Le monde à deux

Catégorie : Workaway / Woofing

C’est notre fil rouge du voyage. A l’heure actuelle, le volontariat est pour nous le meilleur moyen de s’imprégner d’une culture et de se rapprocher du style de vie des locaux. Vous trouverez ici nos expériences, bonnes ou mauvaises. On vous raconte tout !

  • Volontariat en famille : l’expérience d’Anna, Brenno et Liv

    Volontariat en famille : l’expérience d’Anna, Brenno et Liv

    Quel bonheur de vous parler enfin d’Anna, de Brenno et de Liv.

    C’est la première famille que nous avons croisée sur la route, mais c’est aussi malheureusement, une des rares familles qui faisait du volontariat à l’étranger.

    Nous les avons rencontrés au début de notre voyage, à Anak Ranch en Mongolie et nous avons tous les deux été touchés par cette belle rencontre inspirante.

    Leur vision du voyage et la manière qu’ils avaient de ritualiser leur quotidien pour Liv m’ont marqué et j’ai très rapidement eu envie de partager leur histoire.

    Je suis ravie qu’Anna ait pris le temps de répondre à mes questions.

    J’espère que son témoignage vous prouvera que famille peut être synonyme de voyage alternatif et qu’il vous motivera à tenter l’expérience du volontariat en famille.

    Anna, peux-tu nous présenter ta famille ?

    Nous sommes Brenno, Anna et Liv, une famille mixte avec des héritages belge, brésilien, allemand, USA, hongrois, italien, portugais, irlandais et indigène du Brésil. Pour autant que nous sachions !

    Nous avons une petite fille : Liv qui est née en février 2011.

    Elle est très éveillée, sensible et ne se laisse pas envahir par ses émotions. Elle adore les activités créatives et par-dessus tout les animaux.

    « Je peux en témoigner, je me souviens de liv qui prenait tout autant de plaisir à monter à cheval qu’à jouer avec les vers de terre pendant des heures. »

    volontaires sur la route

    Parle nous de votre voyage

    Notre voyage a duré 11 mois. Nous sommes partis en avril 2014 de Belgique en transports en commun vers l’Asie. Nous avons terminé en Thaïlande en passant par l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Russie, la Mongolie, la Chine, le Laos et le Cambodge.

    Pendant nos études en Suède, nous avions évoqué l’idée que ce serait incroyable de voyager par la route en partant d’Europe pour arriver en Asie.

    Nous étions tous les deux fascinés par le nombre de nationalités différentes avec autant de distinctions physiques sur cette partie de la terre.

    Quand nous avons appris que Liv était en chemin, nous nous sommes promis de réaliser ce voyage dont nous rêvions tous les deux, mais que nous attendrions qu’elle ait trois ans.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à faire du volontariat ?

    Avant de partir dans ce voyage en famille, nous avions tous les deux eu des expériences de volontariats ce qui rendait cette possibilité tangible.

    La liberté du voyage au long cours donne l’opportunité d’arriver dans un lieu et d’y rester assez longtemps pour connaître les alentours et de développer une connexion avec les personnes.

    C’est ce que nous voulions pour nous et pour Liv.

    Être accueilli dans une communauté et vivre par le biais de notre travail (au delà de notre argent) est très estimable, surtout quand tu rencontres une autre culture.

    Cela apporte un aspect plus réel et plus humain.

    Cela nous a aussi permis de mettre en pause le flux de dépenses auxquels nous devions faire face pendant ce voyage.

    en famille dans un volontariat

    Quels sites internet utilisiez-vous ?

    Workaway, HelpX  WWOOF et d’autres …

    Nous avons aussi utilisé des contacts personnels et des informations locales pour nous connecter à toutes les opportunités d’échange.

    Combien de volontariat avez-vous fait jusqu’à maintenant ?

    Dans ce voyage, nous avons eu de la chance.

    Nous avions un large réseau d’amis et d’amis d’amis qui ont été incroyablement hospitaliers et qui nous ont généreusement ouvert leurs portes.

    En plus de ces expériences, nous avons eu :

    • une expérience en Suède pendant deux mois,
    • une expérience en Mongolie pendant deux semaines
    • une en dehors de Beijing pendant dix jours,
    • une à Xingping pendant trois semaines (nous avons payé 5$/jour pour nous trois).
    • Une demi-expérience de volontariat (nous avons payé pour notre nourriture et pour dormir) au Laos pendant trois mois.

    Est-ce facile de trouver des hôtes en tant que famille ?

    Ça s’est avéré très simple.

    Trouver des hôtes en tant que famille ne prend pas plus de temps qu’en tant que voyageur solo ou en binome.

    Parfois vous aurez besoin de payer un extra, mais parfois, cela peut tourner à votre avantage comme par exemple : créer du lien avec les enfants de vos hôtes.

    Certains endroits expriment clairement la volonté de ne pas recevoir d’enfants ou de famille, mais il y a toujours un moyen de trouver un terrain d’entente.

    Famille volontaire

    Avez-vous eu besoin de négocier ? Si oui, comment ?

    Cela dépend vraiment des endroits, du travail ou des attentes lors de l’échange.

    En Mongolie, nous voulions faire du volontariat dans un ranch, mais nous n’étions pas acceptés en tant que famille.

    Nous avons proposé de rester longtemps et d’aider à notre niveau. Finalement, nous avons eu de la nourriture et notre propre yourte pour 10$ par jour pour nous trois.

    Le volontariat est un échange, donc il faut être honnête avec ce qu’on peut offrir et être prêt à écouter ce qui peut-être donner en échange, communiquer et voir si on peut trouver ce qui convient au mieux pour les deux parties.

    Tu viens de nous dire qu’il vous est arrivé de payer dans certains volontariats, qu’en penses-tu ?

    En tant que famille : une personne travaille en échange du logement et de la nourriture de 2,5 personnes, il me semble donc équitable qu’à certains endroits tu doives payer un extra.

    J’ai lu certaines annonces où les personnes recherchaient de l’aide pour des gardes d’enfants. Avec ce type de travail, je peux imaginer que cette contribution soit suffisante.

    Autres exemples :

    En Chine, nous avons été acceptés pour aider dans une ferme biodynamique, mais au final nous avons été accueillis comme des invités très spéciaux à qui ont a posé beaucoup de questions : d’où on venait, ce qu’on avait fait, comment nous l’avions fait…

    Donc ça fonctionne !

    Est-ce que Liv participait ?

    La plupart du temps, Liv jouait, mais elle avait besoin d’être proche de nous.

    Elle était encore petite, mais elle aidait pour des petites choses.

    une famille volontaire

    Raconte nous comment se passaient généralement les rituels avec Liv.

    Les temps de repos et des repas étaient les rythmes principaux que nous essayions de respecter dans le quotidien de Liv, comme nous l’aurions fait dans un cadre familial stable.

    Elle avait sa propre couverture, son coussin et sa petite veilleuse pour la nuit, des drapeaux colorés pour accrocher dans la pièce et un porte-bébé pour qu’elle puisse faire la sieste quand elle en avait besoin.

    Quand nous arrivions dans une pièce ou une cabine pour un long trajet, nous nous installions comme chez nous très rapidement avec ces quelques éléments. Nous avions un livre d’histoire et quelques trucs qui créaient un coin pour Liv où que nous étions.

    Quand nous avons préparé nos sacs, j’ai fait un croquis des différents espaces de la maison et j’ai observé ce que Liv utilisait à cette époque et ce qu’elle aimait. Par exemple, nous voyagions avec un éplucheur à carottes, un fouet et un couteau, ses affaires de sommeil, un livre de contes et des petits jouets.

    Pouviez-vous dormir ensemble ?

    Jusqu’à maintenant, toujours.

    Combien de temps restiez-vous chez vos hôtes et pourquoi ?

    Je dirais au minimum deux semaines, la plupart des hôtes aiment que tu restes au moins deux semaines.

    Pour toi, quels sont les bénéfices de faire du volontariat en famille ?

    C’est un bon moyen de se connecter à un endroit et aux routines quotidiennes. Cela apporte davantage de perspectives je pense.

    Même si de nombreuses choses sont différentes ou les manières de faire sont différentes, la plupart sont reconnaissables et c’est familier pour les enfants.

    On s’autorise à prendre le temps sans avoir le sentiment d’en perdre.

    volontariat famille Mongolie

    Quelles sont les difficultés à faire du volontariat en famille ?

    Je dirais de ressentir que tu donnes un échange équitable, car avec de jeunes enfants, la plupart du temps un seul adulte peut travailler.

    Mais c’est tout à fait négociable la plupart du temps.

    Recommanderais-tu de faire du volontariat en famille ?

    Je le recommanderais sans hésiter, car ça donne un espace ouvert à  la famille pour se connecter à la culture et aux personnes.

    As-tu une anecdote à partager ?

    Deux ans après le voyage, c’est incroyable de voir tous les petits détails dont Liv se souvient.

    Par exemple, sur le chemin à travers la Russie dans le Transsibérien, nous avions un vieux monsieur Russe qui partageait notre cabine.

    Il s’appelait Vladimir, portait un dentier et il le posait sur la petite table du milieu quand il dormait. Plus tard, quand Liv a voulu parler de lui, elle l’a fait en évoquant l’homme qui pouvait sortir ses dents.

    Pour Liv, la connaissance des gens qui portent des dentiers est maintenant reliée à Vladimir dans le train qui nous conduisait à travers la Russie.

    Quels sont les conseils que tu donnerais à une famille qui aimerait faire du volontariat ?

    De ne pas hésiter !

    Anna et brenno volontaria mongolia

    Faire du volontariat en famille est tout à fait possible.

    Je suis toujours émue quand je me souviens d’eux et je suis émerveillée par les souvenirs qu’ils ont pu emmagasiner et j’espère surtout que l’expérience d’Anna, Brenno et Liv vous motivera à tenter l’aventure.

    Crédits photos : toutes les photos ont été prises par Brenno

  • Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

    Sauveurs d’abeilles dans un volontariat au Vietnam

    Après toutes nos mésaventures, nous avons tenté notre chance une dernière fois dans ce volontariat au Vietnam.

    Sur le trajet pour arriver sur l’île de Phu Quoc, Anh, un local s’est montré d’une générosité qui a été à l’inverse de notre ressenti sur le Vietnam. Il nous a pris en charge en nous aidant à trouver notre chemin, en évitant les arnaques, en payant et en contactant Thuy, l’hôte de notre bénévolat dans un Resort. Il nous a aussi raconté qu’il était propriétaire d’une Bee Farm (apiculture) et nous a invités à lui rendre visite pendant notre séjour sur l’île.

