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Une expérience mitigée dans un volontariat au Japon

Une expérience mitigée dans un volontariat au Japon

Je ne vous le cache pas, notre séjour de 2 semaines dans un restaurant au Japon a été notre première déception de volontariat. Non pas que l’endroit n’en vaille pas la peine, bien au contraire. Il est apprécié d’un bon nombre de voyageurs, vous trouverez d’ailleurs ici l’expérience très positive de Ryan du blog le sac à dos, à peine quelques semaines avant notre venue.

Mais il s’est avéré que cela ne correspondait pas à nos attentes.

Justement, peut-être trop d’attentes ?

Justement, je crois qu’une des premières raisons pour lesquelles nous avons été déçus, c’est que nous avions énormément d’attentes dans ce volontariat là.

Dès le mois de septembre, depuis Oulan-Bator, nous avions repéré leur profil et nous étions super excités à l’idée de les rencontrer. Il faisait tout simplement partie des incontournables de notre trajet. Quand les hôtes nous ont répondu qu’ils ne pouvaient pas nous accueillir aux dates proposées, nous n’avons pas réfléchi longtemps avant de décaler notre voyage d’un mois et demi pour nous rendre chez eux.

Kasu et Isao, sont deux frères qui tiennent un restaurant occidental et une guesthouse en pleine campagne japonaise. Ils cherchent alors des volontaires pour les aider au quotidien.

À la vue vue des photos, nous étions persuadés pouvoir plonger dans un univers local et acquérir quelques compétences de serveur ou d’aide en cuisine.

Mais la réalité fût bien différente

Je ne dénigre pas l’endroit et je ne cherche pas à vous démotiver loin de là. Je m’attarderai plus bas sur tous les bénéfices que nous avons eu pendant nos 15 jours. Mais de nombreux points noirs sont venus assombrir notre séjour et le temps nous a paru très/trop long.

Nous étions venus chercher un peu d’authenticité dans une atmosphère locale, mais nous sommes tombés sur un repère de voyageurs qui passent beaucoup de temps à manger, à boire et à s’amuser. Il y a pire nous répondrez-vous? J’en conviens aisément. Seulement ça ne collait pas à nos envies. En général lorsque nous choisissons un volontariat, l’idée c’est de nous sentir utile sans être exploités non plus. Ici, on se demandait pourquoi on était là. Pour remplir une maison trop vide ou peut-être pour tenir compagnie à nos hôtes ?

Il faut dire qu’il y avait en moyenne une dizaine de volontaires pour un travail assez aléatoire qui nécessitaient selon nous au maximum 4 ou 5 personnes. Du coup, cela donnait des situations assez cocasses voire parfois dérangeantes. Il nous est arrivé de finir le travail demandé en 1h et de nous faire réprimander car nous étions tous posés dans la salle commune à « ne rien faire ».

Nous avions de super bungalows pour 2 personnes, mais pour diminuer la consommation d’essence, Isao nous demandait de ne pas utiliser le chauffage dans la journée (ce que nous comprenons complètement). Le problème c’est que les lieux ne sont pas adaptés à un si grand nombre de voyageurs. Nous étions restreints dans la salle commune chauffée par un petit poêle, les grands n’étant allumés que pour les clients. Et cela, quand nous avions accès à la salle ! Lorsque des clients se restauraient, nous étions dans le froid d’une maison non isolée et non chauffée.

Même le chien cherchait la chaleur autour du seul poêle de la pièce. On ferait grève pour moins que ça dans une entreprise française 🙂

Tout cela n’est qu’une expérience hivernale et cela mérite d’y jeter un coup d’oeil en été.

chien qui a froid au japon
Même le chien cherche un peu de chaleur

Mesdames, si vous venez dans les volontariats dans l’espoir d’y rencontrer un compagnon, ce n’est pas à Yumesaki-tei que vous trouverez votre bonheur. Ils prennent en priorité des filles et un seul homme leur suffit pour les travaux physiques. Guillaume s’est retrouvé seul durant quasiment tout notre séjour.

Sous leur sourires enjôleurs se cachent un caractère quelques peu sexiste : Guillaume n’avait pas à faire les « roulements », qui étaient pourtant le seul travail demandé au quotidien. C’était pourtant le premier levé pour tous les petits-déjeuner.

guillaume volontariat japon

Leur profil annonce maintenant la couleur « nous pouvons avoir un manque d’organisation et nous attendons que les volontaires prennent des initiatives à tout moment », (phrase non indiquée à l’époque).

En tout cas, c’était une réalité. Malgré une volonté évidente de bien faire et les initiatives, le nombre de volontaires et le manque de leader ne permettait pas un travail des plus efficace. Certains jours, nous ne « s’avions pas quoi faire » et le lendemain un des frères nous tombait dessus pour faire le grand ménage…

J’ai l’impression de peindre un tableau très noir mais comme dans toute expérience, il y avait aussi du bon.

Les bons côtés

Toute expérience de volontariat demande une bonne dose d’adaptation et ce n’est pas celle là qui allait faire chuter la nôtre.

