Le monde à deux

Catégorie : Réflexions

Parce que le voyage remet en question et que parfois ça mérite d’être partagé.

  • Alléger sa vie pour voyager léger ?

    Alléger sa vie pour voyager léger ?

    En ce moment je traverse une période plutôt étrange. Vous savez ces moments où vous êtes conscients que vous passez un cap et qu‘une page se tourne ? Alors aujourd’hui je vous partage cette réflexion : et si voyager léger c’était alléger sa vie ?

    Voyager léger

    Pour moi le voyage, c‘est s‘évader, découvrir et apprendre. J‘ai toujours été convaincue que nous n‘avons pas besoin d‘aller à l‘autre bout du monde pour voyager. Une expédition à travers soi-même est déjà un itinéraire passionnant, qu‘en pensez-vous ?

    voyager léger

    Dans mon imaginaire, voyager a toujours été relié à une notion de liberté et de légèreté. Lorsque nous avons préparé nos sacs à dos pour notre tour du monde en début d‘année 2014, nous avions tous les deux cette volonté de voyager léger. J‘ai alors passé en revue des dizaines de blogs et pour être honnête, comparé à ce que je voyais sur la toile, je pensais m‘en être plutôt bien sortie.

    Partie sur la route avec 12-13 kilos environ sur le dos, j‘ai trecké, j‘ai fait du volontariat, j‘ai adossé le rôle de blogueuse, j‘ai fait le tour de Taïwan à vélo, j‘ai vécu au Japon, j‘ai encore marché, j‘ai rencontré des Népalais qui ne possédaient rien sauf leur sourire.

    Tout ça réuni m‘a fait évoluer et par conséquent mon sac à dos aussi.

    Mais pourquoi je vous parle de tout ça, alors que nous avons repris une vie sédentaire pour plusieurs mois en tout cas ? Pourquoi vous parlez de mon sac à dos qui se voudrait plus léger ?

    Est-il sorti et prêt pour d‘autres aventures ou tout simplement soumis à finir à la poubelle ? Et bien ni l‘un ni l‘autre, loin de là !

    Je suis persuadée que tout est lié.

    Alléger son sac, ça commence par alléger sa vie.

    Alléger son sac, c‘est alléger sa vie

    Voilà la période que je traverse actuellement. Nous avons beaucoup bougé en France l’année dernière. Chaque trajet était une occasion de travailler sur mon minimalisme en voyage, mais j‘avais beau chercher à alléger mon sac, quelque chose clochait toujours.

    Trop de choix, trop de temps et trop de réflexions.

    sac à dos le monde à deux voyager léger

    Je me suis revue à mon retour en France il y a à peine plus d‘un an, j‘ai repensé au choc que j‘avais ressenti face à ce trop-plein d‘affaires après une si longue période où je vivais avec si peu. Certaines de ces affaires m‘avaient été « empruntées » sans mon accord et cet incident m‘avait laissé un goût amer que j‘ai eu du mal à comprendre. Attachais-je plus d‘importance à ces objets inanimés que je ne l’aurais voulu ?

    J‘avais pourtant l‘impression d‘être partie en abandonnant tout derrière moi, comme si je devenais libre et que mes seules possessions étaient contenues dans mon sac : mon tout, ma maison.

    Quel mensonge. La réalité était bien plus nuancée…

    Une fois rentrée en début d‘année 2016, j‘ai rouvert la porte d‘une de cette pièce sombre et poussiéreuse qui contenait toute ma vie. J‘ai retiré les draps sales et humides et j‘ai ouvert les cartons un par un, dépitée par tout ce que j‘avais emmagasiné. Trop prise par l‘énergie des retrouvailles avec la France, j‘ai pris le strict nécessaire, j‘ai fermé les yeux et j‘ai verrouillé la porte sur cet amas d‘ustensiles, vêtements, bibelots oubliés et mis de côté.

    Le temps a fait son oeuvre et j‘ai vécu sans toutes ces choses, certaines ont manqué, mais la plupart ne faisaient déjà plus partie de ma vie. Comme on vit sur la route avec 13 kilos sur le dos, on peut vivre sédentairement sans des placards remplis à craquer.

    Faire le choix du minimalisme

    Un évènement plus ou moins attendu a déclenché l‘étape suivante. Il était temps d‘ouvrir cette pièce un peu trop remplie, de face à mon passé et de clarifier mes attachements. J‘ai poussé à nouveau cette porte rouillée et je me suis frayé un chemin dans l‘obscurité pour affronter un à un tous ces maudits cartons.

    J‘admire les minimalistes et je comprends totalement leur choix de vie. Bien que le but ultime serait d‘atteindre ce type de mode de vie, je ne pense tout simplement pas en être capable à l‘heure actuelle. Mon état d‘esprit tend vers ces idées, car je ressens de plus en plus le besoin de vivre dans des espaces libres. Non pas de grands espaces, au contraire nous envisageons tous les deux de vivre un jour dans une Tiny House.

    Tiny House voyager léger
    Photo libre de droits (source : Wikipédia)

    Mais pour moi chaque pièce doit respirer et je fuis de plus en plus l‘encombrement. C‘est en contradiction totale avec la grande bordélique que j‘ai toujours été. Mais les gens changent et je ne fais pas exception.

    Nous vivons actuellement dans un petit T2, bien assez grand pour nous deux. Toutes nos possessions entreront dans notre cocon sans que je me sente étouffée, c‘est l‘objectif que je me suis donnée. Je sais alors que j‘aurai ce dont j‘ai besoin et ce qui me fait plaisir.

    Sans atteindre la perfection, j’aurai déjà moins d‘attachement et je serai libre de reprendre la route sachant que je ne traînerais plus de casseroles derrière moi, au sens propre comme au sens figuré. Je suis persuadée que notre attachement aux choses relève un trait de notre personnalité. Il est donc temps pour moi de tourner certaines pages de ma vie et laisser partir celle que je croyais être, mais que je ne suis plus.