    Visite que nous nous sommes empressées de réaliser dès que notre emploi du temps nous l’a permis. Étant donné que notre travail au Resort ne nous comblait pas, nous espérions le convaincre de nous prendre comme volontaire.

    Pour notre plus grand plaisir, il a accepté !

    La chance tourne : un paradis naturel

    S’installer à la Bee Farm et évoluer au sein de ce coin de Nature préservée a été comme une bouffée d’air frais. Dans un pays où chaque parcelle de sol est une poubelle et où l’on détruit sans réfléchir, parler d’écologie était aussi exceptionnel que notre envie de s’attarder davantage au milieu des abeilles.

    Nous sommes tout simplement tombés amoureux de cet endroit.

    volontariat phu quoc vietnam

    Le concept : une solution face à la disparition des abeilles

    Anh, le copropriétaire de la ferme, a eu l’opportunité de voyager au Japon et en Afrique. Contrairement à la plupart des Vietnamiens, il est sensible à l’impact de l’homme sur terre et souhaite le diminuer. Avec, Ohm, son ami d’enfance, ils ont décidé de s’installer sur l’île afin d’y ouvrir une apiculture, mais surtout d’y sensibiliser les touristes.

    Un noble projet que nous ne pouvions que valider et soutenir. Nous sommes alors devenus les créateurs d’un jardin nourricier et les porte-paroles de nos nouvelles amies, les abeilles.

    volontariat apiculture vietnam phu quoc

    Elles s’occupent des larves, montent la garde, nourrissent leur reine et parcours leur territoire à la recherche du pollen et du nectar nécessaires à leur survie. Elles travaillent dur toute leur vie pour produire chacune 1/12 d’une cuillère à café que nous gobons sans état d’âme.

    Ces insectes sans prétention sont pourtant au cœur de notre alimentation. Si l’abeille venait à disparaître, l’homme perdrait jusqu’à 1/3 de ce qui se trouve dans son assiette. À l’origine de la pollinisation, elles permettent la production de 85 % des végétaux.

    Mais aujourd’hui, cet équilibre est menacé :

    • La pollution les fait fuir
    • les antibiotiques les affaiblissent
    • les pesticides les étourdissent
    • l’humain leur pille leur nourriture
    • le réchauffement climatique les perturbe
    • les voyages en camion les massacre
    • et les monocultures les affament …

    Chaque personne venant à la Bee Farm avait le droit gratuitement à une explication détaillée du mode de vie de ces insectes ainsi que des explications sur leur disparition massive. Nous les informions surtout de leur possibilité d’agir :

    • planter des fleurs, des légumes, des fruits sans produits chimiques
    • appeler un apiculteur dès l’apparition d’un nid d’abeille au lieu de le détruire
    • limiter sa consommation de miel
    • choisir son miel chez un apiculture qui ne surexploitera pas ses protégées
    • en parler autour de soi

    Notre travail à la Bee Farm

    Étant les tout premiers bénévoles, Anh ne semblait pas trop savoir quoi faire de nous. Nous observions beaucoup, l’assistions dans ses tâches, mais nous souhaitions nous impliquer davantage.

    Après de multiples conversations, il a été décidé d’un commun accord de planter fleurs et légumes pour les abeilles. Nous étions ravis de tester des techniques d’agriculture et n’avons plus compté nos heures de travail. En parallèle, j’apprenais discrètement la présentation faite aux touristes pour pouvoir participer à mon tour. Ce que j’ai très rapidement fait.

    volunteering bee farm vietnam phu quoc

    Guillaume a continué de bêcher, planter, arroser et voir grandir ces petits bouts de plantes qu’il luttait à faire pousser sous un soleil de plomb.

    Nous étions les bienvenus, malgré une difficulté à se faire accepter par les employés, les 2 propriétaires étaient à l’écoute de nos nombreuses suggestions. Nous avons retravaillé la présentation faite aux clients, planté des centaines de graines et réfléchis à l’organisation d’une visite guidée de la ferme…

    Avec Anh et Ohm, nous passions des heures à refaire le monde, autour de petits-déjeuners dignes de grands restaurants : thé frais, fruits frais, omelette, salade, pain, miel, pâtisseries locales…

    volunteering phu quoc vietnam bee farm

    Nous profitions des boissons au miel servies aux clients avec des pailles en bambous pour limiter la consommation de plastique et sensibiliser.

    benevolat bee farm phu quoc vietnam

    Nous nagions au milieu des bourdonnements d’abeilles dans un monde de douceurs sucrées.

    Le rideau tombe

    Cet univers idyllique contrastait drastiquement avec l’image que nous avions du Vietnam, mais fermer les yeux n’a pas empêché la réalité de nous rattraper.

    Comme tout voyageur qui s’arrête ici, nous avions la triste impression de nous être amourachés d’une belle vitrine trop bien décorée… Une fois la porte passée et le rideau tombés, le concept accrocheur avait tout à coup moins de ferveur.

    wwoofing bee farm phu quoc vietnam

    Curieux d’en savoir toujours davantage, nous posions des milliers de questions, nous avons visionné des dizaines de vidéos et lus énormément d’articles. Plus nous avancions dans nos recherches, plus les contradictions sautaient aux yeux.

    La soi-disant centaine de ruches s’est transformée en une vingtaine, au grand maximum. La compétence en apiculture de nos hôtes s’est avérée amatrice et leur volonté de sauver les abeilles s’est dissipée dans d’atroces calculs financiers. Les notions d’écologie vendues aux clients n’étaient qu’une façade qui n’était pas appliquée par eux-mêmes. Le savon bio était pour les clients pendant que les employés en utilisaient un toxique qu’ils déversaient dans la rivière. Le plastique soi-disant limité était pourtant amassé en pagaille loin des regards étrangers.

    Les petits-déjeuners copieux et passionnants ont peu à peu disparu pour laisser place à des matins en tête en tête.

    Nous travaillions des journées entières, car Guillaume adorait planter et s’occuper des tomates, concombres et courges… Quant à moi, je ne me lassais jamais d’échanger avec les touristes pour défendre les abeilles.

    Nous sommes restés si longtemps, car nous adorions notre travail, parce que notre présence était nécessaire en fin d’année et qu’ils nous avaient payé un visa de 3 mois. Et cela malgré la relation avec nos hôtes qui s’était tristement dégradée.

    benevolat phu quoc vietnam Bee Farm

    Mais basée sur des non-dits, cette relation n’était-elle pas bancale depuis le début ? À vouloir à tout prix aimer le Vietnam, nous nous demandons si nous n’avons tout simplement idéalisé cet endroit.

    Notre présence à la Bee Farm était devenue peu à peu difficilement supportable.

    Finalement, que retenir ?

    Entre réalité et illusions, la Bee Farm se situe probablement quelque part au milieu. Ce texte n’est que le discours mélangé d’une idéaliste optimiste et d’une voyageuse épuisée.

    J’aime croire que ma fatigue et mon envie de rentrer chez moi ne me montraient plus que les défauts d’un pays qui m’avait ôté mon énergie positive.

    Anh reste un homme sensible qui se bat pour une belle cause, malgré les nombreuses contraintes de son éducation et de son pays.

    Finalement, si vous êtes prêts à subir une logique différente de la nôtre et que vous acceptez qu’ils ne soient pas toujours à la hauteur du discours qu’ils vendent alors rejoignez Anh et son équipe à la Bee Farm afin de participer à sauver les abeilles. Mais n’y restez que quelques semaines !

    Un mois nous aurait été bien suffisant.

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]

    Contact : Phu Quoc Bee Farm

    Temps de travail : très variable et dépend principalement de vous, les moments/jours de pauses sont pris selon vos envies

    Repas : vous faites votre liste, le personnel fait les courses pour vous et vous cuisinez pour vous-même. Donc les végétariens/vegans et crudivores sont les bienvenus.

    Logement : ils ont une maison qu’ils laissent à disposition des volontaires

    Internet : à notre période, ils n’avaient pas Internet, mais Anh nous payait une carte prépayée pour l’avoir sur notre téléphone

    [/su_box]

  • Le volontariat pour les nuls

    Le volontariat pour les nuls

    Je parlerai dans cet article des volontariats hors cadre, des échanges de service bien souvent appelés Wwoofing.

    Pour en savoir plus, je vous invite à lire cet article où j’ai expliqué plus en détail les différences entre le bénévolat, le volontariat et le Wwoofing.

    Vous souhaitez vous lancer dans l’aventure du volontariat en voyage, mais vous ne savez pas par où commencer ? Voici donc tout ce que vous devez savoir.

    C’est quoi le volontariat, l’échange de service ?

    C’est un système d’entraide, un échange de bon procédé : vous travaillez quelques heures par jour (entre 4 et 6 heures) en échange d’un logement et de votre nourriture. Cela varie bien évidemment en fonction des besoins, des pays et des conditions que vous avez définies.

    Cela peut concerner tout type de travail : enseigner l’anglais, travailler dans une ferme, travailler en cuisine, faire du baby-sitting, etc.

    Qui peut faire du volontariat ?

    Tout le monde peut en faire !

    Je n’y vois absolument aucune restriction si ce n’est les vôtres où celles de vos hôtes. Que ce soit en couple, en famille avec des enfants, retraité, jeune étudiant ou avec un animal, que vous ayez des compétences particulières ou non, que vous ayez un régime alimentaire ou non, tout est envisageable.

    À vous de dénicher le lieu qui pourra vous accueillir en fonction de vos exigences.

    Nous vous préparons bien évidemment des témoignages pour vous confirmer tout ça !

    Faut-il avoir des compétences particulières ?

    Globalement non.

    Certains profils recherchent des compétences spécifiques, mais ils sont loin d’être la majorité. Les travaux demandés sont bien souvent de la main d’oeuvre facile et si ce n’est pas le cas, vous êtes la plupart du temps encadré par des professionnels que vous assistez.

    Nous avons fait du travail de ferme, de la cuisine, du ménage, de la construction et tout cela sans compétence particulière.

    L’accumulation des services vous fournira à terme une expérience.

    Comment trouver ses hôtes ?

    Par le biais d’une plateforme Internet

    Il en existe plusieurs, mais les plus connues sont les suivants.

    Workaway

    difference wwoofing workawayC’est celle que nous utilisons principalement. Pourquoi ? Pour son graphisme, sa simplicité et son suivi. Tout hôte suspect ou non présent est supprimé. Ils ont même une interface en français et les questions posées permettent des profils plus complets.

    L’inscription d’un an coûte 23 euros par personne ou 30 euros pour 2.

    Vous aurez accès à plus de 135 pays dans le monde entier et le nombre d’hôtes ne fait qu’augmenter. Vous y trouverez tout type de travaux.

