En écrivant cet article un an après, j’ai le sourire aux lèvres. Nous sommes bien loin de notre itinéraire initial. Celui que nous avions mis si longtemps à construire.
Mais je vous ramène 1 an et demi plus tôt, où nous étions tous les deux dans notre maison bordelaise, face à notre carte du monde affichée au mur.
Construire un itinéraire d’un an ou comment réaliser qu’on ne peut pas tout faire !
Un an de tour du monde ça se mûrit, ça se construit, ça se défait et ça se reconstruit. Ça n’a jamais été aussi vrai pour nous.
Une fois l’idée lancée, le voyage avait déjà commencé. On s’est projeté, on a fait la liste des pays et on a réfléchi aux compromis, Guillaume voulait la Mongolie, je voulais l’Inde et le Japon, les 2 premiers étaient des incontournables.
Mais laissez-moi vous retranscrire une de nos discussions, qui vous parlera surement, j’en suis convaincue :
Aline : Mongolie ? Mmh, pourquoi pas … Mais moi, je veux aller au Japon !
Guillaume (réaliste) : OK, mais c’est super cher le Japon
Aline (songeuse) : Oui et ? Après on ira en Asie du Sud Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Amérique du Sud bien évidemment !
Guillaume : Deal !
Aline : Mais on doit aller au Canada aussi puis en Afrique !! Puis en Islande … Oh j’oublie l’Europe ! Et puis tout en fait
Guillaume (encore plus réaliste) : Mais tu réalises qu’on ne peut pas tout faire ?
Aline (étonnée) : Pourquoi ?
Oui pourquoi ?
J’avais déjà vécu cette situation plusieurs années auparavant. J’avais eu l’opportunité d’aller au Canada et quitte à être là-bas je voulais aller à New York. Je n’ai absolument aucune notion des distances. Mais j’étais plus proche de New York depuis Toronto que de Bordeaux (logique non?). Du coup, j’ai insisté et en plus de tout le reste, on l’a fait !
Du coup, j’avais la même logique. Une fois en Asie, l’Australie est proche et une fois en Nouvelle-Zélande, l’Amérique du Sud, puis après le Nord puis… Bref, vous voyez le raisonnement.
Je débordais d’énergie et de folie, dans ces moments-là tout est possible à mes yeux.
Pourtant, on a fait comme beaucoup : on s’est restreint. On a regardé les climats « parfaits », les trajets « parfaits ». Puis, on a fait notre tableau Excel pour les meilleures périodes. (d’ailleurs pour vous aider, il existe un très bon outil créer par A-contresens)
On a planifié sur un an et en juin 2014, on a pondu cet itinéraire « classique ».
Je ne critique pas tous ceux qui ont un itinéraire semblable, car il est aussi riche et pertinent que n’importe quel autre. Il correspond facilement à un itinéraire d’un an (un an et demi) pour la plupart de ceux qui souhaitent partir.
D’ailleurs, nous étions convaincus d’avoir notre itinéraire « parfait ». On se disait qu’on verrait en route.
Quand on réalise qu’on a fait tout ça pour rien
Au bout d’un mois, ce n’était déjà plus le cas. Une extension de 15 jours en Mongolie puis une extension d’un mois en Chine … Autant vous dire qu’on ne rentrait déjà plus dans nos marges. 2 mois au Japon et nous étions complètement hors timing. Nous tombions dans les périodes de mousson en Asie et l’hiver arrivait en Nouvelle-Zélande.
Plus rien ne correspondait à nos plans. Plus rien sauf l’imprévu auquel on aspirait. Finalement, c’était ça notre itinéraire : suivre notre instinct !
Nous avons officiellement tout laissé tomber. Cette carte et ses délais n’existent plus que dans nos archives.
Prendre davantage le temps, faire des choix « à la dernière minute », être libre c’était tout ce qui comptait. Ainsi, nous avons ainsi découvert Taïwan et la Malaisie : 2 gros coups de coeur. Et faire le Cambodge pendant la mousson fut un des meilleurs choix de notre périple !
Un an après, nous sommes toujours en Asie et voici le trajet que nous avons effectué.
Et maintenant on en pense quoi?
Des regrets ? Aucun ! Guillaume et moi sommes maintenant sur la même longueur d’onde. Comme celle que j’étais avant de partir : tout est possible à partir du moment où on s’en donne les moyens.
Jusqu’à maintenant notre argent nous permet de subvenir à nos moyens, mais si nécessaire, on travaillera.
Est-ce qu’on verra tout ce qu’on souhaite ? Peut-être pas. Que ce soit pour une raison de budget, de mal de pays, de ras-le-bol général, nous sommes certains que le moment où nous devrons rentrer s’imposera de lui-même.
Si on veut une vie nomade, on se la créera.
La réalité c’est qu’on ne sait pas trop à quoi ressemblera notre futur. Adeptes de la philosophie « de vivre au jour le jour », nous la vivons pleinement. Elle a pris encore plus de sens depuis quelques mois.
J’écris cet article depuis la Malaisie où nous avons décidé de prendre quelques semaines de repos avant de repartir.
La suite ? On a bien une petite idée, enfin que dis-je ? On a PLEIN d’idées. Sûrement trop : on veut voir le monde entier, se poser, créer quelque chose …
Combien de temps durera notre voyage ? On ne se pose plus la question.
Ce n’est plus un voyage c’est un mode de vie qu’on maintiendra tant qu’on en a envie.


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