    Trier, jeter, donner, ranger fait donc partie de mon quotidien depuis plusieurs jours. Je passe du temps sur un groupe Facebook de dons à prendre des rendez-vous puis je fais de nombreux allers-retours à Le relais et Emmaüs.

    Un début difficile

    Pour être honnête, à cette étape du chemin (je dirais environ 60% du tri), je suis plutôt à l‘aise et heureuse.

    Mais quand j‘ai commencé ce processus, je dois l‘avouer, j‘ai paniqué. Il faut dire que tout est lié à une épreuve douloureuse de ma vie.

    Cette première étape je l‘ai franchi avec l‘aide de mes proches. Ma mère a été présente physiquement et spirituellement pour m‘aider à pousser et à porter ces cartons qui me tétanisaient, mon père pour charger la voiture, puis Guillaume qui est toujours là pour répondre à mes questions. Il m‘aide à faire mes choix, me fait réaliser mes contradictions et m‘aide à donner un pantalon de cheval que je n‘ai pas porté depuis plus de 6 ans et qui ne me va probablement plus.

    C‘est si facile pour lui, car soyons honnête, il n‘a vraiment pas besoin de ce travail. La maison est remplie à 80-90 % de mes affaires. J‘admire sa capacité de se défaire des objets si facilement, mais je ne le jalouse pas, il m‘inspire. Je sais que c‘est mon chemin, mon apprentissage et je suis reconnaissante de l‘avoir à mes côtés.

    S‘alléger à l‘aide de la lecture

    Pour m‘aider, je me suis aussi plongée dans la lecture. J‘ai une liste de livres à lire qui se rallonge de jour en jour.

    Deux de ces livres m‘interpellaient depuis un moment et c‘était le moment évident pour les poser sur ma table de chevet. Je les ai dévorés en l‘espace d‘un week-end et ils m‘aident beaucoup à avancer dans cette démarche.

    Je parle de L’Art de la simplicité de Dominique Loreau et de La Magie du rangement de Marie kondo.

    lart-de-la-simplicité

    Alors que sur la route, vivre simplement, profiter de ce que nous avions et se satisfaire de ce que la vie nous offrait étaient si simple, une fois posé en France tous ces détails se sont avérés bien plus difficiles. Ces livres m‘ont rappelé les sentiments que j‘avais pendant mon voyage et m‘aident à faire tous les choix actuels.

    Le premier évoque un art de vivre et le lâcher-prise alors que le second apporte des techniques concrètes pour aider à vider et à ranger son chez-soi.

    Concrètement, dans l‘idéal je ne garde que ce qui m‘apporte de la joie ou ce dont j‘ai besoin, ce qui est simple et efficace.

    J‘ai donné plus de quatre gros sacs de vêtements, j‘en suis à trois grosses boîtes d‘ustensiles et je distribue mes livres au grès du vent. Je vois maintenant les cartons se désemplir, les sourires des gens qui récupèrent mes dons et je suis heureuse. Certains cartons sont plus faciles que d‘autres, mais une fois partis, je n‘ai jamais aucun regret.

    Je crois de plus en plus que chaque objet à une vie à part entière et un objectif de vie. Les laisser dans un placard ou dans un carton est un manque de respect vis-à-vis d‘eux-mêmes, mais aussi de tous ceux qui ont participé à sa construction et à leur arrivée dans votre foyer.

    Lorsqu’on prépare son sac à dos, n‘est-ce pas la même chose ? Ne fait-on pas en sorte que tout soit utile et approprié ? Alors pourquoi cela devrait-il être différent dans une maison sédentaire ?

    J‘ai choisi de faire vivre ma porcelaine et mes six cuillères en argent offertes par ma grand-mère qui ont toujours vécu dans une boîte, j‘ai redonné une nouvelle maison à tant d‘autres ustensiles qui prenaient la poussière et j‘ai rendu une étudiante heureuse, car elle va pouvoir remplir sa cuisine sans exploser son budget.

    S‘alléger, c‘est savoir donner

    Faire le tri c‘est lâcher prise et c‘est aussi accepter de donner.

    Après avoir voyagé pendant 18 mois et après avoir tant reçu sur la route, je donne aujourd‘hui avec plus d’aisance. La générosité des gens m‘a profondément atteinte. Nous n‘avons pas toujours pu rendre à la hauteur de ce qui nous a été offert : pas le temps, pas les moyens ou tout simplement les personnes refusaient.

    Tous ces échanges nous ont beaucoup questionnés et je ne fais que faire vivre une idée qui nous anime Guillaume et moi. Sans le réaliser, nous avons rejoint une chaîne de générosité. Donner sans rien attendre, prendre quand ça nous est généreusement offert.

    Qui nous oblige à rendre directement aux personnes qui nous ont donné alors que la plupart l‘ont fait avec plaisir et amour sans rien attendre en retour ?

    Aujourd‘hui, je m‘inspire de ces personnes et je continue à nourrir cette chaîne en donnant à ceux qui en ont besoin sans rien attendre.

    Je cède à présent avec amour et le coeur léger. Ces objets auront voyagé et retrouvé un foyer. Quant à moi, je désencombre ma vie et mon esprit.

    liberté en voyage

    Et vous, comment vivez-vous votre rapport aux objets ? A-t-il changé après un long voyage ? Est-ce que chaque départ est un calvaire au moment de préparer votre sac ? Ou êtes-vous déjà libre de tout attachement à votre foyer ?

  • Souvenirs et projets d’une voyageuse à l’arrêt

    Souvenirs et projets d’une voyageuse à l’arrêt

    Un souvenir ?

    Un an et demi plus tôt, confortablement installés pour deux mois dans une belle maison Malaise, jonglant entre le tumulte de Singapour et le calme de la banlieue de Johor Bahru.

    Je vous livrais alors les secrets de notre itinéraire abandonné.

    Notre quotidien rempli d’une liberté impalpable, nous avancions au rythme qui était le nôtre. Le monde était à nos pieds et l’horizon accessible. Nos seules limites étaient celles que nous nous imposions.