    Help’x

    volontariat pour les nuls helpxC’est le même principe. Un enregistrement payant (20 euros/personne pour 2 ans) qui vous donne accès à différents types de travail dans le monde entier.

    Il est moins cher et il semble que les hôtes sont quasiment tous présents sur les 2 plateformes (à quelques exceptions près), mais il y a moins de suivi de la part des administrateurs et l’interface est beaucoup moins sympa.

    Wwoofing

    difference wwoofing volontariat benevolatProbablement le plus vieux des trois et souvent le plus connu : World Wide Opportunities on Organics Farms met en relation des fermes bio avec des futurs bénévoles.

    Le wwoofing ne concerne donc que des fermes et il sera nécessaire de vous inscrire dans chaque pays avec des tarifs d’adhésion variable.

     

     

    Quelques exemples (attention aux conditions qui peuvent varier d’un pays à l’autre) :

    • 25 euros par personne ou 30 euros pour 2 : en France
    • 60 dollars pour 2 ans (avec assurance comprise) au Canada
    • 40 dollars pour 1 personne ou 55 dollars pour 2 au Chili

    Quels sont les avantages et inconvénients de ces plateformes ?

    Avantages :

    • possibilité de planifier à l’avance
    • se fier aux éventuels commentaires des autres volontaires
    • donne un large choix de lieux

    Inconvénient :

    • vous aurez des lieux souvent connus des autres voyageurs (ce qui peut aussi être un avantage)

    Lequel choisir ?

    N’en prenez pas plusieurs à la fois pour viser large. Pour commencer, je vous conseille de vous inscrire soit sur Workaway soit sur Help’x.

    Si jamais cela ne vous suffit pas, vous pourrez toujours faire appel à la communauté des voyageurs pour récupérer un contact en particulier sur un des autres sites, ou vous inscrire en temps voulu.

    Du bouche-à-oreille

    Si cette solution ne vous convient pas, vous avez la possibilité de trouver des hôtes par vous-mêmes. Commencez par demander autour de vous : vos connaissances, des contacts : peut-être connaissent-ils quelqu’un qui a la possibilité de vous héberger contre quelques heures de travail.

    Si vous n’avez aucune réponse positive, ne vous démotivez pas pour autant. Restez ouverts à toutes les opportunités croisées sur la route et n’hésitez pas à demander : dans les auberges de jeunesse ou lors de vos rencontres inopinées par exemple.

    En Thaïlande, nous avons eu la possibilité d’être volontaires dans une auberge après une rencontre sur la route et au Vietnam nous sommes restés 3 mois chez un apiculteur après l’avoir rencontré dans le ferry.

    Avantages :

    • vous sortez du circuit classique et rencontrez des lieux plus méconnus
    • vous pouvez chercher à la dernière minute
    • vous avez la possibilité de rencontrer vos hôtes et de vous fier à vos intuitions

    Inconvénients :

    • vous pouvez difficilement planifier et il vous faudra la plupart du temps être sur place
    • nécessite de bien mettre au clair les conditions d’échange, car il sera fort probable que ce soit la première expérience de votre hôte

     Comment choisir son hôte ?

    En fonction des pays vous aurez bien évidemment plus ou moins le choix. L’Asie propose beaucoup moins d’hôtes que l’Australie par exemple.

    Voici quelques pistes de réflexion pour vous aider à choisir

    Le type de travail que vous souhaitez effectuer : enseigner l’anglais, travailler dans une ferme, être en cuisine, etc.

    Les conditions d’hébergement : le nombre de repas par jour, les chambres (si vous êtes en couple par exemple), disponibilité du wifi, demande de participation financière, etc.

    Pensez aussi à l’emplacement de vos hôtes : certains seront très isolés contrairement à d’autres qui seront effectivement en pleine ville.

    Sur Workaway et Help’x, les commentaires sont un gros plus pour vous aider à choisir. Le vécu des volontaires qui vous ont précédé sont de bonnes doses d’information pour vous faire une opinion, surtout si vous prévoyez d’y rester longtemps. Mais à contrario, ne vous privez pas de tenter l’expérience pour un nouvel inscrit !

    Les coups de coeur : il nous est arrivé de choisir un hôte 2 mois avant juste après un gros coup de coeur sur le profil, ou parfois de choisir un hôte, car c’était le seul qui nous prenait à la dernière minute dans nos critères.

    Combien de temps en avance faire sa demande ?

    C’est très variable d’un pays à l’autre, d’un hôte à l’autre et en fonction de la saison.

    Le Japon est l’exemple concret du pays où vous devez vous y prendre à l’avance, car les Japonais ont besoin de s’organiser, mais aussi, car le nombre de places est restreint et elles sont souvent prises d’assaut.

    Grosso modo, prévoyez un mois à l’avance, en commençant par faire une prérecherche dans le pays en vérifiant :

    • le nombre d’hôtes susceptibles de vous accueillir à la période désirée et selon vos critères
    • combien recherchent à la dernière minute
    • le nombre de volontaires accueillis en même temps
    • leurs disponibilités, etc.

    Et en fonction de votre envie et des réponses ci-dessous, vous aurez déjà une bonne idée de la nécessité de réserver en avance ou non.

    Sur le site Workaway, certains hôtes indiquent qu’ils cherchent à la dernière minute.

    Combien de temps rester ?

    combien de temps faire du volontariatCela dépend de vos hôtes, du travail demandé, mais aussi de vous. Personnellement, nous préférons rester environ 3 semaines au même endroit, mais nous savons que nous sommes loin d’être dans la moyenne.

    J’aurai tendance à répondre : au moins une dizaine de jours : tout simplement, car cela vous laisse le temps d’apprivoiser les lieux, de comprendre le fonctionnement, d’être vraiment efficace et utile et de mieux connaître les attentes de vos hôtes.

    Bien sûr cela vous laissera davantage de temps pour tisser des liens avec vos hôtes.

    Quel visa ?

    Étant donné qu’il n’y a aucun contrat ni aucun échange d’argent, la logique voudrait que le visa de travail ne soit pas nécessaire, pourtant cela dépend du pays où vous vous rendez.

    Il n’est pas toujours possible de trouver d’informations officielles, mais sachez que nous avons fait tous nos volontariats en Asie avec des visas de tourisme sans aucun problème.

    À notre connaissance, seule la Nouvelle-Zélande considère que la nourriture et le logement sont une rémunération et demande donc obligatoirement un visa de travail.

    (Edit juillet 2017 : les USA aussi demande un visa de travail)

    Quoi qu’il en soit, lors de votre passage à la frontière, n’évoquez jamais votre volonté de faire du volontariat : vous êtes là pour du tourisme !

    Par conséquent, n’indiquez pas que vous restez plusieurs semaines au même endroit, prévoyez un itinéraire classique à dire à la douane si nécessaire.

    Officieusement, la plupart des voyageurs entrent avec un visa tourisme et tout se passe bien.

    Quelle assurance ?

    Certains travaux ne sont pas sans danger, à vous de poser vos limites. J’ai à plusieurs reprises refusé de monter sur la structure d’une maison en bois branlante ou même d’utiliser la tronçonneuse qui ne m’inspirait pas confiance.

    Sachez que dans le cas de ces volontariats hors cadre, il vous faudra une assurance privée. Pensez donc à le vérifier avant de partir.

    Pour information : l’assurance Cap Aventure de chez Chapka prend en compte ce type de volontariat.

    Quel budget ?

    Une fois dans les volontariats, vous n’aurez plus rien à débourser sauf pour vos petits plaisirs personnels, ou éventuellement cuisiner des plats typiques à vos hôtes.

    Certains volontariats vous demanderont une participation financière pour la nourriture par exemple. À vous de voir la contribution demandée par rapport à leurs situations …

    De notre côté, nous n’avons jamais payé quoique ce soit, si ce n’est des petits cadeaux pour les enfants de nos hôtes au Japon pour Noël, des friandises pour nous et quelques repas particuliers.

    Une fois sur place

    Bien évidemment cela dépendra du comportement de chacun et de chaque lieu, mais l’adaptation peut prendre plusieurs jours. Ne vous imposez rien et prenez le temps de trouver vos marques.

    Surtout, n’hésitez pas à dire à vos hôtes si quelque chose ne vous convient pas ou si vous avez des difficultés. N’attendez pas que le mal s’installe.

    Si vous êtes passé par un site Internet, surtout laissez des commentaires constructifs (positif ou négatif) afin d’aider les prochains volontaires à faire leur choix.

    J’espère que cet article répondra à toutes les questions que vous vous posiez et j’espère qu’il vous permettra de vous lancer dans l’aventure sans appréhension afin de vivre pleinement ces échanges si constructifs.

  • Volontariat, bénévolat, échange de service en voyage : Différences et comment choisir?

    Volontariat, bénévolat, échange de service en voyage : Différences et comment choisir?

    Quelle est la différence entre bénévolat et volontariat ?

    Comment choisir mon volontariat en voyage ? Comment choisir mon bénévolat en voyage ?

    Je veux faire du bénévolat en voyage mais je ne sais pas par où commencer ?

    Si une de ces questions vous est passée par la tête alors vous devriez trouver les réponses dans cet article.

    Les définitions françaises sont de vrais casse-têtes, mais au-delà des mots, tous ces concepts sont utilisés à tord et à travers et portent souvent à confusion. On voit apparaître des amalgames entre les échanges humains et le Volontourisme dans toutes ses dérives.

    L’idée est donc de clarifier tout cela et vous donner des liens pour vous permettre de choisir vos missions en toute connaissance de cause.

    « Dans la plupart des pays, le bénévole s’appelle volunteer (en Grande-Bretagne), voluntario (en Espagne) ou volontario (en Italie) ou … volontaire (en Belgique). D’où certaines confusions en France où le statut de bénévole est différent de celui de volontaire ».

    Le bénévolat

    difference benevolat volontariat resto du coeurLe bénévolat n’est encadré par aucun statut juridique. « Est bénévole toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ». L’engagement du bénévole est totalement libre, sans obligations d’horaires, sans contrepartie, sans rémunération, sans condition d’âge.

    C’est du temps que vous consacrez selon vos envies dans les associations de quartiers (sportives, culturelles) ou nationales (Resto du cœur, Téléthon…) par exemple.

    Le volontariat

    difference benevolat volontariat

    Le volontariat « donne lieu à un engagement contractuel et exclusif. Le volontaire est engagé à temps plein et pour une durée définie. Il peut être indemnisé – cette indemnité n’ayant pas le caractère d’un salaire ou d’une rémunération ».

    En d’autres termes, vous avez un statut reconnu par la loi et vous signez un contrat qui vous engage sur un temps donné.

