Le monde à deux

Catégorie : En voyage

En voyage, on découvre, on apprend… On partage ici avec vous nos découvertes et nos réflexions.

  • La force du silence : vécu d’une retraite bouddhiste

    La force du silence : vécu d’une retraite bouddhiste

    Un voyage intérieur

    Imaginez un coin de Nature où vivent des nonnes et des moines. Imaginez alors que vous y posiez vos sacs et que vous vous libériez de tout objet susceptible de communiquer (téléphone, ordinateur…), tout objet capable de vous stimuler (carnet/stylo, livre, appareil photo …).

    Imaginez que vous fassiez le pacte de ne plus émettre une seule parole pour les sept prochains jours et de promettre que le langage corporel sera mis en sourdine.

    Imaginez alors que les seules choses qu’il vous reste sont : votre sourire, vos yeux et vos pensées.

    Les seules voix que vous entendrez pendant cette semaine seront celles des moines et des responsables pour vous fournir enseignements et informations pratiques.

    Vous avez à peine le temps d’échanger avec tous les autres participants que vous êtes déjà plongé dans un monde de silence effrayant et rassurant à la fois.

    La cloche annonce le début de cet univers insonore et elle seule vous rappelle que le temps passe à son propre rythme. Les premières heures de méditation assise semblent durer une éternité. Vous bougez toutes les 5 minutes car votre manque de souplesse rend vos articulations douloureuses. Les premiers jours, vous remerciez même les temps de médiation debout et marchée. Le yoga matinal vous accompagne dans cette torture qui quelques jours plus tard passera inaperçue.

    Vous effectuez docilement la tâche que vous avez choisie. Comme tout le monde, ces 15 minutes de « corvée » quotidienne deviennent une autre possibilité de travailler sur vous-mêmes.

    Au fur et à mesure, vous réalisez à quel point vos pensées sont rapides, possessives et vous finissez par admettre que vous n’êtes pas vraiment seul. Chaque prise de conscience de ce phénomène que vous laissez s’envoler est une victoire.

    Au-delà de ces manifestations intérieures, vos propres critiques sont incessantes . Votre assiette est-elle trop remplie ? Est-ce que vous prenez votre douche à la bonne heure ? Est-ce que vous devez aller au dortoir ou vous asseoir ailleurs ? Est-ce que vous faites bien comme tout le monde ? Des années pour réaliser que vous êtes votre propre persécuteur. Car finalement, ici, vous avez le droit d’être vous-mêmes, sans jugement et sans reproches.

    Le vent qui fait bouger les arbres se transforme en une musique délicieuse. Les poules qui volent sous vos yeux ou les fourmis qui retournent chez elles deviennent un spectacle tout aussi passionnant qu’un coucher de soleil.

    Les deux uniques petits repas quotidiens vous rassasient plus que vos trois grosses portions habituelles.

    Les couleurs sont plus vives et les goûts plus prononcés, tout simplement car vous y prêtez attention.

    retraite bouddhiste vipassana thailande koh samui

    Après avoir apprécié les beautés de la Nature, vos sentiments les plus profonds vous éclatent en pleine figure. La tristesse se fait vicieuse et rend vos yeux humides, la colère se terre perverse au creux de votre poitrine et la panique vous surprend en plein milieu d’une méditation.

    Vous voyez des participants partirent les uns après les autres et vous êtes fiers de continuer malgré les difficultés et la fatigue des réveils avant l’aube. Votre persévérance commence à porter ses fruits. L’obsession de l’horloge et du temps disparaît, votre voisine de dortoir qui tape dans son lit ne vous agace plus, pas plus que les personnes qui parlent et qui écrivent alors que ce n’est pas recommandé ou ceux qui jettent leur assiette en en ayant mangé la moitié.

    La fin de la semaine approche à grands pas et la panique revient à l’idée de quitter ce « monde protégé ». Heureusement, le suivi est adapté et les enseignements vous accompagne à passer ce nouveau cap.

    Le dernier soir, chacun s’exprime sur ses émotions et même si tout le monde a son propre vécu dans le silence, vous vous sentez proches les uns les autres.

    C’est alors que le dernier son de cloque retentit, il a un timbre différent et une signification bien à lui.

    Les mots ne viennent pas aussi naturellement que vous l’auriez imaginé. En rangeant votre lit et vos affaires, vous entendez les voix revenir les unes après les autres et finalement la vôtre aussi. Elle est toujours là mais quelque chose a changé : elle est plus présente, plus chaleureuse et plus réfléchie.

    Chacun s’embrasse et quitte le monastère. Votre chemin semble flou et incertain, mais la conviction que tout ira bien est ancrée au plus profond de vous. Ainsi vous reprenez la route chargés d’énergie, confiants et apaisés.

    retraite bouddhiste anapanasati koh samui thailande

    J’ai volontairement utilisé le vous, mais tous les sentiments retranscris ne sont que mes ressentis personnels et chacun de vous peut vivre une retraite très différemment.

    De plus, je tiens à remercier Olga Saliy, photographe professionnelle qui a réussi à immortaliser mes souvenirs et qui a gentiment accepté de me fournir quelques-unes de ses photos.

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    Où : au centre Dipabhavan sur l’ile de Koh Samui en Thaïlande

    Prix : C’est gratuit et fonctionne entièrement avec un système de donation. Vous donnez ce que vous souhaitez à la fin de la retraite.

    Inscription : il y a un formulaire d’inscription sur cette page.

    Durée du séjour : Nous avons fait une retraite de 7 jours, mais ils en proposent aussi une de 4 jours.

    Dates : Toujours du 7 au 10 ou du 20 au 27 de chaque mois

    Alternatives : Pour faire une retraite de 10 jours avec exactement le même type d’enseignement c’est au centre de Suan Mokkh qui ne demande aucune inscription. Présentez-vous la veille ou le matin du début de la retraite.

    Engagement : Même s’il demande un engagement de 7 jours complets, vous êtes entièrement libres de quitter la retraite si vous en ressentez le besoin. Mais il est aussi possible d’avoir un entretien avec un des responsables en milieu de semaine et vous pouvez toujours en demander un supplémentaire si nécessaire.

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    J’espère sincèrement avoir réussi à vous transporter dans ce monde parallèle et vous avoir donné envie d’essayer la méditation au moins une fois dans votre vie.

    Que vous soyez un adapte de la méditation ou un pur néophyte, n’hésitez pas à partager votre opinion et vos ressentis.

  • Un volontariat inoubliable dans une ferme en Malaisie

    Un volontariat inoubliable dans une ferme en Malaisie

    Fidèles à notre fil rouge, il était hors de question de quitter la Malaisie sans avoir une expérience de volontariat à notre actif.

    À la dernière minute, il ne nous restait que très peu de choix, mais un des profils Workaway a attiré notre attention. Une ferme bio de 400 hectares qui proposait des repas végétariens, des enseignements de yoga et un refuge pour une centaine de vaches sauvées de mauvais traitements et de l’abattage.

    La ferme appartient à ISKCON (l’association internationale pour la conscience de Krishna), un mouvement religieux singulier dont je vous reparlerai bientôt.

    Il se trouve que la réalité a été bien loin de leur présentation, mais nous avons pourtant adoré notre séjour. À tel point que nous y sommes restés quasiment 2 mois.

    Arrivée au milieu des jacquiers

    Nous étions complètement isolés dans la région proche de Kuala Lumpur consacrée à la production des jacques. De gros fruits pesant entre 1 et 36 kgs, qui ont une chair sucrée, grasse et très goûtue.

    jacquier ouvert volontariat malaisie guillaume avec un gros jacquier workaway malaisie

    Malgré la chaleur, l’eau marron et des plats très épicés, je me suis tout de suite sentie à l’aise dans cet espace infini et reculé.

    volontariat ferme hare krishna lanchang malaisie

    Il a fallu un peu plus de temps à Guillaume pour s’approprier ce nouveau lieu. Il faut dire qu’Internet HS n’a pas aidé.

    C’est seuls, que nous avons commencé notre nouveau mode de vie avant que de nombreux volontaires du monde entier viennent nous rejoindre.

    La vie à la ferme

    Le logement

    Là où les travailleurs népalais sont entassés à 10 dans une pièce de 20m², nous dormions dans une énorme maison climatisée composée de quatre dortoirs dont une chambre double et agrémentée d’un distributeur d’eau chaude et fraîche.

    Ils leur arrivent aussi de loger des familles et un excès de volontaires dans d’autres petites maisons à proximité.

    maison pour les volontaires workaway malaisie

    Le travail

    Vous pouvez y venir pour une journée ou pour une durée indéterminée.

    En fonction de nos envies, les tâches peuvent être identiques ou variées. Aux alentours de 7 h 30, Bikram, le responsable des travailleurs toujours souriant, nous donnait notre travail.

    Ils demandaient un minimum de 5 heures par jour que nous organisions selon notre propre rythme.

    Les employés travaillaient jusqu’à 12h par jour, avec certes un bon salaire pour la Malaisie (320 euros environ), mais sous un soleil de plomb et des tâches physiques épuisantes. Je peux vous assurer que je respectais chacun de ces gars pour leur dur labeur.

    Concrètement la ferme est composée de champs de :  jaques, de caramboles, de goyaves, de canne à sucre avec une usine de fabrique de sucre et de jus, de gombo, de tapioca, de maïs, de potiron et un champ pour les vaches (quotidiennement lâchées dans la Nature).

    En quoi consiste les activités ? Arroser les potirons, désherber, empaqueter des goyaves ou des caramboles, ramasser les fruits, mettre de l’engrais, planter des graines, couper, installer des tuteurs en bambous, ramasser le tapioca et en faire de délicieuses chips, couper les nouvelles pousses des arbres, conduire le tracteur, aider en cuisine, nettoyer le bungalow, nettoyer l’étable des vaches et les surveiller… Vous l’aurez compris, il n’y a jamais de quoi s’ennuyer.

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    Honnêtement, le travail est plus ou moins ardu et le plus difficile reste de le faire sous la chaleur. Nous y sommes allés à une période réellement chaude, jusqu’à 45° à l’ombre et certains jours c’était épouvantable. Mais cela reste supportable : leurs valeurs positives et leurs encouragements nous permettaient de travailler à notre rythme sans stress.

