Le monde à deux

Catégorie : Asie

L’Asie, le plus grand continent du monde est souvent une étape incontournable dans un voyage au long court. Après plus d’un an à parcourir ses terres, manger sa nourriture locale, rencontrer ses habitants, nous avons vécu des expériences et des anecdotes à foison. On les partage ici, agrémenté de nos avis et de nos conseils pour faciliter votre voyage.

  • Workaway : 1 mois inoubliable dans un ranch en Mongolie

    Workaway : 1 mois inoubliable dans un ranch en Mongolie

    J+6 à Anak Ranch, je suis tellement exténuée, qu’écrire quelques lignes est devenu un vrai calvaire. Mes jambes, mes bras, mes épaules, mes doigts me font mal… Le manque d’hygiène, l’eau de la rivière, la nourriture locale, la quantité de travail physique, les piqûres de moustiques, le froid et les horaires décalés ont eu raison de moi… J’ai absolument besoin d’un jour de repos si je veux survivre dans de telles conditions…

    Extrait du journal de bord d’Aline

    Les deux aventuriers en herbe que nous étions voulaient absolument expérimenter la vie en Mongolie et c’est donc tout naturellement que nous avons accepté de passer un mois dans un ranch, prévenus des conditions difficiles de travail.

    L’annonce sur workaway était plus qu’alléchante :

    Ranch propriétaire d’une centaine de bétails (chevaux, vaches, moutons et chèvres), proche d’une rivière, hébergés dans une yourte et qui nous offrait la possibilité de chevaucher les steppes sauvages.

    anak ranch workaway mongolie

    Le ranch se situe à Orkhon, dans le nord de la Mongolie, proche de la Sibérie, où la saison chaude dure 4 mois et l’hiver couvre le reste de l’année. Les températures peuvent avoisiner jusqu’à -40°, mais nous n’étions pas fous au point de commencer par ces conditions extrêmes.

    Première semaine, un défi physique

    Nous sommes arrivés mi-août où Martin propriétaire des lieux est venu nous chercher en pick-up. Nous avons eu le droit à un accueil glacial, le peu d’échange que nous avons entamé ont été soldés par des réponses froides et courtes.

    L’ambiance est rapidement donnée, nos sacs à peine posés, nous sommes réquisitionnés pour cueillir des légumes. L’organisation mongole se dévoile à nos yeux : on repasse 3 fois au même endroit, chacun regarde de son côté et repasse sur les mêmes parcelles, on trie puis on remélange après une ultime cueillette. Nous ne serons pas seuls, un couple d’allemand est là depuis une quinzaine de jour.

    Les règles de bases sont simples :

    • pas de drogues
    • pas de cigarettes
    • pas le droit de monter au premier étage où vivent nos hôtes : Martin et sa femme Minjee
    • 1 jour de repos pour 7 jours de travail
    • « Ma maison, mes règles, si tu ne les aimes pas, tu t’en vas » affiché sur les murs de la cuisine

    Le premier diner sera un échange incompréhensible en anglais et de mauvaises blagues de la part de notre hôte. Tout le monde se couchera tôt, mais nous aurons du mal à trouver le sommeil.

    La traite du matin

    aline traite vache ranch workaway mongolie

    5h30 debout, Martin nous conduit pour la première fois vers le bétail, 15 min à sauter à l’arrière du camion, sur une route chaotique remplie de nid de poule plus gros les uns que les autres. La vue est à couper le souffle, malgré le froid et les rebondissements, le lever de soleil sur les montages et la steppe mongole est une pure merveille, peu importe le travail à accomplir, ces quelques minutes sont déjà précieuses.

     

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    Ramasser la bouse de vache devient le travail matinal quotidien. Un travail qui peut paraître inapproprié, mais pourtant plus que nécessaire dans les steppes mongoles. Ici la merde séchée sert de combustible pour le feu, d’isolant pour les yourtes l’hiver et de répulsifs anti-insectes.

    Pendant ce temps, nous observons la danse qui se joue sous nos yeux. Les veaux enfermés dans un enclos la nuit, sont relâchés un par un, afin de rejoindre leur mère, pour permettrent la montée de lait et la traite. Ici c’est fait à l’ancienne, à la main, les veaux sont attachés, les mamans sont traites et les petits relâchés. Les gestes des deux femmes mongoles (la « Milk lady » comme on l’appellera et Minjee, notre hôte) qui travaillent ce matin sont précis, robustes et efficaces. Il ne suffira que de trente à quarante minutes, pour récolter tout le lait et partir le vendre aux abords du village le plus proche.

    Nous avons à peine le temps de comprendre comment se déroule cette tâche matinale que dès notre troisième jour, nous sommes réquisitionnés pour la réaliser avec Minjee. La femme qui s’en occupe habituellement est partie en congés. Logés dans une yourte perdue au milieu de la steppe, Guillaume se réveille toutes les 2h pour s’assurer que les vaches sont toujours à leur place.

    Ici les bêtes sont libres, c’est l’homme qui s’adapte à leurs déplacements. La nuit c’est la responsable des vaches qui s’assure qu’elle ne s’éloigne pas de la yourte. La journée, c’est Dash, le horseman, qui monte sur le toit tous les matins pour repérer ses bêtes à la longue vue. Ses tâches principales consistent à réunir les vaches qui s’éloignent, à attraper les bêtes au lasso pour les soigner, à seller nos montures et à tuer les bêtes lorsque c’est nécessaire …)

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    Mais revenons à notre troisième journée, il est trois heures du matin, où les yeux lourds de sommeil, nous cherchons tant bien que mal à nous situer dans le noir alors que Minjee est capable de repérer et reconnaitre ses vaches à plusieurs mètres aux alentours …

    C’est là que le calvaire a commencé, il a plu toute la nuit, le sol est boueux, je tente de comprendre l’anglais de Minjee qui me crie des ordres et tente de reproduire les gestes que j’ai à peine vu les deux matins précédents : laisser sortir un bébé de l’enclos, le suivre pour retrouver sa mère, le laisser téter, puis avec le peu de force que j’ai, l’arracher à sa mère pour l’attacher à un arbre et le traire à la main … À ce moment-là, je me sens ridicule, j’entends le rythme rapide et régulier du lait qui tombe dans le seau remplie de Minjee, je mets du temps à comprendre le bon geste, mais finalement le lait sort et c’est ma première victoire. C’est la tête baissée que je ramène mon seau, un quart rempli après d’ultimes efforts. Heureusement Chocho est là et prend la relève dès que je m’épuise. En Mongolie, c’est un travail de femme, mais il faut tenir la cadence et finir tôt. 60 vaches à traire et la vente du lait n’attend pas … Une cadence à garder jusqu’à 7h-8h du matin.

    Nous réitérerons l’expérience 3 jours d’affilés, avec l’aide de 2 jeunes filles, Zahia (la fille de Martin, 12 ans) et Hourna (la fille de Halima (la cuisinière et belle-soeur de Minjee), 7 ans). Nous avons vécu notre premier orage sous une yourte, notre première journée seule dans la steppe à ramasser, couper du bois, faire du feu et nos premiers khuushuur (sorte de pain frit).

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    Une expérience éprouvante dont nous gardons des souvenirs mémorables. Elle dura jusqu’à ce qu’épuisée, je chute dans la merde et que je verse mes premières larmes de fatigue. Ce jour-là, je mettrai mes dernières forces à pousser le camion qui s’est embourbé, pour aller vendre le lait. Il est temps de prendre du repos.

    La maintenance du ranch

    Le travail ne manque pas et les avertissements d’un travail difficile s’avèrent réalistes.

    À 10h, une fois la traite finie et le petit-déjeuner passé, nous enchaînons sur le reste des travaux quotidien jusqu’à 17h voire 21h parfois. Sans oublier une pause de 1h30 après le repas.

    Minjee a toujours des tâches à nous donner. Guillaume se blessera un pouce dès le premier jour en attrapant les moutons pour les marquer de peinture bleue et les différencier. Les barrières ont régulièrement besoin d’être refaites, les chevaux semi-sauvages se battent, s’amusent et explosent les enclos.

    La pire tâche que nous ayons réalisé a été de couper l’herbe de deux prés entier à la main, sous la chaleur. Mes pauvres doigts en ont bien souffert…

    Les autres tâches : laver les barils de lait tous les matins, peindre l’étable qui m’a laissé des traces indélébiles sur mon nouveau pantalon, cueillir les baies sous la pluie, laver les vitres et le sol pour le voir sali quelques heures plus tard, ramasser les légumes pour les repas, nettoyer le camion et la voiture, faire du feu, faire la vaisselle, nettoyer des bocaux pour préparer les conserves pour l’hiver…

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    L’eau est précieuse

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    Les jours d’été au ranch sont rythmés par des tâches basiques mais primordiales.

    L’eau, nécessaire à tout : laver, manger et boire doit être pompée au quotidien, à la main. Des bidons de 35 litres sont ramenés sur une petite carriole, puis portés à la force des bras. Les deux cuisines sont réapprovisionnées plusieurs fois par jour, la douche composée d’un gros bidon sur un des toits est remplie plusieurs fois par semaine.

    Une vie coupée du monde

    Si vous arrivez au ranch sans forfait téléphonique et avec un niveau en mongol proche de zéro, les connexions en dehors du monde seront alors très limitées. La connexion Internet est lente et n’est accessible que depuis le bureau de Martin. Autant vous dire qu’il a fallu un bon moment pour accéder au fameux ordinateur.

    Une addiction qui nous explose en pleine figure. J’ai beaucoup de mal à être coupé de mes amis, mais surtout de ma famille. Dans des moments où la fatigue physique et l’inconfort du quotidien me dépasse, ne pas pouvoir les joindre m’est très difficile. Martin nous propose une expérience à part entière et vivre sans Internet fait partie du challenge.