    « Notez que les postes offerts ne sont pas nombreux et correspondent à des spécialités très précises exigeant une compétence et une vocation affirmées ».

    De plus, le statut de volontaire ouvre droit à une couverture sociale (maladie, accident du travail, maternité, invalidité, décès, …).

    Quelques exemples de volontariat : Service civique, Volontariat de solidarité internationale (VSI), Service volontaire Européen (SVE), Volontariat internationale en entreprise (VIE), Volontariat internationale administration …

    difference volontariat

    Vous trouverez encore plus d’informations sur le site France volontaire ainsi que sur l’article de Tour-monde qui a plus d’expérience que moi.

    Le volontariat hors cadre : l’échange de service, l’entraide…

    Il n’y a aucun statut, aucune réglementation française pour définir les activités ci-dessous : le gouvernement nous a répondu que c’était de l’entraide, les personnes concernées sur le net le décrive souvent comme de l’échange de service, mais c’est aussi défini comme du volontariat hors cadre.

    Dans ce cas, le volontaire improvise souvent avec des contrats plus ou moins tacites qui peuvent être rompus selon les volontés et les projets de chacun.

    Sachez que France-volontaire possède un réseau de 24 bureaux  appelés les « Espaces Volontariats » qui accompagnent justement les volontaires hors cadre. Ils peuvent vous aider à trouver des volontariats dans des structures « sérieuses » et sont en lien direct avec les ambassades.

    Vous pouvez aussi bien en trouver par vos propres moyens qu’en passant par les plateformes ci-dessous :

    Le wwoofing

    difference wwoofing volontariat benevolat

    « World Wide Opportunities on Organic Farms » est un système basé sur l’échange qui exclut toute monétisation.

    Le Wwoofer travaille quelques heures par jour (entre 4 et 6 heures) en échange de sa nourriture et de son hébergement. Comme son nom l’indique, cela ne concerne que les fermes, exploitations ou jardins issus de l’agriculture biologique.

    Vous ne trouverez ici, aucune notion d’humanitaire, c’est l’échange entre les hôtes et les voyageurs qui est mis en avant : l’apprentissage des savoirs de la terre contre de la main d’oeuvre.

    Plus d’informations dans ce dossier sur le guide du routard

    Workaway / Help’x

    difference wwoofing workawayLe concept de Wwoofing a si bien fonctionné que des plateformes se sont ouvertes pour élargir ce principe à d’autres structures que des fermes issues de l’agriculture biologique. C’est ainsi qu’est né Help’x, puis plus récemment notre petit chouchou : Workaway.

    Le principe est exactement le même que le Wwoofing : quelques heures de travail (entre 4-5 heures par jour, 5 jours par semaine) contre la nourriture et le logement. Sauf que cette fois, vous y trouverez des Guesthouses, des Resorts, des constructions écologiques, des écoles ou des familles qui ont besoin d’un coup de main etc…

    Sauf exception, la plupart des hôtes ne demandent aucune compensation financière, si ce n’est parfois de participer aux frais alimentaires.

    Quelques exemples d’autres sites :

    Éco-volontariat (ciblé écologie)

    Bridgemyworld

    Volunteers base (gratuit)

    Sourirs nomades …

    Lors de ces échanges de service, faites toujours attention à l’échange qui vous est proposé pour ne pas tomber dans le volontourisme.

    Pour plus d’informations concernant l’échange de service, cet article est pour vous : le volontariat pour les nuls.

    Le Volontourisme

    Ce mot désigne un soit disant tourisme alternatif où le voyageur « propose ses services à des populations défavorisées au cours d’un séjour touristique ».

    Selon le site : www.servicevolontaire.org : « les entreprises utilisent les méthodes commerciales du tourisme de masse sous couvert de l’image du volontariat international afin de pouvoir faire du profit sur la misère et la détresse, mais aussi sur votre bonne volonté et sentiment de culpabilité ».

    Vous le trouverez aussi bien dans les projets soit-disant humanitaires proposées sur les sites comme Project-Abroad, mais aussi, (même si plus rarement) sur les plateformes d’échange.

    Faites donc attention aux sois-disant missions humanitaires qui demandent plus d’argent que de réels compétences. Je prendrai le temps d’écrire un article plus détaillé sur ce sujet dès que j’en aurai l’occasion. En attendant pour aller plus loin, je vous invite à lire cet article  : Non au tourisme humanitaire et à regarder cette vidéo (les sous-titres en français sont disponibles).

    difference tourisme volontourisme

    Conclusion et nous dans tout ça ?

    Voici donc les définitions officielles, mais pour être honnête, c’est loin d’être aussi simple puisqu’on trouve encore sur le site Francebénévolat des offres de « bénévoles » en échange de la nourriture et du logement.

    Mais par déduction, nous faisons donc du volontariat hors cadre qui n’ouvre aucun statut reconnu par la loi. Nous sommes dans une démarche d’entraide et d’échange de service !

    woofing chine ferme dujiangyan huaxi farm

    Voici donc un article un peu différent qui définit des termes souvent utilisés à tout va. J’espère qu’il vous aidera à y voir plus clair et vous permettra de choisir plus précautionneusement vos missions en voyage !

    Alors, quelle forme prendra votre prochain voyage ?

    Autres sources :

    Différence bénévolat et volontariat
    Selon studyrama
    Tousbénevoles

  • Un volontariat au Vietnam qui démontre les dérives de l’échange de service

    Un volontariat au Vietnam qui démontre les dérives de l’échange de service

    Si vous nous suivez régulièrement, vous savez que notre arrivée au Vietnam a été chamboulé par le vol de nos deux ordinateurs. (Pour les autres, vous pouvez rattraper votre retard en lisant l’article D’une grosse perte à Ho Chi Minh aux charmes de Mui Ne).

    Par conséquent, arriver dans ce nouveau volontariat était pour nous un nouveau départ. Comme si le Vietnam nous proposait gentiment de tout effacer et de recommencer à zéro.

    Un volontariat au Vietnam prometteur ?

    Mais, avec le recul je constate que nous n’avons fait que de nous empêtrer doucement et aveuglément dans ses filets…

    Petit Resort sur la plage, équipé d’un four solaire.
    Volonté de créer un petit potager et des toilettes sèches
    Tâche principale : s’occuper des clients
    Une annonce alléchante qui nous avait motivé à quitter Mui Né pour redescendre dans le sud, sur l’île de Phu Quoc.

    Thuy, la propriétaire des lieux, Vietnamienne et jeune maman, venait tout juste de racheter le terrain déjà aménagé de 10 luxueux bungalows. Elle nous a accueillit avec un anglais approximatif, un ton sec, mais un grand sourire.

    Notre nouveau travail ne correspondait en rien à l’annonce sur Help’x. Aucune plage en vue, aucun potager, aucun four solaire et encore moins de notions d’écologie. Thuy avait récemment quitté son petit business sur la plage pour ouvrir un gros complexe de bungalows et son annonce n’était pas encore mise à jour.

    Ici, c’était la destruction. On abattait des arbres sans compter pour construire selon les envies loufoques de notre nouvelle hôte. On coupait, on dépeçait et on portait kilo après kilo.

    workaway phu quoc vietnam

    Parfois on laissait pourrir une dizaine d’arbres, coupés bien trop tôt puisque qu’aucune organisation ne permettait de réduire les pertes.

    L’objectif était de construire un bar. Enfin ça c’était au début, car les idées semblaient traversées la tête de Thuy sans qu’on arrive à les suivre.

    L’endroit était malgré tout très attrayant et la fin de la saison des pluies rajoutait une touche très locale : de grosses averses suivies d’un soleil de plomb.

    Malheureusement, pas nettoyée depuis des mois, la piscine nous narguait tout autant que Thuy qui repoussait toujours son nettoyage.

    construction resort benevolat vietnam

    Du travail, du travail et encore du travail !

    La saison touristique approchait à grands pas et tout était dans l’urgence. Thuy courrait dans tous les sens et ne cessait de donner des ordres pour changer d’avis dans la soirée. On a monté la charpente du bar à la force de nos bras…

    Une belle folie.

    construction resort volontariat vietnam

    Une fois érigé, nous avons commencé un intéressant mais long et fastidieux travail : construire le toit à la manière vietnamienne.

    L’idée c’était de positionner deux feuilles de cocotier dans le bon sens et de les clouer très serrés afin d’assurer l’étanchéité du toit. Nous gérions la première partie, tandis que deux employés enchaînaient la deuxième. Deux locaux qui savaient dompter la hauteur, manier le marteau et accumuler les temps de pause mais qui étaient très antipathiques malgré nos essais de conversations.

    toit cocotier volontariat phu quoc vietnam toit feuille de cocotier workaway vietnam

    La fatigue et le peu de temps disponible ne nous permettaient pas d’aller explorer les environs.

    Les repas étaient parfois légers, parfois même inexistants. Aucune communication, aucune planification et nous nous retrouvions régulièrement sans aliments. Et paradoxalement, sans prévenir, Thuy se mettait aux fourneaux et nous concoctait de copieux et délicieux repas.

    Elle était adorable, avait toujours le sourire mais elle n’avait aucune notion du rôle d’un volontaire et n’en faisait qu’à sa tête. Même son mari anglais ne cherchait plus à la raisonner. Elle attendait autant de nous que de ses employés payés/logés/nourris…

    Comment se cacher pour éviter de travailler …

    Plus le temps passait, plus on freinait. Nous n’étions pas là pour être moins bien traités que les locaux et encore moins pour prendre leur place gratuitement.

    Thuy avait ses têtes et les nôtres lui convenaient. Ayant bossés deux semaines comme des fous, elle se passait de commentaires quand nous nous réfugions dans nos bungalows pour échapper à une énième tâche épuisante.

    J’en avais marre de me cacher pour éviter de travailler 8h/jour, marre d’abattre des arbres pour construire sans réflexion et je n’en pouvais plus de cette désorganisation constante.

    Nous étions malheureusement en train de renouveler notre visa et nous étions donc bloqués encore plusieurs jours, le temps de récupérer nos passeports…

    Entre temps, nous avons assisté, ébahis au saut d’un volontaire hongrois qui a permis d’éviter l’effondrement du restaurant. L’édifice mal conçu sur un sol en pente, s’est écroulé lorsque les renforts ont été retirés.

    L’employé responsable de l’incident est venu l’après-midi même, demander sa paye et a refusé de se remettre au travail.

    probleme construction volontariat phu quoc vietnam benevolat thuys house phu quoc vietnam

    Après quelques altercations, le travail a repris de plus belle comme s’il ne s’était jamais rien passé.

