Le monde à deux

Auteur/autrice : Aline

  • Visiter et se loger à Oulan-Bator

    Visiter et se loger à Oulan-Bator

    Après avoir traversé une bonne partie de la Russie en transsibérien et en transmongolien, notre voyage s’est terminé à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Elle reste bien souvent un passage obligé pour faire une demande de visa ou préparer la suite de son voyage.

    C’était une métropole mystérieuse à nos yeux dont nous étions curieux d’en explorer les moindre recoins.

    À peine arrivé, une horde de mongols nous ont accosté pour nous vendre leurs auberges et leurs tours. Il faisait chaud et bon, nous les avons évité du mieux que nous avons pu, avons récupéré une carte de la ville au passage et avons commencé à trouver notre chemin dans les rues de cette nouvelle ville qui s’offrait à nous.

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]Un wifi est disponible gratuitement dans la gare[/su_box]

    Bien vite, les contrastes nous ont sauté aux yeux, cette ville encerclée de montagnes et perdue au milieu des steppes, déploie des airs américains aux allures excessives. De grandes marques à tous les coins de rues, de gros 4×4, des vêtements classes sont loin de ce qu’on peut imaginer des traditions mongoles. Pourtant, c’est bien Oulan-Bator qui se livre à vous, avec ses monastères perdus dans la banlieue, ses nouveaux quartiers riches, ses sculptures en hommage aux Beatles, ses yourtes insalubres qui s’étalent et commencent à recouvrir les montages alentours, son « department store » digne des grands magasins et ses Mongols ivres sur les trottoirs.

    Un étrange mélange qui donne un cocktail perturbant qu’a voulu mettre en valeur une photographe que nous avons croisé sur notre chemin. Si ça vous intéresse vous trouverez son travail d’ici peu ici.

    Ces contrastes baignent malheureusement dans un nuage de pollution : Oulan-Bator est la deuxième ville la plus polluée au monde selon l’OMS. Un constat alarmant que nous avons découvert une fois sur place. Nos poumons peu habitués, nous ont fait réalisé l’ampleur du phénomène. Oulan-Bator est la capitale la plus froide au monde avec des températures moyennes de -20°/-30° en hiver. Les yourtes traditionnelles se chauffent alors au charbon et une mère de 39 ans « dit ignorer pourquoi la ville est en permanence recouverte d’un épais brouillard, auquel elle n’a pas conscience de contribuer ». (¹)

    UB, comme les habitants l’appellent, s’étant de plus en plus sur les collines alentours, submergées par les nomades qui viennent s’installer, aidés financièrement par l’état. Elle abrite actuellement 1 million d’habitant environ (1/3 de la population en Mongolie) : un peuple souriant, accueillant et s’ouvrant au monde.

    Chacune de nos démarches ont été facilitées par cette volonté de nous aider, les passants dans les rues ont des regards curieux, mais bienveillants. Cette ville dégage une impression de bonne humeur et de sérénité générale, agréable à côtoyer.
    Mais faites attention, toutes ces qualités ne se retrouvent pas dans leur façon de conduire ou du moins ont-ils une façon différente de la montrer. Arrivant de la Russie, nous avons été surpris par les klaxons et leur manière d’accélérer lorsque nous traversons la route. Ne vous méprenez pas, il ne cherche pas à vous blesser, mais plutôt à vous avertir du danger. Ne les défiez pas, le piéton n’est pas roi ! Regardez des deux côtés et soyez prudent dès que vous êtes sur leur territoire.

    Même si Oulan-Bator n’est pas une ville magnifique à nos yeux, elle restera pour nous un bon souvenir : de très belles rencontres, des biscuits délicieux et bons marchés, des découvertes sur ce peuple bien loin de nous et de bons moments de glandage. Au total, nous y sommes restés presque 2 semaines, mais UB ne mérite pas autant de temps, nous avions surtout besoin de temps pour nos visas, puis de repos après notre expérience au ranch.

    Observer les passants, les manières de conduire et échanger avec les locaux ne seront pas vos seuls occupation à UB, voici une liste non exhaustive de ce que vous pourrez découvrir et/ou faire à UB si vous devez y rester quelques jours.

    Que faire à Oulan-Bator :

    La place Sükhbaatar

    Vous y trouverez le palais du gouvernement et la statue de Damdin Sükhbaatar. C’est le chef de la révolution communiste mongole qui a donné son indépendance à la Mongolie et son nom à la capitale. Oulan-Bator signifie « héros rouge » en mongol.

    la place Sükhbaatar a oulan bator mongolie

    Le black market

    Contrairement à ce que son nom indique, il n’a officiellement rien d’illégal. C’est un endroit caractéristique et atypique pour nous Européen. On y trouve absolument de tout : jouets, chaussures et vêtements de contre-façon, vaisselles, tissus, papier toilette… et j’en oublis.

    Nous n’avions pas planifié d’y aller, mais un fâcheux incident nous a obligé à nous y rendre en catastrophe : la plupart des auberges de jeunesse demande à ce qu’on laisse nos chaussures à l’entrée, un passant a dû trouver les chaussures de Guillaume à son goût et ne s’est pas privé pour les récupérer. C’est donc en tongs et énervés que nous sommes partis à l’assaut de la foule.
    Qui dit foule, dit pickpocket : gardez un oeil sur vos affaires

    Le monastère bouddhiste de Ganda

    Allez-y le matin, vous pourrez assister aux cérémonies bouddhistes.

    Un des monastère abrite un grand Boudha, représentatif de la culture Bouddhiste. L’entrée coûte 4000 tugriks et vous devrez rajouter quelques tugriks si vous souhaitez le prendre en photo.

    le monastère bouddhiste de Ganda a oulanbator

    Le musée d’histoire de la Mongolie

    Nous n’avons pas pris le temps d’y aller, mais nous avons eu de très bons échos de plusieurs voyageurs.

    Le spectacle traditionnel mongol

    Après plusieurs échos très positifs sur ce spectacle, nous avons été déçus de ne pouvoir y assister. Les représentations étaient malheureusement suspendues pour accueillir un orchestre mongol, pendant les 2 jours qu’il nous restait .

    Ils se produisent tous les soirs à 18h pour 12 000 tugriks. Un mélange de chants, de danse, d’acrobaties et de musique aux couleurs mongoles.

