Le monde à deux

Auteur/autrice : Aline

  • Volontariat en famille : l’expérience d’Anna, Brenno et Liv

    Volontariat en famille : l’expérience d’Anna, Brenno et Liv

    Quel bonheur de vous parler enfin d’Anna, de Brenno et de Liv.

    C’est la première famille que nous avons croisée sur la route, mais c’est aussi malheureusement, une des rares familles qui faisait du volontariat à l’étranger.

    Nous les avons rencontrés au début de notre voyage, à Anak Ranch en Mongolie et nous avons tous les deux été touchés par cette belle rencontre inspirante.

    Leur vision du voyage et la manière qu’ils avaient de ritualiser leur quotidien pour Liv m’ont marqué et j’ai très rapidement eu envie de partager leur histoire.

    Je suis ravie qu’Anna ait pris le temps de répondre à mes questions.

    J’espère que son témoignage vous prouvera que famille peut être synonyme de voyage alternatif et qu’il vous motivera à tenter l’expérience du volontariat en famille.

    Anna, peux-tu nous présenter ta famille ?

    Nous sommes Brenno, Anna et Liv, une famille mixte avec des héritages belge, brésilien, allemand, USA, hongrois, italien, portugais, irlandais et indigène du Brésil. Pour autant que nous sachions !

    Nous avons une petite fille : Liv qui est née en février 2011.

    Elle est très éveillée, sensible et ne se laisse pas envahir par ses émotions. Elle adore les activités créatives et par-dessus tout les animaux.

    « Je peux en témoigner, je me souviens de liv qui prenait tout autant de plaisir à monter à cheval qu’à jouer avec les vers de terre pendant des heures. »

    volontaires sur la route

    Parle nous de votre voyage

    Notre voyage a duré 11 mois. Nous sommes partis en avril 2014 de Belgique en transports en commun vers l’Asie. Nous avons terminé en Thaïlande en passant par l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Russie, la Mongolie, la Chine, le Laos et le Cambodge.

    Pendant nos études en Suède, nous avions évoqué l’idée que ce serait incroyable de voyager par la route en partant d’Europe pour arriver en Asie.

    Nous étions tous les deux fascinés par le nombre de nationalités différentes avec autant de distinctions physiques sur cette partie de la terre.

    Quand nous avons appris que Liv était en chemin, nous nous sommes promis de réaliser ce voyage dont nous rêvions tous les deux, mais que nous attendrions qu’elle ait trois ans.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à faire du volontariat ?

    Avant de partir dans ce voyage en famille, nous avions tous les deux eu des expériences de volontariats ce qui rendait cette possibilité tangible.

    La liberté du voyage au long cours donne l’opportunité d’arriver dans un lieu et d’y rester assez longtemps pour connaître les alentours et de développer une connexion avec les personnes.

    C’est ce que nous voulions pour nous et pour Liv.

    Être accueilli dans une communauté et vivre par le biais de notre travail (au delà de notre argent) est très estimable, surtout quand tu rencontres une autre culture.

    Cela apporte un aspect plus réel et plus humain.

    Cela nous a aussi permis de mettre en pause le flux de dépenses auxquels nous devions faire face pendant ce voyage.

    en famille dans un volontariat

    Quels sites internet utilisiez-vous ?

    Workaway, HelpX  WWOOF et d’autres …

    Nous avons aussi utilisé des contacts personnels et des informations locales pour nous connecter à toutes les opportunités d’échange.

    Combien de volontariat avez-vous fait jusqu’à maintenant ?

    Dans ce voyage, nous avons eu de la chance.

    Nous avions un large réseau d’amis et d’amis d’amis qui ont été incroyablement hospitaliers et qui nous ont généreusement ouvert leurs portes.

    En plus de ces expériences, nous avons eu :

    • une expérience en Suède pendant deux mois,
    • une expérience en Mongolie pendant deux semaines
    • une en dehors de Beijing pendant dix jours,
    • une à Xingping pendant trois semaines (nous avons payé 5$/jour pour nous trois).
    • Une demi-expérience de volontariat (nous avons payé pour notre nourriture et pour dormir) au Laos pendant trois mois.

    Est-ce facile de trouver des hôtes en tant que famille ?

    Ça s’est avéré très simple.

    Trouver des hôtes en tant que famille ne prend pas plus de temps qu’en tant que voyageur solo ou en binome.

    Parfois vous aurez besoin de payer un extra, mais parfois, cela peut tourner à votre avantage comme par exemple : créer du lien avec les enfants de vos hôtes.

    Certains endroits expriment clairement la volonté de ne pas recevoir d’enfants ou de famille, mais il y a toujours un moyen de trouver un terrain d’entente.

    Famille volontaire

    Avez-vous eu besoin de négocier ? Si oui, comment ?

    Cela dépend vraiment des endroits, du travail ou des attentes lors de l’échange.

    En Mongolie, nous voulions faire du volontariat dans un ranch, mais nous n’étions pas acceptés en tant que famille.

    Nous avons proposé de rester longtemps et d’aider à notre niveau. Finalement, nous avons eu de la nourriture et notre propre yourte pour 10$ par jour pour nous trois.

    Le volontariat est un échange, donc il faut être honnête avec ce qu’on peut offrir et être prêt à écouter ce qui peut-être donner en échange, communiquer et voir si on peut trouver ce qui convient au mieux pour les deux parties.

    Tu viens de nous dire qu’il vous est arrivé de payer dans certains volontariats, qu’en penses-tu ?

    En tant que famille : une personne travaille en échange du logement et de la nourriture de 2,5 personnes, il me semble donc équitable qu’à certains endroits tu doives payer un extra.

    J’ai lu certaines annonces où les personnes recherchaient de l’aide pour des gardes d’enfants. Avec ce type de travail, je peux imaginer que cette contribution soit suffisante.

    Autres exemples :

    En Chine, nous avons été acceptés pour aider dans une ferme biodynamique, mais au final nous avons été accueillis comme des invités très spéciaux à qui ont a posé beaucoup de questions : d’où on venait, ce qu’on avait fait, comment nous l’avions fait…

    Donc ça fonctionne !

    Est-ce que Liv participait ?

    La plupart du temps, Liv jouait, mais elle avait besoin d’être proche de nous.

    Elle était encore petite, mais elle aidait pour des petites choses.

    une famille volontaire

    Raconte nous comment se passaient généralement les rituels avec Liv.

    Les temps de repos et des repas étaient les rythmes principaux que nous essayions de respecter dans le quotidien de Liv, comme nous l’aurions fait dans un cadre familial stable.

    Elle avait sa propre couverture, son coussin et sa petite veilleuse pour la nuit, des drapeaux colorés pour accrocher dans la pièce et un porte-bébé pour qu’elle puisse faire la sieste quand elle en avait besoin.

    Quand nous arrivions dans une pièce ou une cabine pour un long trajet, nous nous installions comme chez nous très rapidement avec ces quelques éléments. Nous avions un livre d’histoire et quelques trucs qui créaient un coin pour Liv où que nous étions.

    Quand nous avons préparé nos sacs, j’ai fait un croquis des différents espaces de la maison et j’ai observé ce que Liv utilisait à cette époque et ce qu’elle aimait. Par exemple, nous voyagions avec un éplucheur à carottes, un fouet et un couteau, ses affaires de sommeil, un livre de contes et des petits jouets.

    Pouviez-vous dormir ensemble ?

    Jusqu’à maintenant, toujours.

    Combien de temps restiez-vous chez vos hôtes et pourquoi ?

    Je dirais au minimum deux semaines, la plupart des hôtes aiment que tu restes au moins deux semaines.

    Pour toi, quels sont les bénéfices de faire du volontariat en famille ?

    C’est un bon moyen de se connecter à un endroit et aux routines quotidiennes. Cela apporte davantage de perspectives je pense.

    Même si de nombreuses choses sont différentes ou les manières de faire sont différentes, la plupart sont reconnaissables et c’est familier pour les enfants.

    On s’autorise à prendre le temps sans avoir le sentiment d’en perdre.

    volontariat famille Mongolie

    Quelles sont les difficultés à faire du volontariat en famille ?

    Je dirais de ressentir que tu donnes un échange équitable, car avec de jeunes enfants, la plupart du temps un seul adulte peut travailler.

    Mais c’est tout à fait négociable la plupart du temps.

    Recommanderais-tu de faire du volontariat en famille ?

    Je le recommanderais sans hésiter, car ça donne un espace ouvert à  la famille pour se connecter à la culture et aux personnes.

    As-tu une anecdote à partager ?