    Plus de montres, plus de calendriers, le temps passait avec une valeur si différente d’un quotidien sédentaire.

    Des mini-routines remplissaient notre quotidien, j’ai dévoré les cinq saisons de Games of Thrones, j’ai dormi plus qu’il ne m’en fallait, je me suis assouplie grâce à la discipline du yoga quotidien, j’écrivais régulièrement et je me suis investie comme voulue dans le blog.

    Le temps s’est arrêté et nous découvrions le plaisir de re cuisiner pour nous-mêmes avec des saveurs asiatiques. Nous étions chez nous partout et nulle part. Je fatiguais vite et cet arrêt dans le temps fut un refuge nécessaire.

    A cette période, la France me manquait et une envie de rentrer s’est fait ressentir. Je ne crois pas l’avoir une seule fois évoqué sur le blog, mais nous arrivions à un an de voyage, j’étais loin des miens et je me sentais vidée. Je créais mon propre monde et le leur continuait sans moi.

    Guillaume n’était pas prêt. L’idée de rentrer l’attristait et je n’étais pas décidée à l’obliger de faire ce sacrifice pour moi.

    Souvenirs de voyage avec Guillaume

    Un nouveau départ

    Notre hôte nous a comblés plus que nécessaire, mais la route nous rappelait à elle. La Malaisie fût un énorme coup de cœur, j’en garde des souvenirs mémorables, mais aussi accueillante qu’elle puisse être les adieux semblaient nécessaires.

    C’est donc le Vietnam qui a accueilli notre nouvelle énergie. Une énergie éteinte de plusieurs mois de route et de travail acharné et peu ravivé par cet arrêt volontaire.

    Comme beaucoup le savent déjà, le Vietnam ne nous a pas ouvert les bras. Un signe pour nous renvoyer chez nous ? Peut-être n’avons nous pas su le déceler plus tôt.

    Chaque émotion était plus violente et chaque confrontation plus difficile.

    Après de nombreuses discussions sans fin, il était temps de rentrer. Le non-itinéraire ouvre cette porte de sortie et déculpabilise. Pourquoi un an ? Et pourquoi pas 18 mois ?

    Retour à la maison

    Dans un choix de voyage comme celui-ci, les comparateurs de vol tels qu’Easyvoyage simplifient notre quotidien. En quelques jours, nous avions un billet dans un budget acceptable et 15 jours plus tard sans une larme et sans regret, nous foulions à nouveau le sol français.

    Sous un ciel gris et pluvieux, dans le froid et le brouillard j’ai retrouvé la chaleur de mes racines que j’avais semées en chemin.

    « On ne reste qu’un mois ou deux puis on repart » répétions-nous en boucle.

    Le monde nous appelait et pourquoi se poser à nouveau ? Car parfois la vie nous guide sur certains chemins inattendus.

    En pleine conscience, nous avons fait le choix de prolonger notre séjour en France. Des liens à tisser qui ne pouvaient se créer à l’autre bout du monde et le temps est notre richesse la plus précieuse ne l’oublions pas.

    Voyage un jour, voyage toujours ?

    Plus d’un an après notre retour, alors que le vide se crée sous notre toit (je vous en parle ici), nos cerveaux ne cessent d’énumérer les lieux que nous souhaitons voir, les moyens de se déplacer que nous emploierons et les chemins que nous emprunterons.

    L’Inde m’appelle encore et encore, l’Europe est un incontournable, l’Amérique du Sud n’est pas si loin que ça, l’Afrique me plonge dans une partie de mon histoire, l’Océanie nous fait rêver et l’Amérique du Nord ? Pourquoi non ?

    Quelques avions par ci par là, des trains et des bus à n’en plus finir, pourquoi pas un camion aménagé ? Mais aussi et surtout l’idée d’un voyage pied qui traîne dans nos têtes comme un leitmotiv.

    Cet arrêt français dure plus longtemps que nous l’aurions imaginé, mais l’idée de nous installer pour toujours ne nous a toujours pas effleurés.

    L’appel du changement coule dans mes veines depuis que je suis petite et Guillaume ne dira jamais non à un souffle de liberté.

    Chaque chose en son temps et le monde à deux ne s’éteint pas.

  • J’ai oublié les réseaux sociaux, j’ai oublié le blog et je vous ai oublié …

    J’ai oublié les réseaux sociaux, j’ai oublié le blog et je vous ai oublié …

    Depuis quand n’ai-je pas ouvert mon ordinateur pour autre chose que mater des séries, avachie sur mon canapé ou faire défiler les fils d’actualité de mes profils personnels ?
    Depuis quand n’ai-je pas pris le temps de répondre aux mails et aux commentaires pourtant si gratifiants à mes yeux ?
    Et depuis quand n’ai-je pas réussi à retranscrire mes pensées dans l’ordre pour arriver à pondre un article en bonne et due forme ?

    Car quand je vous dis que j’ai oublié les réseaux sociaux, je parle bien des comptes associés à mon cher et tendre blog : Le monde à deux auquel je tiens plus qu’il n’y paraît.

    Rien posté depuis des mois : pourquoi ?

    Pourtant, je n’ai rien posté depuis des années, enfin je m’emballe, des mois déjà.

    N’ai-je à ce point rien à partager ? Ma vie est-elle lasse d’informations croustillantes et de paysages verdoyants ?

    Les événements se sont enchaînés et je le dis sans sourciller, je vous ai oublié.

    J’ai tout d’abord pensé à m’excuser et à vous expliquer dans les moindres détails pourquoi ma vie sur Internet s’est simplement éteinte du jour au lendemain. Comment je suis passée d’un article par semaine au néant total. Et comment je gère le temps libre que la route ne me prend pas ?

    Puis, je me suis demandée : pourquoi ?
    Pourquoi devrais-je m’excuser de ne plus étaler ma/notre vie derrière cet écran ?

    Pourquoi devrais-je me sentir mal de vous avoir mis à l’écart l’espace de ces deux mois ?