    La pluie diminuait chaque jour d’avantage et nous nous octroyions de plus en plus de pauses : direction la plage, la ville et la Bee Farm qui se présentait comme une éventuelle porte de sortie.

    plage volontariat phu quoc vietnam volontariat phu quoc vietnam

    En parallèle, le travail a continué : remblayer un trou pendant des heures jusqu’à ce qu’on apprenne qu’ils avaient une pelleteuse à disposition, s’occuper de Tommy (le fils de Thuy) et aider à la construction de leur site Internet.

    volontariat thuys house phu quoc vietnam

    C’est à cette période que Loy, un nouveau travailleur Vietnamien au sourire constant est venu égayer nos journées. Il s’est entiché de Guillaume et est devenu un très bon ami.

    Thuy nous a fait miroité de l’argent, mais nous étions conscients que cela n’était qu’un appât supplémentaire pour garder deux gros bosseurs auprès d’elle. On apprendra bien plus tard qu’elle s’est permise de foutre dehors un de ses volontaires en demandant ouvertement à sa petite amie de rester…

    benevolat phu quoc vietnam

    3 semaines se sont écoulés à ce rythme effréné, mais aussitôt nos passeports récupérés, nous sommes partis tenter notre chance ailleurs.

    Malgré tout, nous sommes restés en très bon terme avec Thuy et sa famille. Elle nous a d’ailleurs invité à passer gratuitement le jour de l’an au Resort. Elle a un bon fond, mais rester n’aurait fait que valider sa façon inconcevable de considérer ses volontaires.

    Même si cette expérience n’est pas mauvaise en soi, elle reflète les dérives des échanges de service et en prenant sur nous, nous avons pu en retirer de bons moments et quelques apprentissages.

    Et vous, comment auriez-vous réagi dans une telle situation ?

  • Un volontariat épicé : à la découverte du poivre bio de Kampot

    Un volontariat épicé : à la découverte du poivre bio de Kampot

    Je me replonge dans mes souvenirs cambodgiens pour vous faire partager cette expérience riche et unique de volontariat au milieu du poivre de Kampot.

    Je me souviens très bien de notre arrivée nocturne sous une pluie battante, au milieu d’un vacarme assourdissant. Les grenouilles invisibles, mais pourtant en grand nombre, nous ont accueilli en fanfare. Nous nous étions rapidement réfugiés dans notre bungalow en bois dont nous n’avons pu admirer le charme qu’une fois le jour levé.

    bungalow volontariat cambodge poivre de kampot

    Nous nous sommes réveillés à l’écart du monde, sans eau courante, ni électricité.

    Les employés vivent en famille sur la propriété et Sothy, jeune cambodgienne, mène la barque avec son mari allemandun amoureux du Cambodge qui a beaucoup fait pour ce pays. Ami du premier ministre, il y a quelques années, il a réintroduit les vaches dans le pays et à beaucoup œuvrer pour aider les paysans.

    Aujourd’hui, il a repris cette ferme autonome en électricité avec sa femme et ils font fructifier leur travail avec passion.

    C’est dans cet univers loufoque que nous étions immergé : au carrefour d’un fonctionnement occidental et asiatique, où la rigueur allemande s’est mélangé au chaos Cambodgien et où la vie en groupe fait face à un couple décalé.

    champ de poivre de kampot bio

    C’est dans la ville de Kep, (région de Kampot) au sud du Cambodge que nous avons tout appris sur l’un des poivres les plus célèbres du monde : le poivre de Kampot.

    Il bénéficie d’une Indication Géographique Protégé (IGP), reconnue par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et qui désigne les produits dont les caractéristiques sont liées à une zone géographique.

    Effectivement, le quartz présent dans les sols de cette région fourni des minéraux qui rend ce poivre si savoureux.

    poivre de kampot bio sothy pepper farm

    La récolte s’était effectuée de mars à juin. Nous étions donc dans l’étape suivante : trier et conditionner.

    Nous avons passé des heures assis au sol, le nez remplis d’effluves fruitées et épicées et les papilles aguichées par les saveurs aromatiques et piquantes de ces grains aux quatre couleurs.

    Nous retirions patiemment à la pince à épiler, les grains cassés, brûlés et pourris. C’est ce triage manuel qui assure la qualité de ce poivre !

    guillaume pese le poivre de kampot bio aline trie le poivre de kampot a la main

    Les mains dans les épices, nous tentions de communiquer sans grand succès avec les employés Khmers, notre méconnaissance de leur langage nous menait malheureusement dans d’innombrables impasses. Par conséquent, nous avons passé du temps à observer leurs gestes lents et désintéressés ainsi que leur facilité à s’oublier dans leurs hamacs.

    Face à des adultes occupés par leurs obligations professionnelles, les cris des enfants raisonnaient au rythme de leurs jeuxNori, le plus audacieux et le plus inépuisable, s’attachait rapidement à nous, une vraie boule d’énergie et une authentique bouille d’amour, Lukina, plus âgée mais plus timide, s’approchait à pas de loup et s’apprivoisait à l’aide de temps, de patience, de quelques stylos et de la chanson française « 3 petits chats ». Dino, le plus jeune restait plus facilement dans les bras de sa maman, mais ne manquait pas de vadrouiller dans nos pattes quand l’envie lui prenait.

    nori benevolat cambodge sothys pepper farm enfant volontariat cambodge poivre de kampotle monde a deux volontariat cambodge poivre de kampot

    Une jeune chienne énergique, un couple d’oies plus efficace que des chiens de gardes, 2 paisibles vaches, 1 chat paresseux, 1 chatte autonome et ses 3 chatons tout mignon complétaient cette famille atypique qui vivait à la Sothy’s Pepper Farm.

    benevolat cambodge poivre de kampot

    En pleine saison des pluies, l’atmosphère était chargée d’humidité, le ciel s’assombrissait aussi souvent qu’il dévoilait ses plus beaux atouts. La moiteur de l’air s’estompait face aux averses dont la durée semblait dépendre de la seule volonté du firmament.

    Nous avons rapidement pris le rôle de guide touristique, car des familles, des couples et des backpackers venaient de tout pays curieux d’apprendre d’où venait ce fameux poivre de Kampot.

    Ce travail a engendré de belles rencontres et d’enrichissants échanges autour de nos connaissances fraîchement apprises sur cette exploitation et sa production.

    volontariat cambodge tourisme poivre de kampot guillaume explique qu est ce que le poivre de kampot

    D’où viennent les couleurs du poivre de Kampot ?

    voila a quoi ressemble du poivre de kampot

    Ils viennent tous de la même plante. Les grains frais sont naturellement verts et rougissent en mûrissant.

    Les verts séchés au soleil deviennent du poivre noir, fort et piquant en bouche et les grains rouges sont divisés en 2 parties.

    La première est séchée directement au soleil et produit un poivre rouge très fruité. La deuxième partie est bouillie, ce qui fait perdre sa peau aux grains et donne un poivre blanc aux arômes beaucoup plus subtils.

    Pour obtenir une telle qualité, aucun produit chimique n’est utilisé à la Sothy’s Pepper Farm. Seule la feuille de Neem fermentée aux odeurs agressives est dispersée sur les plants pour éloigner les insectes. Quant aux engrais, les plantes se nourrissent des fientes de chauve souris trouvés dans les grottes voisines ainsi que de quelques bouses de vaches séchées !

    Contrôlés régulièrement, ils jouissent du label bio EcoCert français.

    Je ne peux terminer ce récit sans évoquer les douceurs fruités qui garnissaient nos assiettes. Des centaines d’arbres fruitiers surplombaient leur terrain et donnaient pour notre plus grand bonheur des mangues, des ananas, des ramboutans, des mangoustans, des longanes et des fruits du jacquier tous aussi goûtus et charnus les uns que les autres.

    Du frais, du bio, du jardin, nos papilles ne se sont jamais rassasiés de ces petits trésors Cambodgien. Les savoureux repas de Sothy ainsi que les quelques virées au restaurant n’étaient que la cerise sur le gâteau.

    voila comment pousse un ananas

    En tout cas, chaque expérience aussi intense soit-elle arrive un jour à son terme. D’autres volontaires venaient prendre le relais, nous avons donc repris un bus direction Phnom Penh pour sauter dans un avion qui nous a mené tout droit à Kuala Lumpur.

    Mais ce sont d’autres souvenirs que j’ai hâte de vous partager.

    champ de jeune poivre de kampot

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]

    Hôte trouvé sur Workaway

    Temps de travail : 6 jours de travail par semaine. Les heures de travail peuvent être très variable mais c’est généralement 4h/jours. Même s’il nous arrivait de faire d’avantage lorsqu’il y avait énormément de touristes.

    Le travail consiste à la récolte pendant la saison, trier et conditionner le poivre et faire les tours en français voire en anglais.

    Repas : 3 repas compris avec la possibilité de manger végétarien/vegan. Sothy ainsi que son personnel cuisine pour tout le monde et les repas sont excellents.

    Logement : Vous aurez un grand bungalow dans la Nature, sans eau courante. L’électricité est fournie grâce à des panneaux solaires.

    Internet : ils ont des cartes rechargeables et le wifi est disponible la journée dans les parties communes. La connexion est tout à fait suffisante pour communiquer et surfer un peu.

    Pour plus d’informations et plus de photos, je vous invite à lire l’article de The beauty is in the walking, un couple qui a passé 2 semaines de bénévolat dans cette même ferme, peu de temps avant nous et en période de récolte du poivre.

    [/su_box]

    Alors, cette expérience vous a plu ? Vous avez des questions sur le poivre, une envie soudaine d’aller les aider ou vous bavez à l’idée de manger leurs fruits ?

    Dites-nous tous, les commentaires sont là pour ça !

  • Un volontariat inoubliable dans une ferme en Malaisie

    Un volontariat inoubliable dans une ferme en Malaisie

    Fidèles à notre fil rouge, il était hors de question de quitter la Malaisie sans avoir une expérience de volontariat à notre actif.

    À la dernière minute, il ne nous restait que très peu de choix, mais un des profils Workaway a attiré notre attention. Une ferme bio de 400 hectares qui proposait des repas végétariens, des enseignements de yoga et un refuge pour une centaine de vaches sauvées de mauvais traitements et de l’abattage.

    La ferme appartient à ISKCON (l’association internationale pour la conscience de Krishna), un mouvement religieux singulier dont je vous reparlerai bientôt.

    Il se trouve que la réalité a été bien loin de leur présentation, mais nous avons pourtant adoré notre séjour. À tel point que nous y sommes restés quasiment 2 mois.

