous. Nous observions beaucoup, l’assistions dans ses tâches, mais nous souhaitions nous impliquer davantage.

    Après de multiples conversations, il a été décidé d’un commun accord de planter fleurs et légumes pour les abeilles. Nous étions ravis de tester des techniques d’agriculture et n’avons plus compté nos heures de travail. En parallèle, j’apprenais discrètement la présentation faite aux touristes pour pouvoir participer à mon tour. Ce que j’ai très rapidement fait.

    volunteering bee farm vietnam phu quoc

    Guillaume a continué de bêcher, planter, arroser et voir grandir ces petits bouts de plantes qu’il luttait à faire pousser sous un soleil de plomb.

    Nous étions les bienvenus, malgré une difficulté à se faire accepter par les employés, les 2 propriétaires étaient à l’écoute de nos nombreuses suggestions. Nous avons retravaillé la présentation faite aux clients, planté des centaines de graines et réfléchis à l’organisation d’une visite guidée de la ferme…

    Avec Anh et Ohm, nous passions des heures à refaire le monde, autour de petits-déjeuners dignes de grands restaurants : thé frais, fruits frais, omelette, salade, pain, miel, pâtisseries locales…

    volunteering phu quoc vietnam bee farm

    Nous profitions des boissons au miel servies aux clients avec des pailles en bambous pour limiter la consommation de plastique et sensibiliser.

    benevolat bee farm phu quoc vietnam

    Nous nagions au milieu des bourdonnements d’abeilles dans un monde de douceurs sucrées.

    Le rideau tombe

    Cet univers idyllique contrastait drastiquement avec l’image que nous avions du Vietnam, mais fermer les yeux n’a pas empêché la réalité de nous rattraper.

    Comme tout voyageur qui s’arrête ici, nous avions la triste impression de nous être amourachés d’une belle vitrine trop bien décorée… Une fois la porte passée et le rideau tombés, le concept accrocheur avait tout à coup moins de ferveur.

    wwoofing bee farm phu quoc vietnam

    Curieux d’en savoir toujours davantage, nous posions des milliers de questions, nous avons visionné des dizaines de vidéos et lus énormément d’articles. Plus nous avancions dans nos recherches, plus les contradictions sautaient aux yeux.

    La soi-disant centaine de ruches s’est transformée en une vingtaine, au grand maximum. La compétence en apiculture de nos hôtes s’est avérée amatrice et leur volonté de sauver les abeilles s’est dissipée dans d’atroces calculs financiers. Les notions d’écologie vendues aux clients n’étaient qu’une façade qui n’était pas appliquée par eux-mêmes. Le savon bio était pour les clients pendant que les employés en utilisaient un toxique qu’ils déversaient dans la rivière. Le plastique soi-disant limité était pourtant amassé en pagaille loin des regards étrangers.

    Les petits-déjeuners copieux et passionnants ont peu à peu disparu pour laisser place à des matins en tête en tête.

    Nous travaillions des journées entières, car Guillaume adorait planter et s’occuper des tomates, concombres et courges… Quant à moi, je ne me lassais jamais d’échanger avec les touristes pour défendre les abeilles.

    Nous sommes restés si longtemps, car nous adorions notre travail, parce que notre présence était nécessaire en fin d’année et qu’ils nous avaient payé un visa de 3 mois. Et cela malgré la relation avec nos hôtes qui s’était tristement dégradée.

    benevolat phu quoc vietnam Bee Farm

    Mais basée sur des non-dits, cette relation n’était-elle pas bancale depuis le début ? À vouloir à tout prix aimer le Vietnam, nous nous demandons si nous n’avons tout simplement idéalisé cet endroit.

    Notre présence à la Bee Farm était devenue peu à peu difficilement supportable.

    Finalement, que retenir ?

    Entre réalité et illusions, la Bee Farm se situe probablement quelque part au milieu. Ce texte n’est que le discours mélangé d’une idéaliste optimiste et d’une voyageuse épuisée.

    J’aime croire que ma fatigue et mon envie de rentrer chez moi ne me montraient plus que les défauts d’un pays qui m’avait ôté mon énergie positive.

    Anh reste un homme sensible qui se bat pour une belle cause, malgré les nombreuses contraintes de son éducation et de son pays.

    Finalement, si vous êtes prêts à subir une logique différente de la nôtre et que vous acceptez qu’ils ne soient pas toujours à la hauteur du discours qu’ils vendent alors rejoignez Anh et son équipe à la Bee Farm afin de participer à sauver les abeilles. Mais n’y restez que quelques semaines !

    Un mois nous aurait été bien suffisant.

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]

    Contact : Phu Quoc Bee Farm

    Temps de travail : très variable et dépend principalement de vous, les moments/jours de pauses sont pris selon vos envies

    Repas : vous faites votre liste, le personnel fait les courses pour vous et vous cuisinez pour vous-même. Donc les végétariens/vegans et crudivores sont les bienvenus.

    Logement : ils ont une maison qu’ils laissent à disposition des volontaires

    Internet : à notre période, ils n’avaient pas Internet, mais Anh nous payait une carte prépayée pour l’avoir sur notre téléphone

    [/su_box]

  • Le volontariat pour les nuls

    Le volontariat pour les nuls

    Je parlerai dans cet article des volontariats hors cadre, des échanges de service bien souvent appelés Wwoofing.

    Pour en savoir plus, je vous invite à lire cet article où j’ai expliqué plus en détail les différences entre le bénévolat, le volontariat et le Wwoofing.

    Vous souhaitez vous lancer dans l’aventure du volontariat en voyage, mais vous ne savez pas par où commencer ? Voici donc tout ce que vous devez savoir.

    C’est quoi le volontariat, l’échange de service ?

    C’est un système d’entraide, un échange de bon procédé : vous travaillez quelques heures par jour (entre 4 et 6 heures) en échange d’un logement et de votre nourriture. Cela varie bien évidemment en fonction des besoins, des pays et des conditions que vous avez définies.

    Cela peut concerner tout type de travail : enseigner l’anglais, travailler dans une ferme, travailler en cuisine, faire du baby-sitting, etc.

