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Alléger sa vie pour voyager léger ?

Alléger sa vie pour voyager léger ?

En ce moment je traverse une période plutôt étrange. Vous savez ces moments où vous êtes conscients que vous passez un cap et qu‘une page se tourne ? Alors aujourd’hui je vous partage cette réflexion : et si voyager léger c’était alléger sa vie ?

Voyager léger

Pour moi le voyage, c‘est s‘évader, découvrir et apprendre. J‘ai toujours été convaincue que nous n‘avons pas besoin d‘aller à l‘autre bout du monde pour voyager. Une expédition à travers soi-même est déjà un itinéraire passionnant, qu‘en pensez-vous ?

voyager léger

Dans mon imaginaire, voyager a toujours été relié à une notion de liberté et de légèreté. Lorsque que nous avons préparé nos sacs à dos pour notre tour du monde en début d‘année 2014, nous avions tous les deux cette volonté de voyager léger. J‘ai alors passé en revue des dizaines de blogs et pour être honnête, comparé à ce que je voyais sur la toile, je pensais m‘en être plutôt bien sortie.

Partie sur la route avec 12-13 kilos environ sur le dos, j‘ai trecké, j‘ai fait du volontariat, j‘ai adossé le rôle de blogueuse, j‘ai fait le tour de Taïwan à vélo, j‘ai vécu au Japon, j‘ai encore marché, j‘ai rencontré des Népalais qui ne possédaient rien sauf leur sourire.

Tout ça réunit m‘a fait évoluer et par conséquent mon sac à dos aussi.

Mais pourquoi je vous parle de tout ça, alors que nous avons repris une vie sédentaire pour plusieurs mois en tout cas ? Pourquoi vous parlez de mon sac à dos qui se voudrait plus léger ?

Est-il sorti et prêt pour d‘autres aventures ou tout simplement soumis à finir à la poubelle ? Et bien ni l‘un ni l‘autre, loin de là !

Je suis persuadée que tout est lié.

Alléger son sac, ça commence par alléger sa vie.

Alléger son sac, c‘est alléger sa vie

Voilà la période que je traverse actuellement. Nous avons beaucoup bougé en France l’année dernière. Chaque trajet était une occasion de travailler sur mon minimalisme en voyage, mais j‘avais beau chercher à alléger mon sac, quelque chose clochait toujours.

Trop de choix, trop de temps et trop de réflexions.

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Je me suis revue à mon retour en France il y a à peine plus d‘un an, j‘ai repensé au choc que j‘avais ressenti face à ce trop plein d‘affaires après une si longue période où je vivais avec si peu. Certaines de ces affaires m‘avaient été « empruntées » sans mon accord et cet incident m‘avait laissé un goût amer que j‘ai eu du mal à comprendre. Attachais-je plus d‘importance à ces objets inanimés que je ne l’aurais voulu ?

J‘avais pourtant l‘impression d‘être partie en abandonnant tout derrière moi, comme si je devenais libre et que mes seules possessions étaient contenues dans mon sac : mon tout, ma maison.

Quel mensonge. La réalité était bien plus nuancée…

Une fois rentrée en début d‘année 2016, j‘ai rouvert la porte d‘une de cette pièce sombre et poussiéreuse qui contenait toute ma vie. J‘ai retiré les draps sales et humides et j‘ai ouvert les cartons un par un, dépitée par tout ce que j‘avais emmagasiné. Trop prise par l‘énergie des retrouvailles avec la France, j‘ai pris le strict nécessaire, j‘ai fermé les yeux et j‘ai verouillé la porte sur cet amas d‘ustensiles, vêtements, bibelots oubliés et mis de côté.

Le temps a fait son oeuvre et j‘ai vécu sans toutes ces choses, certaines ont manqué, mais la plupart ne faisaient déjà plus partie de ma vie. Comme on vit sur la route avec 13 kilos sur le dos, on peut vivre sédentairement sans des placards remplis à craquer.