    Arrivée au milieu des jacquiers

    Nous étions complètement isolés dans la région proche de Kuala Lumpur consacrée à la production des jacques. De gros fruits pesant entre 1 et 36 kgs, qui ont une chair sucrée, grasse et très goûtue.

    jacquier ouvert volontariat malaisie guillaume avec un gros jacquier workaway malaisie

    Malgré la chaleur, l’eau marron et des plats très épicés, je me suis tout de suite sentie à l’aise dans cet espace infini et reculé.

    volontariat ferme hare krishna lanchang malaisie

    Il a fallu un peu plus de temps à Guillaume pour s’approprier ce nouveau lieu. Il faut dire qu’Internet HS n’a pas aidé.

    C’est seuls, que nous avons commencé notre nouveau mode de vie avant que de nombreux volontaires du monde entier viennent nous rejoindre.

    La vie à la ferme

    Le logement

    Là où les travailleurs népalais sont entassés à 10 dans une pièce de 20m², nous dormions dans une énorme maison climatisée composée de quatre dortoirs dont une chambre double et agrémentée d’un distributeur d’eau chaude et fraîche.

    Ils leur arrivent aussi de loger des familles et un excès de volontaires dans d’autres petites maisons à proximité.

    maison pour les volontaires workaway malaisie

    Le travail

    Vous pouvez y venir pour une journée ou pour une durée indéterminée.

    En fonction de nos envies, les tâches peuvent être identiques ou variées. Aux alentours de 7 h 30, Bikram, le responsable des travailleurs toujours souriant, nous donnait notre travail.

    Ils demandaient un minimum de 5 heures par jour que nous organisions selon notre propre rythme.

    Les employés travaillaient jusqu’à 12h par jour, avec certes un bon salaire pour la Malaisie (320 euros environ), mais sous un soleil de plomb et des tâches physiques épuisantes. Je peux vous assurer que je respectais chacun de ces gars pour leur dur labeur.

    Concrètement la ferme est composée de champs de :  jaques, de caramboles, de goyaves, de canne à sucre avec une usine de fabrique de sucre et de jus, de gombo, de tapioca, de maïs, de potiron et un champ pour les vaches (quotidiennement lâchées dans la Nature).

    En quoi consiste les activités ? Arroser les potirons, désherber, empaqueter des goyaves ou des caramboles, ramasser les fruits, mettre de l’engrais, planter des graines, couper, installer des tuteurs en bambous, ramasser le tapioca et en faire de délicieuses chips, couper les nouvelles pousses des arbres, conduire le tracteur, aider en cuisine, nettoyer le bungalow, nettoyer l’étable des vaches et les surveiller… Vous l’aurez compris, il n’y a jamais de quoi s’ennuyer.

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    Honnêtement, le travail est plus ou moins ardu et le plus difficile reste de le faire sous la chaleur. Nous y sommes allés à une période réellement chaude, jusqu’à 45° à l’ombre et certains jours c’était épouvantable. Mais cela reste supportable : leurs valeurs positives et leurs encouragements nous permettaient de travailler à notre rythme sans stress.

    « Chacun fait du mieux qu’il peut et tout aide est appréciée »

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    En tout cas, je vous conseille de rester un minimum de 15 jours à 3 semaines, cela vous laisse le temps de vous habituer, de voir les plantations évoluées, mais aussi de pouvoir participer aux activités en dehors du temps de travail.

    Petit bémol à tout ce travail : même si effectivement certains produits sont naturels, toute la production est loin d’être bio.

    Et quand on ne travaille pas ?

    Le sanctuaire des éléphants

    C’est la seule attraction touristique du coin. Les locaux nous avaient vendus cela comme une réserve protégée d’éléphants mais les informations données étaient contradictoires. D’un côté, les éléphants étaient soient disant récupérés suite à de la maltraitance, d’un autre côté, ils avaient été chassés de leur habitat naturel suite à l’agrandissement de l’agriculture humaine. Alors qui/que croire ?

    On constate une volonté de bien faire et une entrée gratuite qui élimine tout de suite le côté business touristique. Mais les pics bien dissimulés dans les poings fermés des « dresseurs » toujours présents et souriants, les tours de cirques et les heures de bain dictées pour notre bon plaisir m’ont vraiment dérangé.

    sanctuaire des éléphants lanchang volontariat malaisie
    Qui me dira que c’est pour le bien de ce bébé éléphant ?

    La Chocho River et des invitations chez les locaux

    Nelson, un des responsables de la ferme, tenait absolument à nous faire découvrir leur mode de vie. Pour notre plus grand plaisir, il nous a emmené dans un coin connu seulement des locaux. Une petite rivière que nous avons nommée Chocho River, en hommage à mon Guillaume qui s’est vite retrouvé petit favoris de nos nouveaux amis. Chocho par-ci, Chocho par là, nous n’entendions que son nom.

    aline le monde a deux chocho river chocho river volontariat malaisie

    Bref, nous avons profité de la fraîcheur de la soirée pour prendre l’apéro accompagné d’une petite baignade, avant de finir la soirée par un excellent repas indien cuisiné par la maman de Nelson. (riz, haricot, tofu, chou… cuisinés comme eux seuls ont le secret). Un vrai délice bien évidemment dégusté avec les mains.

    repas indien volontariat ferme malaisie

    La journée s’est tellement bien passée qu’ils ont renouvelé l’expérience en nous invitant à l’anniversaire d’un de leur ami : bonne ambiance et nourriture à tomber !

    Les rencontres et les échanges

    Si ce séjour à la ferme de New Godruma Dhama a été aussi mémorable c’est surtout grâce aux rencontres et aux échanges. Tous d’abord avec les travailleurs immigrés (dont je vous parlerai plus en détail dans un prochain article) mais aussi avec tous les autres volontaires.

    Parler de tout et de rien : de spiritualité (Merci Evelien et Simon), de  véganisme (merci Serguey et Olive) et de caca et de godemiché (merci America, notre chilienne girl, pour ton humour) auront bercés nos après-midi et parfois même nos soirées.

    Pendant plusieurs semaines, ce groupe s’est construit dans une énergie positive et une belle ouverture d’esprit. Mais ce temps suspendu a finalement pris fin et nous les avons vus partir chacun à leur tour avant de sentir que notre tour venait.

    coucher de soleil dans notre volontariat en malaisie

    J’espère que ce récit vous a plu, si jamais vous vous rendez en Malaisie et que vous faites un détour par la New Godruma Farm, surtout passez-leur le bonjour de notre part !

  • Ce bénévolat à Taïwan vous ressourcera par sa simplicité et son authenticité

    Ce bénévolat à Taïwan vous ressourcera par sa simplicité et son authenticité

    Faire un périple de 500km à vélo est une expérience à part entière, mais ce n’est pas la plus optimale pour rencontrer les locaux.

    Pourtant Taïwan est un vrai coup de coeur ! Et notre passage à Luye n’y est pas pour rien.

    Le monde parfait ?

    Quelques jours de repos à Taipei ont été suffisant pour nous remettre de nos émotions et des kilomètres à vélo que nous avions dans les pattes.

    Nous étions à peine arrivés chez nos nouveaux hôtes après 8h de train, qu’ils nous ont embarqués dans une soirée.

    Après 3 mois passés à Luye, un bénévole anglais partait le jour suivant. Le héros de la soirée, ivre d’alcool et de joie, chantait et pleurait passant des uns aux autres les inondant d’amour. Il s’est approché de nous les yeux brillants et le sourire aux lèvres :

    You will love this place, people here are amazing. They are like a family now. I want to come back as soon as possible.   (Vous allez adorer cet endroit, les gens sont géniaux. Ils sont comme ma famille maintenant. Je veux revenir dès que possible).

    Pour des raisons de papiers, il devait partir, mais c’était une certitude, il reviendrait.

    Au milieu de cette euphorie, nous y avons aussi rencontré Robert, le créateur du premier Lonely Planet Taïwanais. Il est tombé amoureux de cette île et d’une de ses habitantes. Il souhaite y finir ses jours et il obtiendra ses papiers très prochainement.

    Où étions-nous arrivés ? Tant de bonheur et de simplicité ressortaient de cette soirée. Était-ce vraiment ce qui nous attendait à Luye ?

    Notre séjour nous a prouvé que oui.

    le monde a deux benevolat taiwain

    Une vie exemplaire à la ferme

    Ce petit coin de paradis se trouve dans le sud-est de Taïwan. Dans un petit village à une heure de route de Taitung, A-rong, sa femme et leurs deux garçons sont installés dans la maison de la grand-mère maternelle.

    Le père avait un rêve : cultiver bio. Lors d’une soirée bien arrosé, il s’est confié :

    Tout le monde me disait que c’était impossible, que ça ne marcherait pas et je leur ai prouvé que si

    Ils racontent qu’à une époque, ils avaient beaucoup d’argent. Vers 20 ans, ils ont eu deux enfants, car c’était la logique des choses. Puis leurs choix ont évolué.

    Maintenant, ils ne roulent plus sur l’or, mais leur vie modeste leur plait. La maman et ses deux fils sont adeptes d’une religion bouddhiste et vegans depuis plusieurs années. Le père n’adhère pas à cette philosophie mais respecte totalement leur mode de vie.

    L’harmonie et le respect qui existent dans cette famille sont beaux à observer. Ils ne courent après rien si ce n’est la simplicité et la Nature.

    Je gobe leurs paroles et me surprend à absorber leurs énergies.

    le monde a deux benevolat taiwain ananas

    Ils possèdent des plantations de thé et d’ananas et depuis peu des bananiers. Autour de Luye c’est le paysage classique, sauf que chez eux, tout est naturel et bio. C’est-à-dire qu’ils n’utilisent aucun produit chimique et aucun arrosage. Les plantes vivent avec la Nature : parfois la saison est bonne et parfois moins.

    Suite à la rencontre d’une touriste, ils ont créé un bar et un magasin/épicerie de produits bio où les gens peuvent se poser et boire une tasse de thé. Les journées sont rythmées par les touristes taïwanais qui passent en coup de vent ou qui s’installent et discutent. Les deux propriétaires les accueillent toujours avec le sourire et beaucoup de plaisir.

    Ils ont régulièrement des volontaires taïwanais et depuis peu Amine a initié l’arrivée d’étrangers. Après une expérience en Allemagne, il a vu le potentiel pratique et humain d’un tel échange et a convaincu ses parents qui ne parlent pourtant pas bien anglais, voire pas du tout pour son père.

    C’est peut-être la seule note négative de notre séjour, de n’avoir pas pu communiquer directement et plus amplement avec les parents.

    Une expérience riche en échange

    Je pourrai passer des heures à vous raconter la simplicité et la joie de vivre qui ont bercé notre quotidien pendant notre séjour à Luye. Nous n’avons jamais eu une tâche aussi répétitive et désagréable que de désherber entre les ananas et pourtant le temps filait à tout allure.