    L’habitude devient notre meilleure amie et nos hôtes aussi

    Après une bonne semaine de travail, les réveils difficiles à 5h30 ne sont plus que de mauvais souvenirs

    Le travail est devenu une habitude, nous sommes maintenant levés les premiers à attendre Martin. Nos corps commencent à s’habituer aux tâches quotidiennes et nos nuits sont bénéfiques. Nous avons rarement aussi bien dormi qu’après une journée bien physique.

    Les bons moments dépassent maintenant la fatigue physique et la dose de travail.

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    Nos jours de repos deviennent des jours où nous savourons pleinement du soleil, des grasses matinées, d’une randonnée sur la montagne la plus proche et des promenades seuls à cheval dans les steppes. Si vous avez l’occasion d’arpenter les steppes à cheval, méfiez vous des chiens des yourtes sur votre chemin, nous nous sommes faits courser jusqu’à ce que mon cheval se fasse mordre la queue. Mais apparemment rien d’inquiétant, quand nous l’avons raconté à Minjee, elle a bien ri.

    Nos yourtes deviennent notre chez nous. Nos sacs se vident et nos affaires prennent leurs places.

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    Les petits-déjeuners sont des moments de délices : les fromages de Minjee disparaissent tous, aussi vite les uns que les autres. La confiture se fait rare, le thé mongol (composé de thé noir, de lait et de sel) se fait voler la vedette par du lait chaud fraichement trait du matin. Mon anglais s’améliore, je commence à comprendre les blagues et à pouvoir y répondre.

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    Nous avons maintenant quelques minutes d’Internet sans avoir à les mendier. Quelques nouvelles de mes parents finissent par me rendre complètement heureuse.

    La préparation de l’hiver devient un leitmotiv. Nous lavons des bocaux plusieurs fois par semaine, nous préparons des salades dans d’énormes plats, nous cuisons, stérilisons, remplissons, goûtons et rangeons des dizaines de bocaux. J’ai l’impression de faire partie de ce monde, je sais que ces conserves ne sont pas pour moi, mais pourtant je les fais comme si j’en aurai besoin dans quelques mois.

    La découverte de nos hôtes

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    Nous commençons à découvrir nos hôtes, Martin, d’origine germanique a vécu plusieurs années en Australie où il travaillait en tant qu’avocat. Il a rencontré par ce biais Minjee en envoyant des mails pour trouver une assistante. Il est alors tombé amoureux et s’est installé en Mongolie. Le grand gaillard froid et dur qui m’impressionnait par ses grands airs est devenu un homme touchant et attachant avec qui j’aime passer du temps et partager des moments de fous rires. Guillaume est souvent avec lui, il semble maintenant nous faire confiance. Minjee, le vrai chef du ranch, est toujours difficile à cerner, mais elle a aussi commencé à nous adopter.

    Comme à la maison

    Après plus d’une quinzaine de jours, nous avons une nouvelle maison. Nous avons cédé notre yourte à un couple de touriste et avons récupéré la yourte avec un lit double : un petit détail qui fait toute la différence. J’accomplis mon travail de femme en ouvrant et fermant le toit régulièrement.

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    En un mois, nous avons vu la chute impressionnante des températures, les nuits sont vraiment froides maintenant et nous avons réussi à convaincre Martin pour récupérer un poêle. Il a fallu que je grimpe sur le toit pour installer la cheminée sans prendre le risque d’enflammer la yourte qui pourrait disparaitre en fumée en l’espace de dix minutes.

    Une fois le poêle dans la yourte, nous avons eu le plaisir d’accueillir toute la petite famille (Minjee, Halima et parfois même les employés) autour du feu pour préparer le diner. Une fois qu’un poêle est allumé, on ne s’amuse pas à refaire un feu, on profite de l’existant. Ici on ne gaspille rien, on récupère tout.

    Nous sommes maintenant à l’aise avec le fonctionnement du ranch, Halima joue avec nous, Minjee nous confie des tâches et ne semble plus vérifier tous nos faits et gestes. Nous apprendrons qu’elle ne croyait pas en nous et qu’ils avaient pariés que nous ne resterions pas plus d’une semaine. Pari plus que perdu !

    C’est à cette période là, qu’un bébé chien débarque dans nos vies, une petite chienne surement chassée par les voisins qui adopte Guillaume en quelques secondes mais qui, de part son sexe, ne fait le bonheur de personne. Je fais tellement les yeux doux que Minjee nous demande de nous en occuper. Elle est adorable et déjà propre, mais elle a peur de tout. Un chien en Mongolie doit être un mâle et doit absolument avoir une utilité. C’est donc avec pleins de doutes sur son avenir, que nous prenons soin de notre « baby girl » comme nous l’avons surnommé. Trois mois après, nous avons appris qu’elle a été rebaptisée Aline. Nous espérons surtout qu’elle résiste au dur froid de l’hiver et que les futurs volontaires continuent à prendre soin d’elle.

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    Nous avons eu le plaisir de croiser des gens adorables comme Brenno et Anna avec leur petite fille Liv, ils voyagent pour les études de Brenno. Nous avons vu des volontaires arrivés et repartir, nous sommes maintenant les anciens à qui on demande comment ça fonctionne. Quand un volontaire se présente à Minjee, on entend : « Demande à Aline ». Guillaume est invité à visiter la propriété et j’ai même le droit  de jeter un coup d’oeil à la chambre interdite du premièr étage.

    J’aime être isolée, j’aime la nature et le côté ancien qui rythme notre vie, j’aime la folie qui règne ici, j’aime l’eau de source et le lait du matin, j’aime savoir que la viande que je mange provient des animaux qui sont traités naturellement et qui gambadent à leur rythme, j’aime savoir qu’on ne les tue que pour une raison particulière, j’aime le sourire et la bonne humeur des Mongols, j’aime pouvoir prendre un cheval et partir seule lorsque j’ai le temps, j’aime la simplicité de notre maison et j’aime le côté chaleureux qui règne dans les parties communes, j’aime cette communauté familiale et j’aime la relation que nous avons construite avec Martin et Minjee.

    Alors oui, il y a d’autres côtés que j’apprécie beaucoup moins : la dose de travail est épuisante, l’hygiène reste à désirer, la logique mongole est parfois décousue, les animaux sont traités étrangement et la nourriture est peu variée mais finalement ces côtés sont minimes comparés au bonheur que j’ai d’expérimenter cette vie là. C’est une certitude que je ne pourrai pas la vivre jusqu’à mes vieux jours, mais je sais que nous y étions bien. Cela rend notre départ très/trop difficile…

    On nous a proposé de rester, on a même hésité, on a repoussé pour finalement prendre la décision de partir après de grandes embrassades.

     

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    En tapant cet article plusieurs mois après, j’ai encore cette sensation que cet endroit m’appelle et je reste avec cette promesse qu’on s’est faite à nous-même d’y retourner un jour.

     

  • Notre expérience à Hong Kong

    Notre expérience à Hong Kong

    C’est à Bordeaux que cette histoire a commencé.

    Après une mésaventure en Écosse, nous avons hébergé Moni, une jeune Hongkongaise qui était venu passer une semaine à Bordeaux. Elle avait besoin de temps pour rebondir et pour planifier la suite de son voyage. Une fois sur la route, cette rencontre nous a finalement obligée à reconsidérer notre itinéraire et à envisager un passage à Hong Kong.

    Changement de plan qu’on ne regrette absolument pas et on vous explique tout de suite pourquoi.

    Au moment de venir à Hong Kong, nous nous demandions surtout ce qu’on pouvait y trouver que nous n’aurions pas encore découvert dans les autres grandes villes de Chine. Beijing, Xi’an et Chengdu avaient été décevantes, intéressantes et pratiques, mais à aucun moment fascinantes et inoubliables. Nous étions alors fatigués de cette agitation urbaine et Hong Kong restaient une ville parmi tant d’autres où nous souhaitions principalement apprécier la compagnie de Moni et prendre notre avion pour le Japon.

    Contre toute attente, Moni et son ami Martin nous ont ouvert leurs portes mais nous ont surtout offert leur ville sur un plateau d’argent.

    Les regards étonnés et les photos prises à l’improviste de la Chine étaient définitivement finies, à partir du moment où nous avons passé la douane à Shenzhen, nous sommes redevenus des touristes parmi tant d’autres, dans l’anonymat le plus total. Même si Hong Kong est une région administrative spéciale de la Chine, nous avons eu le sentiment de l’avoir quitté définitivement.

    En résumé, Hong Kong est une ville au mélange des styles avec une mixité étonnante. Son style ressort à toutes les sauces. Un petit-déjeuner qui comprend toasts, oeufs brouillés, soupe de macaronis, du poisson de là-bas et des moules au barbecue, des Chinois pas vraiment chinois qui parlent anglais, des pizzas faites par des indiens, des restaurants des quatre coins du monde, du matériel informatique détaxés plus qu’il n’en faut, des occidentaux qui font intégralement partie de la population. Des buildings, des HLM, des montagnes, des îles et la mer se réunissent sous un climat agréable toute l’année.

    C’est dans cet univers que nous avons passé 3 jours. 3 jours bien remplis, 3 jours intenses qui nous ont permis de découvrir Hong Kong telle qu’elle est. Alors, ne nous demandez pas les coins branchés ou les endroits touristiques, nous n’en n’avons aucune idée, par contre laissez nous vous faire découvrir cette ville sous un autre angle.

    Manger à Hong Kong

    À Hong Kong vous en aurez pour tous les goûts. Vous y trouverez des plats de la Chine entière, mais aussi des restaurants du monde entier. Pas de spécialité particulière selon Moni et Martin, si ce n’est qu’ici en trouve de tout et le mix des cultures gastronomiques est la marque de fabrique. Nous pouvons peut-être citer le milk tea, thé noir froid ou chaud que nous avons pris lors du petit-déjeuner.

    petit dejeuner a hong kongpetit déjeuner et nourriture hong kongQuelques boulettes de poissons et une gaufre au beurre + beurre de cacahuète nous ont bien calé pendant notre découverte des quartiers hong kongais.