    Pourquoi sous-entendrais-je que vous avez absolument besoin de savoir ce que je/nous devenons ?
    Ne vous portez-vous pas aussi bien sans la dernière photo de notre dernier voyage, sans les dernières nouvelles croustillantes ou sans savoir où nous sommes actuellement ?
    Alors, peut-être que certains d’entre vous se le demandent : et dans ce cas la réponse se trouve en page d’accueil de notre blog.

    Pour ceux qui ont besoin d’en savoir davantage, ils se sont manifestés d’une manière ou d’une autre et leurs questions ont probablement obtenus leurs réponses.

    Mais pour tous les autres ? Je suppose que vous saurez attendre la prochaine publication sans oublier qui se cachent derrière « le monde à deux ». Sans m’en vouloir de ne pas avoir suivi les critères dictés par les algorithmes et sans vous offenser de cette mise à l’écart.

    Ou peut-être aurez-vous été séduits par d’autres voyageurs plus présents sur la toile ? Et dans ce cas, puis-je vous en vouloir ?

    Cela n’a au fond pas tant d’importance, n’est-ce pas ? Ce blog c’est le mien et j’ai souvent été pris dans la menace des objectifs et des statistiques. J’ai parfois voulu en faire quelque chose de grand et de médiatisé.

    Mais à quel prix ?

    Aline isolée dans la forêt

    Accepter de ne pas partager mon temps

    Ma présence en France était plus que nécessaire pendant cette année et mon attention dans l’instant présent non partageable avec une vie en ligne.

    J’avais déjà évoqué avec vous dans l’article « Bilan 2 ans après : bloguer et voyager, un équilibre précaire », cette difficulté à me diviser entre le moment présent et l’envie de tout retranscrire en temps réel. Mais aujourd’hui, j’ai dû faire face à d’autres questionnements et d’autres priorités.

    Car cette année, nous l’avons traversé la France, du Nord au Sud et parfois même en diagonal. Probablement pas assez à mon goût et pas toujours pour les raisons que j’aurais aimées.

    Il est vrai que j’en ai des dizaines de thèmes à partager et des articles en cours. Mais rien n’est encore prêt à être publié.

    Car la question n’est pas de savoir ce que je peux ou doit partager sur la toile. La réponse à cette question s’impose d’elle-même le moment venu.

    Mais plutôt : quand serais-je prête à écrire et à me mettre à nue ? Que ce soit des conseils de destinations, la retranscription d’un séjour de volontariat ou un article plus personnel : chaque écrit me demande de plonger en mon fort intérieur pour y trouver le ton juste dans un timing qui m’est propre.

    Alors, oui je vous ai oublié.

    Enfin, pour être tout à fait exacte, je vous ai oublié les premières semaines puis, je n’ai tout simplement pas pu vous contacter, pas tout de suite, pas encore. Trop frais, trop triste, trop difficile…

    le monde à deux un arbre pleure
    Les moments que j’avais à vivre m’étaient trop personnels et me demandaient trop d’attention pour pouvoir utiliser mon énergie à vous écrire, à vous vendre du rêve ou un quotidien qui parfois pourrait tendre à l’être.

    Et je vous ai mis de côté, volontairement et nécessairement.

    Je ne peux vous promettre un retour en fanfare tel que je l’aimerais, car ce n’est tout simplement pas moi.

    Mes faux oublis ne sont pas du dédain, mais un besoin nécessaire pour continuer à faire vivre ce blog à mon image.

    Et tant pis si les chiffres en pâtissent. Je sais que la plupart d’entre vous ne seront pas présents à mes multiples retours. Et puis si les chiffres subissent, à quels critères se comparent-ils ? Ceux des blogueurs influenceurs ?

    Quand je suis sortie de mon sommeil virtuel, j’ai réalisé que nos statistiques n’étaient pas plus basses que dans mes souvenirs et que je pouvais déjà être fière de ce que j’avais accompli. Je pouvais tout simplement être heureuse de votre présence discrète et bienveillante.

    Je suis et serai là par intermittence, comme je l’ai toujours fait. Je vous oublie pour mieux revenir, vous aimer et vous chouchouter comme j’aime le faire. Dans ces moments-là, je me sens plus honnête que jamais et mon esprit vous est alors entièrement dédié.

    Je ne demande qu’un peu d’attente pour plus de présence.

  • Bilan 2 ans après : bloguer et voyager, un équilibre précaire

    Bilan 2 ans après : bloguer et voyager, un équilibre précaire

    Bloguer et voyager semble facile et accessible : tous les jours, fleurissent de nouveaux blogs voyage sur la toile. L’excitation de partager ses aventures est forte et on se jette à corps perdu dans la création de son propre espace Internet.

    J’ai moi-même sauté le pas. L’écriture, c’est toute ma vie.

    J’ai des cahiers gribouillés de mes notes d’enfants, des feuilles noircies de mon imagination d’adolescente et des pages Word tapées de mes pensées de jeune femme. L’adulte que je suis devenue ne cherchait plus qu’un prétexte et le courage de me lancer pour m’exprimer au grand jour.

    Quand nous avons envisagé de partir sur la route, écrire mes expériences était une évidence, sauf que je ne réalisais pas vraiment dans quoi je m’embarquais. Me lancer dans la création de ce bébé blog m’a demandé de faire face à de nombreux défis.

    Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, la panacée n’existe pas et dépendra bien évidemment de tout un chacun. Mais voici le bilan de mes 2 ans de voyage et quasi tout autant de blogging inconstant.

    La conception

    Préparer un blog demande une planification importante. Il faut définir sa ligne directive, choisir un nom, des mots clés, un serveur, un nom de domaine, un thème WordPress et j’en oublie. Et même si des services comme celui-ci simplifie une partie du travail, le reste vous demandera du temps et de l’énergie.

    Vous ne passerez pas à côté des heures de brainstorming pour aboutir à une ébauche qui sera de toute façon en constance évolution.

    Même si nous avons officiellement commencé à bloguer en mai 2015, le blog était créé en juin 2014, bien avant notre départ.