    « Chacun fait du mieux qu’il peut et tout aide est appréciée »

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    En tout cas, je vous conseille de rester un minimum de 15 jours à 3 semaines, cela vous laisse le temps de vous habituer, de voir les plantations évoluées, mais aussi de pouvoir participer aux activités en dehors du temps de travail.

    Petit bémol à tout ce travail : même si effectivement certains produits sont naturels, toute la production est loin d’être bio.

    Et quand on ne travaille pas ?

    Le sanctuaire des éléphants

    C’est la seule attraction touristique du coin. Les locaux nous avaient vendus cela comme une réserve protégée d’éléphants mais les informations données étaient contradictoires. D’un côté, les éléphants étaient soient disant récupérés suite à de la maltraitance, d’un autre côté, ils avaient été chassés de leur habitat naturel suite à l’agrandissement de l’agriculture humaine. Alors qui/que croire ?

    On constate une volonté de bien faire et une entrée gratuite qui élimine tout de suite le côté business touristique. Mais les pics bien dissimulés dans les poings fermés des « dresseurs » toujours présents et souriants, les tours de cirques et les heures de bain dictées pour notre bon plaisir m’ont vraiment dérangé.

    sanctuaire des éléphants lanchang volontariat malaisie
    Qui me dira que c’est pour le bien de ce bébé éléphant ?

    La Chocho River et des invitations chez les locaux

    Nelson, un des responsables de la ferme, tenait absolument à nous faire découvrir leur mode de vie. Pour notre plus grand plaisir, il nous a emmené dans un coin connu seulement des locaux. Une petite rivière que nous avons nommée Chocho River, en hommage à mon Guillaume qui s’est vite retrouvé petit favoris de nos nouveaux amis. Chocho par-ci, Chocho par là, nous n’entendions que son nom.

    aline le monde a deux chocho river chocho river volontariat malaisie

    Bref, nous avons profité de la fraîcheur de la soirée pour prendre l’apéro accompagné d’une petite baignade, avant de finir la soirée par un excellent repas indien cuisiné par la maman de Nelson. (riz, haricot, tofu, chou… cuisinés comme eux seuls ont le secret). Un vrai délice bien évidemment dégusté avec les mains.

    repas indien volontariat ferme malaisie

    La journée s’est tellement bien passée qu’ils ont renouvelé l’expérience en nous invitant à l’anniversaire d’un de leur ami : bonne ambiance et nourriture à tomber !

    Les rencontres et les échanges

    Si ce séjour à la ferme de New Godruma Dhama a été aussi mémorable c’est surtout grâce aux rencontres et aux échanges. Tous d’abord avec les travailleurs immigrés (dont je vous parlerai plus en détail dans un prochain article) mais aussi avec tous les autres volontaires.

    Parler de tout et de rien : de spiritualité (Merci Evelien et Simon), de  véganisme (merci Serguey et Olive) et de caca et de godemiché (merci America, notre chilienne girl, pour ton humour) auront bercés nos après-midi et parfois même nos soirées.

    Pendant plusieurs semaines, ce groupe s’est construit dans une énergie positive et une belle ouverture d’esprit. Mais ce temps suspendu a finalement pris fin et nous les avons vus partir chacun à leur tour avant de sentir que notre tour venait.

    coucher de soleil dans notre volontariat en malaisie

    J’espère que ce récit vous a plu, si jamais vous vous rendez en Malaisie et que vous faites un détour par la New Godruma Farm, surtout passez-leur le bonjour de notre part !

  • Pourquoi je ne prierai pas pour Paris

    Pourquoi je ne prierai pas pour Paris

    Aujourd’hui est un jour sombre, le 13 novembre 2015 restera gravé dans les mémoires comme le 11 septembre 2001 a ébranlé une nation.
    Un jour sombre précédé d’une nuit sanglante.

    Le réveil fût brutal et irréel, loin de tout, Guillaume me racontait mots après mots, le massacre qui se produisait à Paris.
    Sous les cocotiers et le soleil, ici la vie continue pendant qu’intérieurement je me sens éteinte. Je me surprends à penser que j’étais bien à l’abri pendant que d’autres se cachaient derrière des portes closes,  glacés de frayeur.

    L’innomable a encore frappé.

    Être sensible ouvre un monde effrayant et fascinant à la fois.

    Une fois de plus, je me sens atteinte. Je me sens atteinte autant que lorsque je vois des familles mourir de faim en Afrique, autant que face à l’attentat au Liban, 2 jours avant Paris qui a tué 41 personnes et qui passe inaperçu, autant que devant le massacre des abeilles, la déforestation de masse ou face aux tonnes de plastique qui polluent nos terres.
    Car même si ce ne sont pas des morts sanglantes, ce sont des injections de petites doses létales pour un futur qu’on laisse derrière nous.
    Car finalement, ne participons nous pas tous aveuglément à l’activation d’une bombe à retardement et d’un massacre à grande échelle ?
    Paris n’est-il pas un message d’un monde et d’un homme qui souffre ?

    L’homme est capable de la quintessence comme de l’horreur absolue.

    Ce jour me blesse car des vies innocentes se sont envolées, mais ce jour me blesse aussi car il n’est pas le seul et fait écho à tous les autres massacres qui se déroulent sur terre au nom de la religion,  de la force, de l’argent, du pouvoir et qu’en sais-je encore…

    Alors aujourd’hui, je ne prierai pas pour Paris, tout simplement car prier ne représente rien pour moi.
    Aujourd’hui je ne prierai pas pour Paris et pas plus demain.

    8

    Une photo publiée par Joann Sfar (@joannsfar) le

    Par contre j’envoie mes pensées à ceux qui sont partis et à leurs proches,  j’envois de la compassion et mes sourires à ceux qui ont vues leur vie se dérouler sous leurs yeux et j’envois toute l’énergie positive possible à la France et bien au delà : à tous ceux qui souffrent chaque jour sous le poids des coups, des bombes, du feu et j’en oublis.

    Chacun de nous peut agir, le monde est connecté.
    L’amour et la bienveillance sont plus nombreux et plus puissant que ce qu’on nous raconte au quotidien.
    Ne leur donnons pas raison !

    7 meurtriers, 129 morts et des centaines  de blessés contre combien de solidarité ?  Combien de portes ouvertes ? Combien de bénévoles acharnés derrières leurs écrans pour aider aux recherches ?  Combien de dons du sang ?
    Ne vous laissez pas berner par les médias qui feront tout pour vous faire peur, ne leur donnons pas ce qu’ils cherchent.

    « Aujourd’hui leur but est de tenir dans le temps, pour que les médias puissent s’accrocher à l’événement, le diffuser en direct pour un max de publicité »,  confiait récemment à l’afp,  sous le couvert de l’anonymat,  un haut responsable de la lutte antiterroristes » (Huffington post)

    La mort est toujours proche, elle est dans la voiture que vous prenez pour aller travailler, dans le sucre que vous avalez tous les jours, dans un effort trop violent, dans un moustique incontrôlable, dans une erreur médicale et malheureusement à la terrasse d’un café face à une kalachnikov.

    Alors levons nous dignement, marchons d’un pas décidé, faisons les bons choix et traversons à nouveau ces rues, sourions aux passants croisés, ouvrons nos portes et allons à la rencontre de nos voisins, prenons cet avion qui nous emmène vers d’autres horizons. Refaisons vibrer et vivre Paris sans attendre, rendons hommage par la vie et l’amour. Dites à vos proches combien vous les aimez et ne cessez pas de leur montrer une fois la tempête terminée.

    Alors priez si c’est votre choix, méditons, allumons des bougies et colorions Facebook si nécessaire. Mais surtout, trouvons « une façon d’utiliser ce moment pour développer d’avantage de conscience et de compréhension pour que nous puissions vivre sans peur ». (Kamapa).

    Sans peur et remplis d’amour.

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  • Ce bénévolat à Taïwan vous ressourcera par sa simplicité et son authenticité

    Ce bénévolat à Taïwan vous ressourcera par sa simplicité et son authenticité

    Faire un périple de 500km à vélo est une expérience à part entière, mais ce n’est pas la plus optimale pour rencontrer les locaux.

    Pourtant Taïwan est un vrai coup de coeur ! Et notre passage à Luye n’y est pas pour rien.

    Le monde parfait ?

    Quelques jours de repos à Taipei ont été suffisant pour nous remettre de nos émotions et des kilomètres à vélo que nous avions dans les pattes.

    Nous étions à peine arrivés chez nos nouveaux hôtes après 8h de train, qu’ils nous ont embarqués dans une soirée.

    Après 3 mois passés à Luye, un bénévole anglais partait le jour suivant. Le héros de la soirée, ivre d’alcool et de joie, chantait et pleurait passant des uns aux autres les inondant d’amour. Il s’est approché de nous les yeux brillants et le sourire aux lèvres :

    You will love this place, people here are amazing. They are like a family now. I want to come back as soon as possible.   (Vous allez adorer cet endroit, les gens sont géniaux. Ils sont comme ma famille maintenant. Je veux revenir dès que possible).

    Pour des raisons de papiers, il devait partir, mais c’était une certitude, il reviendrait.

    Au milieu de cette euphorie, nous y avons aussi rencontré Robert, le créateur du premier Lonely Planet Taïwanais. Il est tombé amoureux de cette île et d’une de ses habitantes. Il souhaite y finir ses jours et il obtiendra ses papiers très prochainement.

    Où étions-nous arrivés ? Tant de bonheur et de simplicité ressortaient de cette soirée. Était-ce vraiment ce qui nous attendait à Luye ?

    Notre séjour nous a prouvé que oui.

    le monde a deux benevolat taiwain

    Une vie exemplaire à la ferme

    Ce petit coin de paradis se trouve dans le sud-est de Taïwan. Dans un petit village à une heure de route de Taitung, A-rong, sa femme et leurs deux garçons sont installés dans la maison de la grand-mère maternelle.

    Le père avait un rêve : cultiver bio. Lors d’une soirée bien arrosé, il s’est confié :

    Tout le monde me disait que c’était impossible, que ça ne marcherait pas et je leur ai prouvé que si

    Ils racontent qu’à une époque, ils avaient beaucoup d’argent. Vers 20 ans, ils ont eu deux enfants, car c’était la logique des choses. Puis leurs choix ont évolué.

