Le monde à deux

Catégorie : Mongolie

La Mongolie … Nous n’avons vu que le Nord de ce pays et pourtant nous en sommes tombés amoureux. Nous savons que nous y retournerons un jour tellement il y a de belles choses à y faire et à y voir. Reste à définir quand 🙂 Retrouvez ici notre expérience dans ce magnifique pays.

  • Visa Mongolie : Enregistrement et extension

    Visa Mongolie : Enregistrement et extension

    Depuis le 9 juillet 2014, le visa pour la Mongolie est gratuit pour 30 jours pour les Français et une liste de pays que vous pourrez trouver sur ce site.

    30 jours c’est déjà bien, mais si comme nous vous souhaitez prolonger votre séjour dans ce pays aux nombreux aspects, voici les étapes à suivre. Pas de panique rien de compliqué, seulement quelques informations à connaitre pour gagner du temps et de l’énergie.

    Il faudra tout d’abord vous enregistrer dans les 7 jours après votre arrivée (étape non obligatoire si vous restez moins de 30 jours). Une formalité qui se fera au même endroit que votre demande d’extension de visa, c’est-à-dire au Bureau de l’immigration, des naturalisations et des étrangers (OINFC) ouvert du lundi au vendredi de 9h-13h et 14h-18h.

    Où se rendre et comment y aller ?

    L’OINFC est en dehors de la ville à environ 15 km, proche de l’aéroport, pour éviter un aller-retour inutile, rendez-vous y dès votre arrivée dans le pays si votre entrée dans le pays se fait par les airs.

    Depuis le centre d’Oulan-Bator :

    state department store oulanbatorIl vous faudra prendre le bus n°11, (un des arrêt se trouve à côté du State Department Store, voir sur la carte) qui va jusqu’au grand stade, environ 30-40min pour la modique somme de 500 tugriks. Attendez vous à sortir de la ville et à arpenter des chemins caillouteux et pleins de nid de poule dans un bus plein à craquer.

     

    Descendez du bus lorsque vous arrivez à un grand rond point avec une station essence et le stadeprolonger visa mongolie station essence

    Une fois sorti du bus, vous allez vous retrouver devant une station service, dirigez vous sur la droite et avancer jusqu’à l’entrée qui se trouvera sur votre gauche.bureau immigration enregistrement prolongation visa mongolie

    Une fois à l’intérieur dirigez vous dans la pièce de droite (la partie de gauche correspond à l’espace de paiement).

    Papiers à fournir

    L’administration mongole n’est vraiment pas regardante, mais il vous faudra quand même un minimum de papier à apporter avec vous :

    • Une photo d’identité (la colle sera à disposition)
    • Une photocopie du passeport ainsi qu’une photocopie de la page avec le visa mongol (nous avions fait notre photocopie à l’office du tourisme qui avait gentiment accepté de nous les faire gratuitement mais ils pourront vous les faire sur place). La plupart des auberges de jeunesse acceptent de vous faire aussi les photocopies gratuitement.
    • L’adresse et le numéro de téléphone du lieu de votre résidence (guest house, hotel…)
    • Une lettre comprenant les raisons pour lesquelles vous souhaitez prolonger votre visa et le temps d’extension. Nous n’avons écrit que deux lignes à l’arrière de la feuille sur laquelle ils nous ont fait la photocopie. Inscrivez simplement que vous souhaitez prolonger votre visa de (x) jours, pour raison touristique (en français).

    Quelle prolongation ?

    Pour une durée de 7 jours à 1 mois vous n’aurez aucune difficulté. Pour une prolongation supérieure à 30 jours, cela sera plus compliqué, vous aurez besoin d’une lettre d’invitation d’un garant.

    Notez que vous ne pourrez étendre votre visa qu’une seule fois.

    Prolonger son visa en Mongolie : étape par étape

    La première chose à faire est de demander un formulaire pour votre enregistrement ensuite il vous faudra le remplir sans trop vous prendre la tête, rien de bien compliqué dans les questions posées et de plus, ils regardent à peine. On sent vraiment une volonté d’ouvrir le pays au tourisme.

    Ensuite on nous a demandé de prendre un ticket. Mais nous n’avons pas vraiment compris pourquoi… Visiblement, cela ne sert pas à grand chose, les notions de files d’attente n’existe pas … c’est à nous de nous imposer et à faire attention de ne pas se faire devancer.

    Ils ne parlaient pas anglais, mais vous trouverez toujours quelqu’un pour communiquer. Nous sommes même tombées sur une employée qui parlait français.

    Une fois toutes les formalités remplies, on vous enverra payer de l’autre côté du couloir.

    Puis il vous faudra revenir au même endroit où vous obtiendrez le tampon de votre extension de visa.

    En pleine saison touristique cela nous a pris qu’une heure environ (ce qui reste très correcte) et vous ressortirez directement avec votre extension le jour même.

    Tarif

    Il vous en coûtera 22 euros pour 15 jours ou 40 euros pour 1 mois. Vous pourrez payer cash ou en carte de crédit.

    Honnêtement, la Mongolie nous a donné l’impression de vouloir s’ouvrir aux touristes, l’extension du visa n’est donc qu’une formalité parmi tant d’autres. Donc, ne vous refusez pas quelques jours supplémentaires dans ce pays encore sauvage qui a tant à offrir.

     

  • Visa Chine en Mongolie : Du faux pour de vrais papiers

    Visa Chine en Mongolie : Du faux pour de vrais papiers

    L’obtention des visas est loin d’être la partie la plus agréable d’un voyage au long court, pourtant nécessaire, elle vous oblige à faire des recherches, à vous immobiliser dans une ville plusieurs jours et à suivre les rails illogiques de l’administration. Le visa chinois nous a donné quelques sueurs froides, mais à tord.

    Au final, il faut suivre les règles imposées et les astuces camouflées pour les détourner. Nous vous donnons ici toutes les informations officielles et officieuses pour passer cette étape sans vous prendre la tête.