    Avec le recul, j’aurais aimé m’y mettre encore plus tôt pour me familiariser à WordPress, au SEOdes termes incompréhensibles pour des néophytes mais sans quoi un blog ne reste qu’un journal intime.

    La grossesse : questionnements, doutes et organisation

    Après notre départ, nous avons mis plus de 9 mois pour lancer officiellement ce blog.

    Entre questions de matériel et mes propres peurs, ces 9 mois ont été remplis de toutes les excuses possibles et inimaginables pour me défiler.

    La peur

    Je me suis longtemps posé beaucoup (trop) de questions, j’ai remis en cause mes choix et ma façon d’écrire. J’ai constamment pensé que c’était une mauvaise idée et j’ai paniqué à l’idée de montrer mon travail.

    Tétanisée face aux nombreux autres blogs, sensible aux éventuels retours que j’aurais à affronter, j’ai régulièrement été prise de vertiges à l’idée d’assumer ce bébé.

    Puis le grand jour est arrivé, j’ai sauté à l’eau, j’ai publié et j’ai affronté mes peurs.

    L’accessibilité Internet

    Une des excuses les plus courantes pendant ces 9 mois a été de prétendre que ne pas avoir d’accès Internet constant et stable ne me permettait pas d’écrire et de publier facilement. Ce qui est absolument faux, Internet se trouve de partout.

    Une nouvelle fois, ce n’était qu’un choix à faire et une organisation à prendre.

    Matériel versus minimalisme

    Bloguer demande du matériel : au minimum un ordinateur et un smartphone auquel on peut rajouter : un appareil photo, des objectifs, une perche, une Gopro, du matériel d’attache et j’en passe.

    equipement electronique tour du monde

    Matériel et minimalisme ne font pas toujours bon ménage.

    Un seul ordinateur pour deux demande  plus de temps et d’organisation et nous hésitons toujours à investir dans un deuxième.

    Nous avons réalisé que notre Gopro ne nous a pas autant servi que nous l’aurions voulu. Serions nous donc prêt à nous investir davantage dans la création de vidéo ?

    Guillaume ayant pris goût à la photographie, l’appareil photo est donc devenu un indispensable mais nous nous questionnons sur l’Intérêt d’un smartphone qui ferait aussi office d’appareil photo.

    Il m’arrive des fois de me demander si je n’aimerai pas voyager avec le minimum et voir le résultat.

    Bref, bloguer ne rime pas forcément avec voyage léger. Nous faisons face à une réflexion constante pour répondre à ce challenge.

    9 mois après : bloguer et voyager

    Mon bébé tant attendu était enfin là sous nos yeux. Il me demandait du temps, de l’attention et des sacrifices. Souvent égoïste, parfois maternelle, j’ai pris plus de temps pour moi que pour lui et j’ai fini par me demander quelle croissance je lui souhaitais. 

    Gérer le temps et les conditions de vie

    Tout le monde écrit à son propre rythme. Moi, je suis particulièrement lente pour plusieurs raisons : je n’écris pas sur commande et je suis perfectionniste.

    J’ai fini par accepter mon inconstance et je ne me force plus à écrireDu coup je m’écoute et je prends mon temps. Même si cela sous-entend ne pas sortir d’article pendant 1 mois.

    Un temps que je juge nécessaire pour mon perfectionnisme. Je peux relire mes textes des centaines de fois et même en publiant je ne suis de toute façon jamais satisfaite.

    Par contre, je peux bloguer de partout ! C’est l’avantage de s’écouter : quand l’inspiration me rend visite, j’écris dans le bus, sur un téléphone ou sur un bout de papier au coin d’une table !

    bloguer en voyageant bloguer et voyager

    Même si j’accepte mon inconstance, je trouve peu un peu un équilibre qui me permet d’assurer un suivi du blog plus régulier.

    L’hyper-connexion ?

    Quand on commence un blog, on réalise rapidement que notre absence à des répercussions radicales sur la visibilité de celui-ci.

    Pourtant courir après la moindre connexion Internet pour publier les postes Facebook, mettre à jour les articles et assurer une veille sur les réseaux sociaux m’épuise très rapidement. J’ai parfois envie de me déconnecter dans la Nature, reprendre mon souffle pour revenir plus forte et plus inspirée.

    Il m’est donc nécessaire de trouver un équilibre entre l’hyper-connexion et les besoins de bébé blog.

    Le vol de nos ordinateurs au Vietnam m’a pourtant permis de relativiser. Même si ce blog est important à mes yeux, il ne l’est pas au point d’en devenir dépendant de la connexion Internet et aux réseaux sociaux.

    Définitivement : maman blogueuse a besoin de prendre soin d’elle.

    Faire des choix pour vivre l’instant présent

    Comme je l’ai dit plus tôt, l’écriture me prend un temps chronophage ! Je peux mettre plusieurs jours à sortir un article.

    Bien que j’aime et que j’adore ça ! Ce temps, il se prend sur la vie quotidienne de ma vie de voyageuse. J’ai aussi envie de profiter pleinement de chaque instant et de vivre l’instant présent sans aucune contrainte.

    bilan 2 ans bloguer et voyager

    Comme pour la connexion Internet, nous avons donc dû faire des choix, dont celui de nous arrêter 3 mois en Malaisie pour écrire à plein temps ou celui de parfois sacrifier l’écriture pour privilégier l’aventure.

    Encore une fois, c’est une histoire d’équilibre que je commence enfin à trouver.

    2 ans après, pourquoi bloguer ?

    Avec toutes les difficultés que je viens de vous citer, vous pourriez vous demander si ça vaut vraiment la peine de bloguer et je n’ai pas de réponses toutes faites pour vous, car parfois le voyage est plus important qu’une trace sur la toile.

    Mais après m’être demandée si j’avais vraiment envie d’écrire, j’ai maintenant ma réponse.

    Bloguer m’anime de plus en plus

    Bébé blog ne serait pas là aujourd’hui si l’envie d’écrire n’était pas plus forte que tous ces désagréments réunis. Il est une trace de mon histoire et une façade de ma vie. Un bout d’aventure que je partage avec vous, ma famille et mes amis.