    Qui peut faire du volontariat ?

    Tout le monde peut en faire !

    Je n’y vois absolument aucune restriction si ce n’est les vôtres où celles de vos hôtes. Que ce soit en couple, en famille avec des enfants, retraité, jeune étudiant ou avec un animal, que vous ayez des compétences particulières ou non, que vous ayez un régime alimentaire ou non, tout est envisageable.

    À vous de dénicher le lieu qui pourra vous accueillir en fonction de vos exigences.

    Nous vous préparons bien évidemment des témoignages pour vous confirmer tout ça !

    Faut-il avoir des compétences particulières ?

    Globalement non.

    Certains profils recherchent des compétences spécifiques, mais ils sont loin d’être la majorité. Les travaux demandés sont bien souvent de la main d’oeuvre facile et si ce n’est pas le cas, vous êtes la plupart du temps encadré par des professionnels que vous assistez.

    Nous avons fait du travail de ferme, de la cuisine, du ménage, de la construction et tout cela sans compétence particulière.

    L’accumulation des services vous fournira à terme une expérience.

    Comment trouver ses hôtes ?

    Par le biais d’une plateforme Internet

    Il en existe plusieurs, mais les plus connues sont les suivants.

    Workaway

    difference wwoofing workawayC’est celle que nous utilisons principalement. Pourquoi ? Pour son graphisme, sa simplicité et son suivi. Tout hôte suspect ou non présent est supprimé. Ils ont même une interface en français et les questions posées permettent des profils plus complets.

    L’inscription d’un an coûte 23 euros par personne ou 30 euros pour 2.

    Vous aurez accès à plus de 135 pays dans le monde entier et le nombre d’hôtes ne fait qu’augmenter. Vous y trouverez tout type de travaux.

    Help’x

    volontariat pour les nuls helpxC’est le même principe. Un enregistrement payant (20 euros/personne pour 2 ans) qui vous donne accès à différents types de travail dans le monde entier.

    Il est moins cher et il semble que les hôtes sont quasiment tous présents sur les 2 plateformes (à quelques exceptions près), mais il y a moins de suivi de la part des administrateurs et l’interface est beaucoup moins sympa.

    Wwoofing

    difference wwoofing volontariat benevolatProbablement le plus vieux des trois et souvent le plus connu : World Wide Opportunities on Organics Farms met en relation des fermes bio avec des futurs bénévoles.

    Le wwoofing ne concerne donc que des fermes et il sera nécessaire de vous inscrire dans chaque pays avec des tarifs d’adhésion variable.

     

     

    Quelques exemples (attention aux conditions qui peuvent varier d’un pays à l’autre) :

    • 25 euros par personne ou 30 euros pour 2 : en France
    • 60 dollars pour 2 ans (avec assurance comprise) au Canada
    • 40 dollars pour 1 personne ou 55 dollars pour 2 au Chili

    Quels sont les avantages et inconvénients de ces plateformes ?

    Avantages :

    • possibilité de planifier à l’avance
    • se fier aux éventuels commentaires des autres volontaires
    • donne un large choix de lieux

    Inconvénient :

    • vous aurez des lieux souvent connus des autres voyageurs (ce qui peut aussi être un avantage)

    Lequel choisir ?

    N’en prenez pas plusieurs à la fois pour viser large. Pour commencer, je vous conseille de vous inscrire soit sur Workaway soit sur Help’x.

    Si jamais cela ne vous suffit pas, vous pourrez toujours faire appel à la communauté des voyageurs pour récupérer un contact en particulier sur un des autres sites, ou vous inscrire en temps voulu.

    Du bouche-à-oreille

    Si cette solution ne vous convient pas, vous avez la possibilité de trouver des hôtes par vous-mêmes. Commencez par demander autour de vous : vos connaissances, des contacts : peut-être connaissent-ils quelqu’un qui a la possibilité de vous héberger contre quelques heures de travail.

    Si vous n’avez aucune réponse positive, ne vous démotivez pas pour autant. Restez ouverts à toutes les opportunités croisées sur la route et n’hésitez pas à demander : dans les auberges de jeunesse ou lors de vos rencontres inopinées par exemple.

    En Thaïlande, nous avons eu la possibilité d’être volontaires dans une auberge après une rencontre sur la route et au Vietnam nous sommes restés 3 mois chez un apiculteur après l’avoir rencontré dans le ferry.

    Avantages :

    • vous sortez du circuit classique et rencontrez des lieux plus méconnus
    • vous pouvez chercher à la dernière minute
    • vous avez la possibilité de rencontrer vos hôtes et de vous fier à vos intuitions

    Inconvénients :

    • vous pouvez difficilement planifier et il vous faudra la plupart du temps être sur place
    • nécessite de bien mettre au clair les conditions d’échange, car il sera fort probable que ce soit la première expérience de votre hôte

     Comment choisir son hôte ?

    En fonction des pays vous aurez bien évidemment plus ou moins le choix. L’Asie propose beaucoup moins d’hôtes que l’Australie par exemple.

    Voici quelques pistes de réflexion pour vous aider à choisir

    Le type de travail que vous souhaitez effectuer : enseigner l’anglais, travailler dans une ferme, être en cuisine, etc.

    Les conditions d’hébergement : le nombre de repas par jour, les chambres (si vous êtes en couple par exemple), disponibilité du wifi, demande de participation financière, etc.

    Pensez aussi à l’emplacement de vos hôtes : certains seront très isolés contrairement à d’autres qui seront effectivement en pleine ville.

    Sur Workaway et Help’x, les commentaires sont un gros plus pour vous aider à choisir. Le vécu des volontaires qui vous ont précédé sont de bonnes doses d’information pour vous faire une opinion, surtout si vous prévoyez d’y rester longtemps. Mais à contrario, ne vous privez pas de tenter l’expérience pour un nouvel inscrit !

    Les coups de coeur : il nous est arrivé de choisir un hôte 2 mois avant juste après un gros coup de coeur sur le profil, ou parfois de choisir un hôte, car c’était le seul qui nous prenait à la dernière minute dans nos critères.