    Maintenant, ils ne roulent plus sur l’or, mais leur vie modeste leur plait. La maman et ses deux fils sont adeptes d’une religion bouddhiste et vegans depuis plusieurs années. Le père n’adhère pas à cette philosophie mais respecte totalement leur mode de vie.

    L’harmonie et le respect qui existent dans cette famille sont beaux à observer. Ils ne courent après rien si ce n’est la simplicité et la Nature.

    Je gobe leurs paroles et me surprend à absorber leurs énergies.

    le monde a deux benevolat taiwain ananas

    Ils possèdent des plantations de thé et d’ananas et depuis peu des bananiers. Autour de Luye c’est le paysage classique, sauf que chez eux, tout est naturel et bio. C’est-à-dire qu’ils n’utilisent aucun produit chimique et aucun arrosage. Les plantes vivent avec la Nature : parfois la saison est bonne et parfois moins.

    Suite à la rencontre d’une touriste, ils ont créé un bar et un magasin/épicerie de produits bio où les gens peuvent se poser et boire une tasse de thé. Les journées sont rythmées par les touristes taïwanais qui passent en coup de vent ou qui s’installent et discutent. Les deux propriétaires les accueillent toujours avec le sourire et beaucoup de plaisir.

    Ils ont régulièrement des volontaires taïwanais et depuis peu Amine a initié l’arrivée d’étrangers. Après une expérience en Allemagne, il a vu le potentiel pratique et humain d’un tel échange et a convaincu ses parents qui ne parlent pourtant pas bien anglais, voire pas du tout pour son père.

    C’est peut-être la seule note négative de notre séjour, de n’avoir pas pu communiquer directement et plus amplement avec les parents.

    Une expérience riche en échange

    Je pourrai passer des heures à vous raconter la simplicité et la joie de vivre qui ont bercé notre quotidien pendant notre séjour à Luye. Nous n’avons jamais eu une tâche aussi répétitive et désagréable que de désherber entre les ananas et pourtant le temps filait à tout allure.

    Au milieu des montagnes et de bananiers, j’appréciais être ici.

    Yuyu, Alice et Tiffany, trois filles de Taipei, ici pour le plaisir de la Nature, ont été de vrais vecteurs de leurs cultures. De véritables bavardes qui avaient toujours le sourire aux lèvres. Addict au sucre, elles nous ont fait découvrir le plaisir des chips de patate douce. Déjà que j’étais tombée amoureuse des patates douces japonaises, mais là, elles m’ont carrément attrapée dans leurs filets !

    Au son de la musique ou de nos voix, nous prenions régulièrement des pauses où nous avions toujours quelque chose à nous raconter. Lorsque Yuyu passait du temps au café avec des clients, il n’était pas rare de la voir arriver avec un plateau, du thé, des fruits et des gâteaux.

    pause thé dans volontariat taiwan

    Les journées passées au milieu des ananas se finissaient généralement dans le magasin, autour d’un thé et d’alcool fort où chacun se dévoilait sans mystère.

    volontariat taiwain authenticite

    Amine adorait parler, du coup nous avons pu échanger à de nombreuses reprises sur leur mode de vie, sur le veganisme et sur ses choix professionnels. Il aime cette vie, il s’installera à la campagne plus tard mais il estime qu’il doit d’abord travailler en ville avant de se lancer.

    Ils nous ont emmené à plusieurs reprises découvrir les alentours. Nous avons partagé une soirée pizza au feu de bois dans un petit village d’aborigène, aperçu la piste des montgolfières où se déroule chaque année le festival et nous avons accompagné la maman dans un marché local pour les courses du jour de l’an chinois.

    benevolat taiwain simpliciteworkaway taiwan aborigene soiree pizzaworkaway taiwan luye

    Et le travail dans tout ça ?

    Nous bossions de 8h à midi et de 14h à 17h avec des pauses régulières : une bonne journée de travail. Mais comme je vous le disais, nous ne les voyions rarement passées. Malheureusement, nous sommes arrivés à une période où le travail était monotone et pas franchement passionnant.

    Nous avons désherbé pendant tout notre séjour, sauf une fois ou deux, où nous avons empaqueté les ananas.

    champ ananas workaway taiwan

    À d’autres période de l’année, ils ramassent les ananas, les font sécher et font aussi du thé.

    Nous aurions adoré rester et découvrir toutes les autres facettes de leur travail, mais peut-être que Taïwan plantait d’autres graines en nous :

    Il faudra revenir les amis

    Quand il pleuvait tout le monde rentraient. C’était repos forcé et même pour quelques gouttes, nous étions rapatriés à la maison.

    En plus du travail quotidien, c’était régulièrement aux volontaires de faire à manger pour tout le monde. Nous ne sommes déjà pas très à l’aise lorsqu’il s’agit de cuisiner pour d’autres, mais lorsque nous nous sommes retrouvés avec des légumes inconnus à préparer pour des vegans, cela nous a semblé mission impossible.

    Les filles se sont relayées à plusieurs reprises pour nous aider et nous avons appris dans la bonne humeur à cuisiner le tofu et les légumes asiatiques.

    le monde a deux cuisine bénévolat taiwain

    C’est dans cette ambiance sereine que j’ai pu me ressourcer, me questionner sur mon alimentation, lire, faire du yoga quotidiennement et repartir plus forte que jamais.

    Je ne peux que vous conseiller d’aller à Taïwan pour toutes ses merveilles et encore plus d’aller aider cette famille pour l’unique plaisir de côtoyer leur vie.

    Et vous, quelle est la dernière fois que vous avez ressenti ce sentiment de bonheur simple ?

  • L’histoire d’un itinéraire tour du monde abandonné

    L’histoire d’un itinéraire tour du monde abandonné

    En écrivant cet article un an après, j’ai le sourire aux lèvres. Nous sommes bien loin de notre itinéraire initial. Celui que nous avions mis si longtemps à construire.

    Mais je vous ramène 1 an et demi plus tôt, où nous étions tous les deux dans notre maison bordelaise, face à notre carte du monde affichée au mur.

    Construire un itinéraire d’un an ou comment réaliser qu’on ne peut pas tout faire !

    Un an de tour du monde ça se mûrit, ça se construit, ça se défait et ça se reconstruit. Ça n’a jamais été aussi vrai pour nous.

    Une fois l’idée lancée, le voyage avait déjà commencé. On s’est projeté, on a fait la liste des pays et on a réfléchi aux compromis, Guillaume voulait la Mongolie, je voulais l’Inde et le Japon, les 2 premiers étaient des incontournables.

    Mais laissez-moi vous retranscrire une de nos discussions, qui vous parlera surement, j’en suis convaincue :

    Aline : Mongolie ? Mmh, pourquoi pas … Mais moi, je veux aller au Japon !
    Guillaume (réaliste) : OK, mais c’est super cher le Japon
    Aline (songeuse) : Oui et ? Après on ira en Asie du Sud Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Amérique du Sud bien évidemment !
    Guillaume : Deal !
    Aline : Mais on doit aller au Canada aussi puis en Afrique !! Puis en Islande … Oh j’oublie l’Europe ! Et puis tout en fait
    Guillaume (encore plus réaliste) : Mais tu réalises qu’on ne peut pas tout faire ?
    Aline (étonnée) : Pourquoi ?

    Oui pourquoi ?

    J’avais déjà vécu cette situation plusieurs années auparavant. J’avais eu l’opportunité d’aller au Canada et quitte à être là-bas je voulais aller à New York. Je n’ai absolument aucune notion des distances. Mais j’étais plus proche de New York depuis Toronto que de Bordeaux (logique non?). Du coup, j’ai insisté et en plus de tout le reste, on l’a fait !

    Du coup, j’avais la même logique. Une fois en Asie, l’Australie est proche et une fois en Nouvelle-Zélande, l’Amérique du Sud, puis après le Nord puis… Bref, vous voyez le raisonnement.

    Je débordais d’énergie et de folie, dans ces moments-là tout est possible à mes yeux.

    Pourtant, on a fait comme beaucoup : on s’est restreint. On a regardé les climats « parfaits », les trajets « parfaits ». Puis, on a fait notre tableau Excel pour les meilleures périodes. (d’ailleurs pour vous aider, il existe un très bon outil créer par A-contresens)

    On a planifié sur un an et en juin 2014, on a pondu cet itinéraire « classique ».

    itineraire tour du monde

    Je ne critique pas tous ceux qui ont un itinéraire semblable, car il est aussi riche et pertinent que n’importe quel autre. Il correspond facilement à un itinéraire d’un an (un an et demi) pour la plupart de ceux qui souhaitent partir.

    D’ailleurs, nous étions convaincus d’avoir notre itinéraire « parfait ». On se disait qu’on verrait en route.

    Quand on réalise qu’on a fait tout ça pour rien

    Au bout d’un mois, ce n’était déjà plus le cas. Une extension de 15 jours en Mongolie puis une extension d’un mois en Chine … Autant vous dire qu’on ne rentrait déjà plus dans nos marges. 2  mois au Japon et nous étions complètement hors timing. Nous tombions dans les périodes de mousson en Asie et l’hiver arrivait en Nouvelle-Zélande.

    Plus rien ne correspondait à nos plans. Plus rien sauf l’imprévu auquel on aspirait. Finalement, c’était ça notre itinéraire : suivre notre instinct !

    Nous avons officiellement tout laissé tomber. Cette carte et ses délais n’existent plus que dans nos archives.

    Prendre davantage le temps, faire des choix « à la dernière minute », être libre c’était tout ce qui comptait. Ainsi, nous avons ainsi découvert Taïwan et la Malaisie : 2 gros coups de coeur. Et faire le Cambodge pendant la mousson fut un des meilleurs choix de notre périple !

    Un an après, nous sommes toujours en Asie et voici le trajet que nous avons effectué.

    Et maintenant on en pense quoi?

    Des regrets ? Aucun ! Guillaume et moi sommes maintenant sur la même longueur d’onde. Comme celle que j’étais avant de partir : tout est possible à partir du moment où on s’en donne les moyens.

    Jusqu’à maintenant notre argent nous permet de subvenir à nos moyens, mais si nécessaire, on travaillera.

