Victime de sa réputation, le Japon est souvent mis de côté par les backpackers. Nous avons d’ailleurs eu le même réflexe.
Nous n’irons au Japon que si le budget le permet…
Sauf que nous ne sommes jamais très raisonnables, l’envie a été plus forte et on a agi à l’instinct. Au final, rien qu’au titre de l’article, vous vous doutez que nous n’avons absolument pas regretté.
Ce qui est sûr, c’est que comme dans tous pays, il y a des moyens de réduire les frais. Bonne nouvelle, ils fonctionnent très bien au Japon.
Nous y avons passé deux mois et parcouru plus de 1000 km en passant par Kyoto, Osaka, Himeji, Nagoya, Fuji et Tokyo sans oublier Ayabe (un coin de campagne).
Tout ça, en ne dépensant que 6 euros par jour.
Je vous raconte comment on s’est débrouillé et tout ce qu’on a pu faire et voir avec ce « mini-budget » !
Se déplacer
Auto-stop
Les transports coûtent extrêmement cher au Japon. C’est une des parties qui peut rapidement plomber votre budget. Un JR Pass de 7 jours coûte environ 200 euros. Un aller-retour Kyoto/Tokyo en bus coûte quant à lui une cinquantaine d’euros.
Sur les conseils d’un Japonais, nous n’avons pas hésité longtemps avant de tenter le stop. C’était notre première fois à tous les deux et on a adoré ça.
Le Japon est une destination très sûre. Les vélos sont posés sans antivol, les filles se baladent en mini-jupe dans la nuit et un billet de 1000 yens peut rester des semaines sur un comptoir sans que personne n’y touche (expérience testée par Fumi, un de nos hôtes workaway). Quel meilleur pays pour faire du stop ? En couple ou même seul, je ne peux que vous conseiller de le tester au moins une fois. Les gens sont adorables et généreux.
Ne vous laissez pas décourager par les locaux qui sont convaincus que c’est impossible. Même si ce n’est pas dans leur culture, notre moyenne d’attente a été de 20min…
La seule fois où nous avons attendu 2h (pour sortir de Nagoya), nous étions tout simplement au mauvais spot. Il nous est d’ailleurs arrivé à plusieurs reprises, qu’une voiture s’arrête dans la seconde même où nous sortions le panneau.
Le seul « inconvénient » c’est que les Japonais parlent très peu anglais. Emportez un traducteur pour pouvoir communiquer et inscrivez votre destination en Kanji. Recopier sur le Net ou faites-vous aider par un local.
Se loger
C’est le deuxième et dernier point qui peut faire mal à votre porte-monnaie.
Couchsurfing
Être logé chez l’habitant fonctionne très bien au Japon, mais il faut s’y prendre à l’avance. Les fois où l’on nous a répondu favorablement, nos demandes étaient parties une dizaine de jours avant. Nous avons donc passé 8 nuits chez des locaux.
D’une part, ils ne sont pas très nombreux et sont très sollicités, d’autre part les Japonais sont très organisés. Ils ont besoin de planifier longtemps à l’avance. À la dernière minute, il est probable qu’ils vous refusent même s’ils ont de la place.
Il faut savoir qu’il y en a pas mal dans les grandes villes, mais ne comptez pas trop dessus, lorsque vous vous en éloignez.
Airbnb
Cela s’applique surtout si vous êtes deux ou plus. On n’y pense pas toujours, mais au Japon, le site Airbnb propose des tarifs très avantageux.
Nous avons par exemple payer une chambre dans un appartement avec cuisine 28 euros pour deux personnes à Tokyo et 23 euros une chambre pour deux à Osaka.
Auberges de jeunesse
C’est la troisième option que nous avons choisi pour Kyoto.
Même si nous avions une possibilité de Couchsurfing à Osaka, nous avons privilégier la proximité afin de profiter de la vie nocturne et limiter les allers-retours.
Nous y avons séjourné deux nuits en dortoir pour 9 euros/personne/nuit.