    Combien de temps en avance faire sa demande ?

    C’est très variable d’un pays à l’autre, d’un hôte à l’autre et en fonction de la saison.

    Le Japon est l’exemple concret du pays où vous devez vous y prendre à l’avance, car les Japonais ont besoin de s’organiser, mais aussi, car le nombre de places est restreint et elles sont souvent prises d’assaut.

    Grosso modo, prévoyez un mois à l’avance, en commençant par faire une prérecherche dans le pays en vérifiant :

    • le nombre d’hôtes susceptibles de vous accueillir à la période désirée et selon vos critères
    • combien recherchent à la dernière minute
    • le nombre de volontaires accueillis en même temps
    • leurs disponibilités, etc.

    Et en fonction de votre envie et des réponses ci-dessous, vous aurez déjà une bonne idée de la nécessité de réserver en avance ou non.

    Sur le site Workaway, certains hôtes indiquent qu’ils cherchent à la dernière minute.

    Combien de temps rester ?

    combien de temps faire du volontariatCela dépend de vos hôtes, du travail demandé, mais aussi de vous. Personnellement, nous préférons rester environ 3 semaines au même endroit, mais nous savons que nous sommes loin d’être dans la moyenne.

    J’aurai tendance à répondre : au moins une dizaine de jours : tout simplement, car cela vous laisse le temps d’apprivoiser les lieux, de comprendre le fonctionnement, d’être vraiment efficace et utile et de mieux connaître les attentes de vos hôtes.

    Bien sûr cela vous laissera davantage de temps pour tisser des liens avec vos hôtes.

    Quel visa ?

    Étant donné qu’il n’y a aucun contrat ni aucun échange d’argent, la logique voudrait que le visa de travail ne soit pas nécessaire, pourtant cela dépend du pays où vous vous rendez.

    Il n’est pas toujours possible de trouver d’informations officielles, mais sachez que nous avons fait tous nos volontariats en Asie avec des visas de tourisme sans aucun problème.

    À notre connaissance, seule la Nouvelle-Zélande considère que la nourriture et le logement sont une rémunération et demande donc obligatoirement un visa de travail.

    (Edit juillet 2017 : les USA aussi demande un visa de travail)

    Quoi qu’il en soit, lors de votre passage à la frontière, n’évoquez jamais votre volonté de faire du volontariat : vous êtes là pour du tourisme !

    Par conséquent, n’indiquez pas que vous restez plusieurs semaines au même endroit, prévoyez un itinéraire classique à dire à la douane si nécessaire.

    Officieusement, la plupart des voyageurs entrent avec un visa tourisme et tout se passe bien.

    Quelle assurance ?

    Certains travaux ne sont pas sans danger, à vous de poser vos limites. J’ai à plusieurs reprises refusé de monter sur la structure d’une maison en bois branlante ou même d’utiliser la tronçonneuse qui ne m’inspirait pas confiance.

    Sachez que dans le cas de ces volontariats hors cadre, il vous faudra une assurance privée. Pensez donc à le vérifier avant de partir.

    Pour information : l’assurance Cap Aventure de chez Chapka prend en compte ce type de volontariat.

    Quel budget ?

    Une fois dans les volontariats, vous n’aurez plus rien à débourser sauf pour vos petits plaisirs personnels, ou éventuellement cuisiner des plats typiques à vos hôtes.

    Certains volontariats vous demanderont une participation financière pour la nourriture par exemple. À vous de voir la contribution demandée par rapport à leurs situations …

    De notre côté, nous n’avons jamais payé quoique ce soit, si ce n’est des petits cadeaux pour les enfants de nos hôtes au Japon pour Noël, des friandises pour nous et quelques repas particuliers.

    Une fois sur place

    Bien évidemment cela dépendra du comportement de chacun et de chaque lieu, mais l’adaptation peut prendre plusieurs jours. Ne vous imposez rien et prenez le temps de trouver vos marques.

    Surtout, n’hésitez pas à dire à vos hôtes si quelque chose ne vous convient pas ou si vous avez des difficultés. N’attendez pas que le mal s’installe.

    Si vous êtes passé par un site Internet, surtout laissez des commentaires constructifs (positif ou négatif) afin d’aider les prochains volontaires à faire leur choix.

    J’espère que cet article répondra à toutes les questions que vous vous posiez et j’espère qu’il vous permettra de vous lancer dans l’aventure sans appréhension afin de vivre pleinement ces échanges si constructifs.

  • Volontariat, bénévolat, échange de service en voyage : Différences et comment choisir?

    Volontariat, bénévolat, échange de service en voyage : Différences et comment choisir?

    Quelle est la différence entre bénévolat et volontariat ?

    Comment choisir mon volontariat en voyage ? Comment choisir mon bénévolat en voyage ?

    Je veux faire du bénévolat en voyage mais je ne sais pas par où commencer ?

    Si une de ces questions vous est passée par la tête alors vous devriez trouver les réponses dans cet article.

    Les définitions françaises sont de vrais casse-têtes, mais au-delà des mots, tous ces concepts sont utilisés à tord et à travers et portent souvent à confusion. On voit apparaître des amalgames entre les échanges humains et le Volontourisme dans toutes ses dérives.

    L’idée est donc de clarifier tout cela et vous donner des liens pour vous permettre de choisir vos missions en toute connaissance de cause.

    « Dans la plupart des pays, le bénévole s’appelle volunteer (en Grande-Bretagne), voluntario (en Espagne) ou volontario (en Italie) ou … volontaire (en Belgique). D’où certaines confusions en France où le statut de bénévole est différent de celui de volontaire ».

    Le bénévolat

    difference benevolat volontariat resto du coeurLe bénévolat n’est encadré par aucun statut juridique. « Est bénévole toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ». L’engagement du bénévole est totalement libre, sans obligations d’horaires, sans contrepartie, sans rémunération, sans condition d’âge.

    C’est du temps que vous consacrez selon vos envies dans les associations de quartiers (sportives, culturelles) ou nationales (Resto du cœur, Téléthon…) par exemple.