    (visa obtenu en aout 2014)

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#5eb95e »]

    Adresse de l’ambassadeCPO Box 672 Zaluuchuudyn Urgun Chuluu 5 Ulaanbaatar Mongolie

    Sitehttp://mn.china-embassy.org/eng/

    Vous trouverez toutes les informations officielles concernant le visa tourisme ici.

    Ouverture : Lundi – Mercredi – Vendredi de 9h à 12h pour déposer les dossiers et de 16h à 17h pour récupérer les visas.

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    Au mois d’aout, les étudiants vont en masse faire leur demande de visa, on nous avait donc conseillé d’y aller très très tôt.file d'attente a l ambassade de chine pour le visa

    Nous étions donc à l’ambassade à 6h du matin fiers de nous, vu qu’il y avait déjà la queue. Mais finalement pour rien du tout… 30 à 45 min avec l’ouverture, ils ont fait une deuxième file pour les étrangers et nous nous sommes faits doubler… Bref, venez en avance, mais pas trop tôt non plus et demandez la bonne file.
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    Quels types de visa

    Il existe plusieurs types de visa tourisme, il vous faudra déterminer la durée de votre visa et le nombre d’entrée sur le territoire. Sachant que plus vous demandez longtemps et avec un nombre d’entrée important, plus ils seront regardant.

    Nous avons fait le choix de demander un visa d’un mois avec simple entrée pour ne pas prendre le risque d’être refusé. C’est ce que font la plupart des voyageurs.

    Mais tout est tout à fait possible, il vous suffira seulement de remplir toutes les conditions.

    Et puis sachez qu’il est tout à fait possible de prolonger son visa une fois sur place très facilement.

    Documents à fournir

    La liste de document officiel est assez conséquente mais nous avons croisé plusieurs personnes dans la file d’attente qui avait plus ou moins tous les papiers et ils ont tous obtenu leur visa, nous les premiers !

    1/ Passeport + la photocopie de votre passeport avec votre visa mongol

    Jusque là, rien d’inhabituel et de compliqué ! La plupart des auberges pourront vous les faire gratuitement.

    2/ Photo d’identité

    Au format 4,5 x 3,5 cm, à coller sur le formulaire.

    3/ Formulaire

    Vous pouvez le télécharger à cette adresse.

    Ou « simplement » vous rendre à la porte de l’ambassade. Nous sommes arrivés un après-midi et un agent en distribuaient.

    Enfin, il faut dire qu’à notre passage, la rue où donne l’entrée principale était en travaux,  du coup nous passions par une porte sur le côté. Cela devait pas mal changer la donne.

    Bref, ils vous demanderont :

    • le nom et l’adresse de votre hôtel
    • le nom et l’adresse de celui qui vous a fait l’invitation (normalement vous avez tout sur votre lettre d’invitation que nous verrons plus tard)
    • un itinéraire précis de votre parcours en Chine… pour anecdote : nous nous sommes plantés sans faire attention. Notre billet de sortie partait de Shanghai, mais nous avons mis notre hotel dans une autre ville, il nous était physiquement impossible d’être à Shanghai pour le départ : et devinez quoi c’est encore passé comme une lettre à la poste. Mais conseil, simplifiez vous la vie, donnez les grandes étapes, ils ne vont pas tout regarder.
    • Nom, prénom de 5 personnes de votre famille (nous n’en avons fourni que 3-4)

    4/ Lettre d’invitation + photocopie de la pièce d’identité de l’hôte en Chine

    Sois disant écrite à la main et envoyée depuis la Chine…

    Mouai, premier faux papier… Nous avons payé 10$ pour obtenir une invitation. C’est la gérante de l’auberge chez qui nous étions qui nous a donné un contact.

    Le gars est venu à l’heure avec nos deux invitations imprimées et avec chacune une erreur dans nos 2 noms. Il a eu le culot de sous-entendre que c’est nous qui nous étions trompés, heureusement le texto a prouvé notre bonne foi. Mais pas décontenancé, il a rayé les erreurs et les a corrigées aux stylos tout content, nous disant qu’il n’y aurait aucun problème… Pas rassurés, nous n’avions pas vraiment le choix.
    Et devinez quoi? C’est passé tout seul !

    D’autres voyageurs ont tout simplement « photoshopé » une invitation fournie par d’autres voyageurs et c’est passé tout seul aussi. Donc pensez à demander autour de vous, certains auront peut-être une invitation à vous donner. Nous avions TOUS la même : Leo Hostel.

    5/ Réservation d’un hôtel en Chine

    1er cas : Vous avez pour habitude de tout prévoir et de tout réserver à l’avance, dans ce cas cela ne sera pas un problème pour vous

    2e cas : Vous ne savez absolument pas quel sera votre trajet et votre destination d’arrivée en Chine, il vous reste la solution de réserver sur des sites comme Booking qui ne vous demande pas d’acompte. Une fois votre visa obtenu, vous pourrez annuler votre réservation. Nous avons croisé un voyageur qui a fait une fausse réservation d’un mois à Pékin qu’il a annulé après l’obtention de son visa.

    3e cas : Il est fort probable que vous ayez une votre fausse réservation d’hôtel comprise avec votre fausse lettre d’invitation.

    6/ Billet d’entrée et de sortie du territoire

    Deuxième faux papier. Nous n’étions même pas rentrés sur le territoire qu’il fallait déjà envisager la date de départ, c’était impensable pour nous et j’imagine comme beaucoup d’entre vous.

    Mais là encore pas de panique, il existe des agences de voyages : les Air Market qui vous fourniront la réservation d’un billet d’entrée et de sortie du territoire gratuitement.air market pour visa chinois en mongolie

    Il suffit de vous rendre dans une des agences (vous en trouverez partout en ville), vous demandez : « chinese visa »et ils vous fourniront un billet aller-retour aux dates voulues et aux destinations voulues et tout ça je le répète pour pas un sou et en 10min chrono.

    On n’y croyait pas vraiment, mais ça fonctionne, on vous le promet !

    7/ Photocopie de votre compte bancaire et/ou attestation d’assurance

    L’attestation d’assurance doit être valable sur toute la durée de votre séjour

    Nous n’avions que notre photocopie de compte bancaire et d’autres n’avaient que leur attestation d’assurance, nous avons tous eu notre visa sans problème.