    Un travail d’introspection constant qui à chaque nouvel article me pousse à me mettre à nue et à me dépasser. Un challenge quotidien qui représente l’ébauche d’une reconversion professionnelle.

    Mais au-delà du bien qu’il me fait, je sais par les mails de plus en plus nombreux que nous recevons qu’il est une aide précieuse pour vous aussi.

    Vous lire, vous répondre et vous accompagner dans votre recherche de voyage alternatif est un plaisir que nous partageons au quotidien avec Guillaume.

    Après 2 ans bébé blog grandit

    Vous êtes jour après jour de plus nombreux à nous suivre, à nous lire, à nous écrire, à partager nos postes et commenter nos articles.

    Bébé blog grandit et s’épanouit grâce à vous.

    Nos chiffres ne sont pas exceptionnellement haut, mais ils sont en constante progression et pour ça je tiens à vous remercier.

    Alors merci, car même si je ne le dis pas souvent, chacun de vos messages, commentaires ou attentions me touche sincèrement et me motive à continuer.

    bloguer en voyage

    Bloguer et voyager est pour moi un challenge quotidien et j’espère que cet article vous donnera des pistes de solution si vous êtes dans le même cas que moi.

    Dans tous les cas, venez partager votre expérience en commentaire, ça nous permettra d’ouvrir le débat.

  • Pourquoi je ne prierai pas pour Paris

    Pourquoi je ne prierai pas pour Paris

    Aujourd’hui est un jour sombre, le 13 novembre 2015 restera gravé dans les mémoires comme le 11 septembre 2001 a ébranlé une nation.
    Un jour sombre précédé d’une nuit sanglante.

    Le réveil fût brutal et irréel, loin de tout, Guillaume me racontait mots après mots, le massacre qui se produisait à Paris.
    Sous les cocotiers et le soleil, ici la vie continue pendant qu’intérieurement je me sens éteinte. Je me surprends à penser que j’étais bien à l’abri pendant que d’autres se cachaient derrière des portes closes,  glacés de frayeur.

    L’innomable a encore frappé.

    Être sensible ouvre un monde effrayant et fascinant à la fois.

    Une fois de plus, je me sens atteinte. Je me sens atteinte autant que lorsque je vois des familles mourir de faim en Afrique, autant que face à l’attentat au Liban, 2 jours avant Paris qui a tué 41 personnes et qui passe inaperçu, autant que devant le massacre des abeilles, la déforestation de masse ou face aux tonnes de plastique qui polluent nos terres.
    Car même si ce ne sont pas des morts sanglantes, ce sont des injections de petites doses létales pour un futur qu’on laisse derrière nous.
    Car finalement, ne participons nous pas tous aveuglément à l’activation d’une bombe à retardement et d’un massacre à grande échelle ?
    Paris n’est-il pas un message d’un monde et d’un homme qui souffre ?

    L’homme est capable de la quintessence comme de l’horreur absolue.

    Ce jour me blesse car des vies innocentes se sont envolées, mais ce jour me blesse aussi car il n’est pas le seul et fait écho à tous les autres massacres qui se déroulent sur terre au nom de la religion,  de la force, de l’argent, du pouvoir et qu’en sais-je encore…

    Alors aujourd’hui, je ne prierai pas pour Paris, tout simplement car prier ne représente rien pour moi.
    Aujourd’hui je ne prierai pas pour Paris et pas plus demain.

    8

    Une photo publiée par Joann Sfar (@joannsfar) le

    Par contre j’envoie mes pensées à ceux qui sont partis et à leurs proches,  j’envois de la compassion et mes sourires à ceux qui ont vues leur vie se dérouler sous leurs yeux et j’envois toute l’énergie positive possible à la France et bien au delà : à tous ceux qui souffrent chaque jour sous le poids des coups, des bombes, du feu et j’en oublis.

    Chacun de nous peut agir, le monde est connecté.
    L’amour et la bienveillance sont plus nombreux et plus puissant que ce qu’on nous raconte au quotidien.
    Ne leur donnons pas raison !

    7 meurtriers, 129 morts et des centaines  de blessés contre combien de solidarité ?  Combien de portes ouvertes ? Combien de bénévoles acharnés derrières leurs écrans pour aider aux recherches ?  Combien de dons du sang ?
    Ne vous laissez pas berner par les médias qui feront tout pour vous faire peur, ne leur donnons pas ce qu’ils cherchent.

    « Aujourd’hui leur but est de tenir dans le temps, pour que les médias puissent s’accrocher à l’événement, le diffuser en direct pour un max de publicité »,  confiait récemment à l’afp,  sous le couvert de l’anonymat,  un haut responsable de la lutte antiterroristes » (Huffington post)

    La mort est toujours proche, elle est dans la voiture que vous prenez pour aller travailler, dans le sucre que vous avalez tous les jours, dans un effort trop violent, dans un moustique incontrôlable, dans une erreur médicale et malheureusement à la terrasse d’un café face à une kalachnikov.

    Alors levons nous dignement, marchons d’un pas décidé, faisons les bons choix et traversons à nouveau ces rues, sourions aux passants croisés, ouvrons nos portes et allons à la rencontre de nos voisins, prenons cet avion qui nous emmène vers d’autres horizons. Refaisons vibrer et vivre Paris sans attendre, rendons hommage par la vie et l’amour. Dites à vos proches combien vous les aimez et ne cessez pas de leur montrer une fois la tempête terminée.

    Alors priez si c’est votre choix, méditons, allumons des bougies et colorions Facebook si nécessaire. Mais surtout, trouvons « une façon d’utiliser ce moment pour développer d’avantage de conscience et de compréhension pour que nous puissions vivre sans peur ». (Kamapa).

    Sans peur et remplis d’amour.

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  • L’histoire d’un itinéraire tour du monde abandonné

    L’histoire d’un itinéraire tour du monde abandonné

    En écrivant cet article un an après, j’ai le sourire aux lèvres. Nous sommes bien loin de notre itinéraire initial. Celui que nous avions mis si longtemps à construire.