    Deux ans après le voyage, c’est incroyable de voir tous les petits détails dont Liv se souvient.

    Par exemple, sur le chemin à travers la Russie dans le Transsibérien, nous avions un vieux monsieur Russe qui partageait notre cabine.

    Il s’appelait Vladimir, portait un dentier et il le posait sur la petite table du milieu quand il dormait. Plus tard, quand Liv a voulu parler de lui, elle l’a fait en évoquant l’homme qui pouvait sortir ses dents.

    Pour Liv, la connaissance des gens qui portent des dentiers est maintenant reliée à Vladimir dans le train qui nous conduisait à travers la Russie.

    Quels sont les conseils que tu donnerais à une famille qui aimerait faire du volontariat ?

    De ne pas hésiter !

    Anna et brenno volontaria mongolia

    Faire du volontariat en famille est tout à fait possible.

    Je suis toujours émue quand je me souviens d’eux et je suis émerveillée par les souvenirs qu’ils ont pu emmagasiner et j’espère surtout que l’expérience d’Anna, Brenno et Liv vous motivera à tenter l’aventure.

    Crédits photos : toutes les photos ont été prises par Brenno

  • 3 jours de détente en chambre d’hôtes au pays d’Aliénor

    3 jours de détente en chambre d’hôtes au pays d’Aliénor

    Notre projet de GR à travers les Pyrénées étant reporté jusqu’à nouvel ordre, nous avons tous les deux ressenti le besoin de quitter la ville, de profiter d’un air pur et surtout de sortir d’un quotidien un peu trop routinier.

    Nous avons l’habitude de voyager en mode économie, d’enchainer les guest-houses et les bus un peu miteux, mais cette fois, notre envie était différente et nous nous sommes écoutés : calme et repos.

    C’est dans cet état d’esprit que j’ai pensé à mon amie qui tient des chambres d’hôtes dans les Landes et belle synchronicité elle avait 3 nuits de libres.

    Nous n’en demandions pas temps.

    Au pays d’Aliénor : adorable chambre d’hôtes

    C’est donc dans un village tout charmant à 45 minutes de Bordeaux : Belin-béliet que nous avons posé nos mini-sacs pour 3 nuits de repos et de plaisir.

    Le cadre est adorable, Marie-Claude adore jardiner et des fleurs ornent le jardin, un potager commence à porter ses fruits et apportent davantage de terroir dans ce lieu déjà bien chaleureux.
    Son compagnon Angel est un grand bricoleur et dans une éthique de gaspiller moins il s’amuse à décortiquer des palettes pour les réutiliser 🙂 à notre arrivée, il était en train de reconstruire un ancien lit qu’il souhaite transformer en banc !

    Calme, potager, compost, tri des déchets, amoureux de la nature, chambre avec salle de bain privative, un coin cuisine et une piscine : nous avions tout pour être heureux.

    potager chambre d'hôte landes pays d'aliénor belin béliet

    potager au pays d'aliénor chambre d'hôtes dans les landes

     

     

     

     

    Nous avons profité de ces temps de repos pour manger sainement, retrouver des petits-déjeuner traditionnels : pain, beurre, confiture maison (un vrai délice) que je n’avais pas mangés depuis une éternité, lire, écrire, nager, nous promener, et  échanger avec Marie-Claude et Angel adorables et bienveillants.

    Visiter les alentours de Belin-Béliet

    L’église du Vieux Lugos

    Non loin de la maison, on peut visiter l’église du vieux Lugos. « Erigée en l’an mil, l’église est dédiée à Notre-Dame.
    La guerre de Cent ans l’a dotée d’une tour fortifiée, des artistes ont décoré ses murs de peintures, oeuvres de miséricorde illustrant les péchés capitaux. »

    église Saint Michel du Vieux Lugo chambre d'hôte LandesL’église du Vieux Lugos est sur une bute et elle est la seule à ne pas avoir subi les nombreuses inondations qui ont obligé les villageois à déplacer le village.

    « Dans le bélinois, une vieille tradition raconte que pendant la réforme les prieurs de Mons auraient fui en emportant des choses sacrées qu’ils auraient cachées dans un grand marais et près d’une chapelle antique.
    Il se dit également qu’à la même époque un crime odieux aurait été commis afin de préserver certains secrets.
    Les légendes ont toujours une parcelle de vérité »

    Une deuxième église copie conforme en version plus grande se trouve à Mons, puis tout prêt se trouve un lieu calme et paisible avec la fontaine de st Claire qui guérit les maux des yeux parait-il 🙂

    Landes belin-béliet au pays d'aliénor chambre d'hôtes

    Potabilis : écolieu

    Potabilis éco-lieu saint-magneA la dernière minute, une amie m’a parlé d’un écolieu proche de Belin-Béliet. Il était hors de question de partir sans les avoir rencontrés. Nous sommes donc allés faire une visite à Potabilis.

    Nous avons été chaleureusement accueillis par Gilles et Béa les gérants.
    Le potager en permaculture, le poulailler, les chevaux pour le compost, la douche solaire, les arbres fruitiers, le bois pour le chauffage, les tipis : sont les premières étapes de ce projet gargantuesque.

    Le lieu de 37 hectares a de quoi accueillir un nombre infini d’idées et de projets.

    De nombreux ateliers ont déjà lieu et devront se multiplier au fur et à mesure (atelier palette, cuisine saine du potager, permaculture, etc…).

    La motivation est là, les idées partent dans tous les sens, il ne manque qu’un peu de structure et de la main d’oeuvre pour faire avancer ce beau projet : donc pour des vacances de volontariat leur Facebook est ici .
    Ils n’ont pas encore de quoi héberger, mais c’est en projet.

    La boucle de la Gaure

    Il était hors de question de quitter la région sans aller marcher un peu sous les bois. Même si la boucle de la Gaure n’est pas complètement à jour, elle offre une ballade rafraichissante sous les arbres de la forêt en bord d’eau.

    promenade landes chambre d'hôtespromenade landes chambre d'hôtesJ’ai adoré mon séjour dans cette maison d’hôte. Il en faut parfois peu pour se dépayser et se sentir en vacance et c’est exactement ce qu’il s’est passé.
    La maison de Marie-Claude sait séduire par son aspect chaleureux et les alentours qui ont de quoi séduire pour un court week-end.

    Je recommande chaudement cet endroit pour le bien-être que j’y ai ressenti, le calme et l’accueil chaleureux.

    [su_box title= »Informations pratiques »]

    Leur facebook : https://www.facebook.com/AuPaysDAlienorDAquitaine/

    Leur numéro de téléphone : 06 60 36 80 81 ou 05 56 88 55 89[/su_box]

  • Quand le GR 10 devient une leçon

    Quand le GR 10 devient une leçon

    Quelle frustration !

     

    Je suis assise devant mon bureau à la maison alors que je devrais être sous une tente au milieu des montagnes.

     

    Le GR 10 m’appelait depuis des mois.

     

    Cette Grande Randonnée, c’était une façon de répondre à une de mes envies qui traîne depuis des mois : marcher.

    Avancer à l’allure d’un être humain, s’habituer à notre rythme naturel, voir les paysages changés et ne dépendre que de nous.

    S’affranchir d’un lieu et avancer coûte que coûte.

     

    J’avais choisi le GR 10 pour revenir sur les traces de mon père. Il adore marcher et il adore la montagne. Il parle peu, pourtant je savais qu’il avait à 2 reprises fait des bouts du GR 10.


    C’était une manière pour moi de marcher sur ces traces, une façon de créer du lien, je suppose, avoir de quoi parler autre que mon mode de vie et le loyer à payer.

     

    J’étais motivée, je savais que j’allais en baver, je savais que j’allais souffrir, mais comme notre épopée en vélo à Taïwan j’étais prête à tout et surtout à surmonter les douleurs physiques, à dépasser la fatigue et les courbatures.

     

    J’avais soif de liberté, de déconnexion et de dépassement de moi.

     

    Tout était prêt, j’avais même une nouvelle paire de chaussures. Un signe peut-être anodin pour la majeure partie d’entre vous, mais pour moi c’était une grande décision : j’avais de nouvelles chaussures aux pieds.

    Le monde à deux sur le GR 10

     Même mon cousin se joignait à nous pour le début de cette randonnée, il n’avait jamais marché et il était présent plein d’enthousiasme et j’étais heureuse de l’avoir à mes côtés.

    Une nouvelle histoire s’écrivait entre nous, j’allais pouvoir partager une certaine intimité avec Corentin que je ne connaissais pas encore assez bien à mon goût.