    Est-ce qu’on verra tout ce qu’on souhaite ? Peut-être pas. Que ce soit pour une raison de budget, de mal de pays, de ras-le-bol général, nous sommes certains que le moment où nous devrons rentrer s’imposera de lui-même.

    Si on veut une vie nomade, on se la créera.

    La réalité c’est qu’on ne sait pas trop à quoi ressemblera notre futur. Adeptes de la philosophie « de vivre au jour le jour », nous la vivons pleinement. Elle a pris encore plus de sens depuis quelques mois.

    J’écris cet article depuis la Malaisie où nous avons décidé de prendre quelques semaines de repos avant de repartir.

    La suite ? On a bien une petite idée, enfin que dis-je ? On a PLEIN d’idées. Sûrement trop : on veut voir le monde entier, se poser, créer quelque chose …

    Combien de temps durera notre voyage ? On ne se pose plus la question.

    Ce n’est plus un voyage c’est un mode de vie qu’on maintiendra tant qu’on en a envie.

  • Une expérience mitigée dans un volontariat au Japon

    Une expérience mitigée dans un volontariat au Japon

    Je ne vous le cache pas, notre séjour de 2 semaines dans un restaurant au Japon a été notre première déception de volontariat. Non pas que l’endroit n’en vaille pas la peine, bien au contraire. Il est apprécié d’un bon nombre de voyageurs, vous trouverez d’ailleurs ici l’expérience très positive de Ryan du blog le sac à dos, à peine quelques semaines avant notre venue.

    Mais il s’est avéré que cela ne correspondait pas à nos attentes.

    Justement, peut-être trop d’attentes ?

    Justement, je crois qu’une des premières raisons pour lesquelles nous avons été déçus, c’est que nous avions énormément d’attentes dans ce volontariat là.

    Dès le mois de septembre, depuis Oulan-Bator, nous avions repéré leur profil et nous étions super excités à l’idée de les rencontrer. Il faisait tout simplement partie des incontournables de notre trajet. Quand les hôtes nous ont répondu qu’ils ne pouvaient pas nous accueillir aux dates proposées, nous n’avons pas réfléchi longtemps avant de décaler notre voyage d’un mois et demi pour nous rendre chez eux.

    Kasu et Isao, sont deux frères qui tiennent un restaurant occidental et une guesthouse en pleine campagne japonaise. Ils cherchent alors des volontaires pour les aider au quotidien.

    À la vue vue des photos, nous étions persuadés pouvoir plonger dans un univers local et acquérir quelques compétences de serveur ou d’aide en cuisine.

    Mais la réalité fût bien différente

    Je ne dénigre pas l’endroit et je ne cherche pas à vous démotiver loin de là. Je m’attarderai plus bas sur tous les bénéfices que nous avons eu pendant nos 15 jours. Mais de nombreux points noirs sont venus assombrir notre séjour et le temps nous a paru très/trop long.

    Nous étions venus chercher un peu d’authenticité dans une atmosphère locale, mais nous sommes tombés sur un repère de voyageurs qui passent beaucoup de temps à manger, à boire et à s’amuser. Il y a pire nous répondrez-vous? J’en conviens aisément. Seulement ça ne collait pas à nos envies. En général lorsque nous choisissons un volontariat, l’idée c’est de nous sentir utile sans être exploités non plus. Ici, on se demandait pourquoi on était là. Pour remplir une maison trop vide ou peut-être pour tenir compagnie à nos hôtes ?

    Il faut dire qu’il y avait en moyenne une dizaine de volontaires pour un travail assez aléatoire qui nécessitaient selon nous au maximum 4 ou 5 personnes. Du coup, cela donnait des situations assez cocasses voire parfois dérangeantes. Il nous est arrivé de finir le travail demandé en 1h et de nous faire réprimander car nous étions tous posés dans la salle commune à « ne rien faire ».

    Nous avions de super bungalows pour 2 personnes, mais pour diminuer la consommation d’essence, Isao nous demandait de ne pas utiliser le chauffage dans la journée (ce que nous comprenons complètement). Le problème c’est que les lieux ne sont pas adaptés à un si grand nombre de voyageurs. Nous étions restreints dans la salle commune chauffée par un petit poêle, les grands n’étant allumés que pour les clients. Et cela, quand nous avions accès à la salle ! Lorsque des clients se restauraient, nous étions dans le froid d’une maison non isolée et non chauffée.

    Même le chien cherchait la chaleur autour du seul poêle de la pièce. On ferait grève pour moins que ça dans une entreprise française 🙂

    Tout cela n’est qu’une expérience hivernale et cela mérite d’y jeter un coup d’oeil en été.

    chien qui a froid au japon
    Même le chien cherche un peu de chaleur

    Mesdames, si vous venez dans les volontariats dans l’espoir d’y rencontrer un compagnon, ce n’est pas à Yumesaki-tei que vous trouverez votre bonheur. Ils prennent en priorité des filles et un seul homme leur suffit pour les travaux physiques. Guillaume s’est retrouvé seul durant quasiment tout notre séjour.

    Sous leur sourires enjôleurs se cachent un caractère quelques peu sexiste : Guillaume n’avait pas à faire les « roulements », qui étaient pourtant le seul travail demandé au quotidien. C’était pourtant le premier levé pour tous les petits-déjeuner.

    guillaume volontariat japon

    Leur profil annonce maintenant la couleur « nous pouvons avoir un manque d’organisation et nous attendons que les volontaires prennent des initiatives à tout moment », (phrase non indiquée à l’époque).

    En tout cas, c’était une réalité. Malgré une volonté évidente de bien faire et les initiatives, le nombre de volontaires et le manque de leader ne permettait pas un travail des plus efficace. Certains jours, nous ne « s’avions pas quoi faire » et le lendemain un des frères nous tombait dessus pour faire le grand ménage…

    J’ai l’impression de peindre un tableau très noir mais comme dans toute expérience, il y avait aussi du bon.

    Les bons côtés

    Toute expérience de volontariat demande une bonne dose d’adaptation et ce n’est pas celle là qui allait faire chuter la nôtre.

    Dans le froid et le bordel, nous avons vécu d’excellents moments. Isao et Kasu sont plus qu’heureux de nous accueillir et trouvent toujours du temps à partager avec nous. Kasu est un grand rêveur, pas vraiment fait pour donner des ordres. Du coup, il aime les gens de passage, il aime leurs histoires et il AIME nous faire à manger.

    De la nourriture à volonté

    C’est un des endroits où nous avons le mieux manger, même si très occidentalisée, la nourriture est juste excellente. À tel point qu’on a pris au moins 5-6kgs chacun. La table était toujours remplie et nos assiettes aussi. Nous avions le droit à des desserts à longueur de temps : smothies, pancake/crèpes au petit-déjeuner, gâteau au chocolat, à la banane et j’en passe…

    petit dejeuner volontariat japon

    Avec l’aide de Kasu, Guillaume est devenu le maître des Okonomiaki. Nous en avons fait une overdose 🙂

    guillaume et kazu maitre des okonomiaki volontariat restaurant japon

    De belles rencontres

    Tous ces repas, nous les avons partagés avec des gens incroyables, des voyageurs de longues dates, des jeunes en P.V.T et des travailleurs. Nous ne manquions pas de temps et nous l’avons comblé par de nombreuses discussions tous assis sur la couverture chauffante. C’est là que j’ai eu mes premiers questionnements sur le végétarisme.

    repas couverture chauffante japon hiver

    Une séance photo en Kimono

    Tout cela dans un cadre juste fabuleux, le jardin zen est représentatif du Japon et la maison est superbe. Kasu nous a fait la belle surprise de nous sortir de somptueux kimonos en me disant « prend des photos, tu les mettras sur ton blog ». C’est chose faite 😉

    aline kimono volontariat japon

    Une rencontre avec Tom Cruise (ou pas…) dans le temple du dernier Samouraï

    Dans les montagnes avoisinantes, ils ont tourné le film le dernier samouraï, joué à l’écran par Tom Cruise. Nous avons donc passé une journée en compagnie d’autres volontaires dans les montagnes pour aller visiter les temples.

    trek montagne shosha volontariat japontemple dernier samourai shosha volontariat japon

    Un Onsen pour les pieds

    Dans mon dernier article sur Osaka, je vous parlais des Onsens. Mais sachez que si comme nous, vous êtes un peu réticent, il existe des Onsens juste pour les pieds et c’est gratuit !

    onsen des pieds japon

    Nous en attendions tout simplement trop …

    En relisant cet article, je réalise que Yumesaki-tei nous a finalement beaucoup apporté. C’était plus une atmosphère globale et pesante dans laquelle nous ne nous sentions pas à l’aise qui nous a laissé cette sensation mitigée. Cela prouve que chaque expérience est unique et même si de nombreuses personnes aiment un endroit cela ne voudra pas dire qu’il sera sensationnel à vos yeux.

    Et puis sans eux, nous n’aurions pas chamboulé tous nos plans, nous ne serions jamais allés à la ferme en Chine, nous n’aurions pas retardé notre trajet et j’imagine que nous ne serions pas allé à Taïwan non plus. Alors l’un dans l’autre, on les remercie pour tout !

  • Workaway Japon : travailler dans une maison traditionnelle

    Workaway Japon : travailler dans une maison traditionnelle

    Le Japon : un rêve de longue date qui se réalise !

    Propulsée dans un manga, je suis au pays du soleil levant. À moi les kimonos lumineux et les sushis. À moi les futons et les temples … À moi tous les stéréotypes et les idées reçues… Car finalement, je réalise que je ne connais vraiment rien du Japon. Je débarque, insouciante, avec l’idée d’une culture très forte et l’envie folle de la découvrir.

    Et pour ça, quoi de mieux que de se lancer dans un nouveau workaway : vivre et travailler dans une maison traditionnelle avec des locaux ?

    Projetés dans un autre univers

    Nous arrivons par un soir froid d’automne à l’aéroport d’Osaka, perdus comme des novices dans cet océan d’informations codées.

    Les phrases chantées, les courbettes à l’entrée des magasins, les sourires et les gestuelles forcées me font l’effet d’un univers stéréotypé et surréaliste.