    Mais je vous ramène 1 an et demi plus tôt, où nous étions tous les deux dans notre maison bordelaise, face à notre carte du monde affichée au mur.

    Construire un itinéraire d’un an ou comment réaliser qu’on ne peut pas tout faire !

    Un an de tour du monde ça se mûrit, ça se construit, ça se défait et ça se reconstruit. Ça n’a jamais été aussi vrai pour nous.

    Une fois l’idée lancée, le voyage avait déjà commencé. On s’est projeté, on a fait la liste des pays et on a réfléchi aux compromis, Guillaume voulait la Mongolie, je voulais l’Inde et le Japon, les 2 premiers étaient des incontournables.

    Mais laissez-moi vous retranscrire une de nos discussions, qui vous parlera surement, j’en suis convaincue :

    Aline : Mongolie ? Mmh, pourquoi pas … Mais moi, je veux aller au Japon !
    Guillaume (réaliste) : OK, mais c’est super cher le Japon
    Aline (songeuse) : Oui et ? Après on ira en Asie du Sud Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Amérique du Sud bien évidemment !
    Guillaume : Deal !
    Aline : Mais on doit aller au Canada aussi puis en Afrique !! Puis en Islande … Oh j’oublie l’Europe ! Et puis tout en fait
    Guillaume (encore plus réaliste) : Mais tu réalises qu’on ne peut pas tout faire ?
    Aline (étonnée) : Pourquoi ?

    Oui pourquoi ?

    J’avais déjà vécu cette situation plusieurs années auparavant. J’avais eu l’opportunité d’aller au Canada et quitte à être là-bas je voulais aller à New York. Je n’ai absolument aucune notion des distances. Mais j’étais plus proche de New York depuis Toronto que de Bordeaux (logique non?). Du coup, j’ai insisté et en plus de tout le reste, on l’a fait !

    Du coup, j’avais la même logique. Une fois en Asie, l’Australie est proche et une fois en Nouvelle-Zélande, l’Amérique du Sud, puis après le Nord puis… Bref, vous voyez le raisonnement.

    Je débordais d’énergie et de folie, dans ces moments-là tout est possible à mes yeux.

    Pourtant, on a fait comme beaucoup : on s’est restreint. On a regardé les climats « parfaits », les trajets « parfaits ». Puis, on a fait notre tableau Excel pour les meilleures périodes. (d’ailleurs pour vous aider, il existe un très bon outil créer par A-contresens)

    On a planifié sur un an et en juin 2014, on a pondu cet itinéraire « classique ».

    itineraire tour du monde

    Je ne critique pas tous ceux qui ont un itinéraire semblable, car il est aussi riche et pertinent que n’importe quel autre. Il correspond facilement à un itinéraire d’un an (un an et demi) pour la plupart de ceux qui souhaitent partir.

    D’ailleurs, nous étions convaincus d’avoir notre itinéraire « parfait ». On se disait qu’on verrait en route.

    Quand on réalise qu’on a fait tout ça pour rien

    Au bout d’un mois, ce n’était déjà plus le cas. Une extension de 15 jours en Mongolie puis une extension d’un mois en Chine … Autant vous dire qu’on ne rentrait déjà plus dans nos marges. 2  mois au Japon et nous étions complètement hors timing. Nous tombions dans les périodes de mousson en Asie et l’hiver arrivait en Nouvelle-Zélande.

    Plus rien ne correspondait à nos plans. Plus rien sauf l’imprévu auquel on aspirait. Finalement, c’était ça notre itinéraire : suivre notre instinct !

    Nous avons officiellement tout laissé tomber. Cette carte et ses délais n’existent plus que dans nos archives.

    Prendre davantage le temps, faire des choix « à la dernière minute », être libre c’était tout ce qui comptait. Ainsi, nous avons ainsi découvert Taïwan et la Malaisie : 2 gros coups de coeur. Et faire le Cambodge pendant la mousson fut un des meilleurs choix de notre périple !

    Un an après, nous sommes toujours en Asie et voici le trajet que nous avons effectué.

    Et maintenant on en pense quoi?

    Des regrets ? Aucun ! Guillaume et moi sommes maintenant sur la même longueur d’onde. Comme celle que j’étais avant de partir : tout est possible à partir du moment où on s’en donne les moyens.

    Jusqu’à maintenant notre argent nous permet de subvenir à nos moyens, mais si nécessaire, on travaillera.

    Est-ce qu’on verra tout ce qu’on souhaite ? Peut-être pas. Que ce soit pour une raison de budget, de mal de pays, de ras-le-bol général, nous sommes certains que le moment où nous devrons rentrer s’imposera de lui-même.

    Si on veut une vie nomade, on se la créera.

    La réalité c’est qu’on ne sait pas trop à quoi ressemblera notre futur. Adeptes de la philosophie « de vivre au jour le jour », nous la vivons pleinement. Elle a pris encore plus de sens depuis quelques mois.

    J’écris cet article depuis la Malaisie où nous avons décidé de prendre quelques semaines de repos avant de repartir.

    La suite ? On a bien une petite idée, enfin que dis-je ? On a PLEIN d’idées. Sûrement trop : on veut voir le monde entier, se poser, créer quelque chose …

    Combien de temps durera notre voyage ? On ne se pose plus la question.

    Ce n’est plus un voyage c’est un mode de vie qu’on maintiendra tant qu’on en a envie.

  • 9 mois pour lancer ce blog : Raisons et réflexions

    9 mois pour lancer ce blog : Raisons et réflexions

    Nous sommes bien évidemment deux à travailler sur ce blog, mais je ne parlerai qu’en mon nom pour plusieurs raisons. La première, c’est que je suis la seule à y écrire (même si j’espère que cela changera au fil du temps) et la deuxième, c’est que je pense avoir été sans aucun doute la plus récalcitrante pour lancer ce blog. 9 mois quand même.