     

    Guillaume prêt à toutes mes folies et toujours motivé pour mes défis insensés était enchanté comme jamais. Ses premières vacances depuis qu’il a repris un travail de bureau, il n’attendait que cette pause estivale pour se dégourdir les jambes.

     

    Nous étions parés tous les trois, portés par mes parents sur la plage d’Hendaye qui devait nous offrir le point de départ de cette mémorable aventure.

    départ randonnée GR 10 Hendaye

    Chaussures lacées et sac à dos ajustés nous avons commencé au bord de la plage sous un beau soleil et au milieu des rues d’Hendaye. La cadence était là et nous nous sommes vite retrouvés dans des coins plus verdoyants.

     

    Nous avions conscience que nous commencions par la partie la moins attrayante de ce GR, mais nous avions 15 jours devant nous et nous devions arrivés jusqu’à Cauteret plus ou moins.


    Le plan était d’avancer à notre rythme pendant le temps qui nous avions.

    Le point d’arrêt serait le point de départ d’une autre randonnée lors d’une autre occasion.

     

    La déception

     

    Mais cette réalité fut de courte durée. Rapidement et en silence, Guillaume a commencé à passer de plus en plus derrière moi. Connaissant mon homme j’ai trouvé ça étrange.

     

    Puis le temps passant, c’est avec tristesse que je l’ai vu boiter. Guillaume qui boite c’est vraiment que la douleur devait être intenable.

    Sans attendre, on s’est arrêté au village le plus proche, on a fait le point et rapidement la sentence est tombée : impossible de continuer pour lui.

    Pour Corentin et moi, la réaction a été assez rapide : on est une équipe : on arrête tous ensemble.

    Sur la route du GR 10 Pyrénées

     Malgré moi, je suis en colère, pas contre guillaume qui n’y ait pour rien, mais pour ma dépendance à ce projet.

    J’attendais tellement de cette randonnée. Que vais-je faire maintenant? où vais-je trouver la force de me déconnecter, de me remuscler et de respirer de l’air pur ?

    J’avais tout misé sur ce GR qui était pour moi une réponse à tout. Puis d’un coup plus rien.

    Je me suis sentie démunie.

    Par quoi remplacer le GR 10 ?

     

    Aujourd’hui, de retour à Bordeaux, je n’ai pas encore toutes mes réponses, mais je suis plus sereine. Guillaume doit prendre soin de lui et moi je fais confiance à la vie.

     

    Nous passerons quelques jours à ne rien faire : après tout, ce sont des vacances !

    Puis nous irons dans la maison d’hôte d’une de mes amies avant d’aller faire un tour en Charente pour revoir un autre couple d’amis.

     

    La vie nous réserve parfois des surprises et même si ce ne sont pas toujours celles qu’on attendait, il y a toujours une leçon à en tirer.

     

    Cette marche là n’était pas pour moi, je suis curieuse de voir ce qui m’attend à la place.

    GR 10 randonnée pyrénées

  • Premier jeu concours sur facebook : 2 livres à gagner

    Premier jeu concours sur facebook : 2 livres à gagner

    C’est le premier jeu concours qu’on organise et je suis tout excitée !

    D’une part car il est en lien avec les deux derniers articles que j’ai partagé dernièrement (retrouvez le sauvage en vous et apprendre à vivre de rien) et d’autre part car j’aime énormément ces deux livres.

    Je suis ravie qu’ils arrivent entre vos mains pour vous accompagner dans vos visions d’un voyage et éventuellement d’un mode de vie alternatif.

    Lors de ce stage dans les bois Nans et Kim nous ont offerts leurs ouvrages et c’est avec grand plaisir que nous vous les mettons en jeu pour vous permettre de vous connecter à votre petit sauvage directement depuis chez vous.

    Les lots à gagner ?

    La bible du grand voyageur

    la bible du grand voyageur le monde à deux

    Avons-nous encore besoin de la présenter ? Ce livre résume toutes les techniques des grands voyageurs : se préparer, se déplacer, se nourrir, se loger, sécurité et santé vous aurez tous les bons plans de Nans Thomassey, co-créateur de Nus et culottés, Anick-Marie Bouchard blogueuse à globestoppeuse et Guillaume Charroin, des Ateliers du Grand Voyageur.

    Avion-stop, technique de communication, cuisiner sur la route, voyager en famille… Tous les thèmes sont abordés et classés par interêts économique, écologique, humain et degré d’aventure.

    Une bonne dose d’information pour vous aidez à organiser et vivre votre voyage pleinement.

    Les astuces indispensables pour voyager mieux avec moins

    la bible du grand voyageur jeu concours

    Arts de vie sauvage, gestes premiers

    jeu concour, le monde à deux arts de vie sauvage

    Ce livre est probablement moins connu et pourtant tout autant riche à nos yeux.

    Il vous plongera d’abord dans une réflexion sur la vie sauvage avant de vous apprendre techniques diverses et variées comme faire du feu, créer une corde, faire de la colle, fabriquer ses contenants et bien d’autres.

    Des textes simples et complets et de belles photos pour parcourir le monde sauvage.

    Vivre en harmonie avec la nature, comme les Indiens d’Amérique ou nos Aïeux d’Europe… : un rêve des plus fous ?

    Réapprenons les techniques primitives, source d’autonomie irremplaçable, et le rêve devient réalité. Au fil des pages, Arts de vie sauvage initie à l’immersion progressive, et permet d’acquérir les gestes premiers, précieux et origine.

    Parlons d’immersion et non plus de survie : Kim et Bernard Bertrand nous rapelle que la nature n’est pas hostile, nous en avons juste été coupé par l’artificialisation de nos modes de vie.

    Laissons nous donc porter par les techniques des gestes premiers qui nous reconnectent à nos racines reliées à la terre.

    jeux concours le monde à deux livre

    Comment participer ?

    Pour participer, il suffit de :

    • liker notre page le monde à deux
    • partager le statut Facebook en mode public
    • poster un commentaire pour valider votre participation

    Voilà, vous savez tout, à vos claviers et bonne chance !

    le monde à deux concours

    [su_box title= »Réglement du concours »]

    Ce concours est organisé par Le monde à deux du vendreid 07 juillet 2017 au samedi 22 juillet.

    La participation est gratuite et n’est liée à aucune obligation d’achat

    Le jeu concours est organisé via Facebook.

    Il est ouvert à toute personne physique résidant en France disposant d’un compte Facebook.

    Les lots sont :

    • La bible du grand voyageur 2ed (d’une valeur de 12,99 euros)
    • Arts de vie sauvage, gestes premiers (d’une valeur de 34,50 euros)

    La participation sera validée si la personne a :

    • liké la page le monde à deux
    • partagé la publication en mode public
    • à commenté sous la publication

    Les gagnants seront désignés par tirage au sort sur le site random.com et indiqués sur cet article après une mise à jour. Ils seront en parallèle informés de leur victoire via la messagerie Facebook.

    Sans réponse d’un des participants dans les 48 heures, le lot sera automatiquement remis en jeu.

    Après tirage au sort, les lots seront envoyés par voie postale. Le monde à deux ne saurait être tenu responsable de l’acheminement de ces lots.

    [/su_box]

  • Apprendre à vivre de rien : vie sauvage et vagabondage

    Apprendre à vivre de rien : vie sauvage et vagabondage

    L’article « Stage vie sauvage et vagabondage : retrouvez le sauvage en vous » vous a certainement livré l’énergie et l’ivresse que j’ai vécue pendant cette folle semaine, mais concrètement qu’avons-nous fait ?

    Je vous livre maintenant un aperçu plus concret sur cette semaine si particulière.

    Pourquoi ce stage ? Les animateurs

    J’ai rencontré Kim en début d’année, loin des bois, en Suisse.

    Invitées pour un atelier sur les futurs modes de vie, nous présentions nos vies actuelles et débattions du futur. Malheureusement, Guillaume avait dû rester à la maison et j’ai donc rencontré Kim pour la première fois, seule.
    Kim Pasche, c’est le genre de gars qui en impose. Trappeur/chasseur et artisan de la préhistoire, il raconte le froid, les marches dans le Yukon, ses échanges avec les peuples premiers, la confection d’arc et d’outils d’antan et ses rencontres avec les ours, d’une simplicité étonnante.
    Pourquoi Guillaume n’était-il pas avec moi pour écouter ce discours inspirant ?

    Des mois plus tard, une publication Facebook a attiré mon regard : « Stage de vie sauvage et vagabondage » co-animé par Kim ET Nans Thomassey.