    Au milieu des montagnes et de bananiers, j’appréciais être ici.

    Yuyu, Alice et Tiffany, trois filles de Taipei, ici pour le plaisir de la Nature, ont été de vrais vecteurs de leurs cultures. De véritables bavardes qui avaient toujours le sourire aux lèvres. Addict au sucre, elles nous ont fait découvrir le plaisir des chips de patate douce. Déjà que j’étais tombée amoureuse des patates douces japonaises, mais là, elles m’ont carrément attrapée dans leurs filets !

    Au son de la musique ou de nos voix, nous prenions régulièrement des pauses où nous avions toujours quelque chose à nous raconter. Lorsque Yuyu passait du temps au café avec des clients, il n’était pas rare de la voir arriver avec un plateau, du thé, des fruits et des gâteaux.

    pause thé dans volontariat taiwan

    Les journées passées au milieu des ananas se finissaient généralement dans le magasin, autour d’un thé et d’alcool fort où chacun se dévoilait sans mystère.

    volontariat taiwain authenticite

    Amine adorait parler, du coup nous avons pu échanger à de nombreuses reprises sur leur mode de vie, sur le veganisme et sur ses choix professionnels. Il aime cette vie, il s’installera à la campagne plus tard mais il estime qu’il doit d’abord travailler en ville avant de se lancer.

    Ils nous ont emmené à plusieurs reprises découvrir les alentours. Nous avons partagé une soirée pizza au feu de bois dans un petit village d’aborigène, aperçu la piste des montgolfières où se déroule chaque année le festival et nous avons accompagné la maman dans un marché local pour les courses du jour de l’an chinois.

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    Et le travail dans tout ça ?

    Nous bossions de 8h à midi et de 14h à 17h avec des pauses régulières : une bonne journée de travail. Mais comme je vous le disais, nous ne les voyions rarement passées. Malheureusement, nous sommes arrivés à une période où le travail était monotone et pas franchement passionnant.

    Nous avons désherbé pendant tout notre séjour, sauf une fois ou deux, où nous avons empaqueté les ananas.

    champ ananas workaway taiwan

    À d’autres période de l’année, ils ramassent les ananas, les font sécher et font aussi du thé.

    Nous aurions adoré rester et découvrir toutes les autres facettes de leur travail, mais peut-être que Taïwan plantait d’autres graines en nous :

    Il faudra revenir les amis

    Quand il pleuvait tout le monde rentraient. C’était repos forcé et même pour quelques gouttes, nous étions rapatriés à la maison.

    En plus du travail quotidien, c’était régulièrement aux volontaires de faire à manger pour tout le monde. Nous ne sommes déjà pas très à l’aise lorsqu’il s’agit de cuisiner pour d’autres, mais lorsque nous nous sommes retrouvés avec des légumes inconnus à préparer pour des vegans, cela nous a semblé mission impossible.

    Les filles se sont relayées à plusieurs reprises pour nous aider et nous avons appris dans la bonne humeur à cuisiner le tofu et les légumes asiatiques.

    le monde a deux cuisine bénévolat taiwain

    C’est dans cette ambiance sereine que j’ai pu me ressourcer, me questionner sur mon alimentation, lire, faire du yoga quotidiennement et repartir plus forte que jamais.

    Je ne peux que vous conseiller d’aller à Taïwan pour toutes ses merveilles et encore plus d’aller aider cette famille pour l’unique plaisir de côtoyer leur vie.

    Et vous, quelle est la dernière fois que vous avez ressenti ce sentiment de bonheur simple ?

  • Une expérience mitigée dans un volontariat au Japon

    Une expérience mitigée dans un volontariat au Japon

    Je ne vous le cache pas, notre séjour de 2 semaines dans un restaurant au Japon a été notre première déception de volontariat. Non pas que l’endroit n’en vaille pas la peine, bien au contraire. Il est apprécié d’un bon nombre de voyageurs, vous trouverez d’ailleurs ici l’expérience très positive de Ryan du blog le sac à dos, à peine quelques semaines avant notre venue.

    Mais il s’est avéré que cela ne correspondait pas à nos attentes.

    Justement, peut-être trop d’attentes ?

    Justement, je crois qu’une des premières raisons pour lesquelles nous avons été déçus, c’est que nous avions énormément d’attentes dans ce volontariat là.

    Dès le mois de septembre, depuis Oulan-Bator, nous avions repéré leur profil et nous étions super excités à l’idée de les rencontrer. Il faisait tout simplement partie des incontournables de notre trajet. Quand les hôtes nous ont répondu qu’ils ne pouvaient pas nous accueillir aux dates proposées, nous n’avons pas réfléchi longtemps avant de décaler notre voyage d’un mois et demi pour nous rendre chez eux.

    Kasu et Isao, sont deux frères qui tiennent un restaurant occidental et une guesthouse en pleine campagne japonaise. Ils cherchent alors des volontaires pour les aider au quotidien.

    À la vue vue des photos, nous étions persuadés pouvoir plonger dans un univers local et acquérir quelques compétences de serveur ou d’aide en cuisine.

    Mais la réalité fût bien différente

    Je ne dénigre pas l’endroit et je ne cherche pas à vous démotiver loin de là. Je m’attarderai plus bas sur tous les bénéfices que nous avons eu pendant nos 15 jours. Mais de nombreux points noirs sont venus assombrir notre séjour et le temps nous a paru très/trop long.

    Nous étions venus chercher un peu d’authenticité dans une atmosphère locale, mais nous sommes tombés sur un repère de voyageurs qui passent beaucoup de temps à manger, à boire et à s’amuser. Il y a pire nous répondrez-vous? J’en conviens aisément. Seulement ça ne collait pas à nos envies. En général lorsque nous choisissons un volontariat, l’idée c’est de nous sentir utile sans être exploités non plus. Ici, on se demandait pourquoi on était là. Pour remplir une maison trop vide ou peut-être pour tenir compagnie à nos hôtes ?

    Il faut dire qu’il y avait en moyenne une dizaine de volontaires pour un travail assez aléatoire qui nécessitaient selon nous au maximum 4 ou 5 personnes. Du coup, cela donnait des situations assez cocasses voire parfois dérangeantes. Il nous est arrivé de finir le travail demandé en 1h et de nous faire réprimander car nous étions tous posés dans la salle commune à « ne rien faire ».

    Nous avions de super bungalows pour 2 personnes, mais pour diminuer la consommation d’essence, Isao nous demandait de ne pas utiliser le chauffage dans la journée (ce que nous comprenons complètement). Le problème c’est que les lieux ne sont pas adaptés à un si grand nombre de voyageurs. Nous étions restreints dans la salle commune chauffée par un petit poêle, les grands n’étant allumés que pour les clients. Et cela, quand nous avions accès à la salle ! Lorsque des clients se restauraient, nous étions dans le froid d’une maison non isolée et non chauffée.

    Même le chien cherchait la chaleur autour du seul poêle de la pièce. On ferait grève pour moins que ça dans une entreprise française 🙂

    Tout cela n’est qu’une expérience hivernale et cela mérite d’y jeter un coup d’oeil en été.

    chien qui a froid au japon
    Même le chien cherche un peu de chaleur

    Mesdames, si vous venez dans les volontariats dans l’espoir d’y rencontrer un compagnon, ce n’est pas à Yumesaki-tei que vous trouverez votre bonheur. Ils prennent en priorité des filles et un seul homme leur suffit pour les travaux physiques. Guillaume s’est retrouvé seul durant quasiment tout notre séjour.

    Sous leur sourires enjôleurs se cachent un caractère quelques peu sexiste : Guillaume n’avait pas à faire les « roulements », qui étaient pourtant le seul travail demandé au quotidien. C’était pourtant le premier levé pour tous les petits-déjeuner.

    guillaume volontariat japon

    Leur profil annonce maintenant la couleur « nous pouvons avoir un manque d’organisation et nous attendons que les volontaires prennent des initiatives à tout moment », (phrase non indiquée à l’époque).

    En tout cas, c’était une réalité. Malgré une volonté évidente de bien faire et les initiatives, le nombre de volontaires et le manque de leader ne permettait pas un travail des plus efficace. Certains jours, nous ne « s’avions pas quoi faire » et le lendemain un des frères nous tombait dessus pour faire le grand ménage…

    J’ai l’impression de peindre un tableau très noir mais comme dans toute expérience, il y avait aussi du bon.

    Les bons côtés

    Toute expérience de volontariat demande une bonne dose d’adaptation et ce n’est pas celle là qui allait faire chuter la nôtre.

    Dans le froid et le bordel, nous avons vécu d’excellents moments. Isao et Kasu sont plus qu’heureux de nous accueillir et trouvent toujours du temps à partager avec nous. Kasu est un grand rêveur, pas vraiment fait pour donner des ordres. Du coup, il aime les gens de passage, il aime leurs histoires et il AIME nous faire à manger.

    De la nourriture à volonté

    C’est un des endroits où nous avons le mieux manger, même si très occidentalisée, la nourriture est juste excellente. À tel point qu’on a pris au moins 5-6kgs chacun. La table était toujours remplie et nos assiettes aussi. Nous avions le droit à des desserts à longueur de temps : smothies, pancake/crèpes au petit-déjeuner, gâteau au chocolat, à la banane et j’en passe…

    petit dejeuner volontariat japon

    Avec l’aide de Kasu, Guillaume est devenu le maître des Okonomiaki. Nous en avons fait une overdose 🙂

    guillaume et kazu maitre des okonomiaki volontariat restaurant japon

    De belles rencontres

    Tous ces repas, nous les avons partagés avec des gens incroyables, des voyageurs de longues dates, des jeunes en P.V.T et des travailleurs. Nous ne manquions pas de temps et nous l’avons comblé par de nombreuses discussions tous assis sur la couverture chauffante. C’est là que j’ai eu mes premiers questionnements sur le végétarisme.

    repas couverture chauffante japon hiver

    Une séance photo en Kimono

    Tout cela dans un cadre juste fabuleux, le jardin zen est représentatif du Japon et la maison est superbe. Kasu nous a fait la belle surprise de nous sortir de somptueux kimonos en me disant « prend des photos, tu les mettras sur ton blog ». C’est chose faite 😉

    aline kimono volontariat japon

    Une rencontre avec Tom Cruise (ou pas…) dans le temple du dernier Samouraï

    Dans les montagnes avoisinantes, ils ont tourné le film le dernier samouraï, joué à l’écran par Tom Cruise. Nous avons donc passé une journée en compagnie d’autres volontaires dans les montagnes pour aller visiter les temples.

    trek montagne shosha volontariat japontemple dernier samourai shosha volontariat japon

    Un Onsen pour les pieds

    Dans mon dernier article sur Osaka, je vous parlais des Onsens. Mais sachez que si comme nous, vous êtes un peu réticent, il existe des Onsens juste pour les pieds et c’est gratuit !

    onsen des pieds japon

    Nous en attendions tout simplement trop …

    En relisant cet article, je réalise que Yumesaki-tei nous a finalement beaucoup apporté. C’était plus une atmosphère globale et pesante dans laquelle nous ne nous sentions pas à l’aise qui nous a laissé cette sensation mitigée. Cela prouve que chaque expérience est unique et même si de nombreuses personnes aiment un endroit cela ne voudra pas dire qu’il sera sensationnel à vos yeux.