    Nous sommes attendus dès le lendemain par nos futurs hôtes et avertis du prix du logement nous cherchons un endroit isolé dans la gare pour passer la nuit. Nous finirons par errer une bonne partie de la nuit, chassés de la gare qui ferme ses portes à la tombée du jour…

    Mais pas abattus par un si petit incident, nous nous retrouvons quelques heures et un train plus tard à Ayabe, petite ville à 72km de Kyoto qui ne doit pas voir passer beaucoup de backpackers. Nous faisons face à des visages locaux souriants et chaleureux malgré leur impossibilité à communiquer en anglais.

    Quel accueil et quelle bienveillance ! L’employé de gare nous conduit jusqu’à un magasin puis nous confie à une nouvelle personne. Celui-ci nous sort une carte et nous explique que nous devons prendre 2 bus et il nous accompagne jusqu’à l’arrêt. Nous le voyons discuter avec un vieux monsieur qui attend lui aussi son bus et comprenons que c’est notre nouveau mentor. Sans trop réfléchir en s’en remet à lui. Nous discutons dans un anglais très précaire jusqu’au terminal du bus où il nous embarque dans sa voiture pour nous déposer à notre point d’arrivée. C’est avec pleins de remerciements et de sourires que nous le quittons, enchantés d’un tel accueil dans ce nouveau pays.

    Malgré la fatigue, nous profitons du paysage avant de frapper à la porte de Yoshimizu, notre nouvelle résidence pour les deux semaines à venir.

    ayabe workaway japon

    La maison d’hôte : notre nouveau lieu de résidence

    C’est Fumiaki qui nous ouvre sa porte et nous conduit assez rapidement dans notre chambre.

    Je n’en reviens pas, je suis dans un film. Le sol est recouvert de tatamis, les portes et les fenêtres sont en papier japonais, la vue donne sur le jardin aux couleurs automnales et une table basse orne le centre de la pièce accompagnée de 2 sièges à ras le sol.

    Je ne vois aucun lit (inculte que je suis…), mais épuisée, cela ne m’empêche pas de me poser au sol et de m’endormir en quelques secondes. Ce n’est que le soir que notre hôte nous sortira les futons et les couvertures pour nous installer plus confortablement. Et croyez-moi ou non, je n’ai jamais aussi bien dormi qu’à cet endroit là.

    Yoshimizu est une maison traditionnelle vieille de 200 ans, ce qui n’est pas chose commune au Japon. Les Japonais aiment les bâtiments neufs construits à leur image, ils détruisent facilement pour reconstruire à leur goût.

    Cette belle bâtisse contient :

    • 4 chambres d’hôtes
    • 2 Irori, type de foyer traditionnel japonais, trou où l’on fait le feu à l’intérieur de la maison
    • un kamado traditionnel qui permet de cuisiner du riz au feu de bois
    • un bain en pierre japonais (l’eau est chauffée par un dispositif de chauffage au bois, il faut s’y prendre 4-5h avant)

    Dans les maisons traditionnelles, les pièces japonaises sont épurées et les murs sont des parois amovibles. Les espaces peuvent donc servir à toutes les fonctions : chambre, bureau, salle de jeu, salle de réception. Du coup, pas de structure de lit tel qu’on les connait, on agence et on range en fonction des besoins.

    workaway japon iori kamado chambre bain

    fumiaki et anna workaway japonLa maison d’hôte est tenue par Fumiaki, japonais d’origine et sa femme Anna qui est anglaise. Tous les deux ont 3 enfants : Sora, Ayame et Shiori. La maison alterne des moments de calme profond et des moments de vie familiaux 🙂

    Ils proposent un cadre traditionnel japonais dans la nature, avec des produits locaux, un petit-déjeuner et un diner typiquement japonais auquel ils vous invitent à participer.

    Si cela rentre dans votre budget, je ne peux que vous conseiller d’aller vous perdre dans la campagne japonaise le temps d’un week-end.

    Notre travail et la vie à Yoshimizu

    Le travail à Yoshimizu est l’un des plus simples que nous avons eu à effectuer. Nous travaillions environ 4-5 heures par jour et la seule contrainte était de rester disponible quasiment toute la journée.

    L’amplitude horaire varie d’une journée à l’autre mais peut aller de 8h à minuit. Les jours de repos sont donnés en fonction de la présence des clients. Mais c’est toujours environ deux par semaine.

    Je vous préviens d’avance si vous vous rendez là-bas en plein hiver, il y fait vraiment froid. Les chambres sont chauffées au gaz et donc les radiateurs ne peuvent être allumés en permanence. Dès qu’on sort de la pièce on éteint et l’isolation étant inexistante la chaleur ne reste pas. Du coup, la maison est toujours froide et il faut du temps pour réchauffer les pièces où vous vivez.

    Entretien de la maison

    Le matin consiste à faire le ménage : passer l’aspirateur, laver les vitres, laver les toilettes et le bain, nettoyer les irori et préparer les chambres pour les nouveaux clients. Les chambres sont tellement épurées que le ménage n’a jamais été aussi simple.

    notre travail workaway japon

    Le soir c’est aide à la préparation du diner et vaisselle, beaucoup de vaisselle. Mais quand il fait super froid, on est bien content de laisser les mains sous l’eau chaude.

    La plupart du temps nous discutions et mangions avec les invités qui pour la plupart étaient des étrangers, mais pas toujours. Au menu : cuisson au grill ou nabet (sorte de fondue light), les ingrédients étaient régulièrement les mêmes : tofu, chou chinois, champignons, radis blanc, patate douce, poisson ou poulet, parfois des sashimis frais du matin et bien sur du riz brun de qualité.

    Nous avons rarement aussi bien mangé, c’était un vrai régal tous les soirs.

    irori workaway japon

    Entretien du jardin

    Ramasser et couper du bois, ranger la remise de bois, dégager les feuilles de la rivière.

    couleur automne workaway japon

    En hiver on déblaye aussi la neige ou on joue comme des gosses (au choix). Guillaume a connu sa première grosse neige.

    guillaume le monde a deux et la neige workaway japon

    Baby sitting

    Ce n’est pas du baby sitting à proprement dit car les parents sont toujours présents et Anna est très proche de ses enfants. Les deux grands ont déjà des forts caractères et sont bourrés d’imagination. Ils savent occuper leur temps. Quand à la petite, il nous a fallu du temps avant qu’elle nous apprivoise et qu’elle accepte de rester seule avec nous 🙂

    L’idée c’est donc de garder un oeil sur eux quand nécessaire et jouer avec eux.

    Le reste du temps est libre.

    Et quand on ne travaille pas, on fait quoi ?

    Perdue dans la campagne japonaise, j’en ai passé des heures à observer le paysage changé. Posée sur le rebord de la fenêtre, je regardais les couleurs de l’automne passer d’un rouge vif à des oranges. Puis peu à peu la nature a endossé son manteau blanc d’hiver.

    aline le monde a deux chambre workaway japanyoshimizu workaway japon hiverMalgré tous les charmes de notre maison, nous avons quand même poussé notre curiosité au-delà de ses murs. Plusieurs chemins de randonnées commencent juste derrière.

    randonnee foret ayabe workaway japon

    Et en partant de l’autre côté, on prend la direction d’un charmant temple, certes pas classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais tout aussi authentique.

    temple ayabe workaway japan

    Nous n’en avons pas fait l’expérience, mais il y a un Onsen accessible à pied depuis la maison. C’est un endroit très prisé des Japonais et il reste un incontournable pour ceux qui s’intéressent à la culture nippone.

    Petit bonus : plaisirs sucrés occidentaux

    Cela reste très personnel, mais nous avions accès à la cuisine et nous en avons bien profité pour entrainer nos talents de pâtissier. 

    Pain, brioche, tarte au citron meringuée, mousse au chocolat et notre dessert fétiche pour l’anniversaire de Guillaume. Que du bonheur.

    patisserie le monde a deux workawat japon

    Nous avons tellement aimé nos 15 jours là-bas que nous avons demandé à revenir pour la fin d’année. Pour notre plus grand plaisir ils ont accepté et nous avons passé de magnifiques fêtes dans un mélange d’occident et de traditions japonaises.

    Je ne sais pas si Yoshimizu prend toujours des volontaires à l’heure actuelle, car nous savons qu’elle est maintenant gérée par d’autres hôtes.

    Mais le lieu et notre expérience restent intacte et nous ont vraiment donné un avant-goût d’une vie japonaise à la campagne.

    Alors, convaincu par une expérience Workaway au Japon ?

    Source photo

    Airbnb
    Trip Advisor

  • Woofing Chine : travail de ferme et les pandas de Dujiangyan

    Woofing Chine : travail de ferme et les pandas de Dujiangyan

    Après un mois de tourisme en Chine, nous étions ébahis par la beauté des paysages, mais déçus par notre contact avec les locaux.

    L’idée de quitter la Chine sans expérience de Woofing / WorkAway nous frustrait et c’est Dan, un israélien rencontré à Oulan-Bator qui a résolu notre dilemme.

    Le hasard nous a remis sur sa route à Chengdu. Il revenait d’une ferme pas loin d’ici, où il avait passé un super moment. Face à son enthousiasme, nous avons envoyé le mail dans la demi-heure et le soir même nous avions une réponse positive.

    La décision était prise et nous ne l’avons pas regretté.

    Après avoir prolongé nos visas Chinois d’un mois, nous avons été reçus comme des rois à la ferme de Huaxi.

    Présentation de la ferme

    La création de cette ferme vient d’une belle initiative. Micky et son frère, deux Chinois, donnent la possibilité à des familles de retrouver un coin de Nature, loin des villes oppressantes et polluées de Chine.

    Micky a vécu plusieurs années en Australie et parle très bien l’anglais. Elle n’est pas souvent sur place car elle s’occupe d’autres activités en parallèle et organise parfois des conférences avec des personnes du monde entier sur le site de la ferme.

    La ferme de Huaxi se situe à une heure de Chengdu, proche de la ville de Dujiangyan et s’étend au bord d’une rivière sur plusieurs hectares.

    Autre fait, non négligeable, elle est entièrement bio.

    L’organisation

    La semaine comporte principalement du travail de ferme et l’équipe de moniteurs éducateurs prépare le week-end pour recevoir les familles.