    Le quartier de Mong Kok vous permettra sans aucun doute de trouver votre bonheur : indien, thai, chinois, français, italien … il ne vous restera plus qu’à faire votre choix.

    Banlieue de Hong Kongbalade dans la campagne autour de hong kong

    La magie de Hong Kong (ville d’environ 7 000 000 d’habitants), c’est qu’en 30min du centre-ville, on se retrouve à la campagne. Martin nous a invités à venir visiter son futur chez lui qu’il construit à côté de la maison de ses parents.

    Ici, c’est comme ailleurs, les habitants ont leur petite parcelle de terrain pour faire pousser leurs légumes, ils ont leur petite terrasse, le calme et leur intimité loin des grands HLM… Mais il y a aussi la « guerre des villages » et les nouveaux habitants doivent faire leur place parmi les anciens. C’est ainsi que Martin se retrouve avec un mot sur son pare-brise « gare toi ailleurs », un mot d’intimidation lui faisant comprendre qu’il n’est pas le bienvenu.

    C’est sans aucune crainte qu’il garde le papier dans la voiture à la vue des voisins pour marquer son territoire. Même si sa maman est née dans ce quartier, les années passées loin de celui-lui ont effacé leur présence. Il ne s’en offusque pas, sa grand-mère saura leur expliquer et les anciens sont toujours les mieux placés pour régler ces histoires-là nous raconte-t-il.

    Nous prenons plaisir à nous promener entre les maisons, à parcourir les petits chemins, à profiter du soleil et de nos manches courtes, à éviter les branches de palmiers et des bananiers. Malheureusement, le temps nous manquera pour gravir la petite colline, un copieux barbecue nous attend.

    barbecue chez Martin a hong kong

    Camper à Hong Kong

    Se retrouver à la campagne en pleine ville, c’est une chose, mais camper en plein coeur d’une des plus grandes villes de Chine, s’en est encore une autre ! C’est pourtant une expérience que nous ne sommes pas prêt d’oublier.

    La ville d’Hong Kong héberge plusieurs Monts entre 554m et 958m aussi bien sûr l’île que sur les nouveaux territoires et elle propose plusieurs treks qui donnent à cette ville un aspect tout à fait atypique et caractéristique.

    Martin, fan de trekking et de voyage comme on les aime, nous avait préparé un emploi du temps bien chargé. À la vue de nos photos de camping, notamment sur la Grande Muraille de Chine, il nous a proposé de dormir sur le rocher du Lion, (mont de 495m qui comme son nom l’indique représente un lion). C’est donc équipé de nos pique-nique, nos torches et d’une de ses tentes que nous partons vers 19h, à l’heure où le soleil commence déjà à disparaitre.

    Nous croisons de nombreuses familles et ou des amis qui se réunissent aux pieds des montages pour venir pic niquer et faire des barbecues. D’autres redescendent à contre-sens. Et puis il y a nous, qui entamons les escaliers pour atteindre le sommet. La Chine nous en aura fait voir avec ses marches, mais après le Mont Emei, celle là sont vraiment accessibles et nous arrivons au sommet en 1h30.

    Nous avons passé la soirée à faire du feu, cuire nos aliments, manger, prendre quelques photos, manger, délirer, manger, fabriquer nos pics à brochettes, manger… Ok pour faire bref, on a beaucoup mangé ce soir-là, un super moment en profitant de la vue sur Hong Kong et de la chaleur du feu.

    barbecue sur le mont lion rock a hong kong

    La nuit fut courte, nous souhaitions profiter du lever du soleil et nous étions loin d’être les seuls. Une hongkongaise est venue saluer le soleil et prendre sa dose d’énergie. Sur le pic voisin, un groupe de touriste en ont profité pour prendre des photos de leur derrière, puis de nombreux autres Hongkongais gravissaient à leur tour les marches pour faire leur sport matinal ou leur Taïchi.

    hong kong de nuit sur le mont lion rockLes parcs sont vivants en Chine comme à Hong Kong, nous sommes surpris. 7h du matin, un lundi, des personnes âgées sont là pour faire leur sport, leur stretching, du badmington ou autre…  À la vue de cette effervescence, j’envie leur capacité à se réunir en famille entre amis. Les parcs français sont si souvent vides en dehors des joggeurs et des familles lors des mercredi ou des week-ends ensoleillés.

    Quelques endroits touristiques

    La tour de l’horloge

    L’ancienne Tour de l’Horloge, d’une hauteur de 44 mètres, a été érigée en 1915 pour achever le terminal ferroviaire de Kowloon–Canton. ¹

    la tour de l'horloge a hong kong

    Le ladies’s market

    ladies market hong kong

    plus d’informations ici

    Le ferry

    Plus lent que le tramay, mais moins cher et plus agréable. Vous pourrez y contempler la baie de Hong Kong : plus d’information ici.

    coucher de soleil sur la baie de hong kong

    [su_box title= »Infos pratique : Budget à Hong Kong » box_color= »#1bf00c »]

    Dormir : les tarifs à Hong Kong peuvent vous faire exploser votre budget chinois. Et oui, fini les auberges à 5 -6 euros. Compter maintenant une quinzaine d’euros pour un dortoir et une vingtaine d’euros pour une chambre sur airbnb. Quant à couchsurfing, prenez-vous y à l’avance. Nous avons fait 8 demandes et la moitié des hôtes n’ont pas répondu, l’autre moitié étant occupé ou avaient déjà des hôtes. Nous imaginons que c’est une ville très prisée.

    Manger : Le prix des repas tournent en moyenne entre 60 et 120 HK$ (6 et 12€)

    Se déplacer : les tarifs du métro dépendent de votre destination (ça c’est cool). Pour plus d’informations

    [/su_box]

    Hong Kong est un vrai coup de coeur sur notre trajet. Nous sommes persuadés qu’elle a bien plus à offrir et que 3 jours sont bien insuffisants pour la découvrir. De nombreuses autres randonnées à faire, d’autres quartiers à explorer… Mais nous sommes malgré tout ravis de notre séjour.

    Et vous, quelles ont été vos impressions et votre expérience d’Hong Kong ?

  • Hong Kong : Le mouvement des parapluies

    Hong Kong : Le mouvement des parapluies

    Notre expérience à Honk Kong a vraiment été inoubliable, mais elle a surtout été marquée par la manifestation qui règne au coeur de cette ville.

    logo mouvement des parapluie hong kongSi vous avez suivi les informations, vous avez surement entendu parler du mouvement des parapluies, ce « mouvement démocratique contre la décision chinoise qui ne donnerait pas le droit de choisir (nominer) le Chef de l’exécutif ». Cette manifestation entamée par les étudiants Hongkongais depuis le week-end du 27 septembre pour défendre ce droit.

    C’est cette même manifestation qui a effrayé nos parents lorsque nous leur avons évoqué la possibilité de passer quelques nuits à Hong Kong : « C’est la crise là-bas, ce n’est peut-être pas le moment d’y aller » « C’est dangereux, la police est dans les rues ». Nous avons fait face à un discours français peu rassurant.

    La version hongkongaise, via Moni, donnait plutôt ça :

    « Je peux vous assurer que c’est le meilleur moment de venir à HK!!! Vous allez être impressionnés par notre occupation »

    Le plus simple était encore d’y aller et de nous faire notre propre opinion. En quelques mots, nous avons été subjugués. Ce qui se passe dans les rues de Hong Kong ne laisse pas indifférent. Ce qui se passe sous nos yeux nous touchent et mérite alors d’être retranscrit.

    manifestation à Hong Kong

    Nous passons un certain temps à marcher au milieu des tentes, à écouter les explications de Martin sur les symboles de cette manifestation et à observer la silencieuse micro-société qui s’est construite à l’intérieur même de la ville. Une volonté pacifique surplombe ces centaines de tentes. Les Hongkongais n’ont pas seulement bloqué des axes principaux de la ville (quartier amiralty, Mong Kok ainsi que l’entrée du gouvernement, ils ont créé leurs propres espaces de vie : une salle d’étude alimentée par des générateurs que des étudiants rechargent en pédalant sur des vélos, un jardin a remplacé un terre-plein de fleur, un lieu de ressources alimenté par les habitants de la ville, des lieux de soins aux premiers secours sont parsemés à chaque coin, une église a été installée et un coiffeur vient couper les cheveux gratuitement.

    micro société umbrella movement hong kong

    Nous sommes venus voir une manifestation, mais c’est une oeuvre d’art grandeur nature qui nous explose en pleine face.

    peinture mouvement des parapluies a hong kong

    Un mur entier est recouvert de post-it et de notes de soutien du monde entier, des peintures, des origamis, des clips en tournage et des caricatures fleurissent de tous les côtés. Les Hongkongais peuvent être fiers de ce qu’ils sont en train de réaliser.

    art manifestation hong kong

    Se battre pour une cause juste, c’est beau, mais combien de justes causes se sont retrouvées salies par des comportements de violence ou de blasphèmes? Ici ce n’est que calme et paix qui ressortent, avec pour seule défense des parapluies contre les gaz lacrymogènes. Évidemment et malheureusement, dans toutes manifestations, il y en a qui ne sont pas d’accord. C’est cette minorité qui sème le trouble et qui selon Martin et Moni est parfois même payée pour montrer une image violente de cette manifestation. La réalité est peut-être ailleurs, mais notre ressenti face à cet évènement restera une ambiance paisible pour revendiquer un droit acquis il y a quelques années déjà.

    Hong Kong manifestation

     

    Ces quelques clichés sont bien fades, comparées à la sensation que nous avons ressenti. Mais il était important pour nous de ne pas laisser ces images dans un ordinateur et s’éteindre nos émotions. C’est pourquoi nous les partageons aujourd’hui avec vous.