    Nans Thomassey et Kim Pasche stage vie sauvage et vagabondage

    Nans, backpacker, co-auteur de la bible du grand voyageur et co-créateur de la série « Nus et Culottés » a été une source d’inspiration lorsque nous nous sommes lancés dans l’aventure du voyage au long court. Pour ceux qui ne connaissent pas encore l’émission, je vous invite chaleureusement à visionner au moins un épisode. J’y trouve à chaque fois la chaleur humaine, l’échange et la beauté du voyage alternatif.

    Ce qu’on sait moins, c’est que Kim Pasche a participé à la création de l’émission. Présents au premier épisode jamais diffusé, il a travaillé dans l’ombre pour accompagner Nans et Mouts aux gestes premiers : se nourrir de plantes, faire du feu, dormir dans la nature etc…

    Ces deux-là réunis, c’était une évidence pour nous lancer dans la vie sauvage, du moins pour quelques jours.

    Le contenu du stage

    Je ne vais pas rentrer dans le détail du programme pour deux raisons. La première c’est que l’incertitude qui règne autour du contenu de ces journées fait partie intégrante du stage. Découvrir le « planning » de la journée le matin même était pour moi très agréable.

    La deuxième raison pour laquelle il n’y a pas besoin d’énumérer toutes les subtilités, c’est que le programme est très souple et dépend de différents aspects : la période du stage, la connexion et les envies du groupe.
    Kim et Nans animent le stage d’une manière « organique » comme ils le disent eux-même. Il n’y a pas vraiment de plan défini et ils s’adaptent en fonction de l’évolution.

    Kim Pasche stage vie sauvage et vagabondage

    Cela correspondait totalement à l’ambiance qui régnait entre nous.
    Cette souplesse a ses avantages et ses inconvénients. L’adaptabilité permet de répondre à un grand nombre d’attentes mais en contrepartie une frustration peut s’installer face à un manque de technique concrète.

    Un stage en deux temps

    Dans les bois

    La première partie du stage se passe en forêt. Les journées s’organisent autour de la cueillette de végétaux et de la préparation des repas.

    On y découvre que la Nature déborde de ressources : patate sauvage, infusions (lavande) graines (noisettes), amidon (roseaux) , feuilles vertes (pulmonaire, cirse…), nèfles…
    L’apport seul d’un peu de farines et d’huile à toutes nos trouvailles nous a permis de confectionner des gnocchis au pesto, des cannellonis fourrés à la béchamel, des compotes de fruits sauvages et même une tarte aux pommes. Quel régal pour les papilles et les yeux.

    repas du soir vie sauvage et vagabondage

    Au milieu de ces étapes nécessaires, des ateliers s’intercalent pour nous apprendre à faire du feu et à confectionner des cadeaux en matière naturelle. Comment offrir ou faire plaisir quand on est sur la route en mode vagabond ou minimalisme ? Une fois encore la Nature nous offre toute une panoplie d’outils pour confectionner des hochets et sculptures en fibres naturelles, des fleurs en papier, des cordelettes pour des bracelets. Notre imagination est finalement notre seule limite.

    poisson vie sauvage et vagabondagefleur en papier stage vie sauvage et vagabondagerepas sauvage
    Mais ce qui m’a le plus marqué sont les échanges que nous avons eus autour du feu sur des sujets comme le vagabondage, le voyage alternatif et les modes de communication (basés sur des techniques de « C.N.V : Communication Non Violente).

    Le vagabondage est parfois relié à des images péjoratives et peut alors remettre en question nos valeurs et nos fonctionnements. Dans le groupe nous avions Sarah une experte, des novices curieux et un réticent. Au fur et à mesure des discussions, les langues se sont déliées et les débats ont été très riches.

    échange autour du feu vie sauvage et vagabondage

    Je ne vous cache pas que tous ces ateliers n’avaient qu’un but : nous préparer à passer à la pratique.

    Sur la route

    Lâchés par équipe, dans la « Nature urbaine », nous n’avions qu’une enveloppe à ouvrir une fois dans la première voiture qui nous prendrait en STOP.

    Sans un sou en poche et avec les seuls vêtements que nous portions, il nous a fallu trouver à manger, nous loger et rejoindre notre point de rendez-vous à l’horaire renseigné dans l’enveloppe.

    échange autour du feu vie sauvage et vagabondage

    Quand la magie opère

    Tous les groupes sont arrivés au point de rendez-vous avec plus ou moins de retard. Et alors que je croyais avoir eu des aventures incroyables et n’avoir eu qu’une chance inouïe, j’ai réalisé pendant la mise en commun de chaque équipe que chacun de nous avait trouvé ce qu’il était parti chercher.

    Nous avons tous mangé plus que nécessaire, dormi confortablement et fait des rencontres plus riches les unes que les autres.
    Quel bonheur de découvrir que ce voyage alternatif n’est qu’un outil parmi tant d’autres pour explorer de nouveaux horizons et rencontrer des personnes qui n’auraient alors jamais croisé notre route.

    Kim Pasche stage vie sauvage et vagabondage

    Alors que je n’étais qu’à 400 kilomètres de chez moi, j’ai l’impression d’avoir exploré des contrées inconnues.

    Nous n’avons définitivement pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour voyager.

    Bilan :

    Si vous avez lu mon premier article, vous savez par avance que ce stage fût d’une richesse inestimable à mes yeux.

    J’ai apprécié tous les ateliers en communication autour du thème du vagabondage.
    J’ai aimé la disponibilité de nos deux intervenants. L’approche de Nans qui se forme actuellement en CNV, mais aussi celle de Kim avec son expérience du monde sauvage et des peuples premiers sont riches et pertinentes.

    Les deux aspects vie sauvage et vagabondage qui semblent à priori éloignés prennent pourtant tout leur sens et les deux parties bien scindées de ce stage sont bien ficelées.

    J’ai par la même occasion découvert le Diois : une région alternative ou l’agriculture bio est une norme et ou le STOP fait partie des moyens de transport courant pour aller travailler.

    Si je devais ajouter quelques touches négatives à cette semaine ce serait le manque de temps dans la forêt qui ne permet pas d’approfondir des aspects vraiment pratiques concernant les gestes premiers: comme faire du feu, confectionner des objets avec des matériaux naturels. Tout est abordé, mais souvent trop succinctement et les temps de mise en pratique sont rognés au profit des ateliers d’échanges.

    Je le conseille à tous ceux qui souhaitent s’initier à la vie sauvage et au vagabondage, quelque soit l’âge ou l’expérience. Mais si vous cherchez des outils spécifiques ou des techniques, une autre formule sera probablement plus appropriée.

    stage vie sauvage et vagabondage

    Vous trouverez sur cette page tous les stages pour l’année 2017 autour des thèmes du feu, de la confection d’arc et d’immersion plus profonde dans la nature.

    Dépêchez-vous, le stage de vie sauvage et vagabondage ne se réalise qu’une fois par an et le prochain sera du 11 au 16 juillet.

    Qui fera partie du prochain groupe ?

  • Stage vie sauvage et vagabondage : retrouvez le sauvage en vous

    Stage vie sauvage et vagabondage : retrouvez le sauvage en vous

    Quand je repense à ce stage vie sauvage et vagabondage ou devrais-je dire ce séjour d’immersion dans la Nature, je me sens calme et bienveillante.
    Un nuage de béatitude se forme autour de moi et je n’ai qu’un souhait, vous faire baigner dans les mêmes émotions en lisant cet article.

    Ici et maintenant : face à la Nature

    Me plonger dans les bois sans savoir ce qui m’attendait me pétrifiait. Soyons francs, ce ne sont pas les quelques lignes d’explications qui me permettaient de vraiment comprendre dans quoi je m’engageais. Pourtant, l’incertitude du lendemain et un emploi du temps qui s’adaptait au jour le jour ont pourtant fait entièrement partie du charme de cette expérience. Je ne me voile pas la face, cette semaine ne fût pas parfaite, mais elle fût riche en expérimentation.

    Perdue dans la Nature, je me suis sentie moins femme des bois que j’aurais pu croire. Je savais juste que nous devions être dans ce groupe, ici et maintenant.

    J’ai retrouvé Kim comme je l’avais imaginé : avec son expérience, sa maturité et ses positionnements et j’ai rencontré Nans : plein de poésie, d’empathie, de bienveillance et de blagues salaces. Un duo qui fonctionnait agréablement bien et qui nous a plongé dans l’univers silencieux des smartphones, loin des diktats des horaires et du brouhaha des villes.

    stage vie sauvage et vagabondage Nans Thomassey et Kim Pasche

    Ce n’était pas de la survie, mais une invitation à se reconnecter à la Nature et aux êtres humains.