    Ils leurs proposent tout un tas d’activité pour les rapprocher de la Nature. Des moments attendrissants et pleins de joie.

    Ils font des jeux en plein air : courses avec les enfants sur les épaules, colliers de plantes, ramassage de patates douces avant d’enchaîner sur la session publicitaire !

    enfants publicité ferme woofing chine

    Oui je vous jure, au milieu de cette ferme bio, un commercial vient installer une voiture.

    Il donne des feutres aux enfants qui s’en donnent à cœur joie, le temps que le commercial tente de vendre sa voiture aux parents.

    Puis vient le temps du repas où les adultes s’amusent autour d’un feu de bois. Ils cuisent leur riz à l’ancienne dans des bambous et du poulet à même le feu entouré de papier d’aluminium et de terre.

    Pendant ce temps, les enfants font une visite aux cerfs.

    famille cuisine autour du feu woofing chine

    Le STAFF

    Il se compose de plusieurs personnes :

    • en cuisine, il y a bien évidemment le cuisinier et quelques femmes d’un certain âge. Difficile d’en dire plus, nous n’avons malheureusement pas eu beaucoup de contact avec eux.
    • l’équipe de moniteurs n’est composé que de jeunes. La plupart ne parlent pas anglais où très peu, mais ils font toujours leur possible pour communiquer, heureux de nous avoir près d’eux.
    • pour les cultures, nous avons travaillé avec 3 vieilles dames qui ne parlent pas un mot d’anglais, mais il y a bien d’autres travailleurs sur le site.

    Pour l’anecdote, nous n’avons jamais su leurs noms, car elles nous l’ont écrit dans la terre en signes chinois n’ayant pas conscience que nous étions incapables d’associer un son à ces symboles.

    Nous les avons donc surnommé Hélium (pour sa voix  si particulière), Grincheuse (la moins souriante) et « V 3 barres » (ce qui ressemblait le plus à son symbole).

    Je vous laisse devinez qui est qui.

    woofing chine le monde a deux

    Même sans parler la même langue, nous avons partagé des moments mémorables avec ces 3 femmes encore plus petites que moi et pourtant bien plus fortes.

    Notre travail à la ferme

    Les  journées de 7 heures de travail sont globalement plus longues que la plupart des autres volontariats que nous avons faits, mais elles sont ponctuées de nombreuses pauses.

    Nous étions constamment rappelé à l’ordre. Nos 3 compères nous criait sans cesse : 休息 , qui se prononce « Soshié » et qui veut dire « repos ».

    En 10 jours, nous avons eu 2 jours de repos (+2) et les tâches ont été variées :

    Rempoter des semis, désherber, peindre des décorations pour les enfants, aider à l’organisation, préparer du terreau, planter des légumes, créer des panneaux pour départager les plantations et aider en cuisine (plus pour nous faire plusieurs qu’une réelle aide).

    woofing chine ferme dujiangyan huaxi farm

    Avantages de ce woofing en Chine

    Manger comme les locaux et se régaler

    De nombreux plats sont positionnés au milieu de la table et chacun se sert dans un désordre typiquement chinois. 

    C’était excellent : patates douces, légumes frits, porcs, nouilles, ravioles, patates sautées, chou chinois, du riz sous toutes ses formes, canne à sucre, gâteau et j’en oublie…

    repas woofing chine huaxi farm

    Visite d’un temple

    Sans rien avoir demandé, nous nous sommes vus proposer la visite d’un temple gratuit situé non loin de la ferme.

    Le photographe, 2 autres animateurs et un jeune homme venu exprès pour nous servir d’interprète se sont joints à nous. Quand je vous dis que nous étions traités comme des stars !

    Le temple est perdu dans la Nature où les moines vivent quasi en autosuffisance avec leurs plantations et des dons.

    Loin d’un site touristique, nous l’avons beaucoup apprécié.

    entree du temple dujiangyan woofing chine temple dujiangyan woofing chine

    Visite des pandas

    Deuxième grande surprise.

    Nous planifions de rentrer un peu plus tôt pour aller voir les pandas de Chengdu, quand un des responsables de la ferme nous a indiqué qu’il y avait une base de Pandas non loin de là.

    Vu que rien n’était recensé sur Internet, sur le coup nous ne l’avons pas cru, mais face à son insistance nous lui avons fait confiance.

    Bingo, nous avons effectivement eu le droit à une visite gratuite d’un centre de panda en avant première. Le centre de Wolong a été détruit suite à un tremblement de terre et les habitants ont été relogés à la base de Panda de Dujiangyan qui s’ouvre de plus en plus aux visiteurs.

    Il a été « spécifiquement conçu pour mener des recherches sur la réintroduction potentielle dans la nature de pandas nés en captivité ». Pour en savoir davantage, je vous invite à lire ces articles sur la Vallée du Panda.

    En tout cas, c’est avec un grand sourire que notre hôte nous dira :« il faut faire confiance aux relations des Chinois ».

    dujiangyan panda parcle monde a deux parc panda dujiangyan woofing chine

    Visite de la ville

    La « petite » ville de Dujiangyan ne mérite pas le détour en tant que telle, mais vous y  trouverez, entre autre un système d’irrigation des eaux qui fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il a été construit au IIe siècle avant JC et fonctionne toujours.

    Nous n’avons pas jugé pertinent d’aller le visiter, mais l’histoire est intéressante vu qu’ils ont réussi à tout construire malgré les faibles moyens de l’époque.

    Si quelqu’un l’a déjà visité, nous sommes curieux d’avoir des retours.

    Sinon vous retrouverez en ville tout ce qui fait le charme de la Chine : les parcs remplis de danseurs, d’entrainement d’arts-martiaux et de maisons typiques .

    riviere separe dujiangyan tai-chi-chuan parc dujiangyan

    Jusqu’à cette expérience, la Chine n’était que crachats, saleté et bousculades sans états d’âmes.

    Et puis nous avons fait la rencontre de Kenyo, V 3 barres, Hélium, Kasa, Béatrice et tous les autres qui nous ont offert une autre vision de la Chine.

    Nous étions alors prêts pour continuer à explorer l’empire du Milieu et un autre hasard nous a conduits à notre deuxième coup de cœur : le lac Lugu.

    Mises à jour : avis d’autres voyageurs

    J’ai le grand plaisir de mettre à jour cet article !

    Non pas que nous y sommes retournés, mais après lecture de ce post : 3 couples de voyageurs ont été accueillis à la ferme de Huaxi.

    Je voulais absolument partager leurs vécus, car vous constaterez comme moi que l’accueil est toujours aussi chaleureux !

    • Voici donc l’article de Célia et Nicolas du blog Kikisbackingtour qui y ont séjournés une semaine en décembre 2015
    • Puis le commentaire très agréable de Nathalie et Gabriel qui y sont allés en septembre 2016 :

    « Coucou vous deux ! Comment ça va? Je tenais à vous remercier de nous avoir transmis le contact de Huaxi farm, on vient d’y passer une superbe semaine. On a suivi un groupe d’enfants en colo, Gabriel a joué de la guitare pour les accompagner sur des chansons chinoises, on a très bien mangé et cuisiné des petites spécialités de notre île.

    Ils nous ont beaucoup gâtés aussi, c’était génial !

    Le staff est super! On a passé votre bonjour à l’équipe, ils étaient très contents et vous le retourne. On publiera bientôt des photos de notre séjour ! Merci encore »

    • La dernière expérience, c’est Solenne et Meryll du blog Evasy qui l’ont vécu. Et cette fois, c’est une vidéo qui vous plongera définitivement dans l’ambiance.

    On constate qu’il y a eu quelques évolutions, car les éducateurs parlent plus facilement anglais. Mais à part ça, j’ai pris un plaisir fou à retourner à la ferme de Huaxi grâce à ces expériences.

    Maintenant si vous n’êtes toujours pas convaincus, je ne peux plus rien pour vous !

    Qui seront les prochains ?

     

  • Workaway : 1 mois inoubliable dans un ranch en Mongolie

    Workaway : 1 mois inoubliable dans un ranch en Mongolie

    J+6 à Anak Ranch, je suis tellement exténuée, qu’écrire quelques lignes est devenu un vrai calvaire. Mes jambes, mes bras, mes épaules, mes doigts me font mal… Le manque d’hygiène, l’eau de la rivière, la nourriture locale, la quantité de travail physique, les piqûres de moustiques, le froid et les horaires décalés ont eu raison de moi… J’ai absolument besoin d’un jour de repos si je veux survivre dans de telles conditions…

    Extrait du journal de bord d’Aline

    Les deux aventuriers en herbe que nous étions voulaient absolument expérimenter la vie en Mongolie et c’est donc tout naturellement que nous avons accepté de passer un mois dans un ranch, prévenus des conditions difficiles de travail.

    L’annonce sur workaway était plus qu’alléchante :

    Ranch propriétaire d’une centaine de bétails (chevaux, vaches, moutons et chèvres), proche d’une rivière, hébergés dans une yourte et qui nous offrait la possibilité de chevaucher les steppes sauvages.

    anak ranch workaway mongolie

    Le ranch se situe à Orkhon, dans le nord de la Mongolie, proche de la Sibérie, où la saison chaude dure 4 mois et l’hiver couvre le reste de l’année. Les températures peuvent avoisiner jusqu’à -40°, mais nous n’étions pas fous au point de commencer par ces conditions extrêmes.

    Première semaine, un défi physique

    Nous sommes arrivés mi-août où Martin propriétaire des lieux est venu nous chercher en pick-up. Nous avons eu le droit à un accueil glacial, le peu d’échange que nous avons entamé ont été soldés par des réponses froides et courtes.

    L’ambiance est rapidement donnée, nos sacs à peine posés, nous sommes réquisitionnés pour cueillir des légumes. L’organisation mongole se dévoile à nos yeux : on repasse 3 fois au même endroit, chacun regarde de son côté et repasse sur les mêmes parcelles, on trie puis on remélange après une ultime cueillette. Nous ne serons pas seuls, un couple d’allemand est là depuis une quinzaine de jour.