  • Visiter et se loger à Oulan-Bator

    Visiter et se loger à Oulan-Bator

    Après avoir traversé une bonne partie de la Russie en transsibérien et en transmongolien, notre voyage s’est terminé à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Elle reste bien souvent un passage obligé pour faire une demande de visa ou préparer la suite de son voyage.

    C’était une métropole mystérieuse à nos yeux dont nous étions curieux d’en explorer les moindre recoins.

    À peine arrivé, une horde de mongols nous ont accosté pour nous vendre leurs auberges et leurs tours. Il faisait chaud et bon, nous les avons évité du mieux que nous avons pu, avons récupéré une carte de la ville au passage et avons commencé à trouver notre chemin dans les rues de cette nouvelle ville qui s’offrait à nous.

    [su_box title= »Informations pratiques » box_color= »#0c97f0″]Un wifi est disponible gratuitement dans la gare[/su_box]

    Bien vite, les contrastes nous ont sauté aux yeux, cette ville encerclée de montagnes et perdue au milieu des steppes, déploie des airs américains aux allures excessives. De grandes marques à tous les coins de rues, de gros 4×4, des vêtements classes sont loin de ce qu’on peut imaginer des traditions mongoles. Pourtant, c’est bien Oulan-Bator qui se livre à vous, avec ses monastères perdus dans la banlieue, ses nouveaux quartiers riches, ses sculptures en hommage aux Beatles, ses yourtes insalubres qui s’étalent et commencent à recouvrir les montages alentours, son « department store » digne des grands magasins et ses Mongols ivres sur les trottoirs.

    Un étrange mélange qui donne un cocktail perturbant qu’a voulu mettre en valeur une photographe que nous avons croisé sur notre chemin. Si ça vous intéresse vous trouverez son travail d’ici peu ici.

    Ces contrastes baignent malheureusement dans un nuage de pollution : Oulan-Bator est la deuxième ville la plus polluée au monde selon l’OMS. Un constat alarmant que nous avons découvert une fois sur place. Nos poumons peu habitués, nous ont fait réalisé l’ampleur du phénomène. Oulan-Bator est la capitale la plus froide au monde avec des températures moyennes de -20°/-30° en hiver. Les yourtes traditionnelles se chauffent alors au charbon et une mère de 39 ans « dit ignorer pourquoi la ville est en permanence recouverte d’un épais brouillard, auquel elle n’a pas conscience de contribuer ». (¹)

    UB, comme les habitants l’appellent, s’étant de plus en plus sur les collines alentours, submergées par les nomades qui viennent s’installer, aidés financièrement par l’état. Elle abrite actuellement 1 million d’habitant environ (1/3 de la population en Mongolie) : un peuple souriant, accueillant et s’ouvrant au monde.

    Chacune de nos démarches ont été facilitées par cette volonté de nous aider, les passants dans les rues ont des regards curieux, mais bienveillants. Cette ville dégage une impression de bonne humeur et de sérénité générale, agréable à côtoyer.
    Mais faites attention, toutes ces qualités ne se retrouvent pas dans leur façon de conduire ou du moins ont-ils une façon différente de la montrer. Arrivant de la Russie, nous avons été surpris par les klaxons et leur manière d’accélérer lorsque nous traversons la route. Ne vous méprenez pas, il ne cherche pas à vous blesser, mais plutôt à vous avertir du danger. Ne les défiez pas, le piéton n’est pas roi ! Regardez des deux côtés et soyez prudent dès que vous êtes sur leur territoire.

    Même si Oulan-Bator n’est pas une ville magnifique à nos yeux, elle restera pour nous un bon souvenir : de très belles rencontres, des biscuits délicieux et bons marchés, des découvertes sur ce peuple bien loin de nous et de bons moments de glandage. Au total, nous y sommes restés presque 2 semaines, mais UB ne mérite pas autant de temps, nous avions surtout besoin de temps pour nos visas, puis de repos après notre expérience au ranch.

    Observer les passants, les manières de conduire et échanger avec les locaux ne seront pas vos seuls occupation à UB, voici une liste non exhaustive de ce que vous pourrez découvrir et/ou faire à UB si vous devez y rester quelques jours.

    Que faire à Oulan-Bator :

    La place Sükhbaatar

    Vous y trouverez le palais du gouvernement et la statue de Damdin Sükhbaatar. C’est le chef de la révolution communiste mongole qui a donné son indépendance à la Mongolie et son nom à la capitale. Oulan-Bator signifie « héros rouge » en mongol.

    la place Sükhbaatar a oulan bator mongolie

    Le black market

    Contrairement à ce que son nom indique, il n’a officiellement rien d’illégal. C’est un endroit caractéristique et atypique pour nous Européen. On y trouve absolument de tout : jouets, chaussures et vêtements de contre-façon, vaisselles, tissus, papier toilette… et j’en oublis.

    Nous n’avions pas planifié d’y aller, mais un fâcheux incident nous a obligé à nous y rendre en catastrophe : la plupart des auberges de jeunesse demande à ce qu’on laisse nos chaussures à l’entrée, un passant a dû trouver les chaussures de Guillaume à son goût et ne s’est pas privé pour les récupérer. C’est donc en tongs et énervés que nous sommes partis à l’assaut de la foule.
    Qui dit foule, dit pickpocket : gardez un oeil sur vos affaires

    Le monastère bouddhiste de Ganda

    Allez-y le matin, vous pourrez assister aux cérémonies bouddhistes.

    Un des monastère abrite un grand Boudha, représentatif de la culture Bouddhiste. L’entrée coûte 4000 tugriks et vous devrez rajouter quelques tugriks si vous souhaitez le prendre en photo.

    le monastère bouddhiste de Ganda a oulanbator

    Le musée d’histoire de la Mongolie

    Nous n’avons pas pris le temps d’y aller, mais nous avons eu de très bons échos de plusieurs voyageurs.

    Le spectacle traditionnel mongol

    Après plusieurs échos très positifs sur ce spectacle, nous avons été déçus de ne pouvoir y assister. Les représentations étaient malheureusement suspendues pour accueillir un orchestre mongol, pendant les 2 jours qu’il nous restait .

    Ils se produisent tous les soirs à 18h pour 12 000 tugriks. Un mélange de chants, de danse, d’acrobaties et de musique aux couleurs mongoles.

    Planter sa tente juste à l’extérieur d’Oulan-Bator

    Le camping sauvage est autorisé en Mongolie, vous pourrez acheter une tente au black market ou en loué une pour aller vous balader aux alentours d’UB et profiter de la vue sur la ville et d’un coucher de soleil.

    Préparer et organiser sa visite en Mongolie

    C’est souvent une des raisons pour laquelle le voyageur s’arrête plusieurs jours à Oulan-Bator. Toutes les auberges proposent des tours organisés pour des tarifs assez conséquent (aux alentours de 200 euros les 4-5 jours). Le plus avantageux consiste à réserver un VAN avec un chauffeur et un guide (pour 6 personnes environ) pour vous balader en Mongolie. Le tarif avoisinera les 10 euros par jour, nourriture comprise.

    Sinon il vous reste la solution de faire du WorkAway.

    louer un van pour découvrir la mongolie

    Où loger à Oulan-Bator

    Adepte de la dernière minute, nous nous sommes retrouvés à loger dans 4 auberges différentes en l’espace d’une semaine. Dans la période estivale nous vous conseillons donc de réserver votre auberge quelques jours avant. Si vous n’avez pas réservé, pas de panique, vous trouverez toujours des places, mais ça vous évitera de courir d’une auberge à une autre faute de place.

    Ce qui nous a particulièrement étonné, c’est de voir que toutes les auberges sont tenues par des familles, elles vivent sur place et ont dû s’ouvrir au monde avec l’arrivée du tourisme. En fonction des guesthouses, les mamans seront plus ou moins présentes et plus ou moins observatrices.

    Un petit résumé avec avantages et inconvénients des auberges testées.

    [tabgroup]

    [tab title= »Sunpath » id= »tab1″ class= »active »]

    Avantages :

    • prix comprenant un copieux petit-déjeuner
    • bons lits
    • chambre de 6 lits
    • l’ambiance
    • nombreux globe-trotteur

     

    Inconvénients :

    • loin du centre
    • la présence constante de la gérante

    Site internet

    [/tab]

    [tab title= »Reindeer » id= »tab2″]

    Avantages

    • dortoirs de 4 lits voire possibilité
    • d’avoir une chambre à deux lits pour le même prix
    • calme et silencieuse
    • proche de la gare
    • grande souplesse des gérants

     

    Inconvénients

    • petit-déjeuner pas toujours servi
    • personnel pas toujours présent
    • loin du centre-ville

    [/tab]

    [tab title= »Golden Gobi » id= »tab3″]

    Avantages

    • prix
    • en plein central
    • plaque tournante de globe-trotteur
    • bon petit-déjeuner

     

    Inconvénients

    • bruyant
    • présence constante des gérants qui donne une impression de surveillance

    [/tab]

    [tab title= »Lotus Guesthouse » id= »tab4″]

    Avantages

    • prix

     

    Inconvénients

    • excentré du centre
    • irrespect des clients « malpoli »
    • intérêt que dans l’argent
    • petite cuisine (du moins au premier étage)

    [/tab]

    [/tabgroup]

    Mise à part la dernière que nous vous déconseillons sans hésiter, les 3 autres guesthouses ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients. Les critères de choix dépendront surtout de vos besoins et de vos envies (recherche de treks, besoins de repos etc.)

    J’espère que cet article vous fera changer d’avis sur les quelques jours qu’y vous seront peut-être imposés à Oulan-Bator et que vous y construirez de bons souvenirs autant que nous ! Laissez nous vos avis et vos commentaires sur cette ville aux nombreux contrastes !

  • Transsibérien : conseils pour organiser son voyage

    Transsibérien : conseils pour organiser son voyage

    Prendre le transsibérien en été peut être une expérience inoubliable, voici donc quelques informations et conseils pour simplifier votre préparation et faire en sorte que votre voyage se passe dans les meilleures conditions possibles.