    Le volontariat

    difference benevolat volontariat

    Le volontariat « donne lieu à un engagement contractuel et exclusif. Le volontaire est engagé à temps plein et pour une durée définie. Il peut être indemnisé – cette indemnité n’ayant pas le caractère d’un salaire ou d’une rémunération ».

    En d’autres termes, vous avez un statut reconnu par la loi et vous signez un contrat qui vous engage sur un temps donné.

    « Notez que les postes offerts ne sont pas nombreux et correspondent à des spécialités très précises exigeant une compétence et une vocation affirmées ».

    De plus, le statut de volontaire ouvre droit à une couverture sociale (maladie, accident du travail, maternité, invalidité, décès, …).

    Quelques exemples de volontariat : Service civique, Volontariat de solidarité internationale (VSI), Service volontaire Européen (SVE), Volontariat internationale en entreprise (VIE), Volontariat internationale administration …

    difference volontariat

    Vous trouverez encore plus d’informations sur le site France volontaire ainsi que sur l’article de Tour-monde qui a plus d’expérience que moi.

    Le volontariat hors cadre : l’échange de service, l’entraide…

    Il n’y a aucun statut, aucune réglementation française pour définir les activités ci-dessous : le gouvernement nous a répondu que c’était de l’entraide, les personnes concernées sur le net le décrive souvent comme de l’échange de service, mais c’est aussi défini comme du volontariat hors cadre.

    Dans ce cas, le volontaire improvise souvent avec des contrats plus ou moins tacites qui peuvent être rompus selon les volontés et les projets de chacun.

    Sachez que France-volontaire possède un réseau de 24 bureaux  appelés les « Espaces Volontariats » qui accompagnent justement les volontaires hors cadre. Ils peuvent vous aider à trouver des volontariats dans des structures « sérieuses » et sont en lien direct avec les ambassades.

    Vous pouvez aussi bien en trouver par vos propres moyens qu’en passant par les plateformes ci-dessous :

    Le wwoofing

    difference wwoofing volontariat benevolat

    « World Wide Opportunities on Organic Farms » est un système basé sur l’échange qui exclut toute monétisation.

    Le Wwoofer travaille quelques heures par jour (entre 4 et 6 heures) en échange de sa nourriture et de son hébergement. Comme son nom l’indique, cela ne concerne que les fermes, exploitations ou jardins issus de l’agriculture biologique.

    Vous ne trouverez ici, aucune notion d’humanitaire, c’est l’échange entre les hôtes et les voyageurs qui est mis en avant : l’apprentissage des savoirs de la terre contre de la main d’oeuvre.

    Plus d’informations dans ce dossier sur le guide du routard

    Workaway / Help’x

    difference wwoofing workawayLe concept de Wwoofing a si bien fonctionné que des plateformes se sont ouvertes pour élargir ce principe à d’autres structures que des fermes issues de l’agriculture biologique. C’est ainsi qu’est né Help’x, puis plus récemment notre petit chouchou : Workaway.

    Le principe est exactement le même que le Wwoofing : quelques heures de travail (entre 4-5 heures par jour, 5 jours par semaine) contre la nourriture et le logement. Sauf que cette fois, vous y trouverez des Guesthouses, des Resorts, des constructions écologiques, des écoles ou des familles qui ont besoin d’un coup de main etc…

    Sauf exception, la plupart des hôtes ne demandent aucune compensation financière, si ce n’est parfois de participer aux frais alimentaires.

    Quelques exemples d’autres sites :

    Éco-volontariat (ciblé écologie)

    Bridgemyworld

    Volunteers base (gratuit)

    Sourirs nomades …

    Lors de ces échanges de service, faites toujours attention à l’échange qui vous est proposé pour ne pas tomber dans le volontourisme.

    Pour plus d’informations concernant l’échange de service, cet article est pour vous : le volontariat pour les nuls.

    Le Volontourisme

    Ce mot désigne un soit disant tourisme alternatif où le voyageur « propose ses services à des populations défavorisées au cours d’un séjour touristique ».

    Selon le site : www.servicevolontaire.org : « les entreprises utilisent les méthodes commerciales du tourisme de masse sous couvert de l’image du volontariat international afin de pouvoir faire du profit sur la misère et la détresse, mais aussi sur votre bonne volonté et sentiment de culpabilité ».

    Vous le trouverez aussi bien dans les projets soit-disant humanitaires proposées sur les sites comme Project-Abroad, mais aussi, (même si plus rarement) sur les plateformes d’échange.

    Faites donc attention aux sois-disant missions humanitaires qui demandent plus d’argent que de réels compétences. Je prendrai le temps d’écrire un article plus détaillé sur ce sujet dès que j’en aurai l’occasion. En attendant pour aller plus loin, je vous invite à lire cet article  : Non au tourisme humanitaire et à regarder cette vidéo (les sous-titres en français sont disponibles).

    difference tourisme volontourisme

    Conclusion et nous dans tout ça ?

    Voici donc les définitions officielles, mais pour être honnête, c’est loin d’être aussi simple puisqu’on trouve encore sur le site Francebénévolat des offres de « bénévoles » en échange de la nourriture et du logement.

    Mais par déduction, nous faisons donc du volontariat hors cadre qui n’ouvre aucun statut reconnu par la loi. Nous sommes dans une démarche d’entraide et d’échange de service !

    woofing chine ferme dujiangyan huaxi farm

    Voici donc un article un peu différent qui définit des termes souvent utilisés à tout va. J’espère qu’il vous aidera à y voir plus clair et vous permettra de choisir plus précautionneusement vos missions en voyage !

    Alors, quelle forme prendra votre prochain voyage ?

    Autres sources :

    Différence bénévolat et volontariat
    Selon studyrama
    Tousbénevoles

  • Bilan 2 ans après : bloguer et voyager, un équilibre précaire

    Bilan 2 ans après : bloguer et voyager, un équilibre précaire

    Bloguer et voyager semble facile et accessible : tous les jours, fleurissent de nouveaux blogs voyage sur la toile. L’excitation de partager ses aventures est forte et on se jette à corps perdu dans la création de son propre espace Internet.