    Les liens se sont doucement créés et ont dévoilé des discussions empruntent d’amour et d’écoute. Nous avons vécu au rythme des ateliers et des cercles de paroles initiés matin et soir qui ont permis de lâcher prise, faire tomber des peurs et faciliter les échanges.

    stage de vie sauvage et vagabondage autour du feu

    J’ai appris que le silence peut être agréable même en groupe, que l’écoute n’est pas si simple et que mon empathie est bien présente malgré mes doutes. J’ai aussi réalisé qu’on peut cuisiner sophistiqué au milieu des bois, que faire du feu n’est pas si simple et que l’abondance est partout.

    La Nature a tout à offrir.

    J’imaginais cette semaine pleine humainement et c’est ainsi qu’elle s’est présentée.

    J’ai pleuré, ressenti de la colère, de la frustration, sourie, rie et écouté. Avec beaucoup de plaisirs, des sensations de la retraite en Thaïlande me sont revenus en mémoire : retour sur soi, gestion des émotions et acceptation du silence.

    J’ai mal dormi, j’ai eu froid et je ne m’en souviens même pas car, j’ai appris à ne pas manquer et à faire confiance en l’être humain. Je me suis lancée dans l’inconnu de la route sans sourciller, l’excitation au ventre et l’envie de rencontrer l’autre.

    J’ai repoussée mes limites et me suis invitée à la table d’étrangers tout en lâchant prise sur mes idées reçues. J’ai eu peur plus d’une fois et me suis effondrée sans compter.

    stage de vie sauvage et vagabondage autour du feu

    Au milieu d’inconnus, j’ai livré ma vulnérabilité et mon hypersensibilité.

    Un nuage noir s’est dissipé

    Sans revenir dans tous les détails, l’année 2016 de mon retour en France a été très difficile pour moi. Alors que nous arrivions en ce mois de septembre, je savais que ce stage m’appelait.

    J’y suis arrivée pleine de colère et j’en suis ressortie le cœur léger.

    Est-ce la force de la Nature ou la puissance de la solidarité ? Probablement un peu des deux.

    Cette fureur qui m’habitait et me consumait est maintenant quelque part au milieu des bois. Je l’ai laissé à cette prairie qui m’a accueilli sans jugement. Elle a la puissance nécessaire pour l’équilibrer, ce poids était trop lourd pour moi.

    stage vie sauvage et vagabondage dans les bois

    J’avais l’espoir de trouver l’autre et je me suis retrouvée moi grâce au groupe. J’avais laissé des parties de mon esprit un peu partout en Asie et j’ai comblé les vides au fond des bois français.

    Confrontations et apprentissages

    Cette semaine, c’est se confronter à toutes ses facettes : celles dont nous sommes fières et celles qui nous agacent .

    C’est se confronter aussi à nos limites : physiques et émotionnelles mais c’est surtout écouter notre instinct : ce petit sauvage qui vit au fond de nous. Il mendie sa dose d’aventure et il n’est jamais trop tard pour l’écouter et collaborer. La folie de notre monde actuel est compatible à tous nos besoins, seuls un peu de naturel, d’imagination et de création sont nécessaires pour se (re) connecter.

    “ Sauver la nature, c’est sauver chez l’homme sa nature humaine. Re naturer ce qui est dénaturé! ” Kim Pasche

    Tout est une histoire de communication, avec le sauvage qui vit en nous, avec la Nature, mais aussi avec l’être humain face à nous. Que ce soit un membre du groupe, un membre de la famille ou un pur étranger. Comment s’exprimer clairement et honnêtement tout en laissant la place à l’autre de répondre sans peur ?

    J’ai tellement appris en une semaine que je ne pourrai jamais les remercier à la hauteur de leurs apports. Kim et Nans ont été les gardiens de cette force qui s’est construite dans les bois. Elle aurait pu partir dans tous les sens, s’éparpiller et exploser. Mais ils l’ont canalisé pour en faire quelque chose de beau.

    Une communion de toutes nos forces réunies pour permettre un espace de création.

    Mes frères et sœurs des bois : une nouvelle famille

    J’en suis repartie sans connaissance concrète mais riche d’une force qui ne s’achète pas.

    Durant cette semaine, un groupe s’est formé. Intergénérationnel et sans un centime, tout était richesse.

    La sagesse de Kim, mais aussi son incroyable adaptation au monde actuel.
    La bienveillance de Nans et la profondeur de son regard.
    L’énergie de Vincent qui m’a porté au-delà de mes capacités
    Le côté sauvage de Eudes
    La force tranquille de Bedouin
    La fragilité d’Hélène
    Les questionnements légitimes de Zabou
    Le regard avisé de Paul
    La folie de Sarah, ma petite sœur des bois
    La douce présence bienveillante de mon amour

    Mes frères et soeurs des bois, votre compagnie m’a réchauffé le cœur. Je vous aime pour tout ce qu’on a partagé et tout ce que vous m’avez apporté. Vous resterez à jamais au fond de moi.

    stage vie sauvage et vagabondage dans les bois

    Pour en savoir plus, je vous invite à lire le deuxième article : apprendre à vivre de rien qui vous plongera dans les coulisses de cette aventure.

    Mais surtout prenez le temps d’aller surfer sur le site Gens des bois où vous retrouverez tous les stages de Kim ainsi que les prochaines dates de ce stage : « vie sauvage et vagabondage ».

    Alors prêt à tentez l’aventure ?

    Source photo : toutes les photos ont été prise par Paul, participant de ce stage et photographe professionnel. Pour plus de photos, je vous invite à vous rendre sur son site.

  • Alléger sa vie pour voyager léger ?

    Alléger sa vie pour voyager léger ?

    En ce moment je traverse une période plutôt étrange. Vous savez ces moments où vous êtes conscients que vous passez un cap et qu‘une page se tourne ? Alors aujourd’hui je vous partage cette réflexion : et si voyager léger c’était alléger sa vie ?

    Voyager léger

    Pour moi le voyage, c‘est s‘évader, découvrir et apprendre. J‘ai toujours été convaincue que nous n‘avons pas besoin d‘aller à l‘autre bout du monde pour voyager. Une expédition à travers soi-même est déjà un itinéraire passionnant, qu‘en pensez-vous ?

    voyager léger

    Dans mon imaginaire, voyager a toujours été relié à une notion de liberté et de légèreté. Lorsque nous avons préparé nos sacs à dos pour notre tour du monde en début d‘année 2014, nous avions tous les deux cette volonté de voyager léger. J‘ai alors passé en revue des dizaines de blogs et pour être honnête, comparé à ce que je voyais sur la toile, je pensais m‘en être plutôt bien sortie.

    Partie sur la route avec 12-13 kilos environ sur le dos, j‘ai trecké, j‘ai fait du volontariat, j‘ai adossé le rôle de blogueuse, j‘ai fait le tour de Taïwan à vélo, j‘ai vécu au Japon, j‘ai encore marché, j‘ai rencontré des Népalais qui ne possédaient rien sauf leur sourire.

    Tout ça réuni m‘a fait évoluer et par conséquent mon sac à dos aussi.

    Mais pourquoi je vous parle de tout ça, alors que nous avons repris une vie sédentaire pour plusieurs mois en tout cas ? Pourquoi vous parlez de mon sac à dos qui se voudrait plus léger ?

    Est-il sorti et prêt pour d‘autres aventures ou tout simplement soumis à finir à la poubelle ? Et bien ni l‘un ni l‘autre, loin de là !

    Je suis persuadée que tout est lié.

    Alléger son sac, ça commence par alléger sa vie.

    Alléger son sac, c‘est alléger sa vie

    Voilà la période que je traverse actuellement. Nous avons beaucoup bougé en France l’année dernière. Chaque trajet était une occasion de travailler sur mon minimalisme en voyage, mais j‘avais beau chercher à alléger mon sac, quelque chose clochait toujours.

    Trop de choix, trop de temps et trop de réflexions.

    sac à dos le monde à deux voyager léger

    Je me suis revue à mon retour en France il y a à peine plus d‘un an, j‘ai repensé au choc que j‘avais ressenti face à ce trop-plein d‘affaires après une si longue période où je vivais avec si peu. Certaines de ces affaires m‘avaient été « empruntées » sans mon accord et cet incident m‘avait laissé un goût amer que j‘ai eu du mal à comprendre. Attachais-je plus d‘importance à ces objets inanimés que je ne l’aurais voulu ?

    J‘avais pourtant l‘impression d‘être partie en abandonnant tout derrière moi, comme si je devenais libre et que mes seules possessions étaient contenues dans mon sac : mon tout, ma maison.