    Comprendre le transsibérien

    Wagon 3 eme classe transsiberien

    Le transsibérien est-il un train comme les autres ? Oui, à quelques exceptions près.

    Il se partage en 3 classes qui s’organisent toutes de la même manière :

    • 2 salles d’eau (avec toilette et lavabo)
    • un samovar (eau bouillante potable)
    • une cabine pour les provodnik (qui se traduit par conducteur, mais qui sont plus largement les responsables de chaque wagon). Ils sont deux par wagons, plus ou moins souriant, plus ou moins sympathique.

    Ce qui diffère sera l’organisation des cabines et des lits :

    La première et deuxième classe sont composées respectivement de cabines de 2 et 4 lits. Mais dans cet article nous nous intéresserons surtout à la 3e classe : qui correspond à des wagons dortoirs où 54 personnes se mélangent.

    C’est dans cette classe que nous avons choisie de voyager pour des raisons de budget, mais surtout car c’est celle qui propose le plus de contact avec la population locale.

    [su_heading size= »17″]Le transsibérien n’est pas un train de luxe et contrairement à nous occidentaux qui le prenons pour vivre une expérience, c’est un transport en commun des plus banals pour les Russes de classe moyenne.[/su_heading]

    Acheter ses tickets de transsibérien

    Passer par une agence

    Vous trouverez sur Internet plusieurs sites qui vous permettront de vous simplifier la tâche. Ils réserveront à votre place et répondrons à vos questions moyennement un supplément financier bien évidemment.

    Réserver sur Internet

    Lors des périodes estivales, je vous conseille de réserver vos billets. En plein mois d’août nous n’avons pas eu d’autres choix, nous souhaitions profiter des 12 petits jours que nous avions à passer en Russie. Effectivement, si vous ne souhaitez acheter pas sur place pendant cette période, prévoyez un planning souple qui vous permettent de décaler votre départ si nécessaire.

    Cliquez ici pour réserver

    Le site existe en russe et en anglais, simple d’utilisation, il vous permettra de recevoir votre ticket par mail que vous imprimerez pour l’entrée dans le train.

    Sachez que si vous ne trouvez plus de place sur le site anglais, cela ne veut pas dire que le train est complet, les places sont disponibles sur la partie russe du site. Nous avons été surpris de ne trouver aucune place sur la version anglaise, apeuré, c’est Anna une amie russe qui nous a sauvé la mise en nous aidant à réserver sur la version russe. Dans le même cas que nous, google translate peut alors se révéler votre meilleur atout.

    Acheter sur place

    Si vous prenez vos billets au guichet, soyez averti que les employés ne parlent pas un mot d’anglais. Donc soit votre russe vous permet de vous en sortir en toute autonomie, sinon prévoyez d’avoir une note écrite avec toutes les informations récoltées au préalable (numéro du train, heure du train et éventuellement l’emplacement des couchettes que vous aurez repérées sur le site cité ci-dessus).

    Tous les horaires de train sont à l’heure de Moscou, malgré les 5 fuseaux horaires traversés ne vous étonnez donc pas des heures indiquées sur vos billets et faites attention pour prendre votre train si vous n’êtes pas à Moscou.

    Lors de l’achat de votre ticket, je vous conseille de  payer vos draps à l’avance, car comme au guichet, les provodnik ne parlent pas plus anglais. Vous aurez le droit à un matelas, 2 draps, un oreiller, une taie d’oreiller et une petite serviette.

    Tarif : nous avons payé 130 euros par personne en pleine saison (draps inclus) pour faire Moscow → Irkoutsk

    Choix des compartiments et des couchettes

    Ayant réservé trop tard (pourtant un mois à l’avance), nous n’avons pu choisir complètement nos places. Mais si vous avez le choix, voici nos conseils :

    Préférez généralement un compartiment au milieu du wagon ou proche du contrôleur : ils seront plus propres et surtout à l’écart des odeurs des toilettes et des portes battantes.

    1. Si vous êtes seul, il y a deux options :
      • La couchette du bas : qui vous permettra d’être plus autonome et vous pourrez ranger vos sacs sous votre couchette (moins accessible), mais votre voisin du dessus devra s’asseoir sur votre lit dans la journée.
      • La couchette du haut, plus aérée, mais qui vous contraindra à rester allongé lorsque votre voisin souhaitera se coucher. Cela variera selon votre manière de voyager (si vous aimez passer du temps allongé pour lire, dormir ou regarder un film…) et selon la flexibilité de vos compagnons de route. Nos voisins de cabine étaient vraiment adorables et nous laissaient toujours un espace pour s’asseoir, même quand ils avaient besoin de se reposer.
    • Si vous êtes deux, prenez en priorité une couchette en bas et une en haut ce qui vous permettra d’être complètement autonome et de profiter de tous les avantages des 2 couchettes.

    Je vous déconseille de prendre les couchettes parallèles à la fenêtre (même en binôme), vous serez dans le passage, devrez refaire votre lit tous les soirs pour que la personne face à vous puisse s’asseoir et petit détail important en été, les fenêtres ne s’ouvrent pas.

    Alimentation et boisson

    samovar dans le transsibérienIl est très étonnant quand on arrive dans le transsibérien de voir que les voyageurs russes ont pris un bon garde manger.

    Vous trouverez de l’eau chaude à volonté à bord, grâce au samovar. Je vous conseille de prendre principalement de la nourriture lyophilisée (pâtes ou soupes), quelques fruits, de l’eau et surtout du thé ou du café.

    Après ne vous privez de rien, certains emmènent du lait, du chocolat, du saucisson pour le petit-déjeuner, des biscuits, du pain, de la confiture… Vous aurez de toute façon l’occasion de faire quelques achats sur un des nombreux arrêts sur la route : fruits, légumes, mets locaux (poisson séché, beignets de viande frits) à vous de tester. La dernière option reste celle du wagon restaurant.

    À bord, on vous fournira des tasses et des cuillères russes qui donneront tout le charme à vos thés et cafés, mais une gamelle et une fourchette restent nécessaire pour préparer vos repas.

    Les Russes sont généreux, ils donnent facilement une part de leur repas, des fruits ou de quoi boire. Prévoyez donc de quoi leur rendre la pareil.

    Évitez l’alcool qui est interdit dans le train. Nous n’en avons pas vu l’ombre d’une bouteille malgré tout ce qu’on avait lu sur Internet.

    Toilettes et douches

    toilettes dans le transsibérien 3 eme classeIl y a donc deux salles d’eau comprenant chacune une toilette et un lavabo pour un wagon qui se trouvent à chaque extrémité. Ils sont exigus et sales. Ils semblent que cela dépend des chefs de cabine, pour nous, celui proche de leur cabine étaient effectivement bien plus propre que celui à l’autre extrémité.

    Vous ne trouverez aucune douche.

    Comme tout backpackers, vous aurez bien évidemment du papier toilette dans vos réserves, ce qui vous sauvera de la pénurie qui arrive parfois.

    Faites attention, les toilettes sont fermées environ 20 à 30 min avant l’arrivée en gare et après la sortie. Prenez donc vos précautions.

    Communication

    Très peu de Russes parlent anglais, je vous conseille donc de partir avec un petit dictionnaire ou un traducteur : google traduction en mode offline ou traducteur de voyage application android (payante). Des photos de notre famille et de notre voyage leur ont beaucoup plus.

    Cela vous permettra d’échanger avec vos voisins, si comme nous vous êtes les seuls étrangers du wagon.

    Sécurité

    Nous n’avons jamais eu de sentiments d’insécurité, mais plutôt un sentiment de cocon. N’en restez pas moins vigilant pour autant.

    Placez les sacs aux endroits les plus difficiles à atteindre, utilisez vos cadenas voire une sangle pour les attacher et gardez vos papier sur vous.

    Arrêts dans les gares

    horaires des arrêts dans les gares du transsiberienÀ l’entrée du wagon vous trouverez un panneau d’affichage avec tous les arrêts en russe et en anglais avec l’heure de départ, l’heure d’arrivée et le temps passé dans chaque arrêt : ce qui peut s’avérer utile dans certaines gares. Les horaires sont totalement respectés, sur une distance comme celle là on est loin des performances atypiques de la SNCF.
    [clear]

    Chargement des téléphones et autres appareils électroniques

    Dans notre train, nous avons trouvé 1 prise à chaque extrémité, plus une prise dans les toilettes (220V ce qui correspond à notre voltage français), certains laissent des multiprises à disposition, si vous en avez une en votre possession vous pourrez vous faire des amis. Chocho a réussi par ce subterfuge à amadouer notre jeune voisin militaire. Certains ont même les rallonges qui traînent dans les couloirs pour charger depuis leur couchette. Je ne vous dis pas comme ils ont monopolisé les prises.

    Voici toutes les informations que nous avons glanées à droite à gauche. J’espère qu’elles vous permettront de vous lancer sans hésiter dans l’aventure et si vous vivez cette expérience à travers la Russie venez nous faire part de vos expériences !

    [source image]

  • Irkoutsk et la région du lac Baïkal

    Irkoutsk et la région du lac Baïkal

    Un visa de 12 jours en Russie a été source d’un grand nombre de frustrations et l’ile d’Olkhon en fait partie. Tout voyageur doit apprendre à faire des choix, accepter de ne pas tout voir et j’imagine que cette frustration n’est que le début d’une longue série pour nous. En tout cas, cela ne nous a absolument pas empêché de profiter de notre séjour en seulement 4 petits jours.

    Irkoutsk

    La gare de face d Irkutsk
    Quel bonheur de croiser un visage connu : nous avons eu le plaisir de retrouver Anna, une amie d’origine russe qui habite actuellement en France et qui était rentrée dans sa famille pour des vacances. Nous en profitons pour la remercier pour ses sourires et pour son aide. Elle n’a fait qu’accentuer ce sentiment de générosité que nous avons ressenti auprès du peuple russe.