Faire le choix du minimalisme

Un évènement plus ou moins attendu a déclenché l‘étape suivante. Il était temps d‘ouvrir cette pièce un peu trop remplie, de face à mon passé et de clarifier mes attachements. J‘ai poussé à nouveau cette porte rouillée et je me suis frayée un chemin dans l‘obscurité pour affronter un à un tous ces maudits cartons.

J‘admire les minimalistes et je comprends totalement leur choix de vie. Bien que le but ultime serait d‘atteindre ce type de mode de vie, je ne pense tout simplement pas en être capable à l‘heure actuelle. Mon état d‘esprit tend vers ces idées, car je ressens de plus en plus le besoin de vivre dans des espaces libres. Non pas de grands espaces, au contraire nous envisageons tous les deux de vivre un jour dans une Tiny House.

Tiny House voyager léger
Photo libre de droit (source : wikipédia)

Mais pour moi chaque pièce doit respirer et je fuis de plus en plus l‘encombrement. C‘est en contradiction totale avec la grande bordélique que j‘ai toujours été. Mais les gens changent et je ne fais pas exception.

Nous vivons actuellement dans un petit T2, bien assez grands pour nous deux. Toutes nos possessions entreront dans notre cocon sans que je me sente étouffée, c‘est l‘objectif que je me suis donnée. Je sais alors que j‘aurai ce dont j‘ai besoin et ce qui me fait plaisir.

Sans atteindre la perfection, j’aurai déjà moins d‘attachement et je serai libre de reprendre la route sachant que je ne traînerais plus de casseroles derrière moi, au sens propres comme au sens figuré. Je suis persuadée que notre attachement aux choses relève un trait de notre personnalité. Il est donc temps pour moi de tourner certaines pages de ma vie et laisser partir celle que je croyais être, mais que je ne suis plus.

Trier, jeter, donner, ranger fait donc partie de mon quotidien depuis plusieurs jours. Je passe du temps sur un groupe facebook de dons à prendre des rendez-vous puis je fais de nombreux allers-retours à Le relais et Emmaüs.

Un début difficile

Pour être honnête, à cette étape du chemin (je dirais environ 60% du tri), je suis plutôt à l‘aise et heureuse.

Mais quand j‘ai commencé ce processus, je dois l‘avouer, j‘ai paniqué. Il faut dire que tout est lié à une épreuve douloureuse de ma vie.

Cette première étape je l‘ai franchis avec l‘aide de mes proches. Ma mère a été présente physiquement et spirituellement pour m‘aider à pousser et à porter ces cartons qui me tétanisaient, mon père pour charger la voiture, puis Guillaume qui est toujours là pour répondre à mes questions. Il m‘aide à faire mes choix, me fait réaliser mes contradictions et m‘aide à donner un pantalon de cheval que je n‘ai pas porté depuis plus de 6 ans et qui ne me va probablement plus.

C‘est si facile pour lui, car soyons honnête, il n‘a vraiment pas besoin de ce travail. La maison est remplie à 80-90 % de mes affaires. J‘admire sa capacité de se défaire des objets si facilement, mais je ne le jalouse pas, il m‘inspire. Je sais que c‘est mon chemin, mon apprentissage et je suis reconnaissante de l‘avoir à mes côtés.

S‘alléger à l‘aide de la lecture

Pour m‘aider, je me suis aussi plongée dans la lecture. J‘ai une liste de livres à lire qui se rallonge de jours en jours.

Deux de ces livres m‘interpellaient depuis un moment et c‘était le moment évident pour les poser sur ma table de chevet. Je les ai dévorés en l‘espace d‘un week-end et ils m‘aident beaucoup à avancer dans cette démarche.