    Comprendre son visavisa chine a oulanbator en mongolie
    Votre visa est valable 90 jours après la date d’émission.

    Exemple sur la photo : nous avons demandé notre visa en août. Nous avons donc jusqu’au 13 novembre pour arriver en Chine (90 jours).
    Une fois sur le territoire, nous avions 30 jours sur le territoire et une entrée simple.

    Tarifs et délais

    Il vous coûtera 30$ pour un visa simple entrée et 60$ pour un visa double entrée à Oulan Bator.

    Délai normal : il faudra compter 4-5 jours ouvrables pour obtenir votre visa, c’est-à-dire une semaine complète.

    Délai express : pour 20$ de plus, vous pourrez l’obtenir  en 2-3 jours ouvrables.

    Délai rush : pour 30$ de plus, vous pourrez l’obtenir le jour même. Vous déposez le dossier le matin et vous le récupérez vers 16h.

    Conseils :

    Plus vous demandez un visa long ou à entrée multiple plus je vous conseille de faire un dossier propre (soyez clairs sur les dates etc…) et rempli (attestation + compte en banque…). Vous mettrez toutes les chances de votre côté.

    Dernière chose : soyez naturels, avec leur regard froid vous n’êtes qu’un numéro parmi tant d’autres à leurs yeux. Du coup, n’en faites pas trop, nous avons vu un Américain en faire des tonnes, alors je me doute que son premier dossier ne devait pas être complet, mais la deuxième fois, nous sommes convaincus que son comportement n’y était pas pour rien à son deuxième refus.

    Au final, nous avons eu le sentiment que c’était beaucoup de stress pour RIEN. J’enfonce des portes ouvertes, mais il suffit de suivre les consignes et d’accepter que la moitié de votre dossier peut être faux, que tout le monde le sait et que ça passe.

    Donc on prend juste le temps de préparer son dossier, on fait ça méthodiquement et ça passera tout seul.

    S’il y a eu des changements depuis notre obtention de visa, merci de nous en informer par commentaire 🙂

  • La Mongolie : Pays de fierté et de liberté

    La Mongolie : Pays de fierté et de liberté

    La Mongolie… ce pays qui fait souvent rêver.

    Il fait trois fois la superficie de la France, mais est bien moins peuplé. Les reportages télé nous le décrive encore authentique avec ses chevaux sauvages, ses yourtes, ses steppes à perte de vue et l’hospitalité des locaux. Derrière ce tableau idyllique se trouve une réalité parfois dure et impitoyable. Des bidonvilles d’Oulan-Bator à la vie nomade, il y a des écarts indescriptibles. Un quotidien difficile dans lequel nous avons accepté de nous immerger pour en comprendre les prémices.

    Je parlerai surtout de la vie que nous avons expérimentée dans un ranch, à la campagne, loin d’Oulan-Bator, qui a fait que la Mongolie nous a marqué à jamais.

    Avez-vous vu le reportage de Rendez-vous en terre inconnue avec Bruno Solo ? Batbayar, leur hôte intraitable, leur a mené la vie dure, mais ils ont pourtant réussi à créer une belle relation amicale. Ces images nous ont replongées dans notre propre expérience et elles donnent une idée de ce que nous avons vécu au ranch.

    La liberté et la fierté des mongols font de ces gens un monde à part entière dans lequel on choisit de se plier aux règles pour en apprécier toute l’intensité.

    La fierté

    Leur dose de travail quotidien ferait frémir plus d’un Français, de 6 heures du matin jusqu’à 6 heures du soir (parfois même plus), les journées s’enchaînent en accumulant les tâches. Malgré des jambes douloureuses et souvent déformés par l’ostéoporose (une conséquence d’un régime constitué principalement de protéines animales et d’un manque de légumes), ils sont debouts et vaillants face à l’eau qu’il faut récupérer tous les jours, face à leur troupeau qu’il faut réunir et protéger, face à la famille dont il faut prendre soin et face aux imprévus incessants.

    Une enfant de 12 ans monte à cheval comme si c’était une continuité de son corps, sait cuisiner, traire, chasser, faire du feu. Là où un enfant de chez nous serait désemparé, elle pourrait survivre en pleine nature. Cette même jeune fille peut passer de la femme à l’enfant en une fraction de seconde, nous donner des ordres sans un regard le matin même puis se mettre à jouer innocemment avec nous l’après-midi.

    la liberte en mongolie

    On nous en demandait tellement, qu’il nous a été difficile de comprendre ce qu’on attendait de nous. Mais finalement ça nous a paru comme une évidence : la vie c’est comme ça. Pourquoi nous demanderaient ils moins que ce qu’ils leur paraient évident ? La plupart ne savent même pas ce qu’est un jour de congés.

    Ici on vit pour travailler, là où nous, occidentaux, travaillons pour vivre.

    Pas affaiblis par un travail de titan, ils sont fiers et ils ont de quoi être fiers. Fiers de la besogne qu’ils accomplissent tous les jours, fiers de la nature qu’ils ont sous les yeux, fiers de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font. Parmi toutes les personnes que nous avons croisées, elles avaient toutes cette flamme dans les yeux et cette passion dans la voix en nous racontant leur histoire.

    pompier mongolie fier de son paysQue ce soit une guide locale rencontrée par l’intermédiaire d’une amie, qui ne s’arrêtait pas de parler de l’histoire de son pays juste pour le plaisir de partager gratuitement. Que ce soit un voyageur dans le train qui nous raconte qu’il est pompier et nous montre les voyages en Mongolie qu’il a fait. Que ce soit nos hôtes au ranch, qui clament haut et fort tout ce qu’ils ont construit de leurs propres mains. Que ce soit la cuisinière qui nous fait goûter avec un immense sourire, les conserves qu’elle a mis des heures à préparer il y a quelques semaines.

    Ils aiment leur pays et leur fierté ressort dans leur sourire et leur bonne humeur.