    Quel mensonge. La réalité était bien plus nuancée…

    Une fois rentrée en début d‘année 2016, j‘ai rouvert la porte d‘une de cette pièce sombre et poussiéreuse qui contenait toute ma vie. J‘ai retiré les draps sales et humides et j‘ai ouvert les cartons un par un, dépitée par tout ce que j‘avais emmagasiné. Trop prise par l‘énergie des retrouvailles avec la France, j‘ai pris le strict nécessaire, j‘ai fermé les yeux et j‘ai verrouillé la porte sur cet amas d‘ustensiles, vêtements, bibelots oubliés et mis de côté.

    Le temps a fait son oeuvre et j‘ai vécu sans toutes ces choses, certaines ont manqué, mais la plupart ne faisaient déjà plus partie de ma vie. Comme on vit sur la route avec 13 kilos sur le dos, on peut vivre sédentairement sans des placards remplis à craquer.

    Faire le choix du minimalisme

    Un évènement plus ou moins attendu a déclenché l‘étape suivante. Il était temps d‘ouvrir cette pièce un peu trop remplie, de face à mon passé et de clarifier mes attachements. J‘ai poussé à nouveau cette porte rouillée et je me suis frayé un chemin dans l‘obscurité pour affronter un à un tous ces maudits cartons.

    J‘admire les minimalistes et je comprends totalement leur choix de vie. Bien que le but ultime serait d‘atteindre ce type de mode de vie, je ne pense tout simplement pas en être capable à l‘heure actuelle. Mon état d‘esprit tend vers ces idées, car je ressens de plus en plus le besoin de vivre dans des espaces libres. Non pas de grands espaces, au contraire nous envisageons tous les deux de vivre un jour dans une Tiny House.

    Tiny House voyager léger
    Photo libre de droits (source : Wikipédia)

    Mais pour moi chaque pièce doit respirer et je fuis de plus en plus l‘encombrement. C‘est en contradiction totale avec la grande bordélique que j‘ai toujours été. Mais les gens changent et je ne fais pas exception.

    Nous vivons actuellement dans un petit T2, bien assez grand pour nous deux. Toutes nos possessions entreront dans notre cocon sans que je me sente étouffée, c‘est l‘objectif que je me suis donnée. Je sais alors que j‘aurai ce dont j‘ai besoin et ce qui me fait plaisir.

    Sans atteindre la perfection, j’aurai déjà moins d‘attachement et je serai libre de reprendre la route sachant que je ne traînerais plus de casseroles derrière moi, au sens propre comme au sens figuré. Je suis persuadée que notre attachement aux choses relève un trait de notre personnalité. Il est donc temps pour moi de tourner certaines pages de ma vie et laisser partir celle que je croyais être, mais que je ne suis plus.

    Trier, jeter, donner, ranger fait donc partie de mon quotidien depuis plusieurs jours. Je passe du temps sur un groupe Facebook de dons à prendre des rendez-vous puis je fais de nombreux allers-retours à Le relais et Emmaüs.

    Un début difficile

    Pour être honnête, à cette étape du chemin (je dirais environ 60% du tri), je suis plutôt à l‘aise et heureuse.

    Mais quand j‘ai commencé ce processus, je dois l‘avouer, j‘ai paniqué. Il faut dire que tout est lié à une épreuve douloureuse de ma vie.

    Cette première étape je l‘ai franchi avec l‘aide de mes proches. Ma mère a été présente physiquement et spirituellement pour m‘aider à pousser et à porter ces cartons qui me tétanisaient, mon père pour charger la voiture, puis Guillaume qui est toujours là pour répondre à mes questions. Il m‘aide à faire mes choix, me fait réaliser mes contradictions et m‘aide à donner un pantalon de cheval que je n‘ai pas porté depuis plus de 6 ans et qui ne me va probablement plus.

    C‘est si facile pour lui, car soyons honnête, il n‘a vraiment pas besoin de ce travail. La maison est remplie à 80-90 % de mes affaires. J‘admire sa capacité de se défaire des objets si facilement, mais je ne le jalouse pas, il m‘inspire. Je sais que c‘est mon chemin, mon apprentissage et je suis reconnaissante de l‘avoir à mes côtés.

    S‘alléger à l‘aide de la lecture

    Pour m‘aider, je me suis aussi plongée dans la lecture. J‘ai une liste de livres à lire qui se rallonge de jour en jour.

    Deux de ces livres m‘interpellaient depuis un moment et c‘était le moment évident pour les poser sur ma table de chevet. Je les ai dévorés en l‘espace d‘un week-end et ils m‘aident beaucoup à avancer dans cette démarche.

    Je parle de L’Art de la simplicité de Dominique Loreau et de La Magie du rangement de Marie kondo.

    lart-de-la-simplicité

    Alors que sur la route, vivre simplement, profiter de ce que nous avions et se satisfaire de ce que la vie nous offrait étaient si simple, une fois posé en France tous ces détails se sont avérés bien plus difficiles. Ces livres m‘ont rappelé les sentiments que j‘avais pendant mon voyage et m‘aident à faire tous les choix actuels.

    Le premier évoque un art de vivre et le lâcher-prise alors que le second apporte des techniques concrètes pour aider à vider et à ranger son chez-soi.

    Concrètement, dans l‘idéal je ne garde que ce qui m‘apporte de la joie ou ce dont j‘ai besoin, ce qui est simple et efficace.

    J‘ai donné plus de quatre gros sacs de vêtements, j‘en suis à trois grosses boîtes d‘ustensiles et je distribue mes livres au grès du vent. Je vois maintenant les cartons se désemplir, les sourires des gens qui récupèrent mes dons et je suis heureuse. Certains cartons sont plus faciles que d‘autres, mais une fois partis, je n‘ai jamais aucun regret.

    Je crois de plus en plus que chaque objet à une vie à part entière et un objectif de vie. Les laisser dans un placard ou dans un carton est un manque de respect vis-à-vis d‘eux-mêmes, mais aussi de tous ceux qui ont participé à sa construction et à leur arrivée dans votre foyer.

    Lorsqu’on prépare son sac à dos, n‘est-ce pas la même chose ? Ne fait-on pas en sorte que tout soit utile et approprié ? Alors pourquoi cela devrait-il être différent dans une maison sédentaire ?

    J‘ai choisi de faire vivre ma porcelaine et mes six cuillères en argent offertes par ma grand-mère qui ont toujours vécu dans une boîte, j‘ai redonné une nouvelle maison à tant d‘autres ustensiles qui prenaient la poussière et j‘ai rendu une étudiante heureuse, car elle va pouvoir remplir sa cuisine sans exploser son budget.

    S‘alléger, c‘est savoir donner

    Faire le tri c‘est lâcher prise et c‘est aussi accepter de donner.

    Après avoir voyagé pendant 18 mois et après avoir tant reçu sur la route, je donne aujourd‘hui avec plus d’aisance. La générosité des gens m‘a profondément atteinte. Nous n‘avons pas toujours pu rendre à la hauteur de ce qui nous a été offert : pas le temps, pas les moyens ou tout simplement les personnes refusaient.

    Tous ces échanges nous ont beaucoup questionnés et je ne fais que faire vivre une idée qui nous anime Guillaume et moi. Sans le réaliser, nous avons rejoint une chaîne de générosité. Donner sans rien attendre, prendre quand ça nous est généreusement offert.

    Qui nous oblige à rendre directement aux personnes qui nous ont donné alors que la plupart l‘ont fait avec plaisir et amour sans rien attendre en retour ?

    Aujourd‘hui, je m‘inspire de ces personnes et je continue à nourrir cette chaîne en donnant à ceux qui en ont besoin sans rien attendre.

    Je cède à présent avec amour et le coeur léger. Ces objets auront voyagé et retrouvé un foyer. Quant à moi, je désencombre ma vie et mon esprit.

    liberté en voyage

    Et vous, comment vivez-vous votre rapport aux objets ? A-t-il changé après un long voyage ? Est-ce que chaque départ est un calvaire au moment de préparer votre sac ? Ou êtes-vous déjà libre de tout attachement à votre foyer ?

  • Souvenirs et projets d’une voyageuse à l’arrêt

    Souvenirs et projets d’une voyageuse à l’arrêt

    Un souvenir ?

    Un an et demi plus tôt, confortablement installés pour deux mois dans une belle maison Malaise, jonglant entre le tumulte de Singapour et le calme de la banlieue de Johor Bahru.

    Je vous livrais alors les secrets de notre itinéraire abandonné.