Dans le froid et le bordel, nous avons vécu d’excellents moments. Isao et Kasu sont plus qu’heureux de nous accueillir et trouvent toujours du temps à partager avec nous. Kasu est un grand rêveur, pas vraiment fait pour donner des ordres. Du coup, il aime les gens de passage, il aime leurs histoires et il AIME nous faire à manger.

De la nourriture à volonté

C’est un des endroits où nous avons le mieux manger, même si très occidentalisée, la nourriture est juste excellente. À tel point qu’on a pris au moins 5-6kgs chacun. La table était toujours remplie et nos assiettes aussi. Nous avions le droit à des desserts à longueur de temps : smothies, pancake/crèpes au petit-déjeuner, gâteau au chocolat, à la banane et j’en passe…

petit dejeuner volontariat japon

Avec l’aide de Kasu, Guillaume est devenu le maître des Okonomiaki. Nous en avons fait une overdose 🙂

guillaume et kazu maitre des okonomiaki volontariat restaurant japon

De belles rencontres

Tous ces repas, nous les avons partagés avec des gens incroyables, des voyageurs de longues dates, des jeunes en P.V.T et des travailleurs. Nous ne manquions pas de temps et nous l’avons comblé par de nombreuses discussions tous assis sur la couverture chauffante. C’est là que j’ai eu mes premiers questionnements sur le végétarisme.

repas couverture chauffante japon hiver

Une séance photo en Kimono

Tout cela dans un cadre juste fabuleux, le jardin zen est représentatif du Japon et la maison est superbe. Kasu nous a fait la belle surprise de nous sortir de somptueux kimonos en me disant « prend des photos, tu les mettras sur ton blog ». C’est chose faite 😉

aline kimono volontariat japon

Une rencontre avec Tom Cruise (ou pas…) dans le temple du dernier Samouraï

Dans les montagnes avoisinantes, ils ont tourné le film le dernier samouraï, joué à l’écran par Tom Cruise. Nous avons donc passé une journée en compagnie d’autres volontaires dans les montagnes pour aller visiter les temples.

trek montagne shosha volontariat japontemple dernier samourai shosha volontariat japon

Un Onsen pour les pieds

Dans mon dernier article sur Osaka, je vous parlais des Onsens. Mais sachez que si comme nous, vous êtes un peu réticent, il existe des Onsens juste pour les pieds et c’est gratuit !

onsen des pieds japon

Nous en attendions tout simplement trop …

En relisant cet article, je réalise que Yumesaki-tei nous a finalement beaucoup apporté. C’était plus une atmosphère globale et pesante dans laquelle nous ne nous sentions pas à l’aise qui nous a laissé cette sensation mitigée. Cela prouve que chaque expérience est unique et même si de nombreuses personnes aiment un endroit cela ne voudra pas dire qu’il sera sensationnel à vos yeux.

Et puis sans eux, nous n’aurions pas chamboulé tous nos plans, nous ne serions jamais allés à la ferme en Chine, nous n’aurions pas retardé notre trajet et j’imagine que nous ne serions pas allé à Taïwan non plus. Alors l’un dans l’autre, on les remercie pour tout !

6 commentaires

  • Répondre
    2 août 2015

    Bonjour à vous 2,
    Merci pour ce témoignage et bonne continuation à vous..
    Cldt.
    Pat

    • Répondre
      Auteur
      7 août 2015

      Merci à toi pour ton message 🙂

  • Répondre
    6 août 2015

    Merci d’avoir partagé ce témoignage. Je donnerais n’importe quoi pour aller au Japon!

    Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cette expérience, que choisiriez-vous ?

    • Répondre
      Auteur
      7 août 2015

      Alors il faut foncer 😉 C’est vraiment un monde à part.

      Une seule chose à retenir ? Pas simple à dire, surtout pour cette expérience là ! Mais on va essayer
      Pour Guillaume : ne pas avoir trop d’attente et savoir retenir les bon côtés quelque soit l’expérience
      Pour Aline : les rencontres 🙂

  • Répondre
    29 octobre 2015

    Merci pour votre retour d’expérience! Comme vous l’aviez dit dans l’article précédent, c’est le bon plan pour ne pas se ruiner durant un séjour au Japon, mais effectivement je pense qu’on idéalise trop souvent, surtout quand c’est un endroit très prisé. J’aimerais faire une expérience similaire, mais j’ai peur qu’il y ait beaucoup trop de demandes et que du coup certains hôtes se reposent sur les autres volontaires. J’imagine que c’est mieux quand il y a peu de volontaires, mais je me trompe peut-être ^^
    Eleonore Plus d’un Tour dans mon Sac Articles récents…Les conseils d’une expatriée pour bien voyager en IslandeMy Profile

    • Répondre
      Auteur
      30 octobre 2015

      Effectivement, c’est le bon plan pour ne pas se ruiner dans tous les pays et particulierement au Japon. Nous ne pouvons que te conseiller de faire la mêm chose.
      Je pense que chaque endroit est unique, parfois on recent clairement que nous sommes des volontaires parmi tant d’autres et parfois on se sent vraiment unique, il ne faut pas hesiter a essayer et si on ne le sent pas, on part 🙂

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