Hôtels capsules
Ces mini-capsules font office de chambre et peuvent se trouver à un prix relativement correct. Mais comme tout ce qui est « bon marcher » au Japon, ils sont vite pris d’assaut et en regardant 2 jours avant nous n’avons jamais pu essayer.
Attention, car la plupart sont néanmoins réservés aux hommes.
Et tout cas, c’est une expérience très japonaise à tenter !
Les mangas café (漫画喫茶, Manga kissa)
C’est aussi une autre expérience typique du Japon.
À l’origine, ils sont faits pour lire des mangas et ils proposent des cabines privées avec un grand fauteuil où les Japonais s’endorment régulièrement.
Tarif à l’heure : 250 yens les 30mins et 1500 yens les 7 heures.
Du coup, vous payez en fonction du temps passé et cela peut s’avérer une bonne solution si vous n’avez qu’une courte nuit à passer.
Bonus : Des boissons sont généralement disponibles gratuitement. Dans certains endroits, vous pourrez même avoir de la glace, du riz etc… 🙂
Les gares et les aéroports
Ne comptez pas trop sur les gares.
En arrivant très tard en avion à Osaka et en repartant le lendemain en train, nous souhaitions économiser une nuit en dormant dans la gare. Mais ils l’ont fermé vers minuit… Je ne vous raconte pas la nuit que nous avons passé à errer dans les rues glacées 🙂
Morale de l’histoire : restez dormir à l’aéroport 😀
Travailler dans une auberge de jeunesse
C’est le principe du volontariat. Même si vous n’êtes pas nourris, de nombreuses auberges de jeunesse proposent le logement contre quelques heures de travail. Demandez leurs directement ou contactez-les par le biais de leur site.
Nous avons essayé de le faire, mais à la dernière minute et en couple, cela n’a pas fonctionné. Mais je vous confirme que c’est très courant, puisque nous avons croisé plusieurs voyageuses qui avaient tenté l’expérience.
Se restaurer
Manger dehors
Contre toute attente, manger au Japon coûte bien moins cher qu’un pays comme la France. Vous pouvez vous faire plaisir sans littéralement vous ruiner.
Quelques chiffres
Un bol de ramen : entre 5 et 6 euros
Un menu à Mcdo : 4,3 euros
Un plat dans un fast food Japonais : 2 euros (Yoshinoya, 280)
Une boisson : environ 1 euro dans un distributeur ou un peu moins dans un supermarché.
Vous trouverez plein d’autres informations sur où et quoi manger pour pas cher au Japon dans cet article de Gaijinjapan.
Magasin à 100 yens
Ce sont les équivalent de nos « tout à 2 euros ». Sauf qu’au Japon, ils vendent absolument de tout. Vous y trouverez de la nourriture à partir 0,70 euros.
Ils ont des noms différents en fonction des endroits. Vers Osaka et Kyoto ce sont des DAISO.
Cuisiner par vous-mêmes
Une des solutions les plus simples, c’est de se faire à manger. Malheureusement, les airbnb et les auberges n’ont pas toujours de cuisine à disposition (nous en avons eu une sur 3). Mais il est toujours possible de le faire chez vos hôtes couchsurfing.

Les produits exportés coûtent bien plus cher : donc cuisinez local.
Misez sur les ramens, le tofu, le miso, le riz, la sauce soja, le nato (quoi vous ne connaissez pas encore ces graines de soja fermentées qui puent et tout gluant dont Guillaume raffole ?! ) etc…
Oubliez les fruits qui coûtent une fortune. C’est bien simple, ils sont offerts en cadeaux pour les anniversaires.
[clear]
Seven Eleven, Family Mart …
Ce sont de petits supermarchés locaux qui existent dans toute l’Asie et qui sont ouverts 24/24 7/7. On en trouve de partout.
Nous y avons mangé à de nombreuses reprises entre 0,70 et 2 euros. Ils proposent des plats tout préparés, des soupes lyophilisées, ils ont des micro-ondes et de l’eau chaude à volonté. Ils ont aussi de très bons buns !
