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Quand le GR 10 devient une leçon

Quand le GR 10 devient une leçon

Quelle frustration !

 

Je suis assise devant mon bureau à la maison alors que je devrais être sous une tente au milieu des montagnes.

 

Le GR 10 m’appelait depuis des mois.

 

Cette Grande Randonnée, c’était une façon de répondre à une de mes envies qui traîne depuis des mois : marcher.

Avancer à l’allure d’un être humain, s’habituer à notre rythme naturel, voir les paysages changés et ne dépendre que de nous.

S’affranchir d’un lieu et avancer coûte que coûte.

 

J’avais choisi le GR 10 pour revenir sur les traces de mon père. Il adore marcher et il adore la montagne. Il parle peu, pourtant je savais qu’il avait à 2 reprises fait des bouts du GR 10.


C’était une manière pour moi de marcher sur ces traces, une façon de créer du lien, je suppose, avoir de quoi parler autre que mon mode de vie et le loyer à payer.

 

J’étais motivée, je savais que j’allais en baver, je savais que j’allais souffrir, mais comme notre épopée en vélo à Taïwan j’étais prête à tout et surtout à surmonter les douleurs physiques, à dépasser la fatigue et les courbatures.

 

J’avais soif de liberté, de déconnexion et de dépassement de moi.

 

Tout était prêt, j’avais même une nouvelle paire de chaussures. Un signe peut-être anodin pour la majeure partie d’entre vous, mais pour moi c’était une grande décision : j’avais de nouvelles chaussures aux pieds.

Le monde à deux sur le GR 10

 Même mon cousin se joignait à nous pour le début de cette randonnée, il n’avait jamais marché et il était présent plein d’enthousiasme et j’étais heureuse de l’avoir à mes côtés.

Une nouvelle histoire s’écrivait entre nous, j’allais pouvoir partager une certaine intimité avec Corentin que je ne connaissais pas encore assez bien à mon goût.

 

Guillaume prêt à toutes mes folies et toujours motivé pour mes défis insensés était enchanté comme jamais. Ses premières vacances depuis qu’il a repris un travail de bureau, il n’attendait que cette pause estivale pour se dégourdir les jambes.

 

Nous étions parés tous les trois, portés par mes parents sur la plage d’Hendaye qui devait nous offrir le point de départ de cette mémorable aventure.

départ randonnée GR 10 Hendaye

Chaussures lacées et sac à dos ajustés nous avons commencé au bord de la plage sous un beau soleil et au milieu des rues d’Hendaye. La cadence était là et nous nous sommes vite retrouvés dans des coins plus verdoyants.

 

Nous avions conscience que nous commencions par la partie la moins attrayante de ce GR, mais nous avions 15 jours devant nous et nous devions arrivés jusqu’à Cauteret plus ou moins.


Le plan était d’avancer à notre rythme pendant le temps qui nous avions.

Le point d’arrêt serait le point de départ d’une autre randonnée lors d’une autre occasion.

 

La déception

 

Mais cette réalité fut de courte durée. Rapidement et en silence, Guillaume a commencé à passer de plus en plus derrière moi. Connaissant mon homme j’ai trouvé ça étrange.

 

Puis le temps passant, c’est avec tristesse que je l’ai vu boiter. Guillaume qui boite c’est vraiment que la douleur devait être intenable.

Sans attendre, on s’est arrêté au village le plus proche, on a fait le point et rapidement la sentence est tombée : impossible de continuer pour lui.

Pour Corentin et moi, la réaction a été assez rapide : on est une équipe : on arrête tous ensemble.

Sur la route du GR 10 Pyrénées

 Malgré moi, je suis en colère, pas contre guillaume qui n’y ait pour rien, mais pour ma dépendance à ce projet.

J’attendais tellement de cette randonnée. Que vais-je faire maintenant? où vais-je trouver la force de me déconnecter, de me remuscler et de respirer de l’air pur ?

J’avais tout misé sur ce GR qui était pour moi une réponse à tout. Puis d’un coup plus rien.

Je me suis sentie démunie.

Par quoi remplacer le GR 10 ?

 

Aujourd’hui, de retour à Bordeaux, je n’ai pas encore toutes mes réponses, mais je suis plus sereine. Guillaume doit prendre soin de lui et moi je fais confiance à la vie.

 

Nous passerons quelques jours à ne rien faire : après tout, ce sont des vacances !

Puis nous irons dans la maison d’hôte d’une de mes amies avant d’aller faire un tour en Charente pour revoir un autre couple d’amis.

 

La vie nous réserve parfois des surprises et même si ce ne sont pas toujours celles qu’on attendait, il y a toujours une leçon à en tirer.

 

Cette marche là n’était pas pour moi, je suis curieuse de voir ce qui m’attend à la place.

GR 10 randonnée pyrénées

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4 commentaires

  • Répondre
    28 août 2017

    Aline ! On ressent tellement l’engouement et puis la déception et la frustration qui tombe d’un coup sans crier gare en lisant ces lignes. J’aime ce côté positif à la fin de l’article : tu as raison, les choses arrivent toujours pour une raison, la vie avait un autre plan pour vous.

    Bon courage !

    • Répondre
      Auteur
      28 août 2017

      Merci Laure !! J’essaye toujours effectivement de rester positive, ce genre d’incident n’arrive jamais pour rien 😀 j’en vois déjà les changements au quotidien dans les prises de décision etc…
      😀 j’espère que tout va bien pous vous !

  • Répondre
    28 août 2017

    Comme je te comprends, la déception a du être grande… moi aussi j’ai décidé de marcher sur les traces de mon père en allant au Pérou en sac à dos et faisant le tour des Annapurnas 🙂 mais j’ai eu la chance de pouvoir continuer.

    Dis toi que ce n’est que partie remise ^^

    • Répondre
      Auteur
      29 août 2017

      Bonjour Melissa,

      C’est toujours riche de marcher sur les traces de nos parents, contente que tu ais pu le vivre jusqu’au bout.
      Je suis convaincue que de notre côté, ça se fera en temps voulu

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