    Et oui, nous sommes partis, il y a maintenant 9 mois, nous l’avions pourtant préparé notre bébé avant le grand saut, il aurait même dû être plus que prêt avant même de quitter le nid. On lui avait pris la meilleur couverture (un thème modelable à souhait), les meilleurs jouets (widgets et gadgets dont seuls Guillaume a le secret), et on a avait réfléchi à des amis pour qu’il ne se sentent pas seul : les blogrolls comme ça se fait si bien.

    Puis les premières semaines ont été enflammées par le départ, l’excitation, les rencontres, l’envie de tout dévorer, de tout voir et de rien manquer. J’en parlais pourtant quasiment tous les jours de notre monde à deux. Je vous narguais même : vous verrez il y a plein de choses à dire et Facebook est trop concis, j’ai tellement hâte de vous le montrer et de vous en faire profiter encore plus. Il faut dire que j’y croyais vraiment à ce moment-là. Je croyais en ma motivation.

    aline le monde a deux blog

    J’ai alors commencé à lire de nombreux autres blogs, j’ai commencé à réfléchir à ce qui fonctionnait sur la blogosphère, ce qui plaisait à Google, car tout, absolument tout, passe par Google : le SEO, vous avez déjà entendu parlé ? Ce truc qui permet de bien rentrer dans les cases.
    Je lisais au-dessus de l’épaule de Guillaume qui gérait bien mieux que moi cette partie et qui d’ailleurs la gère toujours bien mieux.
    J’ai commencé à comprendre ce qui plaisait et j’ai commencé à perdre espoir.

    À quoi bon? Tout a déjà été dit.

    Les titres finissent par se paraphraser, je ne compte plus le nombre de :
    LE TOP 10 DES MEILLEURS ENDROITS,
    CE QUE LE VOYAGE A CHANGÉ EN MOI
    TOP 5 DES CHOSES À FAIRE

    Les thèmes se ressemblent :
    VOYAGER PAR CHER
    VOYAGER LEGER
    COMMENT FAIRE SES VISAS

    Les photos sont des déjà-vus.
    Alors franchement à quoi bon ?

    J’avais juste perdu l’envie. Qu’avais-je de plus à partager ? J’avais alors en tête trop d’idées, trop de projets, trop de fouillis pour en faire quelque chose et ça devenait au final : RIEN.

    le monde a deux raisons et reflexionsJ’ai dû faire une petite crise de manque de confiance en moi. J’en ai fini par déduire, sans même avoir essayé qu’au milieu de ces thèmes redondants, mon écriture n’intéressera pas. Alors à quoi bon se lancer ?

    Puis, honnêtement quand on voyage comme nous, sans plan ni boussole, que la plupart de notre temps se passe dans des workaway sans accès internet correct, écrire un blog devient mission impossible non ?

    Oui, bon je le reconnais, j’ai fini par me trouver des excuses… L’excuse Internet est celle qui est le plus souvent revenue. Guillaume me l’a même emprunté pendant un temps. Pourtant on a tout pour bloguer en interne. Alors oui, j’ai fini par accepter que tous les autres blogueurs que je vois avancer n’aient pas plus de temps que moi. Ils ont tout simplement fait le choix de le prendre ce temps.
    La deuxième grosse excuse a été l’attente des illustrations d’un frère qui ne travaillait pas assez vite, pas assez comme ci, pas assez comme ça à mon goût. J’ai finalement réalisé que j’aurai beau mettre toutes mes attentes dans ce frère prodige cela ne changerait absolument rien à ma capacité à procrastiner.

    Il était temps que je mette ma philosophie du temps à l’épreuve de mon blog : le temps ça se prend.

    J’ai alors réalisé que ce blog j’y tenais vraiment et j’ai mis longtemps à réaliser ce que je voulais en faire vraiment. J’avais déjà oublié les objectifs que je m’étais fixé au départ  : laisser une trace et transmettre à ma famille et aux amis.
    C’est en avril, dans la ferme de Malaisie où nous sommes restés presque deux mois que j’ai pu me poser les bonnes questions.
    Je n’avais pas besoin de plaire à tous les voyageurs, je pouvais et je devais commencer par écrire ce que je ressentais, quand je le sentais et comme je le ressentais. Pas besoin de rentrer dans des casses pour plaire et si je ne plais qu’à ma famille et à mes amis proches ça sera déjà une victoire.
    Et si je ne me plais qu’à moi-même, alors il ne me restera toujours la possibilité d’écrire encore et encore dans le but de m’améliorer.
    Je n’avais pas besoin d’écrire ce qui ferait plaisir à Google et à la majorité des gens sur la toile, mais je devais commencer par écrire ce que j’avais vraiment envie, à la vitesse dont j’avais envie d’écrire. Si ça fonctionne, tant mieux, si ça ne plaît pas, alors tant pis. Alors oui la réalité du blogging fait que j’en écrirais peut-être de temps en temps, des articles qui « rentrent dans les cases » mais l’idée c’est de rester moi-même quoiqu’il arrive.
    Pourtant il y a toujours une petite voix intérieure qui me murmure que l’écriture demande de la rigueur, ce qui pour le moment n’est pas ma principale qualité. L’écriture demande aussi un timing et respecter des délais me paraît toujours inconcevable. Mais ce blog c’est le mien, c’est le nôtre.

    Pourquoi ne pourrait-il pas être à mon image, à notre image, parfois vif et joyeux, parfois vide et monotone ? Inconstant comme notre vie sur la route ?

    Fini la peur d’être nulle, fini la peur de n’avoir que 30 lecteurs. Et encore 30 lecteurs c’est déjà quelque chose si on pose ces objectifs.

    Je ne regrette donc pas de ne se sortir ce blog que maintenant. Il sera d’avantage à mon image.

    Ne vous méprenez pas, je suis loin d’être satisfaite de tout et il y aura encore un gros travail à faire sur moi-même et sur la toile, mais j’ai décidé de mettre de côté les doutes et la perfection, il est temps de plonger dans le grand bain et de me mouiller un peu.

    La suite dépend de vous…