Je parle de L’Art de la simplicité de Dominique Loreau et de La Magie du rangement de Marie kondo.

lart-de-la-simplicité

Alors que sur la route, vivre simplement, profiter de ce que nous avions et se satisfaire de ce que la vie nous offrait étaient si simples, une fois posés en France tous ces détails se sont avérés bien plus difficile. Ces livres m‘ont rappelés les sentiments que j‘avais pendant mon voyage et m‘aident à faire tous les choix actuels.

Le premier évoque un art de vivre et le lâcher prise alors que le second apporte des techniques concrètes pour aider à vider et à ranger son chez soi.

Concrètement, dans l‘idéal je ne garde que ce qui m‘apporte de la joie ou ce dont j‘ai besoin, ce qui est simple et efficace.

J‘ai donné plus de quatres gros sacs de vêtements, j‘en suis à trois grosses boîtes d‘ustensiles et je distribue mes livres au grès du vent. Je vois maintenant les cartons se désemplir, les sourires des gens qui récupèrent mes dons et je suis heureuse. Certains cartons sont plus faciles que d‘autres, mais une fois parti, je n‘ai jamais aucun regret.

Je crois de plus en plus que chaque objet à une vie à part entière et un objectif de vie. Les laisser dans un placard ou dans un carton sont un manque de respect vis-à-vis d‘eux-mêmes mais aussi de tous ceux qui ont participé à sa construction et à leur arrivée dans votre foyer.

Lorsque qu‘on prépare son sac à dos, n‘est-ce pas la même chose ? Ne fait-on pas en sorte que tout soit utile et approprié ? Alors pourquoi cela devrait-il être différent dans une maison sédentaire ?

J‘ai choisi de faire vivre ma porcelaine et mes six cuillères en argent offertes par ma grand-mère qui ont toujours vécu dans une boîte, j‘ai redonné une nouvelle maison à tant d‘autres ustensiles qui prenaient la poussière et j‘ai rendu une étudiante heureuse car elle va pouvoir remplir sa cuisine sans exploser son budget.

S‘alléger, c‘est savoir donner

Faire le tri c‘est lâcher prise et c‘est aussi accepter de donner.

Après avoir voyagé pendant 18 mois et après avoir tant reçu sur la route, je donne aujourd‘hui avec plus d’aisance. La générosité des gens m‘a profondément atteinte. Nous n‘avons pas toujours pu rendre à la hauteur de ce qui nous a été offert : pas le temps, pas les moyens ou tout simplement les personnes refusaient.

Tous ces échanges nous ont beaucoup questionné et je ne fais que faire vivre une idée qui nous anime Guillaume et moi. Sans le réaliser, nous avons rejoint une chaîne de générosité. Donner sans rien attendre, prendre quand ça nous est généreusement offert.

Qui nous oblige à rendre directement aux personnes qui nous ont donné alors que la plupart l‘ont fait avec plaisir et amour sans rien attendre en retour ?

Aujourd‘hui, je m‘inspire de ces personnes et je continue à nourrir cette chaîne en donnant à ceux qui en ont besoin sans rien attendre.

Je cède à présent avec amour et le coeur léger. Ces objets auront voyagé et retrouvé un foyer. Quant à moi, je désencombre ma vie et mon esprit.

liberté en voyage

Et vous, comment vivez-vous votre rapport aux objets ? A t‘il changé après un long voyage ? Est-ce que chaque départ est un calvaire au moment de préparer votre sac ? Ou êtes-vous déjà libre de tout attachement à votre foyer ?

2 commentaires

  • Répondre
    23 mai 2017

    J’ai plutôt un rapport sentimental aux choses… Lorsqu’il a fallu trier et donner (ou jeter) bizarrement je me suis senti plus légère… Et surtout j’ai pris conscience que finalement ce n’était pas ça l’essentiel dans ma vie!

    • Répondre
      Aline
      Auteur
      24 mai 2017

      C’est effectivement étrange ce sentiment de difficulté tout de suite rejoint par cette légéreté. C’est tout à fait ça. Puis tu résumes ça très bien l’essentiel n’est pas là.
      Bonne route à toi 🙂

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