    Concernant Irkoutsk à proprement parler, une des villes les plus grandes de Sibérie, nous ne savons pas vraiment comment la définir. Peut-être comme une ville hors du temps à nos yeux. C’est un mélange de vieilles maisons en bois délabrées (les isbas) qui tiennent tête à des bâtiments aux couleurs vives : des bleus, des verts et des jaunes somptueux, reflétant une architecture variée.

    irkoutsk en russie

    Irkoutsk se visite selon nous en une journée, le plus important se trouve aux environs du lac Baïkal et/ou sur l’ile d’Olkhon.

    Nous avions planifié d’y rester 3/4 nuits avec l’idée de nous rendre sur les rives du lac. Mais c’est sans compter sur la rencontre avec d’autres voyageurs et sur les recommandations d’Anna qui nous ont conseillé d’aller sur l’ile. Malgré le peu de temps passé nous n’avons aucun regret.

    Où loger à Irkoutsk :

    Nous avons dormi à « Balaïkala » (auberge de jeunesse).
    Elle se situe proche de la gare et elle n’est pas trop loin du centre-ville (20 min à pied).
    Elle est clean et spacieuse, le personnel est aidant et sympathique.
    Vous n’aurez pas de petit déjeuner, mais il y a des pâtes, du riz et du thé à disposition.
    Nous y avons croisé beaucoup de français, ce qui apparemment est très commun dans cette région.

    Le Lac Baïkal et l’ile d’Olkhon :

    vue du lac baikal sur l ile olkhon

    Le lac détient deux recors du monde : la plus grande réserve d’eau douce à l’état liquide (environ 23 500 km3) et l’un des plus hauts points culminants d’une île au-dessus d’un lac (816m au-dessus des eaux du lac).

    Consacrez-y trois-quatre nuits minimums pour profiter de l’eau transparente, du soleil s’il est au rendez-vous, des paysages variés (sur une superficie d’environ 730 m²), pour flâner le long des plages et pour escalader le rocher du chaman.

    drapeau de priere rocher du chaman ile d Olkhon« Dans les mythes et les légendes bouriates, Olkhon est l’habitat des esprits terribles du Baïkal ; selon les légendes le Khan Hoto Babai est descendu du ciel sur l’ile d’Olkhon, envoyé sur la Terre par les dieux supérieurs où il vit sous l’aspect d’un aigle royal à tête blonde. Son fils le Khan Houbou Noion est le premier homme à être devenu un chaman. Depuis, l’île d’Olkhon est considérée comme le centre sacré du monde des chamans du nord, et le centre suprême est représenté par le rocher des chamans. Les corps des chamans y étaient autrefois brûlés. » source : Wikipedia

    Aline sur île d'Olkhon

    Les plages sont agréables mais malheureusement à cette période de l’année elles sont parsemées de touristes qui envahissent l’espace avec leurs tentes et leurs voitures. Cela ne gâche en rien la transparence de l’eau et sa froideur ;) Nous avons réussi à nous y baigner quelques minutes même si le soleil ne nous a pas honoré de sa présence ce jour-là.

    Se rendre sur l’île :

    bac pour aller sur l'ile d'OlkhonAller :

    1) (le plus simple) Depuis votre auberge, ils vous réservent un minibus pour 800 roubles (15 euros) qui vous prendra à l’hôtel et vous déposera sur votre lieu de réservation (option que nous avons prise, mais si c’était à refaire nous prendrions la deuxième option)
    2) (la plus économique) Prendre un bus en face de la gare routière (départ tous les jours de 10h à 13h) pour environ 600 roubles qui vous déposera au plus grand village : Khoujir.

    Prévoyez du temps pour aller sur l’île, il nous a fallu 10h pour arriver jusqu’à notre lieu de résidence. (Comptez 2h pour aller jusqu’au bac, 4h d’attente pour les bateaux de voitures (les bus étant heureusement prioritaires), et une autre heure pour atteindre Khoujir.

    Retour :

    1) comme pour l’aller vous avez la possibilité d’organiser le retour par votre auberge
    2) celle que nous avons prise cette fois : un minibus pour 700 roubles qui nous a déposé à côté du marché d’Irkoutsk (en centre-ville)
    3) possibilité de prendre un bus à 600 roubles qui vous dépose à la gare routière, le choix entre ces 2 possibilités dépendra surtout du lieu de votre auberge

    Le retour a été bien plus rapide : entre 1h30 et 2h.

    Où loger :

    L’île est très touristique, vous y trouverez tout type d’hébergement à différents tarifs :

    • Hotel
    • Auberge de jeunesse : Nikita hostel ou Olga’s hostel dont nous avons eu de très bons retours de backpackers

    Mais nous vous conseillons clairement une des deux autres options :

    • Camping : laissez-vous tenter par le camping sauvage, si vous avez une tente, des endroits sympathiques s’offriront à vous pour la nuit. Si nécessaire, vous pourrez louer du matériel dans votre auberge à Irkoutsk avant de partir car il semble qu’il soit plus compliqué d’en louer sur l’île.

    camping sur l'île d'Olkhon sur le lac baïkal

    • Couchsurfing (option que nous avons retenue) :
      Rendez-vous dans cette petite maison au pied de l’église qui renferme une quinzaine de lits réservés pour les voyageurs comme vous et nous. La page de présentation de Serguey, l’hôte de ces lieux était un roman rempli de compliments qui ne peuvent laisser indifférent et qui a tout naturellement attiré notre attention.
      La réponse de Serguey, était courte et directe: “Venez, nous verrons une fois sur place ce qui se passera.” Nous y sommes donc allés et nous avons vu.

    Philoxenia, comme il l’appelle est un endroit unique de rencontre et d’échanges.
    « L’enfer c’est les autres » selon Sartres mais pour Serguey « sans l’autre on ne fait rien” : un des projets actuels consiste (avec l’aide d’une subvention qu’il a reçue), à construire une maison dont le but final n’est pas encore défini : un espace pour les voyageurs, une école pour les enfants ou un accueil pour les nécessiteux. Chaque voyageur apporte ainsi son aide de la manière dont il le souhaite. Nous avons ainsi déplacé quelques planches et contribuer à la pose du plancher.

    Serguey, le sonneur de cloches de cette île, reflète la générosité que nous avons rencontrée dans ce pays.
    Il nous a convié à partager un verre de vin et de cognac, autour d’un feu allumé pour des pèlerins. Ils ont alors entamé des chants russes et j’ai découvert à quel point le russe est une langue magnifique chantée par de si belles voix.

    couchsurfig sonneur de cloche sur l'ile d'Olkhon

    Un mois après notre passage, nous avons croisé une voyageuse qui nous a donné des nouvelles de Serguey et de l’avancée des travaux. Donc si vous choisissez de faire un détour par Philoxenia, surtout donnez-nous des nouvelles !

  • Que faire à Moscou en un weekend ?

    Que faire à Moscou en un weekend ?

    Une fois notre visa russe en poche, nous avons rendez-vous avec Moscou, la première ville de notre itinéraire. Un logement, un métro et nous pouvons profiter de cette ville aux nombreux charmes.

    Logement

    Nous n’avons pas d’adresse à vous proposer car nous avons eu plusieurs réponses positives en très peu de demandes par le biais de Couchsurfing. Même si la plupart des hébergements que nous avons regardés étaient loin du centre et ne proposaient que rarement des chambres séparées, cela nous a donné l’occasion de rencontrer un merveilleux couple Alex et Lyubov. Ils nous ont permis de voir Moscou à travers leurs yeux, de nous faire partager des plats locaux du quotidien et d’échanger sur nos différentes cultures.

    Se déplacer à Moscou

    La beauté des métros à moscou
    Le métro de Moscou est le plus fréquenté du monde, il descend à plus de 100m en dessous du sol. Ses galeries aussi appelées « palais souterrain » contiennent de nombreux ornements de l’art de l’époque du réalisme socialiste et il nous a permis de combler l’attente des rames de métro.

    vue du métro de moscouNous n’avons utilisé que ce moyen de transport pour nous déplacer dans cette immense ville, chaque station est différente et donne une impression de musée. Le métro reste sans aucun doute le moyen le plus économique et le plus simple pour se déplacer. Même avec son langage indescriptible pour nous français et une signalisation si différente de la nôtre, les directions sont indiquées sur des panneaux blancs et les noms des stations sont sur les murs de l’autre côté des rails.

    Les noms des arrêts sont écrits en anglais dans la rame de métro, mais pas dans la station, ne pas oublier de prendre un plan avec les arrêts en Russe. Personnellement nous l’avons pris en photo.

    Tarif /horaire

    Le métro est ouvert de 6h à 1h du matin.

    Les tickets se vendent à l’unité ou par carte, sachant que plus vous en achetez plus vous économisez :

    • 1 ticket → 40 roubles
    • 11 tickets → 300 roubles ( 27 roubles/unité)
    • 60 tickets → 1200 roubles (20 roubles/unité)

    Divers

    • Nuisance sonore : Le métro fait un bruit épouvantable et il n’est pas rare d’observer des locaux se boucher les oreilles ou même porter un équipement tel que des boules Quiès.
    • Le wifi y est disponible, même si depuis le 07 août, il vous faudra décliner votre identité pour vous y connecter.

    Toutes les informations concernant le métro sont sur ce site en anglais : http://engl.mosmetro.ru

    Visiter Moscou

    Contre toute attente, Moscou nous a réservé de jolies surprises. À la base, elle n’était pas dans notre planning qu’une ville de passage et nous n’y avions planifié qu’un petit budget. Les quelques visites ainsi que les échanges avec Alex et Lyubov nous ont laissé une trace inoubliable de cette ville démesurée et étonnante.

    Voici une liste non exhaustive de sites et de photos qui reflète notre propre visite pendant ces 2 jours.