    Planter sa tente juste à l’extérieur d’Oulan-Bator

    Le camping sauvage est autorisé en Mongolie, vous pourrez acheter une tente au black market ou en loué une pour aller vous balader aux alentours d’UB et profiter de la vue sur la ville et d’un coucher de soleil.

    Préparer et organiser sa visite en Mongolie

    C’est souvent une des raisons pour laquelle le voyageur s’arrête plusieurs jours à Oulan-Bator. Toutes les auberges proposent des tours organisés pour des tarifs assez conséquent (aux alentours de 200 euros les 4-5 jours). Le plus avantageux consiste à réserver un VAN avec un chauffeur et un guide (pour 6 personnes environ) pour vous balader en Mongolie. Le tarif avoisinera les 10 euros par jour, nourriture comprise.

    Sinon il vous reste la solution de faire du WorkAway.

    louer un van pour découvrir la mongolie

    Où loger à Oulan-Bator

    Adepte de la dernière minute, nous nous sommes retrouvés à loger dans 4 auberges différentes en l’espace d’une semaine. Dans la période estivale nous vous conseillons donc de réserver votre auberge quelques jours avant. Si vous n’avez pas réservé, pas de panique, vous trouverez toujours des places, mais ça vous évitera de courir d’une auberge à une autre faute de place.

    Ce qui nous a particulièrement étonné, c’est de voir que toutes les auberges sont tenues par des familles, elles vivent sur place et ont dû s’ouvrir au monde avec l’arrivée du tourisme. En fonction des guesthouses, les mamans seront plus ou moins présentes et plus ou moins observatrices.

    Un petit résumé avec avantages et inconvénients des auberges testées.

    [tabgroup]

    [tab title= »Sunpath » id= »tab1″ class= »active »]

    Avantages :

    • prix comprenant un copieux petit-déjeuner
    • bons lits
    • chambre de 6 lits
    • l’ambiance
    • nombreux globe-trotteur

     

    Inconvénients :

    • loin du centre
    • la présence constante de la gérante

    Site internet

    [/tab]

    [tab title= »Reindeer » id= »tab2″]

    Avantages

    • dortoirs de 4 lits voire possibilité
    • d’avoir une chambre à deux lits pour le même prix
    • calme et silencieuse
    • proche de la gare
    • grande souplesse des gérants

     

    Inconvénients

    • petit-déjeuner pas toujours servi
    • personnel pas toujours présent
    • loin du centre-ville

    [/tab]

    [tab title= »Golden Gobi » id= »tab3″]

    Avantages

    • prix
    • en plein central
    • plaque tournante de globe-trotteur
    • bon petit-déjeuner

     

    Inconvénients

    • bruyant
    • présence constante des gérants qui donne une impression de surveillance

    [/tab]

    [tab title= »Lotus Guesthouse » id= »tab4″]

    Avantages

    • prix

     

    Inconvénients

    • excentré du centre
    • irrespect des clients « malpoli »
    • intérêt que dans l’argent
    • petite cuisine (du moins au premier étage)

    [/tab]

    [/tabgroup]

    Mise à part la dernière que nous vous déconseillons sans hésiter, les 3 autres guesthouses ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients. Les critères de choix dépendront surtout de vos besoins et de vos envies (recherche de treks, besoins de repos etc.)

    J’espère que cet article vous fera changer d’avis sur les quelques jours qu’y vous seront peut-être imposés à Oulan-Bator et que vous y construirez de bons souvenirs autant que nous ! Laissez nous vos avis et vos commentaires sur cette ville aux nombreux contrastes !

  • Transsibérien : conseils pour organiser son voyage

    Transsibérien : conseils pour organiser son voyage

    Prendre le transsibérien en été peut être une expérience inoubliable, voici donc quelques informations et conseils pour simplifier votre préparation et faire en sorte que votre voyage se passe dans les meilleures conditions possibles.

    Comprendre le transsibérien

    Wagon 3 eme classe transsiberien

    Le transsibérien est-il un train comme les autres ? Oui, à quelques exceptions près.

    Il se partage en 3 classes qui s’organisent toutes de la même manière :

    • 2 salles d’eau (avec toilette et lavabo)
    • un samovar (eau bouillante potable)
    • une cabine pour les provodnik (qui se traduit par conducteur, mais qui sont plus largement les responsables de chaque wagon). Ils sont deux par wagons, plus ou moins souriant, plus ou moins sympathique.

    Ce qui diffère sera l’organisation des cabines et des lits :

    La première et deuxième classe sont composées respectivement de cabines de 2 et 4 lits. Mais dans cet article nous nous intéresserons surtout à la 3e classe : qui correspond à des wagons dortoirs où 54 personnes se mélangent.

    C’est dans cette classe que nous avons choisie de voyager pour des raisons de budget, mais surtout car c’est celle qui propose le plus de contact avec la population locale.

    [su_heading size= »17″]Le transsibérien n’est pas un train de luxe et contrairement à nous occidentaux qui le prenons pour vivre une expérience, c’est un transport en commun des plus banals pour les Russes de classe moyenne.[/su_heading]

    Acheter ses tickets de transsibérien

    Passer par une agence

    Vous trouverez sur Internet plusieurs sites qui vous permettront de vous simplifier la tâche. Ils réserveront à votre place et répondrons à vos questions moyennement un supplément financier bien évidemment.

    Réserver sur Internet

    Lors des périodes estivales, je vous conseille de réserver vos billets. En plein mois d’août nous n’avons pas eu d’autres choix, nous souhaitions profiter des 12 petits jours que nous avions à passer en Russie. Effectivement, si vous ne souhaitez acheter pas sur place pendant cette période, prévoyez un planning souple qui vous permettent de décaler votre départ si nécessaire.

    Cliquez ici pour réserver

    Le site existe en russe et en anglais, simple d’utilisation, il vous permettra de recevoir votre ticket par mail que vous imprimerez pour l’entrée dans le train.

    Sachez que si vous ne trouvez plus de place sur le site anglais, cela ne veut pas dire que le train est complet, les places sont disponibles sur la partie russe du site. Nous avons été surpris de ne trouver aucune place sur la version anglaise, apeuré, c’est Anna une amie russe qui nous a sauvé la mise en nous aidant à réserver sur la version russe. Dans le même cas que nous, google translate peut alors se révéler votre meilleur atout.

