Nous sommes bien évidemment deux à travailler sur ce blog, mais je ne parlerai qu’en mon nom pour plusieurs raisons. La première, c’est que je suis la seule à y écrire (même si j’espère que cela changera au fil du temps) et la deuxième, c’est que je pense avoir été sans aucun doute la plus récalcitrante pour lancer ce blog. 9 mois quand même.
Et oui, nous sommes partis, il y a maintenant 9 mois, nous l’avions pourtant préparé notre bébé avant le grand saut, il aurait même dû être plus que prêt avant même de quitter le nid. On lui avait pris la meilleur couverture (un thème modelable à souhait), les meilleurs jouets (widgets et gadgets dont seuls Guillaume a le secret), et on a avait réfléchi à des amis pour qu’il ne se sentent pas seul : les blogrolls comme ça se fait si bien.
Puis les premières semaines ont été enflammées par le départ, l’excitation, les rencontres, l’envie de tout dévorer, de tout voir et de rien manquer. J’en parlais pourtant quasiment tous les jours de notre monde à deux. Je vous narguais même : vous verrez il y a plein de choses à dire et Facebook est trop concis, j’ai tellement hâte de vous le montrer et de vous en faire profiter encore plus. Il faut dire que j’y croyais vraiment à ce moment-là. Je croyais en ma motivation.
J’ai alors commencé à lire de nombreux autres blogs, j’ai commencé à réfléchir à ce qui fonctionnait sur la blogosphère, ce qui plaisait à Google, car tout, absolument tout, passe par Google : le SEO, vous avez déjà entendu parlé ? Ce truc qui permet de bien rentrer dans les cases.
Je lisais au-dessus de l’épaule de Guillaume qui gérait bien mieux que moi cette partie et qui d’ailleurs la gère toujours bien mieux.
J’ai commencé à comprendre ce qui plaisait et j’ai commencé à perdre espoir.
À quoi bon? Tout a déjà été dit.
Les titres finissent par se paraphraser, je ne compte plus le nombre de :
LE TOP 10 DES MEILLEURS ENDROITS,
CE QUE LE VOYAGE A CHANGÉ EN MOI
TOP 5 DES CHOSES À FAIRE
Les thèmes se ressemblent :
VOYAGER PAR CHER
VOYAGER LEGER
COMMENT FAIRE SES VISAS
Les photos sont des déjà-vus.
Alors franchement à quoi bon ?
J’avais juste perdu l’envie. Qu’avais-je de plus à partager ? J’avais alors en tête trop d’idées, trop de projets, trop de fouillis pour en faire quelque chose et ça devenait au final : RIEN.
J’ai dû faire une petite crise de manque de confiance en moi. J’en ai fini par déduire, sans même avoir essayé qu’au milieu de ces thèmes redondants, mon écriture n’intéressera pas. Alors à quoi bon se lancer ?
Puis, honnêtement quand on voyage comme nous, sans plan ni boussole, que la plupart de notre temps se passe dans des workaway sans accès internet correct, écrire un blog devient mission impossible non ?
Oui, bon je le reconnais, j’ai fini par me trouver des excuses… L’excuse Internet est celle qui est le plus souvent revenue. Guillaume me l’a même emprunté pendant un temps. Pourtant on a tout pour bloguer en interne. Alors oui, j’ai fini par accepter que tous les autres blogueurs que je vois avancer n’aient pas plus de temps que moi. Ils ont tout simplement fait le choix de le prendre ce temps.
La deuxième grosse excuse a été l’attente des illustrations d’un frère qui ne travaillait pas assez vite, pas assez comme ci, pas assez comme ça à mon goût. J’ai finalement réalisé que j’aurai beau mettre toutes mes attentes dans ce frère prodige cela ne changerait absolument rien à ma capacité à procrastiner.
Il était temps que je mette ma philosophie du temps à l’épreuve de mon blog : le temps ça se prend.
J’ai alors réalisé que ce blog j’y tenais vraiment et j’ai mis longtemps à réaliser ce que je voulais en faire vraiment. J’avais déjà oublié les objectifs que je m’étais fixé au départ : laisser une trace et transmettre à ma famille et aux amis.
C’est en avril, dans la ferme de Malaisie où nous sommes restés presque deux mois que j’ai pu me poser les bonnes questions.
Je n’avais pas besoin de plaire à tous les voyageurs, je pouvais et je devais commencer par écrire ce que je ressentais, quand je le sentais et comme je le ressentais. Pas besoin de rentrer dans des casses pour plaire et si je ne plais qu’à ma famille et à mes amis proches ça sera déjà une victoire.
Et si je ne me plais qu’à moi-même, alors il ne me restera toujours la possibilité d’écrire encore et encore dans le but de m’améliorer.
Je n’avais pas besoin d’écrire ce qui ferait plaisir à Google et à la majorité des gens sur la toile, mais je devais commencer par écrire ce que j’avais vraiment envie, à la vitesse dont j’avais envie d’écrire. Si ça fonctionne, tant mieux, si ça ne plaît pas, alors tant pis. Alors oui la réalité du blogging fait que j’en écrirais peut-être de temps en temps, des articles qui « rentrent dans les cases » mais l’idée c’est de rester moi-même quoiqu’il arrive.
Pourtant il y a toujours une petite voix intérieure qui me murmure que l’écriture demande de la rigueur, ce qui pour le moment n’est pas ma principale qualité. L’écriture demande aussi un timing et respecter des délais me paraît toujours inconcevable. Mais ce blog c’est le mien, c’est le nôtre.
Pourquoi ne pourrait-il pas être à mon image, à notre image, parfois vif et joyeux, parfois vide et monotone ? Inconstant comme notre vie sur la route ?
Fini la peur d’être nulle, fini la peur de n’avoir que 30 lecteurs. Et encore 30 lecteurs c’est déjà quelque chose si on pose ces objectifs.
Je ne regrette donc pas de ne se sortir ce blog que maintenant. Il sera d’avantage à mon image.
Ne vous méprenez pas, je suis loin d’être satisfaite de tout et il y aura encore un gros travail à faire sur moi-même et sur la toile, mais j’ai décidé de mettre de côté les doutes et la perfection, il est temps de plonger dans le grand bain et de me mouiller un peu.
La suite dépend de vous…


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