    J’ai moi-même sauté le pas. L’écriture, c’est toute ma vie.

    J’ai des cahiers gribouillés de mes notes d’enfants, des feuilles noircies de mon imagination d’adolescente et des pages Word tapées de mes pensées de jeune femme. L’adulte que je suis devenue ne cherchait plus qu’un prétexte et le courage de me lancer pour m’exprimer au grand jour.

    Quand nous avons envisagé de partir sur la route, écrire mes expériences était une évidence, sauf que je ne réalisais pas vraiment dans quoi je m’embarquais. Me lancer dans la création de ce bébé blog m’a demandé de faire face à de nombreux défis.

    Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, la panacée n’existe pas et dépendra bien évidemment de tout un chacun. Mais voici le bilan de mes 2 ans de voyage et quasi tout autant de blogging inconstant.

    La conception

    Préparer un blog demande une planification importante. Il faut définir sa ligne directive, choisir un nom, des mots clés, un serveur, un nom de domaine, un thème WordPress et j’en oublie. Et même si des services comme celui-ci simplifie une partie du travail, le reste vous demandera du temps et de l’énergie.

    Vous ne passerez pas à côté des heures de brainstorming pour aboutir à une ébauche qui sera de toute façon en constance évolution.

    Même si nous avons officiellement commencé à bloguer en mai 2015, le blog était créé en juin 2014, bien avant notre départ.

    Avec le recul, j’aurais aimé m’y mettre encore plus tôt pour me familiariser à WordPress, au SEOdes termes incompréhensibles pour des néophytes mais sans quoi un blog ne reste qu’un journal intime.

    La grossesse : questionnements, doutes et organisation

    Après notre départ, nous avons mis plus de 9 mois pour lancer officiellement ce blog.

    Entre questions de matériel et mes propres peurs, ces 9 mois ont été remplis de toutes les excuses possibles et inimaginables pour me défiler.

    La peur

    Je me suis longtemps posé beaucoup (trop) de questions, j’ai remis en cause mes choix et ma façon d’écrire. J’ai constamment pensé que c’était une mauvaise idée et j’ai paniqué à l’idée de montrer mon travail.

    Tétanisée face aux nombreux autres blogs, sensible aux éventuels retours que j’aurais à affronter, j’ai régulièrement été prise de vertiges à l’idée d’assumer ce bébé.

    Puis le grand jour est arrivé, j’ai sauté à l’eau, j’ai publié et j’ai affronté mes peurs.

    L’accessibilité Internet

    Une des excuses les plus courantes pendant ces 9 mois a été de prétendre que ne pas avoir d’accès Internet constant et stable ne me permettait pas d’écrire et de publier facilement. Ce qui est absolument faux, Internet se trouve de partout.

    Une nouvelle fois, ce n’était qu’un choix à faire et une organisation à prendre.

    Matériel versus minimalisme

    Bloguer demande du matériel : au minimum un ordinateur et un smartphone auquel on peut rajouter : un appareil photo, des objectifs, une perche, une Gopro, du matériel d’attache et j’en passe.

    equipement electronique tour du monde

    Matériel et minimalisme ne font pas toujours bon ménage.

    Un seul ordinateur pour deux demande  plus de temps et d’organisation et nous hésitons toujours à investir dans un deuxième.

    Nous avons réalisé que notre Gopro ne nous a pas autant servi que nous l’aurions voulu. Serions nous donc prêt à nous investir davantage dans la création de vidéo ?

    Guillaume ayant pris goût à la photographie, l’appareil photo est donc devenu un indispensable mais nous nous questionnons sur l’Intérêt d’un smartphone qui ferait aussi office d’appareil photo.

    Il m’arrive des fois de me demander si je n’aimerai pas voyager avec le minimum et voir le résultat.

    Bref, bloguer ne rime pas forcément avec voyage léger. Nous faisons face à une réflexion constante pour répondre à ce challenge.

    9 mois après : bloguer et voyager

    Mon bébé tant attendu était enfin là sous nos yeux. Il me demandait du temps, de l’attention et des sacrifices. Souvent égoïste, parfois maternelle, j’ai pris plus de temps pour moi que pour lui et j’ai fini par me demander quelle croissance je lui souhaitais. 

    Gérer le temps et les conditions de vie

    Tout le monde écrit à son propre rythme. Moi, je suis particulièrement lente pour plusieurs raisons : je n’écris pas sur commande et je suis perfectionniste.

    J’ai fini par accepter mon inconstance et je ne me force plus à écrireDu coup je m’écoute et je prends mon temps. Même si cela sous-entend ne pas sortir d’article pendant 1 mois.

    Un temps que je juge nécessaire pour mon perfectionnisme. Je peux relire mes textes des centaines de fois et même en publiant je ne suis de toute façon jamais satisfaite.

    Par contre, je peux bloguer de partout ! C’est l’avantage de s’écouter : quand l’inspiration me rend visite, j’écris dans le bus, sur un téléphone ou sur un bout de papier au coin d’une table !

    bloguer en voyageant bloguer et voyager

    Même si j’accepte mon inconstance, je trouve peu un peu un équilibre qui me permet d’assurer un suivi du blog plus régulier.

    L’hyper-connexion ?

    Quand on commence un blog, on réalise rapidement que notre absence à des répercussions radicales sur la visibilité de celui-ci.

    Pourtant courir après la moindre connexion Internet pour publier les postes Facebook, mettre à jour les articles et assurer une veille sur les réseaux sociaux m’épuise très rapidement. J’ai parfois envie de me déconnecter dans la Nature, reprendre mon souffle pour revenir plus forte et plus inspirée.

    Il m’est donc nécessaire de trouver un équilibre entre l’hyper-connexion et les besoins de bébé blog.

    Le vol de nos ordinateurs au Vietnam m’a pourtant permis de relativiser. Même si ce blog est important à mes yeux, il ne l’est pas au point d’en devenir dépendant de la connexion Internet et aux réseaux sociaux.