    La liberté

    aline guillaume lemondeadeux mongolie

    La deuxième chose qui nous a le plus marqué en Mongolie, c’est la sensation de liberté que nous avons ressenti. Il suffit de voir les chevaux galopant dans les steppes, de voir les animaux sans enclos et les yourtes parfois posés au milieu de nulle part. Tellement libre, qu’ils font ce qu’ils veulent, guidé par le travail qui leur permet de vivre. Il n’y a pas de notion de retard, même arriver le jour d’après n’est pas grave, le principal étant d’arriver.

    Loin de la vie urbaine, on vit au rythme des bêtes et de la nature, on se lève avec le soleil, on se couche avec lui, quelques nouvelles du monde par-ci par-là n’influencent pas le quotidien : ici c’est ailleurs, une bulle de Nature dans laquelle on vit en harmonie.

    Pas besoin de paperasse ou d’autorisation, une fois qu’on a son terrain, on fait ce qu’on veut. On construit, on détruit, on plante ou on élève. Animiste, ils respectent la terre qui nourrit leur bétail et leur fournit l’eau.

    Le sang nomade coule dans leur veine, même ceux qui ont quitté les plaines. Cette liberté d’aller et venir existent aussi en ville : ils ont pour habitude de déménager tous les 10 ans environ. Pour les nomades, la yourte est adaptée à ce type de vie, elle est démontable en 10min.

    Le bétail est en total liberté de mouvement, c’est l’homme qui s’adapte à ses bêtes. Elles vagabondent nuit et jour et c’est à l’aide d’une longue-vue que l’homme les cherchent pour ensuite les rapatrier. Il parcourt parfois des dizaines de kilomètres pour récupérer une de leur bête.

    Les chevaux quasi aussi nombreux que les hommes sont quant à eux semi-sauvage, ils sont montés de temps en temps pour éviter qu’ils ne retombent complètement à l’état sauvage. Leur mouvement de tête incessants donnent l’illusion que même montés ils n’en font qu’à leur tête.

    chevaux sauvages mongolie

    Cette volonté de laisser les animaux à demi sauvages est pourtant en total contradiction avec la manière dont ils peuvent malheureusement les traiter. Même si un animal n’est tué qu’en cas de nécessité (argent ou nourriture), et respecter pour ce qu’il fournit (lait, viande, monture, garde), il n’en reste pas moins que les traitements subis sont parfois inhumains. Abandonnés dès leur plus jeune âge car les chiennes seraient un fardeau, les chevaux sont frappés et battus à sang pour pouvoir les monter, cogner car ils ne réagissent pas comme on l’attend ou encore castrés à vif… Les exemples ne manquent pas et ternissent l’image de la liberté observée en Mongolie.

    On est aussi libre de maltraiter un animal car ils n’ont aucun droit…

    La liberté mais à quelle prix?

    Cette liberté existe certes, mais elle n’existe qu’à partir du moment où on accepte d’en payer le prix : vivre dans un climat rude et froid allant jusqu’à -40°, accepter la dose de travail colossal et des tâches sans fin.

    Une liberté que de plus en plus de nomades choisissent d’abandonner pour rejoindre Oulan-Bator, pensant y trouver des conditions de vie plus idylliques. Mais la réalité ressemblent davantage à des bidonvilles, à des yourtes entassées les unes sur les autres dans l’insalubrité et sous la pollution qui contamine la capitale. Ces quartiers aux alentours de la ville, sont en perpétuelle expansion et sont en train de recouvrir les collines environnantes.

    quartier bidonville oulan bator
    © Noémie Sicard

    La population cherche à rejoindre « le monde moderne », tout en essayant de garder son authenticité. Pourtant, les marques de luxe, les grosses voitures, les beaux immeubles remplissent le centre d’Oulan-Bator créant des écarts entre la ville et la campagne qui se creusent un peu plus chaque jour.

    Malgré tout, certains ont à coeur de maintenir le rythme et leurs conditions de vie nomades ou non, pour une vie plus libre dans la Nature.

    Concrètement, ce mélange de liberté et de fierté font de ce peuple un monde dans lequel nous avons aimé apprendre et vivre. Et vous, comment avez-vous vécu votre séjour en Mongolie ?

    (Pour aller plus loin, je vous invite à regarder ce film, le chien jaune de Mongolie. Plus un reportage qu’une fiction, il est joué par des locaux et il décrit la vie d’une famille nomade.)

  • Workaway : 1 mois inoubliable dans un ranch en Mongolie

    Workaway : 1 mois inoubliable dans un ranch en Mongolie

    J+6 à Anak Ranch, je suis tellement exténuée, qu’écrire quelques lignes est devenu un vrai calvaire. Mes jambes, mes bras, mes épaules, mes doigts me font mal… Le manque d’hygiène, l’eau de la rivière, la nourriture locale, la quantité de travail physique, les piqûres de moustiques, le froid et les horaires décalés ont eu raison de moi… J’ai absolument besoin d’un jour de repos si je veux survivre dans de telles conditions…

    Extrait du journal de bord d’Aline

    Les deux aventuriers en herbe que nous étions voulaient absolument expérimenter la vie en Mongolie et c’est donc tout naturellement que nous avons accepté de passer un mois dans un ranch, prévenus des conditions difficiles de travail.

    L’annonce sur workaway était plus qu’alléchante :

    Ranch propriétaire d’une centaine de bétails (chevaux, vaches, moutons et chèvres), proche d’une rivière, hébergés dans une yourte et qui nous offrait la possibilité de chevaucher les steppes sauvages.

    anak ranch workaway mongolie

    Le ranch se situe à Orkhon, dans le nord de la Mongolie, proche de la Sibérie, où la saison chaude dure 4 mois et l’hiver couvre le reste de l’année. Les températures peuvent avoisiner jusqu’à -40°, mais nous n’étions pas fous au point de commencer par ces conditions extrêmes.

    Première semaine, un défi physique

    Nous sommes arrivés mi-août où Martin propriétaire des lieux est venu nous chercher en pick-up. Nous avons eu le droit à un accueil glacial, le peu d’échange que nous avons entamé ont été soldés par des réponses froides et courtes.