    Acheter sur place

    Si vous prenez vos billets au guichet, soyez averti que les employés ne parlent pas un mot d’anglais. Donc soit votre russe vous permet de vous en sortir en toute autonomie, sinon prévoyez d’avoir une note écrite avec toutes les informations récoltées au préalable (numéro du train, heure du train et éventuellement l’emplacement des couchettes que vous aurez repérées sur le site cité ci-dessus).

    Tous les horaires de train sont à l’heure de Moscou, malgré les 5 fuseaux horaires traversés ne vous étonnez donc pas des heures indiquées sur vos billets et faites attention pour prendre votre train si vous n’êtes pas à Moscou.

    Lors de l’achat de votre ticket, je vous conseille de  payer vos draps à l’avance, car comme au guichet, les provodnik ne parlent pas plus anglais. Vous aurez le droit à un matelas, 2 draps, un oreiller, une taie d’oreiller et une petite serviette.

    Tarif : nous avons payé 130 euros par personne en pleine saison (draps inclus) pour faire Moscow → Irkoutsk

    Choix des compartiments et des couchettes

    Ayant réservé trop tard (pourtant un mois à l’avance), nous n’avons pu choisir complètement nos places. Mais si vous avez le choix, voici nos conseils :

    Préférez généralement un compartiment au milieu du wagon ou proche du contrôleur : ils seront plus propres et surtout à l’écart des odeurs des toilettes et des portes battantes.

    1. Si vous êtes seul, il y a deux options :
      • La couchette du bas : qui vous permettra d’être plus autonome et vous pourrez ranger vos sacs sous votre couchette (moins accessible), mais votre voisin du dessus devra s’asseoir sur votre lit dans la journée.
      • La couchette du haut, plus aérée, mais qui vous contraindra à rester allongé lorsque votre voisin souhaitera se coucher. Cela variera selon votre manière de voyager (si vous aimez passer du temps allongé pour lire, dormir ou regarder un film…) et selon la flexibilité de vos compagnons de route. Nos voisins de cabine étaient vraiment adorables et nous laissaient toujours un espace pour s’asseoir, même quand ils avaient besoin de se reposer.
    • Si vous êtes deux, prenez en priorité une couchette en bas et une en haut ce qui vous permettra d’être complètement autonome et de profiter de tous les avantages des 2 couchettes.

    Je vous déconseille de prendre les couchettes parallèles à la fenêtre (même en binôme), vous serez dans le passage, devrez refaire votre lit tous les soirs pour que la personne face à vous puisse s’asseoir et petit détail important en été, les fenêtres ne s’ouvrent pas.

    Alimentation et boisson

    samovar dans le transsibérienIl est très étonnant quand on arrive dans le transsibérien de voir que les voyageurs russes ont pris un bon garde manger.

    Vous trouverez de l’eau chaude à volonté à bord, grâce au samovar. Je vous conseille de prendre principalement de la nourriture lyophilisée (pâtes ou soupes), quelques fruits, de l’eau et surtout du thé ou du café.

    Après ne vous privez de rien, certains emmènent du lait, du chocolat, du saucisson pour le petit-déjeuner, des biscuits, du pain, de la confiture… Vous aurez de toute façon l’occasion de faire quelques achats sur un des nombreux arrêts sur la route : fruits, légumes, mets locaux (poisson séché, beignets de viande frits) à vous de tester. La dernière option reste celle du wagon restaurant.

    À bord, on vous fournira des tasses et des cuillères russes qui donneront tout le charme à vos thés et cafés, mais une gamelle et une fourchette restent nécessaire pour préparer vos repas.

    Les Russes sont généreux, ils donnent facilement une part de leur repas, des fruits ou de quoi boire. Prévoyez donc de quoi leur rendre la pareil.

    Évitez l’alcool qui est interdit dans le train. Nous n’en avons pas vu l’ombre d’une bouteille malgré tout ce qu’on avait lu sur Internet.

    Toilettes et douches

    toilettes dans le transsibérien 3 eme classeIl y a donc deux salles d’eau comprenant chacune une toilette et un lavabo pour un wagon qui se trouvent à chaque extrémité. Ils sont exigus et sales. Ils semblent que cela dépend des chefs de cabine, pour nous, celui proche de leur cabine étaient effectivement bien plus propre que celui à l’autre extrémité.

    Vous ne trouverez aucune douche.

    Comme tout backpackers, vous aurez bien évidemment du papier toilette dans vos réserves, ce qui vous sauvera de la pénurie qui arrive parfois.

    Faites attention, les toilettes sont fermées environ 20 à 30 min avant l’arrivée en gare et après la sortie. Prenez donc vos précautions.

    Communication

    Très peu de Russes parlent anglais, je vous conseille donc de partir avec un petit dictionnaire ou un traducteur : google traduction en mode offline ou traducteur de voyage application android (payante). Des photos de notre famille et de notre voyage leur ont beaucoup plus.

    Cela vous permettra d’échanger avec vos voisins, si comme nous vous êtes les seuls étrangers du wagon.

    Sécurité

    Nous n’avons jamais eu de sentiments d’insécurité, mais plutôt un sentiment de cocon. N’en restez pas moins vigilant pour autant.

    Placez les sacs aux endroits les plus difficiles à atteindre, utilisez vos cadenas voire une sangle pour les attacher et gardez vos papier sur vous.

    Arrêts dans les gares

    horaires des arrêts dans les gares du transsiberienÀ l’entrée du wagon vous trouverez un panneau d’affichage avec tous les arrêts en russe et en anglais avec l’heure de départ, l’heure d’arrivée et le temps passé dans chaque arrêt : ce qui peut s’avérer utile dans certaines gares. Les horaires sont totalement respectés, sur une distance comme celle là on est loin des performances atypiques de la SNCF.
    [clear]

    Chargement des téléphones et autres appareils électroniques

    Dans notre train, nous avons trouvé 1 prise à chaque extrémité, plus une prise dans les toilettes (220V ce qui correspond à notre voltage français), certains laissent des multiprises à disposition, si vous en avez une en votre possession vous pourrez vous faire des amis. Chocho a réussi par ce subterfuge à amadouer notre jeune voisin militaire. Certains ont même les rallonges qui traînent dans les couloirs pour charger depuis leur couchette. Je ne vous dis pas comme ils ont monopolisé les prises.