    Définitivement : maman blogueuse a besoin de prendre soin d’elle.

    Faire des choix pour vivre l’instant présent

    Comme je l’ai dit plus tôt, l’écriture me prend un temps chronophage ! Je peux mettre plusieurs jours à sortir un article.

    Bien que j’aime et que j’adore ça ! Ce temps, il se prend sur la vie quotidienne de ma vie de voyageuse. J’ai aussi envie de profiter pleinement de chaque instant et de vivre l’instant présent sans aucune contrainte.

    bilan 2 ans bloguer et voyager

    Comme pour la connexion Internet, nous avons donc dû faire des choix, dont celui de nous arrêter 3 mois en Malaisie pour écrire à plein temps ou celui de parfois sacrifier l’écriture pour privilégier l’aventure.

    Encore une fois, c’est une histoire d’équilibre que je commence enfin à trouver.

    2 ans après, pourquoi bloguer ?

    Avec toutes les difficultés que je viens de vous citer, vous pourriez vous demander si ça vaut vraiment la peine de bloguer et je n’ai pas de réponses toutes faites pour vous, car parfois le voyage est plus important qu’une trace sur la toile.

    Mais après m’être demandée si j’avais vraiment envie d’écrire, j’ai maintenant ma réponse.

    Bloguer m’anime de plus en plus

    Bébé blog ne serait pas là aujourd’hui si l’envie d’écrire n’était pas plus forte que tous ces désagréments réunis. Il est une trace de mon histoire et une façade de ma vie. Un bout d’aventure que je partage avec vous, ma famille et mes amis.

    Un travail d’introspection constant qui à chaque nouvel article me pousse à me mettre à nue et à me dépasser. Un challenge quotidien qui représente l’ébauche d’une reconversion professionnelle.

    Mais au-delà du bien qu’il me fait, je sais par les mails de plus en plus nombreux que nous recevons qu’il est une aide précieuse pour vous aussi.

    Vous lire, vous répondre et vous accompagner dans votre recherche de voyage alternatif est un plaisir que nous partageons au quotidien avec Guillaume.

    Après 2 ans bébé blog grandit

    Vous êtes jour après jour de plus nombreux à nous suivre, à nous lire, à nous écrire, à partager nos postes et commenter nos articles.

    Bébé blog grandit et s’épanouit grâce à vous.

    Nos chiffres ne sont pas exceptionnellement haut, mais ils sont en constante progression et pour ça je tiens à vous remercier.

    Alors merci, car même si je ne le dis pas souvent, chacun de vos messages, commentaires ou attentions me touche sincèrement et me motive à continuer.

    bloguer en voyage

    Bloguer et voyager est pour moi un challenge quotidien et j’espère que cet article vous donnera des pistes de solution si vous êtes dans le même cas que moi.

    Dans tous les cas, venez partager votre expérience en commentaire, ça nous permettra d’ouvrir le débat.

  • Un volontariat au Vietnam qui démontre les dérives de l’échange de service

    Un volontariat au Vietnam qui démontre les dérives de l’échange de service

    Si vous nous suivez régulièrement, vous savez que notre arrivée au Vietnam a été chamboulé par le vol de nos deux ordinateurs. (Pour les autres, vous pouvez rattraper votre retard en lisant l’article D’une grosse perte à Ho Chi Minh aux charmes de Mui Ne).

    Par conséquent, arriver dans ce nouveau volontariat était pour nous un nouveau départ. Comme si le Vietnam nous proposait gentiment de tout effacer et de recommencer à zéro.

    Un volontariat au Vietnam prometteur ?

    Mais, avec le recul je constate que nous n’avons fait que de nous empêtrer doucement et aveuglément dans ses filets…

    Petit Resort sur la plage, équipé d’un four solaire.
    Volonté de créer un petit potager et des toilettes sèches
    Tâche principale : s’occuper des clients
    Une annonce alléchante qui nous avait motivé à quitter Mui Né pour redescendre dans le sud, sur l’île de Phu Quoc.

    Thuy, la propriétaire des lieux, Vietnamienne et jeune maman, venait tout juste de racheter le terrain déjà aménagé de 10 luxueux bungalows. Elle nous a accueillit avec un anglais approximatif, un ton sec, mais un grand sourire.

    Notre nouveau travail ne correspondait en rien à l’annonce sur Help’x. Aucune plage en vue, aucun potager, aucun four solaire et encore moins de notions d’écologie. Thuy avait récemment quitté son petit business sur la plage pour ouvrir un gros complexe de bungalows et son annonce n’était pas encore mise à jour.

    Ici, c’était la destruction. On abattait des arbres sans compter pour construire selon les envies loufoques de notre nouvelle hôte. On coupait, on dépeçait et on portait kilo après kilo.

    workaway phu quoc vietnam

    Parfois on laissait pourrir une dizaine d’arbres, coupés bien trop tôt puisque qu’aucune organisation ne permettait de réduire les pertes.

    L’objectif était de construire un bar. Enfin ça c’était au début, car les idées semblaient traversées la tête de Thuy sans qu’on arrive à les suivre.

    L’endroit était malgré tout très attrayant et la fin de la saison des pluies rajoutait une touche très locale : de grosses averses suivies d’un soleil de plomb.

    Malheureusement, pas nettoyée depuis des mois, la piscine nous narguait tout autant que Thuy qui repoussait toujours son nettoyage.

    construction resort benevolat vietnam

    Du travail, du travail et encore du travail !

    La saison touristique approchait à grands pas et tout était dans l’urgence. Thuy courrait dans tous les sens et ne cessait de donner des ordres pour changer d’avis dans la soirée. On a monté la charpente du bar à la force de nos bras…

    Une belle folie.

    construction resort volontariat vietnam

    Une fois érigé, nous avons commencé un intéressant mais long et fastidieux travail : construire le toit à la manière vietnamienne.