    L’ambiance est rapidement donnée, nos sacs à peine posés, nous sommes réquisitionnés pour cueillir des légumes. L’organisation mongole se dévoile à nos yeux : on repasse 3 fois au même endroit, chacun regarde de son côté et repasse sur les mêmes parcelles, on trie puis on remélange après une ultime cueillette. Nous ne serons pas seuls, un couple d’allemand est là depuis une quinzaine de jour.

    Les règles de bases sont simples :

    • pas de drogues
    • pas de cigarettes
    • pas le droit de monter au premier étage où vivent nos hôtes : Martin et sa femme Minjee
    • 1 jour de repos pour 7 jours de travail
    • « Ma maison, mes règles, si tu ne les aimes pas, tu t’en vas » affiché sur les murs de la cuisine

    Le premier diner sera un échange incompréhensible en anglais et de mauvaises blagues de la part de notre hôte. Tout le monde se couchera tôt, mais nous aurons du mal à trouver le sommeil.

    La traite du matin

    aline traite vache ranch workaway mongolie

    5h30 debout, Martin nous conduit pour la première fois vers le bétail, 15 min à sauter à l’arrière du camion, sur une route chaotique remplie de nid de poule plus gros les uns que les autres. La vue est à couper le souffle, malgré le froid et les rebondissements, le lever de soleil sur les montages et la steppe mongole est une pure merveille, peu importe le travail à accomplir, ces quelques minutes sont déjà précieuses.

     

    couche-de-soleil-ranch-workaway-mongolie

    Ramasser la bouse de vache devient le travail matinal quotidien. Un travail qui peut paraître inapproprié, mais pourtant plus que nécessaire dans les steppes mongoles. Ici la merde séchée sert de combustible pour le feu, d’isolant pour les yourtes l’hiver et de répulsifs anti-insectes.

    Pendant ce temps, nous observons la danse qui se joue sous nos yeux. Les veaux enfermés dans un enclos la nuit, sont relâchés un par un, afin de rejoindre leur mère, pour permettrent la montée de lait et la traite. Ici c’est fait à l’ancienne, à la main, les veaux sont attachés, les mamans sont traites et les petits relâchés. Les gestes des deux femmes mongoles (la « Milk lady » comme on l’appellera et Minjee, notre hôte) qui travaillent ce matin sont précis, robustes et efficaces. Il ne suffira que de trente à quarante minutes, pour récolter tout le lait et partir le vendre aux abords du village le plus proche.

    Nous avons à peine le temps de comprendre comment se déroule cette tâche matinale que dès notre troisième jour, nous sommes réquisitionnés pour la réaliser avec Minjee. La femme qui s’en occupe habituellement est partie en congés. Logés dans une yourte perdue au milieu de la steppe, Guillaume se réveille toutes les 2h pour s’assurer que les vaches sont toujours à leur place.

    Ici les bêtes sont libres, c’est l’homme qui s’adapte à leurs déplacements. La nuit c’est la responsable des vaches qui s’assure qu’elle ne s’éloigne pas de la yourte. La journée, c’est Dash, le horseman, qui monte sur le toit tous les matins pour repérer ses bêtes à la longue vue. Ses tâches principales consistent à réunir les vaches qui s’éloignent, à attraper les bêtes au lasso pour les soigner, à seller nos montures et à tuer les bêtes lorsque c’est nécessaire …)

    horseman-dash-cherche-les-chevaux

    Mais revenons à notre troisième journée, il est trois heures du matin, où les yeux lourds de sommeil, nous cherchons tant bien que mal à nous situer dans le noir alors que Minjee est capable de repérer et reconnaitre ses vaches à plusieurs mètres aux alentours …

    C’est là que le calvaire a commencé, il a plu toute la nuit, le sol est boueux, je tente de comprendre l’anglais de Minjee qui me crie des ordres et tente de reproduire les gestes que j’ai à peine vu les deux matins précédents : laisser sortir un bébé de l’enclos, le suivre pour retrouver sa mère, le laisser téter, puis avec le peu de force que j’ai, l’arracher à sa mère pour l’attacher à un arbre et le traire à la main … À ce moment-là, je me sens ridicule, j’entends le rythme rapide et régulier du lait qui tombe dans le seau remplie de Minjee, je mets du temps à comprendre le bon geste, mais finalement le lait sort et c’est ma première victoire. C’est la tête baissée que je ramène mon seau, un quart rempli après d’ultimes efforts. Heureusement Chocho est là et prend la relève dès que je m’épuise. En Mongolie, c’est un travail de femme, mais il faut tenir la cadence et finir tôt. 60 vaches à traire et la vente du lait n’attend pas … Une cadence à garder jusqu’à 7h-8h du matin.

    Nous réitérerons l’expérience 3 jours d’affilés, avec l’aide de 2 jeunes filles, Zahia (la fille de Martin, 12 ans) et Hourna (la fille de Halima (la cuisinière et belle-soeur de Minjee), 7 ans). Nous avons vécu notre premier orage sous une yourte, notre première journée seule dans la steppe à ramasser, couper du bois, faire du feu et nos premiers khuushuur (sorte de pain frit).

    feu-de-bois-workaway-mongolia

    Une expérience éprouvante dont nous gardons des souvenirs mémorables. Elle dura jusqu’à ce qu’épuisée, je chute dans la merde et que je verse mes premières larmes de fatigue. Ce jour-là, je mettrai mes dernières forces à pousser le camion qui s’est embourbé, pour aller vendre le lait. Il est temps de prendre du repos.

    La maintenance du ranch

    Le travail ne manque pas et les avertissements d’un travail difficile s’avèrent réalistes.

    À 10h, une fois la traite finie et le petit-déjeuner passé, nous enchaînons sur le reste des travaux quotidien jusqu’à 17h voire 21h parfois. Sans oublier une pause de 1h30 après le repas.

    Minjee a toujours des tâches à nous donner. Guillaume se blessera un pouce dès le premier jour en attrapant les moutons pour les marquer de peinture bleue et les différencier. Les barrières ont régulièrement besoin d’être refaites, les chevaux semi-sauvages se battent, s’amusent et explosent les enclos.