    Et puis sans eux, nous n’aurions pas chamboulé tous nos plans, nous ne serions jamais allés à la ferme en Chine, nous n’aurions pas retardé notre trajet et j’imagine que nous ne serions pas allé à Taïwan non plus. Alors l’un dans l’autre, on les remercie pour tout !

  • Workaway Japon : travailler dans une maison traditionnelle

    Workaway Japon : travailler dans une maison traditionnelle

    Le Japon : un rêve de longue date qui se réalise !

    Propulsée dans un manga, je suis au pays du soleil levant. À moi les kimonos lumineux et les sushis. À moi les futons et les temples … À moi tous les stéréotypes et les idées reçues… Car finalement, je réalise que je ne connais vraiment rien du Japon. Je débarque, insouciante, avec l’idée d’une culture très forte et l’envie folle de la découvrir.

    Et pour ça, quoi de mieux que de se lancer dans un nouveau workaway : vivre et travailler dans une maison traditionnelle avec des locaux ?

    Projetés dans un autre univers

    Nous arrivons par un soir froid d’automne à l’aéroport d’Osaka, perdus comme des novices dans cet océan d’informations codées.

    Les phrases chantées, les courbettes à l’entrée des magasins, les sourires et les gestuelles forcées me font l’effet d’un univers stéréotypé et surréaliste.

    Nous sommes attendus dès le lendemain par nos futurs hôtes et avertis du prix du logement nous cherchons un endroit isolé dans la gare pour passer la nuit. Nous finirons par errer une bonne partie de la nuit, chassés de la gare qui ferme ses portes à la tombée du jour…

    Mais pas abattus par un si petit incident, nous nous retrouvons quelques heures et un train plus tard à Ayabe, petite ville à 72km de Kyoto qui ne doit pas voir passer beaucoup de backpackers. Nous faisons face à des visages locaux souriants et chaleureux malgré leur impossibilité à communiquer en anglais.

    Quel accueil et quelle bienveillance ! L’employé de gare nous conduit jusqu’à un magasin puis nous confie à une nouvelle personne. Celui-ci nous sort une carte et nous explique que nous devons prendre 2 bus et il nous accompagne jusqu’à l’arrêt. Nous le voyons discuter avec un vieux monsieur qui attend lui aussi son bus et comprenons que c’est notre nouveau mentor. Sans trop réfléchir en s’en remet à lui. Nous discutons dans un anglais très précaire jusqu’au terminal du bus où il nous embarque dans sa voiture pour nous déposer à notre point d’arrivée. C’est avec pleins de remerciements et de sourires que nous le quittons, enchantés d’un tel accueil dans ce nouveau pays.

    Malgré la fatigue, nous profitons du paysage avant de frapper à la porte de Yoshimizu, notre nouvelle résidence pour les deux semaines à venir.

    ayabe workaway japon

    La maison d’hôte : notre nouveau lieu de résidence

    C’est Fumiaki qui nous ouvre sa porte et nous conduit assez rapidement dans notre chambre.

    Je n’en reviens pas, je suis dans un film. Le sol est recouvert de tatamis, les portes et les fenêtres sont en papier japonais, la vue donne sur le jardin aux couleurs automnales et une table basse orne le centre de la pièce accompagnée de 2 sièges à ras le sol.

    Je ne vois aucun lit (inculte que je suis…), mais épuisée, cela ne m’empêche pas de me poser au sol et de m’endormir en quelques secondes. Ce n’est que le soir que notre hôte nous sortira les futons et les couvertures pour nous installer plus confortablement. Et croyez-moi ou non, je n’ai jamais aussi bien dormi qu’à cet endroit là.

    Yoshimizu est une maison traditionnelle vieille de 200 ans, ce qui n’est pas chose commune au Japon. Les Japonais aiment les bâtiments neufs construits à leur image, ils détruisent facilement pour reconstruire à leur goût.

    Cette belle bâtisse contient :

    • 4 chambres d’hôtes
    • 2 Irori, type de foyer traditionnel japonais, trou où l’on fait le feu à l’intérieur de la maison
    • un kamado traditionnel qui permet de cuisiner du riz au feu de bois
    • un bain en pierre japonais (l’eau est chauffée par un dispositif de chauffage au bois, il faut s’y prendre 4-5h avant)

    Dans les maisons traditionnelles, les pièces japonaises sont épurées et les murs sont des parois amovibles. Les espaces peuvent donc servir à toutes les fonctions : chambre, bureau, salle de jeu, salle de réception. Du coup, pas de structure de lit tel qu’on les connait, on agence et on range en fonction des besoins.

    workaway japon iori kamado chambre bain

    fumiaki et anna workaway japonLa maison d’hôte est tenue par Fumiaki, japonais d’origine et sa femme Anna qui est anglaise. Tous les deux ont 3 enfants : Sora, Ayame et Shiori. La maison alterne des moments de calme profond et des moments de vie familiaux 🙂

    Ils proposent un cadre traditionnel japonais dans la nature, avec des produits locaux, un petit-déjeuner et un diner typiquement japonais auquel ils vous invitent à participer.

    Si cela rentre dans votre budget, je ne peux que vous conseiller d’aller vous perdre dans la campagne japonaise le temps d’un week-end.

    Notre travail et la vie à Yoshimizu

    Le travail à Yoshimizu est l’un des plus simples que nous avons eu à effectuer. Nous travaillions environ 4-5 heures par jour et la seule contrainte était de rester disponible quasiment toute la journée.

    L’amplitude horaire varie d’une journée à l’autre mais peut aller de 8h à minuit. Les jours de repos sont donnés en fonction de la présence des clients. Mais c’est toujours environ deux par semaine.

    Je vous préviens d’avance si vous vous rendez là-bas en plein hiver, il y fait vraiment froid. Les chambres sont chauffées au gaz et donc les radiateurs ne peuvent être allumés en permanence. Dès qu’on sort de la pièce on éteint et l’isolation étant inexistante la chaleur ne reste pas. Du coup, la maison est toujours froide et il faut du temps pour réchauffer les pièces où vous vivez.

    Entretien de la maison

    Le matin consiste à faire le ménage : passer l’aspirateur, laver les vitres, laver les toilettes et le bain, nettoyer les irori et préparer les chambres pour les nouveaux clients. Les chambres sont tellement épurées que le ménage n’a jamais été aussi simple.

    notre travail workaway japon

    Le soir c’est aide à la préparation du diner et vaisselle, beaucoup de vaisselle. Mais quand il fait super froid, on est bien content de laisser les mains sous l’eau chaude.

    La plupart du temps nous discutions et mangions avec les invités qui pour la plupart étaient des étrangers, mais pas toujours. Au menu : cuisson au grill ou nabet (sorte de fondue light), les ingrédients étaient régulièrement les mêmes : tofu, chou chinois, champignons, radis blanc, patate douce, poisson ou poulet, parfois des sashimis frais du matin et bien sur du riz brun de qualité.

    Nous avons rarement aussi bien mangé, c’était un vrai régal tous les soirs.

    irori workaway japon

    Entretien du jardin

    Ramasser et couper du bois, ranger la remise de bois, dégager les feuilles de la rivière.

    couleur automne workaway japon

    En hiver on déblaye aussi la neige ou on joue comme des gosses (au choix). Guillaume a connu sa première grosse neige.

    guillaume le monde a deux et la neige workaway japon

    Baby sitting

    Ce n’est pas du baby sitting à proprement dit car les parents sont toujours présents et Anna est très proche de ses enfants. Les deux grands ont déjà des forts caractères et sont bourrés d’imagination. Ils savent occuper leur temps. Quand à la petite, il nous a fallu du temps avant qu’elle nous apprivoise et qu’elle accepte de rester seule avec nous 🙂

    L’idée c’est donc de garder un oeil sur eux quand nécessaire et jouer avec eux.

    Le reste du temps est libre.

    Et quand on ne travaille pas, on fait quoi ?

    Perdue dans la campagne japonaise, j’en ai passé des heures à observer le paysage changé. Posée sur le rebord de la fenêtre, je regardais les couleurs de l’automne passer d’un rouge vif à des oranges. Puis peu à peu la nature a endossé son manteau blanc d’hiver.

    aline le monde a deux chambre workaway japanyoshimizu workaway japon hiverMalgré tous les charmes de notre maison, nous avons quand même poussé notre curiosité au-delà de ses murs. Plusieurs chemins de randonnées commencent juste derrière.

    randonnee foret ayabe workaway japon

    Et en partant de l’autre côté, on prend la direction d’un charmant temple, certes pas classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais tout aussi authentique.

    temple ayabe workaway japan

    Nous n’en avons pas fait l’expérience, mais il y a un Onsen accessible à pied depuis la maison. C’est un endroit très prisé des Japonais et il reste un incontournable pour ceux qui s’intéressent à la culture nippone.

    Petit bonus : plaisirs sucrés occidentaux

    Cela reste très personnel, mais nous avions accès à la cuisine et nous en avons bien profité pour entrainer nos talents de pâtissier. 

    Pain, brioche, tarte au citron meringuée, mousse au chocolat et notre dessert fétiche pour l’anniversaire de Guillaume. Que du bonheur.

    patisserie le monde a deux workawat japon

    Nous avons tellement aimé nos 15 jours là-bas que nous avons demandé à revenir pour la fin d’année. Pour notre plus grand plaisir ils ont accepté et nous avons passé de magnifiques fêtes dans un mélange d’occident et de traditions japonaises.

    Je ne sais pas si Yoshimizu prend toujours des volontaires à l’heure actuelle, car nous savons qu’elle est maintenant gérée par d’autres hôtes.

    Mais le lieu et notre expérience restent intacte et nous ont vraiment donné un avant-goût d’une vie japonaise à la campagne.

    Alors, convaincu par une expérience Workaway au Japon ?

    Source photo

    Airbnb
    Trip Advisor