    Les règles de bases sont simples :

    • pas de drogues
    • pas de cigarettes
    • pas le droit de monter au premier étage où vivent nos hôtes : Martin et sa femme Minjee
    • 1 jour de repos pour 7 jours de travail
    • « Ma maison, mes règles, si tu ne les aimes pas, tu t’en vas » affiché sur les murs de la cuisine

    Le premier diner sera un échange incompréhensible en anglais et de mauvaises blagues de la part de notre hôte. Tout le monde se couchera tôt, mais nous aurons du mal à trouver le sommeil.

    La traite du matin

    aline traite vache ranch workaway mongolie

    5h30 debout, Martin nous conduit pour la première fois vers le bétail, 15 min à sauter à l’arrière du camion, sur une route chaotique remplie de nid de poule plus gros les uns que les autres. La vue est à couper le souffle, malgré le froid et les rebondissements, le lever de soleil sur les montages et la steppe mongole est une pure merveille, peu importe le travail à accomplir, ces quelques minutes sont déjà précieuses.

     

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    Ramasser la bouse de vache devient le travail matinal quotidien. Un travail qui peut paraître inapproprié, mais pourtant plus que nécessaire dans les steppes mongoles. Ici la merde séchée sert de combustible pour le feu, d’isolant pour les yourtes l’hiver et de répulsifs anti-insectes.

    Pendant ce temps, nous observons la danse qui se joue sous nos yeux. Les veaux enfermés dans un enclos la nuit, sont relâchés un par un, afin de rejoindre leur mère, pour permettrent la montée de lait et la traite. Ici c’est fait à l’ancienne, à la main, les veaux sont attachés, les mamans sont traites et les petits relâchés. Les gestes des deux femmes mongoles (la « Milk lady » comme on l’appellera et Minjee, notre hôte) qui travaillent ce matin sont précis, robustes et efficaces. Il ne suffira que de trente à quarante minutes, pour récolter tout le lait et partir le vendre aux abords du village le plus proche.

    Nous avons à peine le temps de comprendre comment se déroule cette tâche matinale que dès notre troisième jour, nous sommes réquisitionnés pour la réaliser avec Minjee. La femme qui s’en occupe habituellement est partie en congés. Logés dans une yourte perdue au milieu de la steppe, Guillaume se réveille toutes les 2h pour s’assurer que les vaches sont toujours à leur place.

    Ici les bêtes sont libres, c’est l’homme qui s’adapte à leurs déplacements. La nuit c’est la responsable des vaches qui s’assure qu’elle ne s’éloigne pas de la yourte. La journée, c’est Dash, le horseman, qui monte sur le toit tous les matins pour repérer ses bêtes à la longue vue. Ses tâches principales consistent à réunir les vaches qui s’éloignent, à attraper les bêtes au lasso pour les soigner, à seller nos montures et à tuer les bêtes lorsque c’est nécessaire …)

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    Mais revenons à notre troisième journée, il est trois heures du matin, où les yeux lourds de sommeil, nous cherchons tant bien que mal à nous situer dans le noir alors que Minjee est capable de repérer et reconnaitre ses vaches à plusieurs mètres aux alentours …

    C’est là que le calvaire a commencé, il a plu toute la nuit, le sol est boueux, je tente de comprendre l’anglais de Minjee qui me crie des ordres et tente de reproduire les gestes que j’ai à peine vu les deux matins précédents : laisser sortir un bébé de l’enclos, le suivre pour retrouver sa mère, le laisser téter, puis avec le peu de force que j’ai, l’arracher à sa mère pour l’attacher à un arbre et le traire à la main … À ce moment-là, je me sens ridicule, j’entends le rythme rapide et régulier du lait qui tombe dans le seau remplie de Minjee, je mets du temps à comprendre le bon geste, mais finalement le lait sort et c’est ma première victoire. C’est la tête baissée que je ramène mon seau, un quart rempli après d’ultimes efforts. Heureusement Chocho est là et prend la relève dès que je m’épuise. En Mongolie, c’est un travail de femme, mais il faut tenir la cadence et finir tôt. 60 vaches à traire et la vente du lait n’attend pas … Une cadence à garder jusqu’à 7h-8h du matin.

    Nous réitérerons l’expérience 3 jours d’affilés, avec l’aide de 2 jeunes filles, Zahia (la fille de Martin, 12 ans) et Hourna (la fille de Halima (la cuisinière et belle-soeur de Minjee), 7 ans). Nous avons vécu notre premier orage sous une yourte, notre première journée seule dans la steppe à ramasser, couper du bois, faire du feu et nos premiers khuushuur (sorte de pain frit).

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    Une expérience éprouvante dont nous gardons des souvenirs mémorables. Elle dura jusqu’à ce qu’épuisée, je chute dans la merde et que je verse mes premières larmes de fatigue. Ce jour-là, je mettrai mes dernières forces à pousser le camion qui s’est embourbé, pour aller vendre le lait. Il est temps de prendre du repos.

    La maintenance du ranch

    Le travail ne manque pas et les avertissements d’un travail difficile s’avèrent réalistes.

    À 10h, une fois la traite finie et le petit-déjeuner passé, nous enchaînons sur le reste des travaux quotidien jusqu’à 17h voire 21h parfois. Sans oublier une pause de 1h30 après le repas.

    Minjee a toujours des tâches à nous donner. Guillaume se blessera un pouce dès le premier jour en attrapant les moutons pour les marquer de peinture bleue et les différencier. Les barrières ont régulièrement besoin d’être refaites, les chevaux semi-sauvages se battent, s’amusent et explosent les enclos.

    La pire tâche que nous ayons réalisé a été de couper l’herbe de deux prés entier à la main, sous la chaleur. Mes pauvres doigts en ont bien souffert…

    Les autres tâches : laver les barils de lait tous les matins, peindre l’étable qui m’a laissé des traces indélébiles sur mon nouveau pantalon, cueillir les baies sous la pluie, laver les vitres et le sol pour le voir sali quelques heures plus tard, ramasser les légumes pour les repas, nettoyer le camion et la voiture, faire du feu, faire la vaisselle, nettoyer des bocaux pour préparer les conserves pour l’hiver…

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    L’eau est précieuse

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    Les jours d’été au ranch sont rythmés par des tâches basiques mais primordiales.

    L’eau, nécessaire à tout : laver, manger et boire doit être pompée au quotidien, à la main. Des bidons de 35 litres sont ramenés sur une petite carriole, puis portés à la force des bras. Les deux cuisines sont réapprovisionnées plusieurs fois par jour, la douche composée d’un gros bidon sur un des toits est remplie plusieurs fois par semaine.

    Une vie coupée du monde

    Si vous arrivez au ranch sans forfait téléphonique et avec un niveau en mongol proche de zéro, les connexions en dehors du monde seront alors très limitées. La connexion Internet est lente et n’est accessible que depuis le bureau de Martin. Autant vous dire qu’il a fallu un bon moment pour accéder au fameux ordinateur.

    Une addiction qui nous explose en pleine figure. J’ai beaucoup de mal à être coupé de mes amis, mais surtout de ma famille. Dans des moments où la fatigue physique et l’inconfort du quotidien me dépasse, ne pas pouvoir les joindre m’est très difficile. Martin nous propose une expérience à part entière et vivre sans Internet fait partie du challenge.

    L’habitude devient notre meilleure amie et nos hôtes aussi

    Après une bonne semaine de travail, les réveils difficiles à 5h30 ne sont plus que de mauvais souvenirs

    Le travail est devenu une habitude, nous sommes maintenant levés les premiers à attendre Martin. Nos corps commencent à s’habituer aux tâches quotidiennes et nos nuits sont bénéfiques. Nous avons rarement aussi bien dormi qu’après une journée bien physique.

    Les bons moments dépassent maintenant la fatigue physique et la dose de travail.

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    Nos jours de repos deviennent des jours où nous savourons pleinement du soleil, des grasses matinées, d’une randonnée sur la montagne la plus proche et des promenades seuls à cheval dans les steppes. Si vous avez l’occasion d’arpenter les steppes à cheval, méfiez vous des chiens des yourtes sur votre chemin, nous nous sommes faits courser jusqu’à ce que mon cheval se fasse mordre la queue. Mais apparemment rien d’inquiétant, quand nous l’avons raconté à Minjee, elle a bien ri.

    Nos yourtes deviennent notre chez nous. Nos sacs se vident et nos affaires prennent leurs places.

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    Les petits-déjeuners sont des moments de délices : les fromages de Minjee disparaissent tous, aussi vite les uns que les autres. La confiture se fait rare, le thé mongol (composé de thé noir, de lait et de sel) se fait voler la vedette par du lait chaud fraichement trait du matin. Mon anglais s’améliore, je commence à comprendre les blagues et à pouvoir y répondre.

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    Nous avons maintenant quelques minutes d’Internet sans avoir à les mendier. Quelques nouvelles de mes parents finissent par me rendre complètement heureuse.

    La préparation de l’hiver devient un leitmotiv. Nous lavons des bocaux plusieurs fois par semaine, nous préparons des salades dans d’énormes plats, nous cuisons, stérilisons, remplissons, goûtons et rangeons des dizaines de bocaux. J’ai l’impression de faire partie de ce monde, je sais que ces conserves ne sont pas pour moi, mais pourtant je les fais comme si j’en aurai besoin dans quelques mois.

    La découverte de nos hôtes

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    Nous commençons à découvrir nos hôtes, Martin, d’origine germanique a vécu plusieurs années en Australie où il travaillait en tant qu’avocat. Il a rencontré par ce biais Minjee en envoyant des mails pour trouver une assistante. Il est alors tombé amoureux et s’est installé en Mongolie. Le grand gaillard froid et dur qui m’impressionnait par ses grands airs est devenu un homme touchant et attachant avec qui j’aime passer du temps et partager des moments de fous rires. Guillaume est souvent avec lui, il semble maintenant nous faire confiance. Minjee, le vrai chef du ranch, est toujours difficile à cerner, mais elle a aussi commencé à nous adopter.

    Comme à la maison

    Après plus d’une quinzaine de jours, nous avons une nouvelle maison. Nous avons cédé notre yourte à un couple de touriste et avons récupéré la yourte avec un lit double : un petit détail qui fait toute la différence. J’accomplis mon travail de femme en ouvrant et fermant le toit régulièrement.