    La pire tâche que nous ayons réalisé a été de couper l’herbe de deux prés entier à la main, sous la chaleur. Mes pauvres doigts en ont bien souffert…

    Les autres tâches : laver les barils de lait tous les matins, peindre l’étable qui m’a laissé des traces indélébiles sur mon nouveau pantalon, cueillir les baies sous la pluie, laver les vitres et le sol pour le voir sali quelques heures plus tard, ramasser les légumes pour les repas, nettoyer le camion et la voiture, faire du feu, faire la vaisselle, nettoyer des bocaux pour préparer les conserves pour l’hiver…

    travail-workaway-ranch-mongolie

    L’eau est précieuse

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    Les jours d’été au ranch sont rythmés par des tâches basiques mais primordiales.

    L’eau, nécessaire à tout : laver, manger et boire doit être pompée au quotidien, à la main. Des bidons de 35 litres sont ramenés sur une petite carriole, puis portés à la force des bras. Les deux cuisines sont réapprovisionnées plusieurs fois par jour, la douche composée d’un gros bidon sur un des toits est remplie plusieurs fois par semaine.

    Une vie coupée du monde

    Si vous arrivez au ranch sans forfait téléphonique et avec un niveau en mongol proche de zéro, les connexions en dehors du monde seront alors très limitées. La connexion Internet est lente et n’est accessible que depuis le bureau de Martin. Autant vous dire qu’il a fallu un bon moment pour accéder au fameux ordinateur.

    Une addiction qui nous explose en pleine figure. J’ai beaucoup de mal à être coupé de mes amis, mais surtout de ma famille. Dans des moments où la fatigue physique et l’inconfort du quotidien me dépasse, ne pas pouvoir les joindre m’est très difficile. Martin nous propose une expérience à part entière et vivre sans Internet fait partie du challenge.

    L’habitude devient notre meilleure amie et nos hôtes aussi

    Après une bonne semaine de travail, les réveils difficiles à 5h30 ne sont plus que de mauvais souvenirs

    Le travail est devenu une habitude, nous sommes maintenant levés les premiers à attendre Martin. Nos corps commencent à s’habituer aux tâches quotidiennes et nos nuits sont bénéfiques. Nous avons rarement aussi bien dormi qu’après une journée bien physique.

    Les bons moments dépassent maintenant la fatigue physique et la dose de travail.

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    Nos jours de repos deviennent des jours où nous savourons pleinement du soleil, des grasses matinées, d’une randonnée sur la montagne la plus proche et des promenades seuls à cheval dans les steppes. Si vous avez l’occasion d’arpenter les steppes à cheval, méfiez vous des chiens des yourtes sur votre chemin, nous nous sommes faits courser jusqu’à ce que mon cheval se fasse mordre la queue. Mais apparemment rien d’inquiétant, quand nous l’avons raconté à Minjee, elle a bien ri.

    Nos yourtes deviennent notre chez nous. Nos sacs se vident et nos affaires prennent leurs places.

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    Les petits-déjeuners sont des moments de délices : les fromages de Minjee disparaissent tous, aussi vite les uns que les autres. La confiture se fait rare, le thé mongol (composé de thé noir, de lait et de sel) se fait voler la vedette par du lait chaud fraichement trait du matin. Mon anglais s’améliore, je commence à comprendre les blagues et à pouvoir y répondre.

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    Nous avons maintenant quelques minutes d’Internet sans avoir à les mendier. Quelques nouvelles de mes parents finissent par me rendre complètement heureuse.

    La préparation de l’hiver devient un leitmotiv. Nous lavons des bocaux plusieurs fois par semaine, nous préparons des salades dans d’énormes plats, nous cuisons, stérilisons, remplissons, goûtons et rangeons des dizaines de bocaux. J’ai l’impression de faire partie de ce monde, je sais que ces conserves ne sont pas pour moi, mais pourtant je les fais comme si j’en aurai besoin dans quelques mois.

    La découverte de nos hôtes

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    Nous commençons à découvrir nos hôtes, Martin, d’origine germanique a vécu plusieurs années en Australie où il travaillait en tant qu’avocat. Il a rencontré par ce biais Minjee en envoyant des mails pour trouver une assistante. Il est alors tombé amoureux et s’est installé en Mongolie. Le grand gaillard froid et dur qui m’impressionnait par ses grands airs est devenu un homme touchant et attachant avec qui j’aime passer du temps et partager des moments de fous rires. Guillaume est souvent avec lui, il semble maintenant nous faire confiance. Minjee, le vrai chef du ranch, est toujours difficile à cerner, mais elle a aussi commencé à nous adopter.

    Comme à la maison

    Après plus d’une quinzaine de jours, nous avons une nouvelle maison. Nous avons cédé notre yourte à un couple de touriste et avons récupéré la yourte avec un lit double : un petit détail qui fait toute la différence. J’accomplis mon travail de femme en ouvrant et fermant le toit régulièrement.

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    En un mois, nous avons vu la chute impressionnante des températures, les nuits sont vraiment froides maintenant et nous avons réussi à convaincre Martin pour récupérer un poêle. Il a fallu que je grimpe sur le toit pour installer la cheminée sans prendre le risque d’enflammer la yourte qui pourrait disparaitre en fumée en l’espace de dix minutes.

    Une fois le poêle dans la yourte, nous avons eu le plaisir d’accueillir toute la petite famille (Minjee, Halima et parfois même les employés) autour du feu pour préparer le diner. Une fois qu’un poêle est allumé, on ne s’amuse pas à refaire un feu, on profite de l’existant. Ici on ne gaspille rien, on récupère tout.

    Nous sommes maintenant à l’aise avec le fonctionnement du ranch, Halima joue avec nous, Minjee nous confie des tâches et ne semble plus vérifier tous nos faits et gestes. Nous apprendrons qu’elle ne croyait pas en nous et qu’ils avaient pariés que nous ne resterions pas plus d’une semaine. Pari plus que perdu !