    Notre quotidien rempli d’une liberté impalpable, nous avancions au rythme qui était le nôtre. Le monde était à nos pieds et l’horizon accessible. Nos seules limites étaient celles que nous nous imposions.

    Plus de montres, plus de calendriers, le temps passait avec une valeur si différente d’un quotidien sédentaire.

    Des mini-routines remplissaient notre quotidien, j’ai dévoré les cinq saisons de Games of Thrones, j’ai dormi plus qu’il ne m’en fallait, je me suis assouplie grâce à la discipline du yoga quotidien, j’écrivais régulièrement et je me suis investie comme voulue dans le blog.

    Le temps s’est arrêté et nous découvrions le plaisir de re cuisiner pour nous-mêmes avec des saveurs asiatiques. Nous étions chez nous partout et nulle part. Je fatiguais vite et cet arrêt dans le temps fut un refuge nécessaire.

    A cette période, la France me manquait et une envie de rentrer s’est fait ressentir. Je ne crois pas l’avoir une seule fois évoqué sur le blog, mais nous arrivions à un an de voyage, j’étais loin des miens et je me sentais vidée. Je créais mon propre monde et le leur continuait sans moi.

    Guillaume n’était pas prêt. L’idée de rentrer l’attristait et je n’étais pas décidée à l’obliger de faire ce sacrifice pour moi.

    Souvenirs de voyage avec Guillaume

    Un nouveau départ

    Notre hôte nous a comblés plus que nécessaire, mais la route nous rappelait à elle. La Malaisie fût un énorme coup de cœur, j’en garde des souvenirs mémorables, mais aussi accueillante qu’elle puisse être les adieux semblaient nécessaires.

    C’est donc le Vietnam qui a accueilli notre nouvelle énergie. Une énergie éteinte de plusieurs mois de route et de travail acharné et peu ravivé par cet arrêt volontaire.

    Comme beaucoup le savent déjà, le Vietnam ne nous a pas ouvert les bras. Un signe pour nous renvoyer chez nous ? Peut-être n’avons nous pas su le déceler plus tôt.

    Chaque émotion était plus violente et chaque confrontation plus difficile.

    Après de nombreuses discussions sans fin, il était temps de rentrer. Le non-itinéraire ouvre cette porte de sortie et déculpabilise. Pourquoi un an ? Et pourquoi pas 18 mois ?

    Retour à la maison

    Dans un choix de voyage comme celui-ci, les comparateurs de vol tels qu’Easyvoyage simplifient notre quotidien. En quelques jours, nous avions un billet dans un budget acceptable et 15 jours plus tard sans une larme et sans regret, nous foulions à nouveau le sol français.

    Sous un ciel gris et pluvieux, dans le froid et le brouillard j’ai retrouvé la chaleur de mes racines que j’avais semées en chemin.

    « On ne reste qu’un mois ou deux puis on repart » répétions-nous en boucle.

    Le monde nous appelait et pourquoi se poser à nouveau ? Car parfois la vie nous guide sur certains chemins inattendus.

    En pleine conscience, nous avons fait le choix de prolonger notre séjour en France. Des liens à tisser qui ne pouvaient se créer à l’autre bout du monde et le temps est notre richesse la plus précieuse ne l’oublions pas.

    Voyage un jour, voyage toujours ?

    Plus d’un an après notre retour, alors que le vide se crée sous notre toit (je vous en parle ici), nos cerveaux ne cessent d’énumérer les lieux que nous souhaitons voir, les moyens de se déplacer que nous emploierons et les chemins que nous emprunterons.

    L’Inde m’appelle encore et encore, l’Europe est un incontournable, l’Amérique du Sud n’est pas si loin que ça, l’Afrique me plonge dans une partie de mon histoire, l’Océanie nous fait rêver et l’Amérique du Nord ? Pourquoi non ?

    Quelques avions par ci par là, des trains et des bus à n’en plus finir, pourquoi pas un camion aménagé ? Mais aussi et surtout l’idée d’un voyage pied qui traîne dans nos têtes comme un leitmotiv.

    Cet arrêt français dure plus longtemps que nous l’aurions imaginé, mais l’idée de nous installer pour toujours ne nous a toujours pas effleurés.

    L’appel du changement coule dans mes veines depuis que je suis petite et Guillaume ne dira jamais non à un souffle de liberté.

    Chaque chose en son temps et le monde à deux ne s’éteint pas.

  • J’ai oublié les réseaux sociaux, j’ai oublié le blog et je vous ai oublié …

    J’ai oublié les réseaux sociaux, j’ai oublié le blog et je vous ai oublié …

    Depuis quand n’ai-je pas ouvert mon ordinateur pour autre chose que mater des séries, avachie sur mon canapé ou faire défiler les fils d’actualité de mes profils personnels ?
    Depuis quand n’ai-je pas pris le temps de répondre aux mails et aux commentaires pourtant si gratifiants à mes yeux ?
    Et depuis quand n’ai-je pas réussi à retranscrire mes pensées dans l’ordre pour arriver à pondre un article en bonne et due forme ?

    Car quand je vous dis que j’ai oublié les réseaux sociaux, je parle bien des comptes associés à mon cher et tendre blog : Le monde à deux auquel je tiens plus qu’il n’y paraît.

    Rien posté depuis des mois : pourquoi ?

    Pourtant, je n’ai rien posté depuis des années, enfin je m’emballe, des mois déjà.

    N’ai-je à ce point rien à partager ? Ma vie est-elle lasse d’informations croustillantes et de paysages verdoyants ?

    Les événements se sont enchaînés et je le dis sans sourciller, je vous ai oublié.

    J’ai tout d’abord pensé à m’excuser et à vous expliquer dans les moindres détails pourquoi ma vie sur Internet s’est simplement éteinte du jour au lendemain. Comment je suis passée d’un article par semaine au néant total. Et comment je gère le temps libre que la route ne me prend pas ?

    Puis, je me suis demandée : pourquoi ?
    Pourquoi devrais-je m’excuser de ne plus étaler ma/notre vie derrière cet écran ?

    Pourquoi devrais-je me sentir mal de vous avoir mis à l’écart l’espace de ces deux mois ?

    Pourquoi sous-entendrais-je que vous avez absolument besoin de savoir ce que je/nous devenons ?
    Ne vous portez-vous pas aussi bien sans la dernière photo de notre dernier voyage, sans les dernières nouvelles croustillantes ou sans savoir où nous sommes actuellement ?
    Alors, peut-être que certains d’entre vous se le demandent : et dans ce cas la réponse se trouve en page d’accueil de notre blog.

    Pour ceux qui ont besoin d’en savoir davantage, ils se sont manifestés d’une manière ou d’une autre et leurs questions ont probablement obtenus leurs réponses.

    Mais pour tous les autres ? Je suppose que vous saurez attendre la prochaine publication sans oublier qui se cachent derrière « le monde à deux ». Sans m’en vouloir de ne pas avoir suivi les critères dictés par les algorithmes et sans vous offenser de cette mise à l’écart.

    Ou peut-être aurez-vous été séduits par d’autres voyageurs plus présents sur la toile ? Et dans ce cas, puis-je vous en vouloir ?

    Cela n’a au fond pas tant d’importance, n’est-ce pas ? Ce blog c’est le mien et j’ai souvent été pris dans la menace des objectifs et des statistiques. J’ai parfois voulu en faire quelque chose de grand et de médiatisé.

    Mais à quel prix ?

    Aline isolée dans la forêt

    Accepter de ne pas partager mon temps

    Ma présence en France était plus que nécessaire pendant cette année et mon attention dans l’instant présent non partageable avec une vie en ligne.

    J’avais déjà évoqué avec vous dans l’article « Bilan 2 ans après : bloguer et voyager, un équilibre précaire », cette difficulté à me diviser entre le moment présent et l’envie de tout retranscrire en temps réel. Mais aujourd’hui, j’ai dû faire face à d’autres questionnements et d’autres priorités.

    Car cette année, nous l’avons traversé la France, du Nord au Sud et parfois même en diagonal. Probablement pas assez à mon goût et pas toujours pour les raisons que j’aurais aimées.

    Il est vrai que j’en ai des dizaines de thèmes à partager et des articles en cours. Mais rien n’est encore prêt à être publié.

    Car la question n’est pas de savoir ce que je peux ou doit partager sur la toile. La réponse à cette question s’impose d’elle-même le moment venu.

    Mais plutôt : quand serais-je prête à écrire et à me mettre à nue ? Que ce soit des conseils de destinations, la retranscription d’un séjour de volontariat ou un article plus personnel : chaque écrit me demande de plonger en mon fort intérieur pour y trouver le ton juste dans un timing qui m’est propre.