    Voici toutes les informations que nous avons glanées à droite à gauche. J’espère qu’elles vous permettront de vous lancer sans hésiter dans l’aventure et si vous vivez cette expérience à travers la Russie venez nous faire part de vos expériences !

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  • Irkoutsk et la région du lac Baïkal

    Irkoutsk et la région du lac Baïkal

    Un visa de 12 jours en Russie a été source d’un grand nombre de frustrations et l’ile d’Olkhon en fait partie. Tout voyageur doit apprendre à faire des choix, accepter de ne pas tout voir et j’imagine que cette frustration n’est que le début d’une longue série pour nous. En tout cas, cela ne nous a absolument pas empêché de profiter de notre séjour en seulement 4 petits jours.

    Irkoutsk

    La gare de face d Irkutsk
    Quel bonheur de croiser un visage connu : nous avons eu le plaisir de retrouver Anna, une amie d’origine russe qui habite actuellement en France et qui était rentrée dans sa famille pour des vacances. Nous en profitons pour la remercier pour ses sourires et pour son aide. Elle n’a fait qu’accentuer ce sentiment de générosité que nous avons ressenti auprès du peuple russe.

    Concernant Irkoutsk à proprement parler, une des villes les plus grandes de Sibérie, nous ne savons pas vraiment comment la définir. Peut-être comme une ville hors du temps à nos yeux. C’est un mélange de vieilles maisons en bois délabrées (les isbas) qui tiennent tête à des bâtiments aux couleurs vives : des bleus, des verts et des jaunes somptueux, reflétant une architecture variée.

    irkoutsk en russie

    Irkoutsk se visite selon nous en une journée, le plus important se trouve aux environs du lac Baïkal et/ou sur l’ile d’Olkhon.

    Nous avions planifié d’y rester 3/4 nuits avec l’idée de nous rendre sur les rives du lac. Mais c’est sans compter sur la rencontre avec d’autres voyageurs et sur les recommandations d’Anna qui nous ont conseillé d’aller sur l’ile. Malgré le peu de temps passé nous n’avons aucun regret.

    Où loger à Irkoutsk :

    Nous avons dormi à « Balaïkala » (auberge de jeunesse).
    Elle se situe proche de la gare et elle n’est pas trop loin du centre-ville (20 min à pied).
    Elle est clean et spacieuse, le personnel est aidant et sympathique.
    Vous n’aurez pas de petit déjeuner, mais il y a des pâtes, du riz et du thé à disposition.
    Nous y avons croisé beaucoup de français, ce qui apparemment est très commun dans cette région.

    Le Lac Baïkal et l’ile d’Olkhon :

    vue du lac baikal sur l ile olkhon

    Le lac détient deux recors du monde : la plus grande réserve d’eau douce à l’état liquide (environ 23 500 km3) et l’un des plus hauts points culminants d’une île au-dessus d’un lac (816m au-dessus des eaux du lac).

    Consacrez-y trois-quatre nuits minimums pour profiter de l’eau transparente, du soleil s’il est au rendez-vous, des paysages variés (sur une superficie d’environ 730 m²), pour flâner le long des plages et pour escalader le rocher du chaman.

    drapeau de priere rocher du chaman ile d Olkhon« Dans les mythes et les légendes bouriates, Olkhon est l’habitat des esprits terribles du Baïkal ; selon les légendes le Khan Hoto Babai est descendu du ciel sur l’ile d’Olkhon, envoyé sur la Terre par les dieux supérieurs où il vit sous l’aspect d’un aigle royal à tête blonde. Son fils le Khan Houbou Noion est le premier homme à être devenu un chaman. Depuis, l’île d’Olkhon est considérée comme le centre sacré du monde des chamans du nord, et le centre suprême est représenté par le rocher des chamans. Les corps des chamans y étaient autrefois brûlés. » source : Wikipedia

    Aline sur île d'Olkhon

    Les plages sont agréables mais malheureusement à cette période de l’année elles sont parsemées de touristes qui envahissent l’espace avec leurs tentes et leurs voitures. Cela ne gâche en rien la transparence de l’eau et sa froideur ;) Nous avons réussi à nous y baigner quelques minutes même si le soleil ne nous a pas honoré de sa présence ce jour-là.

    Se rendre sur l’île :

    bac pour aller sur l'ile d'OlkhonAller :

    1) (le plus simple) Depuis votre auberge, ils vous réservent un minibus pour 800 roubles (15 euros) qui vous prendra à l’hôtel et vous déposera sur votre lieu de réservation (option que nous avons prise, mais si c’était à refaire nous prendrions la deuxième option)
    2) (la plus économique) Prendre un bus en face de la gare routière (départ tous les jours de 10h à 13h) pour environ 600 roubles qui vous déposera au plus grand village : Khoujir.

    Prévoyez du temps pour aller sur l’île, il nous a fallu 10h pour arriver jusqu’à notre lieu de résidence. (Comptez 2h pour aller jusqu’au bac, 4h d’attente pour les bateaux de voitures (les bus étant heureusement prioritaires), et une autre heure pour atteindre Khoujir.

    Retour :

    1) comme pour l’aller vous avez la possibilité d’organiser le retour par votre auberge
    2) celle que nous avons prise cette fois : un minibus pour 700 roubles qui nous a déposé à côté du marché d’Irkoutsk (en centre-ville)
    3) possibilité de prendre un bus à 600 roubles qui vous dépose à la gare routière, le choix entre ces 2 possibilités dépendra surtout du lieu de votre auberge

    Le retour a été bien plus rapide : entre 1h30 et 2h.