Volontariat
En plus de tous les avantages de découvrir la culture chez l’habilitant, l’échange de service est une des meilleures techniques pour économiser sur l’hébergement ET la nourriture.
Nous y avons effectivement passé les 3/4 de notre temps, toujours sans AUCUN regret. Être logés, nourris et blanchis contre 4-5h de travail par jour nous a permis de rester aussi longtemps dans ce magnifique pays.
Nous y avons découvert la nourriture locale (okonomiaki, sushis, sashimis …), des maisons traditionnelles, le nouvel an japonais et fait des rencontres inoubliables. J’ai aussi eu l’opportunité d’essayer un kimono ! 🙂
Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre quotidien dans une guesthouse à la campagne et/ou notre expérience dans un restaurant. Deux vies complètement différents avec chacun leurs avantages et leurs inconvénients.
Conseil : il faut encore une fois s’y prendre bien à l’avance. Il n’y a pas beaucoup d’hôtes et ils sont très rapidement complets. Par exemple, le restaurant nous a fait réserver 3 mois avant et nos hôtes à la guesthouse nous ont expliqués qu’ils avaient eu une centaine de demandes, à peine quelques semaines après avoir mis l’annonce.
Venir en dehors des saisons touristiques
J’aimerais dire que cela s’applique pour tous les pays mais c’est vrai tout particulièrement pour le Japon. Vous paierez déjà un moins cher qu’en pleine saison (auberges et certains bus), mais c’est surtout qu’il y a moins de monde et il sera plus simple de réserver les endroits bons marchés.
Déjà en plein hiver, les volontariats et les auberges se remplissent rapidement. Je n’ose donc pas imaginer le reste du temps..
Alors certes, on a eu super froid mais les paysages étaient vraiment sublimes et la culture reste la même !
Visiter et profiter
Contrairement à d’autres pays (comme la Chine, pour ne pas la citer…), on peut visiter et faire de nombreuses activités gratuitement ou en tout cas pour pas trop cher.
Nous n’avons dépensé qu’à Kyoto et à Himeji pour environ 3-4 euros à chaque fois.
Quelques exemples de nos visites et nos dépenses :




[clear]


[clear]
Tokyo
Beaucoup de parc sont gratuits.Vous pouvez admirer la vue sur la ville depuis la tour Tokyo Metropolitan Government Building gratuitement et vous pourrez même, avec de la chance, y apercevoir le Mont Fuji.
[su_box title= »Bilan en chiffres » box_color= »#0c97f0″]
Les prix sont indiqués pour deux personnes.
Nombre de jours au total: 59 jours
Total : 751 euros
Logement : 173 euros
Nourriture : 290 euros
Transport : 219 euros
Visites : 27 euros
Extra : 12 euros
Nous avons tout de même dépensé beaucoup en Transport entre Osaka et Kyoto pour nous rendre facilement chez nos couchsurfers ainsi que des trains pour rejoindre nos hôtes Workaway.
Les extras concernent des cadeaux de Noël pour les enfants de nos hôtes.
[/su_box]
La mauvaise nouvelle pour un backpacker à petit budget, c’est qu’il va falloir s’organiser un minimum en avance. Difficile d’arriver sans plan et respecter un budget de 6 euros par jour.
C’est le pays où nous avons le plus planifié. Je suppose que si nous avions été plus rigoureux, nous aurions encore baissé le budget, mais le but n’est pas non plus d’arriver à zéro.
Pour plus d’information, je vous invite à découvrir l’article de Mathieu du blog The Road and me. Un peu plus roots que nous, il a tenté l’hébergement spontané, dormi sur le canapé d’une guesthouse et campé dans les parcs publics !
Nous avons bien conscience que ce type de voyage ne correspond pas à tout le monde. Mais vous savez maintenant qu’il est concrètement possible de voyager au Japon sans se ruiner.
Alors, à quand votre voyage au Japon ?


Répondre à Aline Annuler la réponse