    C’est à cette période là, qu’un bébé chien débarque dans nos vies, une petite chienne surement chassée par les voisins qui adopte Guillaume en quelques secondes mais qui, de part son sexe, ne fait le bonheur de personne. Je fais tellement les yeux doux que Minjee nous demande de nous en occuper. Elle est adorable et déjà propre, mais elle a peur de tout. Un chien en Mongolie doit être un mâle et doit absolument avoir une utilité. C’est donc avec pleins de doutes sur son avenir, que nous prenons soin de notre « baby girl » comme nous l’avons surnommé. Trois mois après, nous avons appris qu’elle a été rebaptisée Aline. Nous espérons surtout qu’elle résiste au dur froid de l’hiver et que les futurs volontaires continuent à prendre soin d’elle.

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    Nous avons eu le plaisir de croiser des gens adorables comme Brenno et Anna avec leur petite fille Liv, ils voyagent pour les études de Brenno. Nous avons vu des volontaires arrivés et repartir, nous sommes maintenant les anciens à qui on demande comment ça fonctionne. Quand un volontaire se présente à Minjee, on entend : « Demande à Aline ». Guillaume est invité à visiter la propriété et j’ai même le droit  de jeter un coup d’oeil à la chambre interdite du premièr étage.

    J’aime être isolée, j’aime la nature et le côté ancien qui rythme notre vie, j’aime la folie qui règne ici, j’aime l’eau de source et le lait du matin, j’aime savoir que la viande que je mange provient des animaux qui sont traités naturellement et qui gambadent à leur rythme, j’aime savoir qu’on ne les tue que pour une raison particulière, j’aime le sourire et la bonne humeur des Mongols, j’aime pouvoir prendre un cheval et partir seule lorsque j’ai le temps, j’aime la simplicité de notre maison et j’aime le côté chaleureux qui règne dans les parties communes, j’aime cette communauté familiale et j’aime la relation que nous avons construite avec Martin et Minjee.

    Alors oui, il y a d’autres côtés que j’apprécie beaucoup moins : la dose de travail est épuisante, l’hygiène reste à désirer, la logique mongole est parfois décousue, les animaux sont traités étrangement et la nourriture est peu variée mais finalement ces côtés sont minimes comparés au bonheur que j’ai d’expérimenter cette vie là. C’est une certitude que je ne pourrai pas la vivre jusqu’à mes vieux jours, mais je sais que nous y étions bien. Cela rend notre départ très/trop difficile…

    On nous a proposé de rester, on a même hésité, on a repoussé pour finalement prendre la décision de partir après de grandes embrassades.

     

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    En tapant cet article plusieurs mois après, j’ai encore cette sensation que cet endroit m’appelle et je reste avec cette promesse qu’on s’est faite à nous-même d’y retourner un jour.

     

  • Visiter et se loger à Oulan-Bator

    Visiter et se loger à Oulan-Bator

    Après avoir traversé une bonne partie de la Russie en transsibérien et en transmongolien, notre voyage s’est terminé à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Elle reste bien souvent un passage obligé pour faire une demande de visa ou préparer la suite de son voyage.

    C’était une métropole mystérieuse à nos yeux dont nous étions curieux d’en explorer les moindre recoins.

    À peine arrivé, une horde de mongols nous ont accosté pour nous vendre leurs auberges et leurs tours. Il faisait chaud et bon, nous les avons évité du mieux que nous avons pu, avons récupéré une carte de la ville au passage et avons commencé à trouver notre chemin dans les rues de cette nouvelle ville qui s’offrait à nous.

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]Un wifi est disponible gratuitement dans la gare[/su_box]

    Bien vite, les contrastes nous ont sauté aux yeux, cette ville encerclée de montagnes et perdue au milieu des steppes, déploie des airs américains aux allures excessives. De grandes marques à tous les coins de rues, de gros 4×4, des vêtements classes sont loin de ce qu’on peut imaginer des traditions mongoles. Pourtant, c’est bien Oulan-Bator qui se livre à vous, avec ses monastères perdus dans la banlieue, ses nouveaux quartiers riches, ses sculptures en hommage aux Beatles, ses yourtes insalubres qui s’étalent et commencent à recouvrir les montages alentours, son « department store » digne des grands magasins et ses Mongols ivres sur les trottoirs.

    Un étrange mélange qui donne un cocktail perturbant qu’a voulu mettre en valeur une photographe que nous avons croisé sur notre chemin. Si ça vous intéresse vous trouverez son travail d’ici peu ici.

    Ces contrastes baignent malheureusement dans un nuage de pollution : Oulan-Bator est la deuxième ville la plus polluée au monde selon l’OMS. Un constat alarmant que nous avons découvert une fois sur place. Nos poumons peu habitués, nous ont fait réalisé l’ampleur du phénomène. Oulan-Bator est la capitale la plus froide au monde avec des températures moyennes de -20°/-30° en hiver. Les yourtes traditionnelles se chauffent alors au charbon et une mère de 39 ans « dit ignorer pourquoi la ville est en permanence recouverte d’un épais brouillard, auquel elle n’a pas conscience de contribuer ». (¹)

    UB, comme les habitants l’appellent, s’étant de plus en plus sur les collines alentours, submergées par les nomades qui viennent s’installer, aidés financièrement par l’état. Elle abrite actuellement 1 million d’habitant environ (1/3 de la population en Mongolie) : un peuple souriant, accueillant et s’ouvrant au monde.

    Chacune de nos démarches ont été facilitées par cette volonté de nous aider, les passants dans les rues ont des regards curieux, mais bienveillants. Cette ville dégage une impression de bonne humeur et de sérénité générale, agréable à côtoyer.
    Mais faites attention, toutes ces qualités ne se retrouvent pas dans leur façon de conduire ou du moins ont-ils une façon différente de la montrer. Arrivant de la Russie, nous avons été surpris par les klaxons et leur manière d’accélérer lorsque nous traversons la route. Ne vous méprenez pas, il ne cherche pas à vous blesser, mais plutôt à vous avertir du danger. Ne les défiez pas, le piéton n’est pas roi ! Regardez des deux côtés et soyez prudent dès que vous êtes sur leur territoire.