    Alors, oui je vous ai oublié.

    Enfin, pour être tout à fait exacte, je vous ai oublié les premières semaines puis, je n’ai tout simplement pas pu vous contacter, pas tout de suite, pas encore. Trop frais, trop triste, trop difficile…

    le monde à deux un arbre pleure
    Les moments que j’avais à vivre m’étaient trop personnels et me demandaient trop d’attention pour pouvoir utiliser mon énergie à vous écrire, à vous vendre du rêve ou un quotidien qui parfois pourrait tendre à l’être.

    Et je vous ai mis de côté, volontairement et nécessairement.

    Je ne peux vous promettre un retour en fanfare tel que je l’aimerais, car ce n’est tout simplement pas moi.

    Mes faux oublis ne sont pas du dédain, mais un besoin nécessaire pour continuer à faire vivre ce blog à mon image.

    Et tant pis si les chiffres en pâtissent. Je sais que la plupart d’entre vous ne seront pas présents à mes multiples retours. Et puis si les chiffres subissent, à quels critères se comparent-ils ? Ceux des blogueurs influenceurs ?

    Quand je suis sortie de mon sommeil virtuel, j’ai réalisé que nos statistiques n’étaient pas plus basses que dans mes souvenirs et que je pouvais déjà être fière de ce que j’avais accompli. Je pouvais tout simplement être heureuse de votre présence discrète et bienveillante.

    Je suis et serai là par intermittence, comme je l’ai toujours fait. Je vous oublie pour mieux revenir, vous aimer et vous chouchouter comme j’aime le faire. Dans ces moments-là, je me sens plus honnête que jamais et mon esprit vous est alors entièrement dédié.

    Je ne demande qu’un peu d’attente pour plus de présence.

  • Pourquoi j’ai détesté le Vietnam (du Sud)

    Pourquoi j’ai détesté le Vietnam (du Sud)

    Nous étions peu attirés par le Vietnam et sans explication rationnelle, nous aurions pu l’éviter sans regret. Mais ses paysages idylliques et la fameuse Baie d’Hạ Long ont pris le dessus sur notre intuition.

    Après avoir passé finalement quatre mois dans le sud avec des locaux, voici pourquoi j’ai détesté le Vietnam.

    riviere des fees mui ne vietnam

    Arrivée chaotique

    À peine arrivés sur le sol Vietnamien, le chauffeur de bus nous avait déjà escroqué de quelques euros. Notre premier trajet a ressemblé à une course folle, dans un bus bondé qui laissait s’agglutiner les locaux en repoussant sans honte les étrangers.

    Rapidement perdus, personne n’a voulu répondre à nos questions, heureusement que le GPS a fini par se montrer plus loquace.

    temple cao dai tay ninh vietnam
    L’arrivée chez nos hôtes Vietnamiens auraient pu adoucir ces premières heures chaotiques, mais c’était sans compter sur une demande d’argent surgie de nulle part dans le but de payer un repas qui nous avait été servi comme une invitation.
    Il ne faut pas s’arrêter à si peu me direz-vous ?

    Effectivement, une différence culturelle à vite fait de s’immiscer sans prévenir, nous avons donc payé sans rechigner et sommes allés nous coucher pour reposer nos corps bien fatigués.

    plage phu quoc vietnam

    Le Vietnam nous montre son visage

    Le Vietnam commençait tout juste à nous montrer son visage. L’argent fait partie de leur quotidien et je dirais même plus, il mène leurs vies. Tout est une question d’apparence, les maisons sont vides de tout. On dort au sol, mais le dernier téléphone hors de prix s’exhibe de la poche d’un pantalon dernier cri.
    L’argent était à toutes les bouches et chaque discussion finissait généralement par le prix d’un loyer ou d’un salaire. Vous imaginez bien que cela donne rarement des conversations prometteuses et intimes.

    Un jour un touriste comme nous, habitué de ce pays, nous a affirmé en souriant :

    “C’est le Vietnam !”

    fleur papillon vietnam

    Un Vietnam qui nous a arraché nos 2 ordinateurs, volé 2 mois d’écriture et délesté d’une centaine d’euros. Un Vietnam aux mœurs corrompues qui nous a menacé d’expulsion car nous insistions pour avoir des papiers officiels de vols… Un Vietnam qui refusait de nous croire et qui cherchait à nous arnaquer.

    Seuls quelques billets glissés sous la table ont permis de l’amadouer pour récupérer nos justificatifs.
    Une fois de plus, on s’entendra dire de la part du gérant de l’hôtel un peu honteux :

    « C’est le Vietnam … »

    bateaux port phu quoc vietnam

    C’est le Vietnam à tel point que le vol devient une normalité.
    Si vous payez le prix fort, la police retrouvera en une journée l’objet volé et passera dans le journal dès le lendemain matin.
    C’est le Vietnam, à tel point qu’une fille nous a naturellement dit qu’elle piquait dans la caisse de son patron et qu’une autre nous a expliqué que « les voleurs sont intelligents car ainsi ils n’ont rien à payer » !

    C’est vraiment ça le Vietnam ? Des locaux rarement souriants, une indifférence à peine masquée des travailleurs que nous croisions à longueur de temps. Même un bonjour dans leur langue maternelle ne les faisait que très rarement réagir.

    Effectivement, si nous ne nous pavanions pas avec les billets sous leur nez, nous étions tout de suite moins attirants.

    pagode phu quoc vietnam

    Le Vietnam c’est aussi des plages qui regorgent de déchets et de rues polluées. Des gens non éduqués à ce fléau qui détruit la terre sous nos yeux. Et nos hôtes qui nous expliquent que l’éducation ici : « bah ça fonctionne pas ».
    J’aimerais vous dire que c’est le Vietnam, mais pour être honnête cette partie là, elle concerne malheureusement toute l’Asie.

    The waste collection site on Phu Quoc Island #phuquoc #vietnam #asia #tdm

    Une photo publiée par Le monde à deux (@lemondeadeux) le


    Mais revenons à notre situation.

    Le Vietnam c’est demander 8h de travail à des bénévoles pendant 15 jours, sans un jour de pause et en oubliant parfois même de les nourrir. C’est aussi travailler avec des outils de basse qualité quitte à se mettre en danger. D’ailleurs, le danger est partout. On coupe des arbres à moitié et on ne sait jamais quand ils vont se décider à tomber, qu’on soit dessous ou pas d’ailleurs. On construit une maison sur un sol en pente quitte à ce que tout s’écroule avec un bénévole en dessous (véridique)…

    Notre hôte Thuy nous a répondu en explosant de rire :

    « C’est le Vietnam ! « 

    construction resort volontariat vietnam

    Ici on agit, on gueule et on réfléchit après. Je suis devenue folle face à leur désorganisation constante. Ici on ne communique pas, quand un problème se présente, on le contourne. Surtout si ça coûte de l’argent.
    On passe des heures à préparer des illustrations pour les touristes mais tout est éparpillé dès la première présentation.

    On s’épuise à bêcher pour planter fleurs et plantes pour les abeilles mais tout est détruit en quelques minutes pour installer un tuyau…
    Les expats nous répondent toujours avec un sourire mi-amusé, mi-blasé :

    « Hé oui, c’est le Vietnam… »

    bee farm phu quoc vietnam
    Volontariat dans une apiculture sur l’île de Phu Quoc

    Un Vietnam fidèle à lui-même

    Un Vietnam que je commence à détester… Détester pour toutes ces choses et tellement d’autres, mais je constate surtout que je hais le Vietnam pour l’effet qu’il me fait.

    Il a ce pouvoir de me confronter à moi même si brutalement. Fier de lui, il ne s’est jamais démonté.

    Alors que je prenais ça pour de la frime, il était pourtant d’une humilité qui m’a échappé.

    Moi qui clamait haut et fort combien je suis ouverte d’esprit, je me suis vue juger et critiquer leurs modes de vie comme si le mien était un modèle à suivre. Le Vietnam c’était ça : un rappel constant qu’il assumait ses défauts tout en se moquant ouvertement de moi :

    Je suis le Vietnam et je suis ainsi que tu le veuilles ou non !

    Une énorme claque qui m’a fait réaliser que j’affrontais une part de moi qui ne me plaisait pas et que face à cette déception, c’était peut-être à moi de partir.

    Après 18 mois de voyage et cette fatigue psychologique, le nord du Vietnam et le reste du monde attendra.

    2 semaines et 3 avions plus tard, nous étions de retour en France.