    Où loger :

    L’île est très touristique, vous y trouverez tout type d’hébergement à différents tarifs :

    • Hotel
    • Auberge de jeunesse : Nikita hostel ou Olga’s hostel dont nous avons eu de très bons retours de backpackers

    Mais nous vous conseillons clairement une des deux autres options :

    • Camping : laissez-vous tenter par le camping sauvage, si vous avez une tente, des endroits sympathiques s’offriront à vous pour la nuit. Si nécessaire, vous pourrez louer du matériel dans votre auberge à Irkoutsk avant de partir car il semble qu’il soit plus compliqué d’en louer sur l’île.

    camping sur l'île d'Olkhon sur le lac baïkal

    • Couchsurfing (option que nous avons retenue) :
      Rendez-vous dans cette petite maison au pied de l’église qui renferme une quinzaine de lits réservés pour les voyageurs comme vous et nous. La page de présentation de Serguey, l’hôte de ces lieux était un roman rempli de compliments qui ne peuvent laisser indifférent et qui a tout naturellement attiré notre attention.
      La réponse de Serguey, était courte et directe: “Venez, nous verrons une fois sur place ce qui se passera.” Nous y sommes donc allés et nous avons vu.

    Philoxenia, comme il l’appelle est un endroit unique de rencontre et d’échanges.
    « L’enfer c’est les autres » selon Sartres mais pour Serguey « sans l’autre on ne fait rien” : un des projets actuels consiste (avec l’aide d’une subvention qu’il a reçue), à construire une maison dont le but final n’est pas encore défini : un espace pour les voyageurs, une école pour les enfants ou un accueil pour les nécessiteux. Chaque voyageur apporte ainsi son aide de la manière dont il le souhaite. Nous avons ainsi déplacé quelques planches et contribuer à la pose du plancher.

    Serguey, le sonneur de cloches de cette île, reflète la générosité que nous avons rencontrée dans ce pays.
    Il nous a convié à partager un verre de vin et de cognac, autour d’un feu allumé pour des pèlerins. Ils ont alors entamé des chants russes et j’ai découvert à quel point le russe est une langue magnifique chantée par de si belles voix.

    couchsurfig sonneur de cloche sur l'ile d'Olkhon

    Un mois après notre passage, nous avons croisé une voyageuse qui nous a donné des nouvelles de Serguey et de l’avancée des travaux. Donc si vous choisissez de faire un détour par Philoxenia, surtout donnez-nous des nouvelles !

  • Que faire à Moscou en un weekend ?

    Que faire à Moscou en un weekend ?

    Une fois notre visa russe en poche, nous avons rendez-vous avec Moscou, la première ville de notre itinéraire. Un logement, un métro et nous pouvons profiter de cette ville aux nombreux charmes.

    Logement

    Nous n’avons pas d’adresse à vous proposer car nous avons eu plusieurs réponses positives en très peu de demandes par le biais de Couchsurfing. Même si la plupart des hébergements que nous avons regardés étaient loin du centre et ne proposaient que rarement des chambres séparées, cela nous a donné l’occasion de rencontrer un merveilleux couple Alex et Lyubov. Ils nous ont permis de voir Moscou à travers leurs yeux, de nous faire partager des plats locaux du quotidien et d’échanger sur nos différentes cultures.

    Se déplacer à Moscou

    La beauté des métros à moscou
    Le métro de Moscou est le plus fréquenté du monde, il descend à plus de 100m en dessous du sol. Ses galeries aussi appelées « palais souterrain » contiennent de nombreux ornements de l’art de l’époque du réalisme socialiste et il nous a permis de combler l’attente des rames de métro.

    vue du métro de moscouNous n’avons utilisé que ce moyen de transport pour nous déplacer dans cette immense ville, chaque station est différente et donne une impression de musée. Le métro reste sans aucun doute le moyen le plus économique et le plus simple pour se déplacer. Même avec son langage indescriptible pour nous français et une signalisation si différente de la nôtre, les directions sont indiquées sur des panneaux blancs et les noms des stations sont sur les murs de l’autre côté des rails.

    Les noms des arrêts sont écrits en anglais dans la rame de métro, mais pas dans la station, ne pas oublier de prendre un plan avec les arrêts en Russe. Personnellement nous l’avons pris en photo.

    Tarif /horaire

    Le métro est ouvert de 6h à 1h du matin.

    Les tickets se vendent à l’unité ou par carte, sachant que plus vous en achetez plus vous économisez :

    • 1 ticket → 40 roubles
    • 11 tickets → 300 roubles ( 27 roubles/unité)
    • 60 tickets → 1200 roubles (20 roubles/unité)

    Divers

    • Nuisance sonore : Le métro fait un bruit épouvantable et il n’est pas rare d’observer des locaux se boucher les oreilles ou même porter un équipement tel que des boules Quiès.
    • Le wifi y est disponible, même si depuis le 07 août, il vous faudra décliner votre identité pour vous y connecter.

    Toutes les informations concernant le métro sont sur ce site en anglais : http://engl.mosmetro.ru

    Visiter Moscou

    Contre toute attente, Moscou nous a réservé de jolies surprises. À la base, elle n’était pas dans notre planning qu’une ville de passage et nous n’y avions planifié qu’un petit budget. Les quelques visites ainsi que les échanges avec Alex et Lyubov nous ont laissé une trace inoubliable de cette ville démesurée et étonnante.

    Voici une liste non exhaustive de sites et de photos qui reflète notre propre visite pendant ces 2 jours.

    L’office du tourisme se trouve à l’intérieur du musée historique d’état. Sans information, il est difficilement repérable. Finalement, la carte proposée par la ville ne nous a pas vraiment servie car elle n’était pas assez détaillée. Au final, nous avons utilisé l’application : « Moscou city guide ».

    Notre première impression de Moscou en sortant du métro : fût « Que c’est grand ! », pas de passage piéton, on trouve des souterrains pour traverser les routes de six voies (plutôt intelligent non?). Surement pas la dernière grande ville que nous traverserons pendant notre périple mais c’est sans aucun doute la première.

    Nous avons marché une vingtaine de kilomètres la première journée, perturbés par les notions de distance bien différente de notre ville de Bordeaux. Une visite partagée en deux parties, tout d’abord, nous avons fait les lieux touristiques puis nous avons suivi Lyubov pour des lieux moins connus.