    Même si Oulan-Bator n’est pas une ville magnifique à nos yeux, elle restera pour nous un bon souvenir : de très belles rencontres, des biscuits délicieux et bons marchés, des découvertes sur ce peuple bien loin de nous et de bons moments de glandage. Au total, nous y sommes restés presque 2 semaines, mais UB ne mérite pas autant de temps, nous avions surtout besoin de temps pour nos visas, puis de repos après notre expérience au ranch.

    Observer les passants, les manières de conduire et échanger avec les locaux ne seront pas vos seuls occupation à UB, voici une liste non exhaustive de ce que vous pourrez découvrir et/ou faire à UB si vous devez y rester quelques jours.

    Que faire à Oulan-Bator :

    La place Sükhbaatar

    Vous y trouverez le palais du gouvernement et la statue de Damdin Sükhbaatar. C’est le chef de la révolution communiste mongole qui a donné son indépendance à la Mongolie et son nom à la capitale. Oulan-Bator signifie « héros rouge » en mongol.

    la place Sükhbaatar a oulan bator mongolie

    Le black market

    Contrairement à ce que son nom indique, il n’a officiellement rien d’illégal. C’est un endroit caractéristique et atypique pour nous Européen. On y trouve absolument de tout : jouets, chaussures et vêtements de contre-façon, vaisselles, tissus, papier toilette… et j’en oublis.

    Nous n’avions pas planifié d’y aller, mais un fâcheux incident nous a obligé à nous y rendre en catastrophe : la plupart des auberges de jeunesse demande à ce qu’on laisse nos chaussures à l’entrée, un passant a dû trouver les chaussures de Guillaume à son goût et ne s’est pas privé pour les récupérer. C’est donc en tongs et énervés que nous sommes partis à l’assaut de la foule.
    Qui dit foule, dit pickpocket : gardez un oeil sur vos affaires

    Le monastère bouddhiste de Ganda

    Allez-y le matin, vous pourrez assister aux cérémonies bouddhistes.

    Un des monastère abrite un grand Boudha, représentatif de la culture Bouddhiste. L’entrée coûte 4000 tugriks et vous devrez rajouter quelques tugriks si vous souhaitez le prendre en photo.

    le monastère bouddhiste de Ganda a oulanbator

    Le musée d’histoire de la Mongolie

    Nous n’avons pas pris le temps d’y aller, mais nous avons eu de très bons échos de plusieurs voyageurs.

    Le spectacle traditionnel mongol

    Après plusieurs échos très positifs sur ce spectacle, nous avons été déçus de ne pouvoir y assister. Les représentations étaient malheureusement suspendues pour accueillir un orchestre mongol, pendant les 2 jours qu’il nous restait .

    Ils se produisent tous les soirs à 18h pour 12 000 tugriks. Un mélange de chants, de danse, d’acrobaties et de musique aux couleurs mongoles.

    Planter sa tente juste à l’extérieur d’Oulan-Bator

    Le camping sauvage est autorisé en Mongolie, vous pourrez acheter une tente au black market ou en loué une pour aller vous balader aux alentours d’UB et profiter de la vue sur la ville et d’un coucher de soleil.

    Préparer et organiser sa visite en Mongolie

    C’est souvent une des raisons pour laquelle le voyageur s’arrête plusieurs jours à Oulan-Bator. Toutes les auberges proposent des tours organisés pour des tarifs assez conséquent (aux alentours de 200 euros les 4-5 jours). Le plus avantageux consiste à réserver un VAN avec un chauffeur et un guide (pour 6 personnes environ) pour vous balader en Mongolie. Le tarif avoisinera les 10 euros par jour, nourriture comprise.

    Sinon il vous reste la solution de faire du WorkAway.

    louer un van pour découvrir la mongolie

    Où loger à Oulan-Bator

    Adepte de la dernière minute, nous nous sommes retrouvés à loger dans 4 auberges différentes en l’espace d’une semaine. Dans la période estivale nous vous conseillons donc de réserver votre auberge quelques jours avant. Si vous n’avez pas réservé, pas de panique, vous trouverez toujours des places, mais ça vous évitera de courir d’une auberge à une autre faute de place.

    Ce qui nous a particulièrement étonné, c’est de voir que toutes les auberges sont tenues par des familles, elles vivent sur place et ont dû s’ouvrir au monde avec l’arrivée du tourisme. En fonction des guesthouses, les mamans seront plus ou moins présentes et plus ou moins observatrices.

    Un petit résumé avec avantages et inconvénients des auberges testées.

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    [tab title= »Sunpath » id= »tab1″ class= »active »]

    Avantages :

    • prix comprenant un copieux petit-déjeuner
    • bons lits
    • chambre de 6 lits
    • l’ambiance
    • nombreux globe-trotteur

     

    Inconvénients :

    • loin du centre
    • la présence constante de la gérante

    Site internet

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    [tab title= »Reindeer » id= »tab2″]

    Avantages

    • dortoirs de 4 lits voire possibilité
    • d’avoir une chambre à deux lits pour le même prix
    • calme et silencieuse
    • proche de la gare
    • grande souplesse des gérants

     

    Inconvénients

    • petit-déjeuner pas toujours servi
    • personnel pas toujours présent
    • loin du centre-ville

    [/tab]

    [tab title= »Golden Gobi » id= »tab3″]

    Avantages

    • prix
    • en plein central
    • plaque tournante de globe-trotteur
    • bon petit-déjeuner

     

    Inconvénients

    • bruyant
    • présence constante des gérants qui donne une impression de surveillance

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    [tab title= »Lotus Guesthouse » id= »tab4″]

    Avantages

    • prix

     

    Inconvénients

    • excentré du centre
    • irrespect des clients « malpoli »
    • intérêt que dans l’argent
    • petite cuisine (du moins au premier étage)

    [/tab]

    [/tabgroup]

    Mise à part la dernière que nous vous déconseillons sans hésiter, les 3 autres guesthouses ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients. Les critères de choix dépendront surtout de vos besoins et de vos envies (recherche de treks, besoins de repos etc.)

    J’espère que cet article vous fera changer d’avis sur les quelques jours qu’y vous seront peut-être imposés à Oulan-Bator et que vous y construirez de bons souvenirs autant que nous ! Laissez nous vos avis et vos commentaires sur cette ville aux nombreux contrastes !