    L’idée c’était de positionner deux feuilles de cocotier dans le bon sens et de les clouer très serrés afin d’assurer l’étanchéité du toit. Nous gérions la première partie, tandis que deux employés enchaînaient la deuxième. Deux locaux qui savaient dompter la hauteur, manier le marteau et accumuler les temps de pause mais qui étaient très antipathiques malgré nos essais de conversations.

    toit cocotier volontariat phu quoc vietnam toit feuille de cocotier workaway vietnam

    La fatigue et le peu de temps disponible ne nous permettaient pas d’aller explorer les environs.

    Les repas étaient parfois légers, parfois même inexistants. Aucune communication, aucune planification et nous nous retrouvions régulièrement sans aliments. Et paradoxalement, sans prévenir, Thuy se mettait aux fourneaux et nous concoctait de copieux et délicieux repas.

    Elle était adorable, avait toujours le sourire mais elle n’avait aucune notion du rôle d’un volontaire et n’en faisait qu’à sa tête. Même son mari anglais ne cherchait plus à la raisonner. Elle attendait autant de nous que de ses employés payés/logés/nourris…

    Comment se cacher pour éviter de travailler …

    Plus le temps passait, plus on freinait. Nous n’étions pas là pour être moins bien traités que les locaux et encore moins pour prendre leur place gratuitement.

    Thuy avait ses têtes et les nôtres lui convenaient. Ayant bossés deux semaines comme des fous, elle se passait de commentaires quand nous nous réfugions dans nos bungalows pour échapper à une énième tâche épuisante.

    J’en avais marre de me cacher pour éviter de travailler 8h/jour, marre d’abattre des arbres pour construire sans réflexion et je n’en pouvais plus de cette désorganisation constante.

    Nous étions malheureusement en train de renouveler notre visa et nous étions donc bloqués encore plusieurs jours, le temps de récupérer nos passeports…

    Entre temps, nous avons assisté, ébahis au saut d’un volontaire hongrois qui a permis d’éviter l’effondrement du restaurant. L’édifice mal conçu sur un sol en pente, s’est écroulé lorsque les renforts ont été retirés.

    L’employé responsable de l’incident est venu l’après-midi même, demander sa paye et a refusé de se remettre au travail.

    probleme construction volontariat phu quoc vietnam benevolat thuys house phu quoc vietnam

    Après quelques altercations, le travail a repris de plus belle comme s’il ne s’était jamais rien passé.

    La pluie diminuait chaque jour d’avantage et nous nous octroyions de plus en plus de pauses : direction la plage, la ville et la Bee Farm qui se présentait comme une éventuelle porte de sortie.

    plage volontariat phu quoc vietnam volontariat phu quoc vietnam

    En parallèle, le travail a continué : remblayer un trou pendant des heures jusqu’à ce qu’on apprenne qu’ils avaient une pelleteuse à disposition, s’occuper de Tommy (le fils de Thuy) et aider à la construction de leur site Internet.

    volontariat thuys house phu quoc vietnam

    C’est à cette période que Loy, un nouveau travailleur Vietnamien au sourire constant est venu égayer nos journées. Il s’est entiché de Guillaume et est devenu un très bon ami.

    Thuy nous a fait miroité de l’argent, mais nous étions conscients que cela n’était qu’un appât supplémentaire pour garder deux gros bosseurs auprès d’elle. On apprendra bien plus tard qu’elle s’est permise de foutre dehors un de ses volontaires en demandant ouvertement à sa petite amie de rester…

    benevolat phu quoc vietnam

    3 semaines se sont écoulés à ce rythme effréné, mais aussitôt nos passeports récupérés, nous sommes partis tenter notre chance ailleurs.

    Malgré tout, nous sommes restés en très bon terme avec Thuy et sa famille. Elle nous a d’ailleurs invité à passer gratuitement le jour de l’an au Resort. Elle a un bon fond, mais rester n’aurait fait que valider sa façon inconcevable de considérer ses volontaires.

    Même si cette expérience n’est pas mauvaise en soi, elle reflète les dérives des échanges de service et en prenant sur nous, nous avons pu en retirer de bons moments et quelques apprentissages.

    Et vous, comment auriez-vous réagi dans une telle situation ?

  • Un volontariat épicé : à la découverte du poivre bio de Kampot

    Un volontariat épicé : à la découverte du poivre bio de Kampot

    Je me replonge dans mes souvenirs cambodgiens pour vous faire partager cette expérience riche et unique de volontariat au milieu du poivre de Kampot.

    Je me souviens très bien de notre arrivée nocturne sous une pluie battante, au milieu d’un vacarme assourdissant. Les grenouilles invisibles, mais pourtant en grand nombre, nous ont accueilli en fanfare. Nous nous étions rapidement réfugiés dans notre bungalow en bois dont nous n’avons pu admirer le charme qu’une fois le jour levé.

    bungalow volontariat cambodge poivre de kampot

    Nous nous sommes réveillés à l’écart du monde, sans eau courante, ni électricité.

    Les employés vivent en famille sur la propriété et Sothy, jeune cambodgienne, mène la barque avec son mari allemandun amoureux du Cambodge qui a beaucoup fait pour ce pays. Ami du premier ministre, il y a quelques années, il a réintroduit les vaches dans le pays et à beaucoup œuvrer pour aider les paysans.

    Aujourd’hui, il a repris cette ferme autonome en électricité avec sa femme et ils font fructifier leur travail avec passion.

    C’est dans cet univers loufoque que nous étions immergé : au carrefour d’un fonctionnement occidental et asiatique, où la rigueur allemande s’est mélangé au chaos Cambodgien et où la vie en groupe fait face à un couple décalé.

    champ de poivre de kampot bio

    C’est dans la ville de Kep, (région de Kampot) au sud du Cambodge que nous avons tout appris sur l’un des poivres les plus célèbres du monde : le poivre de Kampot.

    Il bénéficie d’une Indication Géographique Protégé (IGP), reconnue par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et qui désigne les produits dont les caractéristiques sont liées à une zone géographique.

    Effectivement, le quartz présent dans les sols de cette région fourni des minéraux qui rend ce poivre si savoureux.

    poivre de kampot bio sothy pepper farm

    La récolte s’était effectuée de mars à juin. Nous étions donc dans l’étape suivante : trier et conditionner.