    L’office du tourisme se trouve à l’intérieur du musée historique d’état. Sans information, il est difficilement repérable. Finalement, la carte proposée par la ville ne nous a pas vraiment servie car elle n’était pas assez détaillée. Au final, nous avons utilisé l’application : « Moscou city guide ».

    Notre première impression de Moscou en sortant du métro : fût « Que c’est grand ! », pas de passage piéton, on trouve des souterrains pour traverser les routes de six voies (plutôt intelligent non?). Surement pas la dernière grande ville que nous traverserons pendant notre périple mais c’est sans aucun doute la première.

    Nous avons marché une vingtaine de kilomètres la première journée, perturbés par les notions de distance bien différente de notre ville de Bordeaux. Une visite partagée en deux parties, tout d’abord, nous avons fait les lieux touristiques puis nous avons suivi Lyubov pour des lieux moins connus.

    Le Kremlin

    Il correspond à la citadelle de la ville qui est la plus connue par ses murs rouges. Il représente une ville dans la ville composée de palais, d’église, de la place rouge et de cathédrales. Il forme aujourd’hui le centre politique de la fédération de Russie.

    le kremlin a moscou

    La place rouge

    Elle est composée des galeries marchandes, du musée historique d’état et de la cathédrale Saint Basile (symbole de l’architecture traditionnelle)la Place Rouge à Moscou

    Fontaines du jardin d’Alexandre II

    Non loin du Kremlin, on trouve les fontaines du jardin d’Alexandre II, probablement les premiers jardins publics de Moscou.la fontaine alexandre II à moscou

    La cathédrale du christ-sauveur

    C’est l’église cathédrale de Moscou.La cathedrale du Christ Sauveur

    La bibliothèque d’État de Russie

    Elle est la plus grande du pays, mais aussi l’une des plus grandes du monde.

    La-bibliothèque-d-Etat-de-Russie

    Tsaritsyno

    C’est le palais néogothique le plus grand d’Europe. Il a été inauguré en 2007 et il est devenu un haut lieu de promenade pour les Moscovites et ses visiteurs. Nous avons apprécié nous promener quelques heures, flâner à l’ombre des arbres au bord de l’eau et à observer les nombreux couples de mariés venus pour leur séance de photos.

    Le parc Tsaritsino à Moscou

    Couvent Novodievitchy

    Site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, son nom signifie la « nouvelle vierge ».

    Le Couvent Novodievitchy à Moscou

    Une promenade le long du fleuve

    nous a permis d’apercevoir des jeunes qui font des acrobaties sur les barrières le long du fleuve Moskova ainsi que d’autres en haut d’un des ponts. J’imagine que c’est interdit, mais Lyubov nous raconte qu’elle n’était pas rassurée mais plutôt fière de l’avoir fait avec Alex, son compagnon. Je souris car je ne l’imaginais pas faire ce genre de choses. [clear]
    Une-promenade-le-long-du-fleuve-Moskova

    Le parc et le musée de l’écrivain Mikhaïl Boulgakov

    Lyubov nous a aussi fait visiter le parc et le musée de l’écrivain Mikhaïl Boulgakov.

    Si vous êtes intéressé par une de ses œuvres : la plus connue est : « cœur de chien » critique satirique fantastique pendant une époque totalitaire et tragique.

    Le parc Mikhaïl Boulgakov

    Le Parc Central de Culture et de Détente

    C’est un parc d’attractions au sein même de la ville, plus connu sous le nom de Parc Gorki, du nom de l’écrivain russe Maxime Gorki.

    Un wifi est disponible gratuitement ainsi que des toilettes propres et de l’eau potable (fait non négligeable, car c’est le seul endroit en ville où nous en avons croisé).

    Nous avons été complètement charmé par l’ambiance de ce parc où petits et grands se mélangent pour jouer à la pétanque, aux boules, au ping-pong, travailler sur leurs ordinateurs, ou faire une promenade en barque. L’hiver le lac cède sa place à une patinoire plein air, cela doit être magnifique et nous donne une raison de plus de revenir sous un manteau de neige.

    Le parc Gorki à Moscou russie

    Après toutes ces visites, nous repartons de Moscou avec une impression de grandeur étonnante, le sentiment que nous ne pouvions espérer meilleur accueil et l’intime conviction que nous sommes sur le bon chemin.

  • Conseils pour obtenir son visa pour la Russie

    Conseils pour obtenir son visa pour la Russie

    La première des choses pour visiter la Russie est d’obtenir le visa qui vous permettra de poser les pieds sur le territoire. En rajoutant la Russie à la dernière minute dans notre planification, nous n’avions pas idée dans quoi nous nous embarquions. Nous vous livrons ici quelques conseils pour vous aider à passer plus sereinement ces formalités.

    Obtenir son visa depuis la France

    L’obtention du visa russe peut s’avérer un vrai casse-tête en France et peut coûter très cher. Si votre voyage vous le permet, faites le depuis un pays frontalier (la Pologne ou la Mongolie, nous avons eu plusieurs retours de backpackers dont les démarches n’ont été qu’une formalité et qui ont payé bien moins cher).

    Mais si comme nous, vous partez depuis la France, voici ce que vous avez besoin de savoir.

    Deux possibilités s’offrent à vous :

    • aller aux ambassades : Paris, Marseille, Strasbourg
    • ou passer par une agence qui s’occupera plus ou moins de tout en fonction de la formule que vous choisirez.

    À mon avis, à la période où nous avons demandé nos visas, ils étaient distribués au compte-gouttes et après lecture de certains blogs, plusieurs demandes avaient été refusés pour diverses raisons plus ou moins obscures. Nous avons donc fait le choix de passer par une agence, certes plus cher, mais en tout cas plus sûr.

    Nous avons profité d’un aller-retour à la capitale pour voir la famille d’Aline et déposer les papiers en main propre à l’agence (ce qui nous a permis d’avoir la certitude que notre dossier était complet et d’éviter des envois et des frais inutiles).

    Nous n’avons absolument pas regretté notre choix, l’agence a vérifié tous nos papiers, nous a conseillé sur le choix de l’assurance et en 12 jours ouvrés notre visa était à disposition comme indiqué sur leur site.

    De plus, nous leur avons demandé de mettre nos visas de côté une fois arrivé, ce qui nous a permis d’économiser les frais d’envois. Nous les avons récupérés juste avant de prendre notre vol au départ de Paris.

    Papiers nécessaires :

    • 2 photos d’identité avec fond clair
    • un passeport signé avec 2 pages disponibles face à face (valide 6 mois après la sortie du territoire russe) et en bon état.
    • 1 photocopie du passeport
    • un formulaire rempli, disponible sur le net à cette adresse
    • une assurance nominative et signée après impression, elle doit couvrir les dates exactes de votre séjour (ou éventuellement plus large)
    • un voucher : document prouvant que vous avez logé bien à l’hôtel ou dans une auberge.
      • Il vous sera fourni dès votre réservation
      • Si comme nous, vous dormez chez l’habitant, vous pourrez le payer en ligne par le biais d’une agence
      • Si vous avez des connaissances ou de la famille en Russie, il sera toujours possible de leur demander, mais cela leur demande une implication personnel car ils devront se déplacer et faire une demande officielle.

    Tarif en passant par rapide visa :

    150 euros au total

    • Frais d’ambassade : 61 euros
    • Voucher : 30 euros (pour 12 jours), il semble qu’à ce jour il ne propose plus de l’acheter en ligne. Vous devrez vous le fournir ailleurs.
    • Commission rapide visa : 59 euros (actuellement 10 euros de réduction)

    Malheureusement nous avons dû prendre un visa de 12 jours et notre visa d’un mois a donc été raccourci à 12 jours aussi…

    Après quelques moments de stress et un peu de patiente, un beau visa russe fait maintenant partie intégrante de notre passeport. Le premier d’une longue série qui nous donne le droit de commencer notre expérience en transsibérien.

  • Le transsibérien : un voyage à travers la Russie

    Le transsibérien : un voyage à travers la Russie

    [su_heading size= »20″]72h de voyage, 5185 km, 92 arrêts et 5 fuseaux horaires.[/su_heading]

    Le départ et la panique

    Lyubov notre hôte couchsurfing à moscouLyubov, notre hôte si généreuse nous accompagne jusqu’à la gare et nous fait gagner un temps précieux, même si le métro est bien le plus simple des transports en commun à comprendre, il n’en reste pas moins que le sens de circulation et les directions prennent du temps à être décrypter dans des signaux incompréhensibles, bien loin de notre bonne vieille langue française.
    Nous arrivons donc 30 min à l’avance sur le quai de la gare, sous une chaleur étouffante, après avoir marché à une allure qui m’est difficilement supportable avec mes 13 kg sur le dos.
    Lyubvov nous accompagne sur le quai, des centaines de personne s’accumulent devant les portes avec d’énormes bagages ainsi que des sacs et des cartons remplis de nourriture pour le voyage.

    le transsiberien en gare de moscou
    L’espace est réduit, 54 personnes par wagon. La chaleur est épouvantable, tout le monde dégouline de sueur et l’odeur imprègne déjà les wagons. C’est à ce moment précis que la panique me prend, ainsi qu’une haine symbolique pour Chocho : « rappelle moi pourquoi nous prenons le transsibérien déjà ? »
    couloir de la 3eme classe dans le transsiberien

    « Pourquoi prendre le transsibérien et surtout pourquoi en 3e classe ? »

    Une idée qui peut sembler étrange aux locaux qui utilisent ce moyen de transport pour des raisons de budget et qui dès que les finances le leurs permettent sautent dans le premier avion. Prendre le transsibérien pour la découverte et le plaisir? Quel plaisir peut-on trouver à s’enfermer dans ces quelques mètres carrés, à moitié entassé, les uns sur les autres ?
    Le transsibérien est un train mythique connu dans le monde entier, renfermant une façon de vivre à part entière, cela nous semblait donc une expérience unique.

    N’est-ce pas ce qu’on recherche quand on part faire un tour du monde? Découvrir les habitudes de la population dans son quotidien ?