    Le Kremlin

    Il correspond à la citadelle de la ville qui est la plus connue par ses murs rouges. Il représente une ville dans la ville composée de palais, d’église, de la place rouge et de cathédrales. Il forme aujourd’hui le centre politique de la fédération de Russie.

    le kremlin a moscou

    La place rouge

    Elle est composée des galeries marchandes, du musée historique d’état et de la cathédrale Saint Basile (symbole de l’architecture traditionnelle)la Place Rouge à Moscou

    Fontaines du jardin d’Alexandre II

    Non loin du Kremlin, on trouve les fontaines du jardin d’Alexandre II, probablement les premiers jardins publics de Moscou.la fontaine alexandre II à moscou

    La cathédrale du christ-sauveur

    C’est l’église cathédrale de Moscou.La cathedrale du Christ Sauveur

    La bibliothèque d’État de Russie

    Elle est la plus grande du pays, mais aussi l’une des plus grandes du monde.

    La-bibliothèque-d-Etat-de-Russie

    Tsaritsyno

    C’est le palais néogothique le plus grand d’Europe. Il a été inauguré en 2007 et il est devenu un haut lieu de promenade pour les Moscovites et ses visiteurs. Nous avons apprécié nous promener quelques heures, flâner à l’ombre des arbres au bord de l’eau et à observer les nombreux couples de mariés venus pour leur séance de photos.

    Le parc Tsaritsino à Moscou

    Couvent Novodievitchy

    Site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, son nom signifie la « nouvelle vierge ».

    Le Couvent Novodievitchy à Moscou

    Une promenade le long du fleuve

    nous a permis d’apercevoir des jeunes qui font des acrobaties sur les barrières le long du fleuve Moskova ainsi que d’autres en haut d’un des ponts. J’imagine que c’est interdit, mais Lyubov nous raconte qu’elle n’était pas rassurée mais plutôt fière de l’avoir fait avec Alex, son compagnon. Je souris car je ne l’imaginais pas faire ce genre de choses. [clear]
    Une-promenade-le-long-du-fleuve-Moskova

    Le parc et le musée de l’écrivain Mikhaïl Boulgakov

    Lyubov nous a aussi fait visiter le parc et le musée de l’écrivain Mikhaïl Boulgakov.

    Si vous êtes intéressé par une de ses œuvres : la plus connue est : « cœur de chien » critique satirique fantastique pendant une époque totalitaire et tragique.

    Le parc Mikhaïl Boulgakov

    Le Parc Central de Culture et de Détente

    C’est un parc d’attractions au sein même de la ville, plus connu sous le nom de Parc Gorki, du nom de l’écrivain russe Maxime Gorki.

    Un wifi est disponible gratuitement ainsi que des toilettes propres et de l’eau potable (fait non négligeable, car c’est le seul endroit en ville où nous en avons croisé).

    Nous avons été complètement charmé par l’ambiance de ce parc où petits et grands se mélangent pour jouer à la pétanque, aux boules, au ping-pong, travailler sur leurs ordinateurs, ou faire une promenade en barque. L’hiver le lac cède sa place à une patinoire plein air, cela doit être magnifique et nous donne une raison de plus de revenir sous un manteau de neige.

    Le parc Gorki à Moscou russie

    Après toutes ces visites, nous repartons de Moscou avec une impression de grandeur étonnante, le sentiment que nous ne pouvions espérer meilleur accueil et l’intime conviction que nous sommes sur le bon chemin.

  • Conseils pour obtenir son visa pour la Russie

    Conseils pour obtenir son visa pour la Russie

    La première des choses pour visiter la Russie est d’obtenir le visa qui vous permettra de poser les pieds sur le territoire. En rajoutant la Russie à la dernière minute dans notre planification, nous n’avions pas idée dans quoi nous nous embarquions. Nous vous livrons ici quelques conseils pour vous aider à passer plus sereinement ces formalités.

    Obtenir son visa depuis la France

    L’obtention du visa russe peut s’avérer un vrai casse-tête en France et peut coûter très cher. Si votre voyage vous le permet, faites le depuis un pays frontalier (la Pologne ou la Mongolie, nous avons eu plusieurs retours de backpackers dont les démarches n’ont été qu’une formalité et qui ont payé bien moins cher).

    Mais si comme nous, vous partez depuis la France, voici ce que vous avez besoin de savoir.

    Deux possibilités s’offrent à vous :

    • aller aux ambassades : Paris, Marseille, Strasbourg
    • ou passer par une agence qui s’occupera plus ou moins de tout en fonction de la formule que vous choisirez.

    À mon avis, à la période où nous avons demandé nos visas, ils étaient distribués au compte-gouttes et après lecture de certains blogs, plusieurs demandes avaient été refusés pour diverses raisons plus ou moins obscures. Nous avons donc fait le choix de passer par une agence, certes plus cher, mais en tout cas plus sûr.

    Nous avons profité d’un aller-retour à la capitale pour voir la famille d’Aline et déposer les papiers en main propre à l’agence (ce qui nous a permis d’avoir la certitude que notre dossier était complet et d’éviter des envois et des frais inutiles).

    Nous n’avons absolument pas regretté notre choix, l’agence a vérifié tous nos papiers, nous a conseillé sur le choix de l’assurance et en 12 jours ouvrés notre visa était à disposition comme indiqué sur leur site.

    De plus, nous leur avons demandé de mettre nos visas de côté une fois arrivé, ce qui nous a permis d’économiser les frais d’envois. Nous les avons récupérés juste avant de prendre notre vol au départ de Paris.

    Papiers nécessaires :

    • 2 photos d’identité avec fond clair
    • un passeport signé avec 2 pages disponibles face à face (valide 6 mois après la sortie du territoire russe) et en bon état.
    • 1 photocopie du passeport
    • un formulaire rempli, disponible sur le net à cette adresse
    • une assurance nominative et signée après impression, elle doit couvrir les dates exactes de votre séjour (ou éventuellement plus large)
    • un voucher : document prouvant que vous avez logé bien à l’hôtel ou dans une auberge.
      • Il vous sera fourni dès votre réservation
      • Si comme nous, vous dormez chez l’habitant, vous pourrez le payer en ligne par le biais d’une agence
      • Si vous avez des connaissances ou de la famille en Russie, il sera toujours possible de leur demander, mais cela leur demande une implication personnel car ils devront se déplacer et faire une demande officielle.