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    En un mois, nous avons vu la chute impressionnante des températures, les nuits sont vraiment froides maintenant et nous avons réussi à convaincre Martin pour récupérer un poêle. Il a fallu que je grimpe sur le toit pour installer la cheminée sans prendre le risque d’enflammer la yourte qui pourrait disparaitre en fumée en l’espace de dix minutes.

    Une fois le poêle dans la yourte, nous avons eu le plaisir d’accueillir toute la petite famille (Minjee, Halima et parfois même les employés) autour du feu pour préparer le diner. Une fois qu’un poêle est allumé, on ne s’amuse pas à refaire un feu, on profite de l’existant. Ici on ne gaspille rien, on récupère tout.

    Nous sommes maintenant à l’aise avec le fonctionnement du ranch, Halima joue avec nous, Minjee nous confie des tâches et ne semble plus vérifier tous nos faits et gestes. Nous apprendrons qu’elle ne croyait pas en nous et qu’ils avaient pariés que nous ne resterions pas plus d’une semaine. Pari plus que perdu !

    C’est à cette période là, qu’un bébé chien débarque dans nos vies, une petite chienne surement chassée par les voisins qui adopte Guillaume en quelques secondes mais qui, de part son sexe, ne fait le bonheur de personne. Je fais tellement les yeux doux que Minjee nous demande de nous en occuper. Elle est adorable et déjà propre, mais elle a peur de tout. Un chien en Mongolie doit être un mâle et doit absolument avoir une utilité. C’est donc avec pleins de doutes sur son avenir, que nous prenons soin de notre « baby girl » comme nous l’avons surnommé. Trois mois après, nous avons appris qu’elle a été rebaptisée Aline. Nous espérons surtout qu’elle résiste au dur froid de l’hiver et que les futurs volontaires continuent à prendre soin d’elle.

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    Nous avons eu le plaisir de croiser des gens adorables comme Brenno et Anna avec leur petite fille Liv, ils voyagent pour les études de Brenno. Nous avons vu des volontaires arrivés et repartir, nous sommes maintenant les anciens à qui on demande comment ça fonctionne. Quand un volontaire se présente à Minjee, on entend : « Demande à Aline ». Guillaume est invité à visiter la propriété et j’ai même le droit  de jeter un coup d’oeil à la chambre interdite du premièr étage.

    J’aime être isolée, j’aime la nature et le côté ancien qui rythme notre vie, j’aime la folie qui règne ici, j’aime l’eau de source et le lait du matin, j’aime savoir que la viande que je mange provient des animaux qui sont traités naturellement et qui gambadent à leur rythme, j’aime savoir qu’on ne les tue que pour une raison particulière, j’aime le sourire et la bonne humeur des Mongols, j’aime pouvoir prendre un cheval et partir seule lorsque j’ai le temps, j’aime la simplicité de notre maison et j’aime le côté chaleureux qui règne dans les parties communes, j’aime cette communauté familiale et j’aime la relation que nous avons construite avec Martin et Minjee.

    Alors oui, il y a d’autres côtés que j’apprécie beaucoup moins : la dose de travail est épuisante, l’hygiène reste à désirer, la logique mongole est parfois décousue, les animaux sont traités étrangement et la nourriture est peu variée mais finalement ces côtés sont minimes comparés au bonheur que j’ai d’expérimenter cette vie là. C’est une certitude que je ne pourrai pas la vivre jusqu’à mes vieux jours, mais je sais que nous y étions bien. Cela rend notre départ très/trop difficile…

    On nous a proposé de rester, on a même hésité, on a repoussé pour finalement prendre la décision de partir après de grandes embrassades.

     

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    En tapant cet article plusieurs mois après, j’ai encore cette sensation que cet endroit m’appelle et je reste avec cette promesse qu’on s’est faite à nous-même d’y retourner un jour.

     

  • 9 mois pour lancer ce blog : Raisons et réflexions

    9 mois pour lancer ce blog : Raisons et réflexions

    Nous sommes bien évidemment deux à travailler sur ce blog, mais je ne parlerai qu’en mon nom pour plusieurs raisons. La première, c’est que je suis la seule à y écrire (même si j’espère que cela changera au fil du temps) et la deuxième, c’est que je pense avoir été sans aucun doute la plus récalcitrante pour lancer ce blog. 9 mois quand même.

    Et oui, nous sommes partis, il y a maintenant 9 mois, nous l’avions pourtant préparé notre bébé avant le grand saut, il aurait même dû être plus que prêt avant même de quitter le nid. On lui avait pris la meilleur couverture (un thème modelable à souhait), les meilleurs jouets (widgets et gadgets dont seuls Guillaume a le secret), et on a avait réfléchi à des amis pour qu’il ne se sentent pas seul : les blogrolls comme ça se fait si bien.

    Puis les premières semaines ont été enflammées par le départ, l’excitation, les rencontres, l’envie de tout dévorer, de tout voir et de rien manquer. J’en parlais pourtant quasiment tous les jours de notre monde à deux. Je vous narguais même : vous verrez il y a plein de choses à dire et Facebook est trop concis, j’ai tellement hâte de vous le montrer et de vous en faire profiter encore plus. Il faut dire que j’y croyais vraiment à ce moment-là. Je croyais en ma motivation.

    aline le monde a deux blog

    J’ai alors commencé à lire de nombreux autres blogs, j’ai commencé à réfléchir à ce qui fonctionnait sur la blogosphère, ce qui plaisait à Google, car tout, absolument tout, passe par Google : le SEO, vous avez déjà entendu parlé ? Ce truc qui permet de bien rentrer dans les cases.
    Je lisais au-dessus de l’épaule de Guillaume qui gérait bien mieux que moi cette partie et qui d’ailleurs la gère toujours bien mieux.
    J’ai commencé à comprendre ce qui plaisait et j’ai commencé à perdre espoir.

    À quoi bon? Tout a déjà été dit.

    Les titres finissent par se paraphraser, je ne compte plus le nombre de :
    LE TOP 10 DES MEILLEURS ENDROITS,
    CE QUE LE VOYAGE A CHANGÉ EN MOI
    TOP 5 DES CHOSES À FAIRE

    Les thèmes se ressemblent :
    VOYAGER PAR CHER
    VOYAGER LEGER
    COMMENT FAIRE SES VISAS

    Les photos sont des déjà-vus.
    Alors franchement à quoi bon ?

    J’avais juste perdu l’envie. Qu’avais-je de plus à partager ? J’avais alors en tête trop d’idées, trop de projets, trop de fouillis pour en faire quelque chose et ça devenait au final : RIEN.

    le monde a deux raisons et reflexionsJ’ai dû faire une petite crise de manque de confiance en moi. J’en ai fini par déduire, sans même avoir essayé qu’au milieu de ces thèmes redondants, mon écriture n’intéressera pas. Alors à quoi bon se lancer ?

    Puis, honnêtement quand on voyage comme nous, sans plan ni boussole, que la plupart de notre temps se passe dans des workaway sans accès internet correct, écrire un blog devient mission impossible non ?

    Oui, bon je le reconnais, j’ai fini par me trouver des excuses… L’excuse Internet est celle qui est le plus souvent revenue. Guillaume me l’a même emprunté pendant un temps. Pourtant on a tout pour bloguer en interne. Alors oui, j’ai fini par accepter que tous les autres blogueurs que je vois avancer n’aient pas plus de temps que moi. Ils ont tout simplement fait le choix de le prendre ce temps.
    La deuxième grosse excuse a été l’attente des illustrations d’un frère qui ne travaillait pas assez vite, pas assez comme ci, pas assez comme ça à mon goût. J’ai finalement réalisé que j’aurai beau mettre toutes mes attentes dans ce frère prodige cela ne changerait absolument rien à ma capacité à procrastiner.

    Il était temps que je mette ma philosophie du temps à l’épreuve de mon blog : le temps ça se prend.

    J’ai alors réalisé que ce blog j’y tenais vraiment et j’ai mis longtemps à réaliser ce que je voulais en faire vraiment. J’avais déjà oublié les objectifs que je m’étais fixé au départ  : laisser une trace et transmettre à ma famille et aux amis.
    C’est en avril, dans la ferme de Malaisie où nous sommes restés presque deux mois que j’ai pu me poser les bonnes questions.
    Je n’avais pas besoin de plaire à tous les voyageurs, je pouvais et je devais commencer par écrire ce que je ressentais, quand je le sentais et comme je le ressentais. Pas besoin de rentrer dans des casses pour plaire et si je ne plais qu’à ma famille et à mes amis proches ça sera déjà une victoire.
    Et si je ne me plais qu’à moi-même, alors il ne me restera toujours la possibilité d’écrire encore et encore dans le but de m’améliorer.
    Je n’avais pas besoin d’écrire ce qui ferait plaisir à Google et à la majorité des gens sur la toile, mais je devais commencer par écrire ce que j’avais vraiment envie, à la vitesse dont j’avais envie d’écrire. Si ça fonctionne, tant mieux, si ça ne plaît pas, alors tant pis. Alors oui la réalité du blogging fait que j’en écrirais peut-être de temps en temps, des articles qui « rentrent dans les cases » mais l’idée c’est de rester moi-même quoiqu’il arrive.
    Pourtant il y a toujours une petite voix intérieure qui me murmure que l’écriture demande de la rigueur, ce qui pour le moment n’est pas ma principale qualité. L’écriture demande aussi un timing et respecter des délais me paraît toujours inconcevable. Mais ce blog c’est le mien, c’est le nôtre.

    Pourquoi ne pourrait-il pas être à mon image, à notre image, parfois vif et joyeux, parfois vide et monotone ? Inconstant comme notre vie sur la route ?

    Fini la peur d’être nulle, fini la peur de n’avoir que 30 lecteurs. Et encore 30 lecteurs c’est déjà quelque chose si on pose ces objectifs.

    Je ne regrette donc pas de ne se sortir ce blog que maintenant. Il sera d’avantage à mon image.

    Ne vous méprenez pas, je suis loin d’être satisfaite de tout et il y aura encore un gros travail à faire sur moi-même et sur la toile, mais j’ai décidé de mettre de côté les doutes et la perfection, il est temps de plonger dans le grand bain et de me mouiller un peu.

    La suite dépend de vous…