    Nous avons passé des heures assis au sol, le nez remplis d’effluves fruitées et épicées et les papilles aguichées par les saveurs aromatiques et piquantes de ces grains aux quatre couleurs.

    Nous retirions patiemment à la pince à épiler, les grains cassés, brûlés et pourris. C’est ce triage manuel qui assure la qualité de ce poivre !

    guillaume pese le poivre de kampot bio aline trie le poivre de kampot a la main

    Les mains dans les épices, nous tentions de communiquer sans grand succès avec les employés Khmers, notre méconnaissance de leur langage nous menait malheureusement dans d’innombrables impasses. Par conséquent, nous avons passé du temps à observer leurs gestes lents et désintéressés ainsi que leur facilité à s’oublier dans leurs hamacs.

    Face à des adultes occupés par leurs obligations professionnelles, les cris des enfants raisonnaient au rythme de leurs jeuxNori, le plus audacieux et le plus inépuisable, s’attachait rapidement à nous, une vraie boule d’énergie et une authentique bouille d’amour, Lukina, plus âgée mais plus timide, s’approchait à pas de loup et s’apprivoisait à l’aide de temps, de patience, de quelques stylos et de la chanson française « 3 petits chats ». Dino, le plus jeune restait plus facilement dans les bras de sa maman, mais ne manquait pas de vadrouiller dans nos pattes quand l’envie lui prenait.

    nori benevolat cambodge sothys pepper farm enfant volontariat cambodge poivre de kampotle monde a deux volontariat cambodge poivre de kampot

    Une jeune chienne énergique, un couple d’oies plus efficace que des chiens de gardes, 2 paisibles vaches, 1 chat paresseux, 1 chatte autonome et ses 3 chatons tout mignon complétaient cette famille atypique qui vivait à la Sothy’s Pepper Farm.

    benevolat cambodge poivre de kampot

    En pleine saison des pluies, l’atmosphère était chargée d’humidité, le ciel s’assombrissait aussi souvent qu’il dévoilait ses plus beaux atouts. La moiteur de l’air s’estompait face aux averses dont la durée semblait dépendre de la seule volonté du firmament.

    Nous avons rapidement pris le rôle de guide touristique, car des familles, des couples et des backpackers venaient de tout pays curieux d’apprendre d’où venait ce fameux poivre de Kampot.

    Ce travail a engendré de belles rencontres et d’enrichissants échanges autour de nos connaissances fraîchement apprises sur cette exploitation et sa production.

    volontariat cambodge tourisme poivre de kampot guillaume explique qu est ce que le poivre de kampot

    D’où viennent les couleurs du poivre de Kampot ?

    voila a quoi ressemble du poivre de kampot

    Ils viennent tous de la même plante. Les grains frais sont naturellement verts et rougissent en mûrissant.

    Les verts séchés au soleil deviennent du poivre noir, fort et piquant en bouche et les grains rouges sont divisés en 2 parties.

    La première est séchée directement au soleil et produit un poivre rouge très fruité. La deuxième partie est bouillie, ce qui fait perdre sa peau aux grains et donne un poivre blanc aux arômes beaucoup plus subtils.

    Pour obtenir une telle qualité, aucun produit chimique n’est utilisé à la Sothy’s Pepper Farm. Seule la feuille de Neem fermentée aux odeurs agressives est dispersée sur les plants pour éloigner les insectes. Quant aux engrais, les plantes se nourrissent des fientes de chauve souris trouvés dans les grottes voisines ainsi que de quelques bouses de vaches séchées !

    Contrôlés régulièrement, ils jouissent du label bio EcoCert français.

    Je ne peux terminer ce récit sans évoquer les douceurs fruités qui garnissaient nos assiettes. Des centaines d’arbres fruitiers surplombaient leur terrain et donnaient pour notre plus grand bonheur des mangues, des ananas, des ramboutans, des mangoustans, des longanes et des fruits du jacquier tous aussi goûtus et charnus les uns que les autres.

    Du frais, du bio, du jardin, nos papilles ne se sont jamais rassasiés de ces petits trésors Cambodgien. Les savoureux repas de Sothy ainsi que les quelques virées au restaurant n’étaient que la cerise sur le gâteau.

    voila comment pousse un ananas

    En tout cas, chaque expérience aussi intense soit-elle arrive un jour à son terme. D’autres volontaires venaient prendre le relais, nous avons donc repris un bus direction Phnom Penh pour sauter dans un avion qui nous a mené tout droit à Kuala Lumpur.

    Mais ce sont d’autres souvenirs que j’ai hâte de vous partager.

    champ de jeune poivre de kampot

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]

    Hôte trouvé sur Workaway

    Temps de travail : 6 jours de travail par semaine. Les heures de travail peuvent être très variable mais c’est généralement 4h/jours. Même s’il nous arrivait de faire d’avantage lorsqu’il y avait énormément de touristes.

    Le travail consiste à la récolte pendant la saison, trier et conditionner le poivre et faire les tours en français voire en anglais.

    Repas : 3 repas compris avec la possibilité de manger végétarien/vegan. Sothy ainsi que son personnel cuisine pour tout le monde et les repas sont excellents.

    Logement : Vous aurez un grand bungalow dans la Nature, sans eau courante. L’électricité est fournie grâce à des panneaux solaires.

    Internet : ils ont des cartes rechargeables et le wifi est disponible la journée dans les parties communes. La connexion est tout à fait suffisante pour communiquer et surfer un peu.

    Pour plus d’informations et plus de photos, je vous invite à lire l’article de The beauty is in the walking, un couple qui a passé 2 semaines de bénévolat dans cette même ferme, peu de temps avant nous et en période de récolte du poivre.

    [/su_box]

    Alors, cette expérience vous a plu ? Vous avez des questions sur le poivre, une envie soudaine d’aller les aider ou vous bavez à l’idée de manger leurs fruits ?

    Dites-nous tous, les commentaires sont là pour ça !