    Tarif en passant par rapide visa :

    150 euros au total

    • Frais d’ambassade : 61 euros
    • Voucher : 30 euros (pour 12 jours), il semble qu’à ce jour il ne propose plus de l’acheter en ligne. Vous devrez vous le fournir ailleurs.
    • Commission rapide visa : 59 euros (actuellement 10 euros de réduction)

    Malheureusement nous avons dû prendre un visa de 12 jours et notre visa d’un mois a donc été raccourci à 12 jours aussi…

    Après quelques moments de stress et un peu de patiente, un beau visa russe fait maintenant partie intégrante de notre passeport. Le premier d’une longue série qui nous donne le droit de commencer notre expérience en transsibérien.

  • Le transsibérien : un voyage à travers la Russie

    Le transsibérien : un voyage à travers la Russie

    [su_heading size= »20″]72h de voyage, 5185 km, 92 arrêts et 5 fuseaux horaires.[/su_heading]

    Le départ et la panique

    Lyubov notre hôte couchsurfing à moscouLyubov, notre hôte si généreuse nous accompagne jusqu’à la gare et nous fait gagner un temps précieux, même si le métro est bien le plus simple des transports en commun à comprendre, il n’en reste pas moins que le sens de circulation et les directions prennent du temps à être décrypter dans des signaux incompréhensibles, bien loin de notre bonne vieille langue française.
    Nous arrivons donc 30 min à l’avance sur le quai de la gare, sous une chaleur étouffante, après avoir marché à une allure qui m’est difficilement supportable avec mes 13 kg sur le dos.
    Lyubvov nous accompagne sur le quai, des centaines de personne s’accumulent devant les portes avec d’énormes bagages ainsi que des sacs et des cartons remplis de nourriture pour le voyage.

    le transsiberien en gare de moscou
    L’espace est réduit, 54 personnes par wagon. La chaleur est épouvantable, tout le monde dégouline de sueur et l’odeur imprègne déjà les wagons. C’est à ce moment précis que la panique me prend, ainsi qu’une haine symbolique pour Chocho : « rappelle moi pourquoi nous prenons le transsibérien déjà ? »
    couloir de la 3eme classe dans le transsiberien

    « Pourquoi prendre le transsibérien et surtout pourquoi en 3e classe ? »

    Une idée qui peut sembler étrange aux locaux qui utilisent ce moyen de transport pour des raisons de budget et qui dès que les finances le leurs permettent sautent dans le premier avion. Prendre le transsibérien pour la découverte et le plaisir? Quel plaisir peut-on trouver à s’enfermer dans ces quelques mètres carrés, à moitié entassé, les uns sur les autres ?
    Le transsibérien est un train mythique connu dans le monde entier, renfermant une façon de vivre à part entière, cela nous semblait donc une expérience unique.

    N’est-ce pas ce qu’on recherche quand on part faire un tour du monde? Découvrir les habitudes de la population dans son quotidien ?

    De plus, Guillaume rêvait de la Mongolie, cela faisait donc partie des pays incontournables sur notre trajet. Nous avions 2 possibilités pour arriver jusque là-bas. Faire un saut de puce pour atterrir directement à Pékin, ou alors prendre la solution la moins chère, la plus longue, mais aussi la plus enrichissante. Celle qui permet de s’acclimater au fur et à mesure, de voir changer les paysages, les cultures et les visages.
    C’est donc avec ces idées en tête que nous arrivons sur le quai.

    La découverte et la surprise

    La chaleur est tellement insoutenable, que je me dis que ce voyage va être un vrai calvaire, c’est bien ce que nous avait confirmé nos hôtes russes… Pourtant, nous sommes dans le train prêt à partir. Nous prenons donc place sur nos couchettes, posons nos sacs en hauteur, regardons peu à peu monter nos
    futurs compagnons de route, pendant ces 4 jours de voyage.
    Nous n’entendons que du russe : ce voyage s’annonce définitivement comme un calvaire…

    chocho dans le compartiment 3eme classe du trans siberienPuis peu à peu les choses changent, le train démarre doucement très doucement, dur à tirer tant de wagons chargés, les passagers s’installent patiemment, la nourriture d’un côté, les boissons de l’autre, la plupart troquent leurs vêtements de villes contre des tenues confortables, les tongs sont alors de rigueur. Dans le train se mêlent tous les âges, des plus jeunes aux plus âgées.
    Le wagon se partage en plusieurs compartiments dotés de 6 couchettes chacun, ils sont séparés par de fines cloisons mais l’ensemble du wagon est ouvert.

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    Chaque compartiment ressemble à une maison aménagée. L’allée centrale nous rappelle la rue d’un petit village où l’on observe de façon éphémère la vie des habitants à travers les fenêtres.

    Nos premiers échangent avec nos voisins commencent : ce périple ne s’annonce peut-être pas si mal que ça !

    nos hotes rencontrés dans le transsiberien en 3e classeNous voyageons entouré de Tatiana, une soixantaine d’années et de Virginia, jeune maman d’une petite fille de 12 ans dont elle sera fière de nous montrer les photos quelques heures plus tard. Tatiana parlent quelques mots d’anglais, mais son bavardage est constant et nous permet d’échanger des banalités et de rire régulièrement. Je pense que nous avons rencontré la personne la plus bavarde du train, elle s’installe à toutes les couchettes, fait connaissance et subjugue même notre jeune Virginia qui semble plus timide. Tatiana est asthmatique et semble avoir des problèmes cardiaques, ce qui nous vaudra la montée d’un médecin dans le train pour s’occuper d’elle. Mais rien de grave. Le voyage peut continuer.

    Les heures défilent doucement, notre 3e colocataire pleure depuis le départ du train… elle dormira quasiment pendant 2 jours, avant de commencer à tourner le regard vers les habitants de notre wagon et à initier quelques bavardages. Nous avons misé sur une rupture amoureuse: le téléphone qui insiste pendant plus d’une heure et auquel elle refuse de répondre nous mettra la puce à l’oreille. Notre dernier colocataire, est un jeune homme qui passe la plupart de son temps dans le compartiment voisin avec 2 autres jeunes de son âge. Ils passent la plupart de leur temps à nous fixer avec insistance. Nous évitons leurs regards, ils finiront bien par se lasser.

    aline dans la couchette du haut transsiberienLe bruit du train sur les rails nous berce doucement et la première nuit passe, je ne sais déjà plus quel jour nous sommes et l’heure qu’il est. Je me repère à la nuit qui tombe, à l’heure de Moscou affichée dans toutes les gares alors qu’on change de fuseaux horaires et parfois aux gens autour de nous.