    De plus, Guillaume rêvait de la Mongolie, cela faisait donc partie des pays incontournables sur notre trajet. Nous avions 2 possibilités pour arriver jusque là-bas. Faire un saut de puce pour atterrir directement à Pékin, ou alors prendre la solution la moins chère, la plus longue, mais aussi la plus enrichissante. Celle qui permet de s’acclimater au fur et à mesure, de voir changer les paysages, les cultures et les visages.
    C’est donc avec ces idées en tête que nous arrivons sur le quai.

    La découverte et la surprise

    La chaleur est tellement insoutenable, que je me dis que ce voyage va être un vrai calvaire, c’est bien ce que nous avait confirmé nos hôtes russes… Pourtant, nous sommes dans le train prêt à partir. Nous prenons donc place sur nos couchettes, posons nos sacs en hauteur, regardons peu à peu monter nos
    futurs compagnons de route, pendant ces 4 jours de voyage.
    Nous n’entendons que du russe : ce voyage s’annonce définitivement comme un calvaire…

    chocho dans le compartiment 3eme classe du trans siberienPuis peu à peu les choses changent, le train démarre doucement très doucement, dur à tirer tant de wagons chargés, les passagers s’installent patiemment, la nourriture d’un côté, les boissons de l’autre, la plupart troquent leurs vêtements de villes contre des tenues confortables, les tongs sont alors de rigueur. Dans le train se mêlent tous les âges, des plus jeunes aux plus âgées.
    Le wagon se partage en plusieurs compartiments dotés de 6 couchettes chacun, ils sont séparés par de fines cloisons mais l’ensemble du wagon est ouvert.

    [clear]

    Chaque compartiment ressemble à une maison aménagée. L’allée centrale nous rappelle la rue d’un petit village où l’on observe de façon éphémère la vie des habitants à travers les fenêtres.

    Nos premiers échangent avec nos voisins commencent : ce périple ne s’annonce peut-être pas si mal que ça !

    nos hotes rencontrés dans le transsiberien en 3e classeNous voyageons entouré de Tatiana, une soixantaine d’années et de Virginia, jeune maman d’une petite fille de 12 ans dont elle sera fière de nous montrer les photos quelques heures plus tard. Tatiana parlent quelques mots d’anglais, mais son bavardage est constant et nous permet d’échanger des banalités et de rire régulièrement. Je pense que nous avons rencontré la personne la plus bavarde du train, elle s’installe à toutes les couchettes, fait connaissance et subjugue même notre jeune Virginia qui semble plus timide. Tatiana est asthmatique et semble avoir des problèmes cardiaques, ce qui nous vaudra la montée d’un médecin dans le train pour s’occuper d’elle. Mais rien de grave. Le voyage peut continuer.

    Les heures défilent doucement, notre 3e colocataire pleure depuis le départ du train… elle dormira quasiment pendant 2 jours, avant de commencer à tourner le regard vers les habitants de notre wagon et à initier quelques bavardages. Nous avons misé sur une rupture amoureuse: le téléphone qui insiste pendant plus d’une heure et auquel elle refuse de répondre nous mettra la puce à l’oreille. Notre dernier colocataire, est un jeune homme qui passe la plupart de son temps dans le compartiment voisin avec 2 autres jeunes de son âge. Ils passent la plupart de leur temps à nous fixer avec insistance. Nous évitons leurs regards, ils finiront bien par se lasser.

    aline dans la couchette du haut transsiberienLe bruit du train sur les rails nous berce doucement et la première nuit passe, je ne sais déjà plus quel jour nous sommes et l’heure qu’il est. Je me repère à la nuit qui tombe, à l’heure de Moscou affichée dans toutes les gares alors qu’on change de fuseaux horaires et parfois aux gens autour de nous.

    Tout le monde commence à manger à des heures différées, chacun dort à son propre rythme et fait généralement la sieste, surement plus pour passer le temps que par un réel besoin de sommeil.

    pause sport pendant un arrêt du transsiberienChaque arrêt est une bouffée d’air frais et le moyen de se dégourdir les jambes autrement qu’en se contorsionnant dans l’allée. Chacun profite de cet instant pour marcher, fumer acheter quelques fruits et boissons fraiches et parfois même pour faire un peu de sport (moi y compris, entraînée par notre amie Tatiana).

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    L’habituation et le quotidien

    La vie suit son cours entre lecture, repas, thé, films et discussions. Chacun passe le temps à sa façon. Les échanges au départ timides et discrets commencent à prendre une autre ampleur.

    Un petit village commence à se former dans le wagon n°10 070SA du transsibérien en direction de Tchita.

    Nous apprenons à travers divers signes et en lisant entre les lignes d’un traducteur peu compétent que Tatiana n’a pas d’enfant, elle est institutrice de biologie et elle est devenue croyante après avoir survécu à une attaque de loups lors d’un voyage scolaire à la montagne avec 17 de ses élèves. Plus précisément elle est témoin de Jéhovah. À la retraite, elle parcourt la moitié du pays pour rendre visite à des amis.
    Un des regards insistants appartient à un jeune militaire, il va passer ses vacances au lac Baïkal, il partagera quelques vidéos de saut en parachute avec Guillaume et lui fera comprendre qu’Alizée est super avec un pouce en l’air et un grand sourire, avant de reprendre sa place, limité par la barrière de la langue. Le 2ème s’appelle Yvan et il est papa d’une petite fille de 10 mois (soyez sûr qu’on ne l’aurait jamais imaginé). Le troisième plus distant restera un pur inconnu à nos yeux. Nous finirons par déduire qu’ils ne nous observent que pour passer le temps. Notre femme au coeur brisé fini par se réveiller et partager quelques mots avec notre bavarde Tatiana.

    les pâtes lyophilisées dans le transsibérienLes pâtes lyophilisées remplacent les Tupperware de nourriture fraiche, les achats dans les gares se font de plus en plus nombreux.
    Tatarskaia, un arrêt comme tous les autres mais une odeur qui embaume tout le quai : celui du poisson séché vendu à l’arraché par des femmes d’un certain âge. J’observe nos lointains voisins décortiquer et dépiauter leurs achats de la mer : met local dont l’odeur imprègnera notre wagon jusqu’à l’arrêt final.
    La plupart des repas sont partagés, les regards, les sourires ainsi que les jeux le sont tout autant et notre petit village s’agrandit de jour en jour. Je fais la connaissance de nos voisines de pallier, qui étonnamment sont des baroudeurs en herbe, comment ne pas les avoir remarqué avant? Nous n’avons plus le monopole des étrangers dans notre wagon. Yasmine, jeune étudiante de Corée du sud a décidé de dépenser sa bourse obtenue de ses excellentes notes dans un voyage 3 mois en Europe/Russie/Mongolie/Chine. Elle est accompagnée de deux de ses amies. 
Pourquoi voyage-t-elle? Car c’est un moyen pour elle de trouver le bonheur, mais il semble que ce ne soit pas si simple et que finalement ce nouveau voyage lui permettra peut-être de comprendre quel est le but réel d’un voyage.

    Nous voyons nos deux chefs de wagons qui se relaient à tour de rôle pour accueillir les nouveaux voyageurs, donner les draps, nettoyer le wagon, vendre quelques friandises, fermer et ouvrir les toilettes, signaler le départ du train à chaque arrêt. Tous deux blottis dans 2 cabines de 2m carrés chacune.
    Dans certaines gares, un technicien passe sous chaque wagon pour taper au marteau certaines parties: « ting, tong, bling » : il semble vérifier l’état de notre train au son de la cuirasse.
    Nous ne parlerons pas des deux seules toilettes sales et sordides d’un mètre carré environ où nous devons faire notre toilette, se changer et tout le reste. Mais nous sommes agréablement surpris de voir que tout le monde est respectueux et elles sont rarement occupées très longtemps.

    Arrivée en gare de Taïga et premiers au revoir, Yvan et son ami quitte le navire, de nouveaux visages pointent le bout de leur nez, on observe des regards discrets et des gestes timides face à nos habitudes déjà bien rodées fort de ces 3 jours passés. Quelques échanges de photos : j’explique que nous faisons le tour du monde en 1 an par l’intermédiaire de notre carte et je montre ma famille en mixant des mots anglais et quelques mots russes. Notre « coeur brisé » se joint à nous pour l’attraction du moment.

    Puis nous partageons un moment musical, Tatiana nous fait découvrir une comptine d’enfant. Nous jouons sur les mots et les prononciations de chaque langue, nous rions des intonations et des gestes de notre Tatiana. Un pur moment d’échange. 3 Mongols font partis du village et retournent dans leur pays natal : ils parlent un peu anglais, mais leur accent est à couper au couteau. Nous n’échangerons pas beaucoup plus.

    Les au revoir et la tristesse

    Le temps file finalement à tout allure et se décale, nous sommes maintenant à plus de 5h de différence avec la France et je m’étonne déjà de m’attrister de quitter ce nouveau logis et ces visages désormais amicaux avec qui on a partagé nos repas, nos souvenirs, des moments de rires, nos banquettes et nos nuits. Ville d’Angarsk, les au revoir se font dans un murmure d’anglais, un baiser et nous voyons maintenant la couchette vide de Tatiana. On se regarde avec Guillaume et on se comprend à demi-mot, les visages autour de nous sont maintenant devenus des inconnus, il n’est pas si facile de quitter ce cocon qu’on s’est créé pendant ces 4 jours. Le rapprochement physique aide à ouvrir les coeurs et les esprits. Je crois qu’on pouvait difficilement trouver mieux comme compagnons de route.

    Malgré la barrière de la langue, ce calvaire de voyage est finalement devenu un moment intense de partage et de découverte.

    C’est avec douceur et sourire que je repenserai à ces moments de vie.

    La routine du voyage reprend maintenant son cour, la recherche de nouvelles auberges, de nouveaux itinéraires et de nouvelles rencontres continuent…