    Tout le monde commence à manger à des heures différées, chacun dort à son propre rythme et fait généralement la sieste, surement plus pour passer le temps que par un réel besoin de sommeil.

    pause sport pendant un arrêt du transsiberienChaque arrêt est une bouffée d’air frais et le moyen de se dégourdir les jambes autrement qu’en se contorsionnant dans l’allée. Chacun profite de cet instant pour marcher, fumer acheter quelques fruits et boissons fraiches et parfois même pour faire un peu de sport (moi y compris, entraînée par notre amie Tatiana).

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    L’habituation et le quotidien

    La vie suit son cours entre lecture, repas, thé, films et discussions. Chacun passe le temps à sa façon. Les échanges au départ timides et discrets commencent à prendre une autre ampleur.

    Un petit village commence à se former dans le wagon n°10 070SA du transsibérien en direction de Tchita.

    Nous apprenons à travers divers signes et en lisant entre les lignes d’un traducteur peu compétent que Tatiana n’a pas d’enfant, elle est institutrice de biologie et elle est devenue croyante après avoir survécu à une attaque de loups lors d’un voyage scolaire à la montagne avec 17 de ses élèves. Plus précisément elle est témoin de Jéhovah. À la retraite, elle parcourt la moitié du pays pour rendre visite à des amis.
    Un des regards insistants appartient à un jeune militaire, il va passer ses vacances au lac Baïkal, il partagera quelques vidéos de saut en parachute avec Guillaume et lui fera comprendre qu’Alizée est super avec un pouce en l’air et un grand sourire, avant de reprendre sa place, limité par la barrière de la langue. Le 2ème s’appelle Yvan et il est papa d’une petite fille de 10 mois (soyez sûr qu’on ne l’aurait jamais imaginé). Le troisième plus distant restera un pur inconnu à nos yeux. Nous finirons par déduire qu’ils ne nous observent que pour passer le temps. Notre femme au coeur brisé fini par se réveiller et partager quelques mots avec notre bavarde Tatiana.

    les pâtes lyophilisées dans le transsibérienLes pâtes lyophilisées remplacent les Tupperware de nourriture fraiche, les achats dans les gares se font de plus en plus nombreux.
    Tatarskaia, un arrêt comme tous les autres mais une odeur qui embaume tout le quai : celui du poisson séché vendu à l’arraché par des femmes d’un certain âge. J’observe nos lointains voisins décortiquer et dépiauter leurs achats de la mer : met local dont l’odeur imprègnera notre wagon jusqu’à l’arrêt final.
    La plupart des repas sont partagés, les regards, les sourires ainsi que les jeux le sont tout autant et notre petit village s’agrandit de jour en jour. Je fais la connaissance de nos voisines de pallier, qui étonnamment sont des baroudeurs en herbe, comment ne pas les avoir remarqué avant? Nous n’avons plus le monopole des étrangers dans notre wagon. Yasmine, jeune étudiante de Corée du sud a décidé de dépenser sa bourse obtenue de ses excellentes notes dans un voyage 3 mois en Europe/Russie/Mongolie/Chine. Elle est accompagnée de deux de ses amies. 
Pourquoi voyage-t-elle? Car c’est un moyen pour elle de trouver le bonheur, mais il semble que ce ne soit pas si simple et que finalement ce nouveau voyage lui permettra peut-être de comprendre quel est le but réel d’un voyage.

    Nous voyons nos deux chefs de wagons qui se relaient à tour de rôle pour accueillir les nouveaux voyageurs, donner les draps, nettoyer le wagon, vendre quelques friandises, fermer et ouvrir les toilettes, signaler le départ du train à chaque arrêt. Tous deux blottis dans 2 cabines de 2m carrés chacune.
    Dans certaines gares, un technicien passe sous chaque wagon pour taper au marteau certaines parties: « ting, tong, bling » : il semble vérifier l’état de notre train au son de la cuirasse.
    Nous ne parlerons pas des deux seules toilettes sales et sordides d’un mètre carré environ où nous devons faire notre toilette, se changer et tout le reste. Mais nous sommes agréablement surpris de voir que tout le monde est respectueux et elles sont rarement occupées très longtemps.

    Arrivée en gare de Taïga et premiers au revoir, Yvan et son ami quitte le navire, de nouveaux visages pointent le bout de leur nez, on observe des regards discrets et des gestes timides face à nos habitudes déjà bien rodées fort de ces 3 jours passés. Quelques échanges de photos : j’explique que nous faisons le tour du monde en 1 an par l’intermédiaire de notre carte et je montre ma famille en mixant des mots anglais et quelques mots russes. Notre « coeur brisé » se joint à nous pour l’attraction du moment.

    Puis nous partageons un moment musical, Tatiana nous fait découvrir une comptine d’enfant. Nous jouons sur les mots et les prononciations de chaque langue, nous rions des intonations et des gestes de notre Tatiana. Un pur moment d’échange. 3 Mongols font partis du village et retournent dans leur pays natal : ils parlent un peu anglais, mais leur accent est à couper au couteau. Nous n’échangerons pas beaucoup plus.

    Les au revoir et la tristesse

    Le temps file finalement à tout allure et se décale, nous sommes maintenant à plus de 5h de différence avec la France et je m’étonne déjà de m’attrister de quitter ce nouveau logis et ces visages désormais amicaux avec qui on a partagé nos repas, nos souvenirs, des moments de rires, nos banquettes et nos nuits. Ville d’Angarsk, les au revoir se font dans un murmure d’anglais, un baiser et nous voyons maintenant la couchette vide de Tatiana. On se regarde avec Guillaume et on se comprend à demi-mot, les visages autour de nous sont maintenant devenus des inconnus, il n’est pas si facile de quitter ce cocon qu’on s’est créé pendant ces 4 jours. Le rapprochement physique aide à ouvrir les coeurs et les esprits. Je crois qu’on pouvait difficilement trouver mieux comme compagnons de route.

    Malgré la barrière de la langue, ce calvaire de voyage est finalement devenu un moment intense de partage et de découverte.

    C’est avec douceur et sourire que je repenserai à ces moments de vie.

    La routine du voyage reprend maintenant son cour, la recherche de nouvelles auberges, de nouveaux itinéraires et de nouvelles rencontres continuent…